‹ Lecons de therapeutique generale et de pharmacodynamieChapitre 10 sur 46 · PROPHYLACTIQUE · texte numérisé non relu

PROPHYLACTIQUE

— HYCIÉKIQUE.

1® Le traitement préventif se définit en se nommant. Il a pour objet d'aller au devant d'un mal prévu comme probable ou possible, en agissant sur l'organisme par des moyens tels que celui-ci perde sa prédisposition ou son aptitude à contracter la maladie redoutée. En temps d'épidémie cholérique, on fait de- la prévention en purifiant l'atmosphère ambiante à l'aide du chlorure de chaux, du phénol. On inocule le vaccin par prévention de la variole. Un grand nombre de mesures d'hygiène publique, ont un caractère purement préventif.

2» Le traitement curatif doit s'entendre exclusivement de l'emploi des moyens qui deviennent la cause directe de la cessation d'un état morbide. Il est évident que si l'on jugeait le traitement par l'effet des médications employées, toutes les médications à la suite desquelles la santé se sera rétablie pourraient prétendre à la constitution d'un traitement curatif. Mais tel n'est pas le sens de ce mot en thérapeutique générale. Ce sont des moyens héroïques, parce que leur action est sûre, qui caractérisent les médications de cet ordre de traitement. Couper un accès de fièvre intermittente pernicieuse à Taide d'une haute dose de quinine; neutraliser un poison par son antidote; attaquer la gale par un corps dont la proprioto chimique est de tuer l'acarus scabiès , vider un abcès, amputer un membre sphacelé, ramener la chaleur et la vie par la transfusion du sang, à la suite d'une héinorrhagie ultime : ce sont là autant d'exemples de traitement curatif. Les moyens à la disposition de cet ordre d'action sont, on le comprend, peu communs; car il est nécessaire qu'ils aient subi le double contrôle de l'expérimentation physiologique et de l'apphcation cUnique pour légitimer

répithète de curatifs. D'un autre côté, si Ton entend par maladie non pas seulement la manifestation d'un syndrome pathognomonique, mais une perturbation de tout l'organisme, un trouble général de la synergie fonctionnelle, il y a bien peu de maladies qu'on puisse prétendre juguler par une médication primitivement et directement curative. En effet, sauf ceux qui sont tout dans un symptôme prédominant, ou dans une cause unique, tel qu'un septicémie, un virus, un parasite, les états morbides sont généralement complexes : Torganisrae ne cesse pas d'être régi par un pouvoir autonome dépendant de l'idiosyncrasie du sujet malade, et le médicament n'a d'action directe et primitive que sur un phénomène chimique ou dynamique, non sur l'individu tout entier. Il y a donc peu d'occasions d'appUquer des traitements vraiment curatifs, en dehors des affections monosyndromiques et des spécificités virulentes ou parasitaires.

3" Le traitement palliatif est la consolation du patient qui , se sentant soulagé peut espérer guérir ; et la ressource du médecin qui, impuissant à restaurer l'incurable, sait cependant se rendre encore utile en allégeant le malade. Pallier signifie voiler , masquer , affaiblir une soufirance ou une évolution morbide sans ressources absolues.

L'action palliative peut s'exercer par des procédés fort différents. On peut pallier un mal en l'enrayant dans ses progrès : la paUiation consiste alors simplement à maintenir le statu quo pathologique ; on le pallie encore lorsque , sans aucune action radicale sur la cause qui le produit et le terme fatal qui aboutira à la mort, on supprime ou atténue certains syndromes ; enlin , lorsque — chose fréquente — la douleur excès-

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