‹ Lecons de therapeutique generale et de pharmacodynamieChapitre 11 sur 46 · GO · texte numérisé non relu

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sîve constitue le principal tourment du malade, émousser cette douleur est pratiquer un traitement palliatif. De là , trois subdivisions natm^Iles de ce traitement.

Il est possible de rencontrer dans la thérapie d'une seule maladie l'application de ces trois procédés palliatifs; je prendrai pour exemple les adénomes de nature maligne encore souvent désignés sous la dénomination vieille du squirrhe , et dont révolution terminale est toujours la nwrt. La tumeur est-elle au début? remploi de Tacide arsénieux à rintériem*, l'application des topiques dits fondants , un régime général reconstituant, une hygi('»ne réparatrice, pourront maintenir pendant des mois et quelquefois des années, un état stationnaire du mal.

Que si, au contraire, la période de ramollissement est survenue , et que des hémorragies fréquentes ou abondantes menacent d'une issue rapidement fâcheuse, une intelligente application des hémostatiques, notamment du perchlorure de fer, intra et extra, fera gagner du temps et améliorera la situation.

Enfin , tout espoir de conjurer une fin mortelle est-il évanoui ? le rôle du médecin peut ne pas être terminé au point de vue thérapeutique. Empocher la souffrance, en attendant la mort, c'est assurer un bienfait dont le patient et ceux qui l'entourent apprécient toute la valeur. Le chloral et le chloroforme , certains stupéfiants mydriatiques du groupe des solanées vireuses , l'opium à l'intérieur à dose haute et progressive , les applications cigutées topiquement , permettront, en calmant la douleur , de pratiquer notre troisième subdivision du traitement palliatif.

4" Tout à C(Hé du traitement préventif nous aurions

pu placer le traitement prophylactique. En effet, les deux sont synonymes pour plusieurs philologues. Il existe cependant une nuance importante parce qu^elle est confirmée par la pratique médicale , et qui nous fait maintenir la division du traitement prophylactique. nj6ô^u>(<cf, en grec, signifie conservation, garantie. Prevenire, en latin, éviter^ devancer. Et dans une entente vraie des deux étymologies, on peut trouver la clef de la différence au point de vue thérapeutique.

Un sujet en parfait état de santé , qui prend des médicaments indiqués à l'approche d'un fléau épidémique, fait delà prévention. Mais un convalescent de la fièvre typhoïde ou d'une pneumonie, que vous soumettez au régime prudent du vin de quinquina et de l'acide arsénieux, fait de la prophylaxie; il se prémunit contre une rechute ou une récidive. L'enfant rachitique ou simplement anémique, habitant d'une grande ville , que son médecin traite par précaution , a l'aide de l'huile de foie de morue et de préparations phosphatées , cet enfant est soumis à ime thérapie prophylactique. La différence est donc légère , mais elle est réelle, entre la prévention et la prophylaxie. La première est une simple précaution prise par un sujet en pleine santé ; la seconde est une intervention active motivée par des précédents ou justifiée par des appréhensions légitimes.

Nous arrivons , Messieurs , à la cinquième et dernière division au traitement dit hygiénique- Jusqu'ici, il s'est agi de moyens thérapeutiques exigeant l'intervention de substances actives empruntées à la matière médicale. Le traitement hygiénique repose au contraire tout entier sur la mise en pratique de moyens dits naturels , parce qu'ils n'impliquent l'emploi d'au-

cun médicament ou remède, mais seulement une heureuse et intelligente exploitation de ressources que le sujet peut retirer soit de sa propre constitution physique et morale, soit des milieux qu'il fréquente , soit du régime qu'il suit, des habitudes qu'il contracte , des mœure qu'd adopte. Cette thérapeutique naturelle constitue, sous le nom d'hygiène, toute une science que nous n'avons point à développer dans des leçons de thérapeutique active. Nous nous bornerons à énumérer les caractères primordiaux, à faire connaître les sources générales d'un ti^aitenient hygiénique.

11 est toutefois un point de premier ordre qu'un seul coup d'œil sur le traitement hygiénique met en relief, que dans les applications cliniques l'homme de l'art ne saurait un instant perdre de vue, et dont l'expression concrète est contenue dans un seul mot : idiosyncraùe. Ce fondement de l'hygiène individuelle implique, pour pouvoir être étudié avec fruit, des notions premières sur ce qui constitue l'état de santé, la maladie, sur ce qu'on a appelé, par une dénomination vague la force vitale^ enfin, sur la nature médicatrice.

11 existe, avons-nous dit plus haut, une division du rationalisme thérapeutique qui porte le nom de méthode cxpeclante.

