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NEUVIÈME LEÇON

Médicaments (fin) : phénacétine, méthacétine, exalgine. — Moyens physiques: électricité, divers procédés de révulsion. — Moyens mécaniques et procédés chirurgicaux. — Mise en œuvre de la médication.

Messieurs,

Phénacétine. Pour clore la liste des calmants se rattachant à la série aromatique, il me reste à vous parler des phénacétines, auxquelles j'ajouterai quelques mots sur le dernier venu de ces produits, l'exalgine.

L'introduction des phénacétinesen thérapeutique date seulement de 1887. Elle est due à Kast et Hinsberg.

On connaît trois variétés de corps portant ce nom ou celui d'acetphénétydine : l'ortho, la mêla et la paraphénacétine.

On n'utilise que la paraphénacétine (acelparaphéné-

/ OCsH5

tidine). Elle a pour formule C6114< „/naTT,rt. , soit

\ AzH(t/H30)

C,0H13O2Az.

Dans le commerce on trouve ce corps sous deux formes (Gai fie, thèse de 1888). Le produit allemand de Bayer est une poudre blanche, formée de petits cristaux, inodore, développant dans la bouche une arrièresaveur piquante. Il est insoluble dans l'eau, le chloroforme, la glycérine, l'eau acidulée; solubilisable dans

l'acide acétique, dans l'acide lactique à 30° et dans l'alcool dans la proportion de 1 sur 30.

Le produit français (de Poirrier) est une poudre d'un blanc rosé, fusible à 134°, peu soluble dans l'eau froide, mais soluble dans l'eau bouillante d'où elle se précipite à 74° ; peu soluble dans le chloroforme, elle se dissout dans l'alcool dans la proportion de 1 sur 15.

On l'obtient à l'aide du phénol qui est d'abord éthylisé, puisacétylisé; cequidonneunparamidophénol.

L'histoire physiologique de ce nouvel agent est en- propriétés ph core peu avancée. Fr. Muller admet qu'il n'est pas ab- siol°giques. sorbé en nature, mais dédoublé au sein de l'organisme et éliminé par l'urine saus forme de phénétidine. Cette élimination commencerait au bout de quatre-vingts minutes et serait très rapide (Gueorguievsky).

La phénacétine différerait de l'acétanilide, dont elle se rapproche par sa constitution et par ses effets, par ce fait qu'elle ne donnerait pas lieu dans l'organisme à la formation d'aniline. C'est à cette particularité que se rattacherait son innocuité relative.

Dans les expériences faites par Mahnert il a fallu atteindre de fortes doses (3 gr. par kilog. de lapin) pour obtenir des phénomènes importants. Après une courte période d'excitation, on voit survenir une paralysie complète des centres médullaires : anesthésie, paralysie motrice, perte des réflexes; puis, au bout de quelques heures, paralysie du centre respiratoire et arrêt du cœur.

Le même expérimentateur a reconnu que la phénacétine est un des antagonistes de la strychnine; les animaux auxquels on en a administré supportent d'énormes doses de strychnine.

Parmi les thérapeutistes qui l'ont essayée, citons

Modo d'administration.

Méthacétine.

Koller, Warl'winge, Fr. Millier, Mahnérl , GueorguievsU , Hoppe, M. Dujardin-Beaumetz, Pesce, Rumpf, etc.

L'origine du produit utilisé ayant été variable, on n'est pas encore bien fixé touchant les doses qu'il convient de prescrire. On s'accorde, en tout cas, à reconnaître que le médicament est à la fois antipyrétique et nervin, à la façon de l'acétanilide, dont il est un bon succédané. Pour en obtenir des effets calmants, il est nécessaire de l'administrer à des doses plus fortes que comme antipyrétique.

On peut le faire prendre en cachets à la dose de 1 à 2 grammes pro die, et même à dose plus forte encore. Cependant, Gueorguievskyen a tiré de bons effets en n'en faisant prendre que 50 à 60 centigrammes.

La phénacétine paraît pouvoir rendre service dans la migraine, dans les névralgies du trijumeau, dans le tabès. Elle paraît avoir moins d'effets fâcheux sur le tube digestif et les reins que l'antipyrine. Bien qu'elle soit moins toxique que l'acétanilide, elle a parfois déterminé de la cyanose et des sueurs.

Je crois devoir aussi vous signaler l'apparition d'un autre corps également en relation avec l'acétanilide, proposé par Mahnert sous le nom de méthacétine.

Il s'agit chimiquement de l'acetparaanisidine, dérivant de l'amidophénol de la même manière que la phénacétine.

En effet, la phénétidine est l'éther éthylique de l'amidophénol, et l'anisidine en est l'éther méthylique; et, de même qu'il existe trois phénétidines (ortho, méta, para), il y a trois anisidines.

La méthacétine ou acetparaanisidiue a donc pour for-

mule W/0CH!

mule L H \AzH(C.ff0).

Elle paraît posséder les mêmes propriétés que la phénacétine; mais comme elle est plus soluble, elle est plus active, et doit être administrée à plus faible dose (0gr,30 à 0gr,40, trois à quatre fois par jour).

Enfin, j'ai encore à vous parler, pour terminer Exaigine. l'étude des nouveaux nervins, de l'orthométhylacétanilide, que MM. Dujardin-Beaumetz et Bardet proposent

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