Or, l'expectation raisonnée , si souvent indiquée en thérapeutique, mise en honneur dès Hippocrate et par lui-même, l'expectation thérapeutique n'a de sens et n'est praticable qu'autant que le médecin traitant est apte à distinguer chez son malade le secours qui lui viendra du tempérament, de la constitution propre, de l'organisation idiosyncrasique du sujet, pour modifier favorablement ou défavorablement l'évolution particulière de la maladie. Aussi l'examen du traite-

ment hygiénique, et, à son sujet, de ce qu'on doit entendre par les mots de force vitale et de nature m^dtC(i(nces'impose-t-il à nous comme le complément nécessaire de cette étude des traitements

Le fait thérapeutique dominant est celui-ci : un grand nombre d'états morbides, abandonnés à la seule évolution de la nature, se terminent favorablement par les seuls efforts de l'organisme. Pourquoi et comment?

L'animal organisé, l'être vivant, est un composé de plusieurs systèmes organiques, dont chacun remplit des fonctions spéciales et jusqu'à un certain point indépendantes. Chaque appareil lui-même est constitué par des tissus qui peuvent être de plusieurs sortes, dont ta structure est particuhère, de même que les conditions de développement. Enfin , ce qu'on appelle les éléments anatomiqnes sont soumis à des lois d'agrégation et de désagrégation variant selon les modes mêmes de la nutrition : et la cellule organique apparaît en dernier terme, animée d'une vie propre, autonome : si bien que l'école ultra-organicienne, partant de cette donnée que chaque cellule d'un être vivant constitue un tout organisé , n'a pas reculé devant un scindement de la vie qui, en reconnaissant autant d'individus que de cellules dans l'organisme, détruit l'idée de hiérarchidation de fonctions pour le fonctionnement de la \ie dans l'individu. (Théorie de Virhow , Bûchnar, Molescott, Philippi).

Or, ni l'hygiène, ni la thérapeutique ne sont susceptibles de progrès pratiques, en dehors d'une conception de l'individu considéré comme un tout harmonique dans lequel tous les systèmes se raihent, tous les appareils organiques se tiennent, toutes les fonctions,

sériées et subordonnées selon leur objet, s'accordent pour converger vers un but commun : la santé.

Dans Tôtre humain, machine complexe, aucun ressort ne joue isolé ; les appareils sont solidaires et se commandent les uns les autres dans leur jeu fonctionnel; et la conception de Tidée de vie doit dépasser Thypothèse de la matière animée et vivant par ellemême.

Nous aurons à revenir, Messieurs, sur les conditions premières d'un organisme vivant, en jetant, à la fin de ces principes de thérapeutique gènènile, les bases d*une classilication que nous nous efforcerons de construire complète.

En ce moment, nous étudions le traitement hygiénique , et les ressources de ce qu'on a nommé la nature médicatrice^ bornons-nous aux notions nécessaires.

Tenter de définir la vie, est une entreprise aussi périlleuse que difficile. Les philosophes et les dogmatiques ont envisagé le problème à des points de vue systématiques, et qui ne sauraient nous retenir ici, parce que, physiologiste et médecin, nous devons fuir les abstractions pour rester sur le terrain concret du physiologisme, c'est-à-dire de la matière en possession du mouvement. Et par ces mots avons-nous besoin de le dire, nous ne professons point que la vie et le mouvement soient des propriétés inhérentes à la matière. Le mot de molécule, de matière, n'a qu'une acception pour la philosophie du bon sens, il signifie cette partie mansurable tangible, essentiellement modifiable des corps, qui donne une apparence à la force, un organe au mouvement spontané et à la vie, mais qui, métamorphosée sans cesse, selon les lois de la durée, de

rétendue et de la forme, ne possède aucun des attributs de la force inétendue et de l'espriten possession du mouvement spontané, c'est-à-dire du principe de vie. Sur ce terrain même, on s'est peu entendu, parce qu'on est parti de points de vue différents. En effet, tandis que les uns ont cherché à définir la vie par son objet, d'autres ont tenté de l'étudier dans sa cause, d'autres enfin ont cru devoir se borner à la définir par la détermination de ses caractères constituants ou intrinsèques. A. cette dernière catégorie appartient Bicbat qui a défini la vie, la « résistance à la mort. » Il y a assurément une pensée profonde et digne du beau génie qui la formula, dans cette définition, car du moment où ils sont entrés en travail d'évolution, les tissus vivants sont en lutte constante avec les milieux extérieurs qui finissent par les désorganiser. Mais ce n'est là, à bien prendre, qu'une délinition négative : puisque dire que la vie est la résistance à la mort, c'est impliquer qu'on a préalablement défini la mort; or, la mort ne pouvant être elle-même que la négation de la vie, la défmition pèche par la base. En réalité, et malgré la vérité saisissante de son affirmation, Bichat ne définit donc rien, puisqu'en disant que ta vie est la résistance à ta mort, il dit seulement que la première est le contraire de la seconde, sans donner les distincts de l'une ou de l'autre.

Un autre génie, celui-là notre contemporain, et comme Bichat une des gloires de la physiologie française. Cl. Bernard, étudiant l'idée de vie jusque dans ses causes, proclame que pour bien comprendre la vie dans l'individu, il faut envisager à la fois deux choses très-distinctes : d'une part, une force transmise, qui domine l'individu, lui assigne son idiosyncrasie, et

implique nécessairement une idée créatrice : il ajoute enfin que Tensenible des phénomènes qui constituent la synthèse d*un individu, est le résultat d*une harmonisation entre des fonctions sériées et subordonnées entre elles.

Citons ces profondes paroles qui développent notre pensée mieux que nous ne saurions le faire nous même :

« La vie a son essence primitive dans la force de dé- » veloppement organique, force qui constituait la naturf » r?i6^(//ca<ric<? d'IIippocrate et Varcheus faber de Van » Hehnent. Mais, quelle que soit Tidée que Ton ait de » cotte force, elle se manifeste toujours concurremment » et parallèlement avec des conditions physico-chimi- » ques propres aux phénomènes vivants. C'est donc » par rétude des particularités physico-chimiques que I) le médecin comprendra les individualités comme des » cas spéciaux contenus dans la loi générale, et retrou- » vera, là comme partout, une généralisation.

» S'il fallait définir la vie d'un seul mot qui, en ex- » primant bien ma pensée, mit en relief le seul carac- » tèrc ({ui , selon moi, distingue nettement la science » biologique, je dirais que la vie, c'est la création

» De sorte que ce qui caractérise la macliine vi-

» vante, ce n'est pas la nature de ses propriétés phy- » sico-chimi(iues, si cornplext^s quelles soient, mais » bien la création de cette machine vivante, qui se » développe sous nos yeux dans les conditions qui lui » sont propres, et d'après une idée définie qui exprime » la nature de l'être vivant et l'essence môme de la » vie.

» Quand un pouhH se développe dans un œuf, ce ») n'est point la formation du corps animal, en tant que

» groupement d'éléments chimiques, qui caractérise » essentiellement la force vitale. Ce groupement ne se » fait que par suite des lois qui régissent les propriétés » physico-chimiques de la matière ; mais, ce qui est n essentiellement du domaine de la vie, et ce qui n'ap- 1 piirtient ni à la chimie, ni à la physique, ni à rien » autre chose, c'est l'idée directrice de cette évolution » vitale. Dans tout être vivant U y a une idée créatrice » qui se développe et se manifeste par l'organisation, n Pendant toute sa durée, l'être vivant reste sous l'in- » fluence de cette même force vitale créatrice, et la » mort arrive lorsqu'elle ne peut plus se réaliser. « (Cl. Bernard : Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, p. 161 et 162.)

Voici maintenant comment s'exprime le même maître pour établir la subordination et la soldante des fonctions organiques daus l'individu :

« .... Mais il faut reconnaître que le déterminisme, » dans les phénomènesde la vie, est non-seulement un » déterminisme très-complexe , mais que c'est en u même temps un déterminisme qui est harmoniquen ment hiérarchisé. De telle sorte que les phénomènes n physiologiques complexes sont constitués par une » série de phénomènes plus simples qui se déterminent » les uns les autres en s'associant ou secombinantpour » un but final commun. » [ Opère citalo, p. 151).

Enfin , Claude Bernard ne craint pas d'affirmer la légitimité scientifique de l'idée de cause finale , dans les lignes suivantes :

«Le physiologiste elle médecin ne doivent donc jamais » oublier que l'individu vivant forme un organisme et 1 une individualité. Le physicien étudie les phénomènes » isolément, pour eux-mêmes , sans être obligé de les

» rapporter nécessairement à Tensemble de la nature. » Mais le physiologiste se trouvant au contraire placé )) en dehors de Torganisme animal dont il voit Tensem- » ble, doit tenir compte de l'harmonie de cet ensemble, » en même temps qu'il cherche à pénétrer dans sod » intérieur pour comprendre le mécanisme de chacune ». de ses parties. De là il résulte que le physicien et le » chimiste peuvent repousser toute idée de causes y> FINALES dans les faits qu'ils observent; tandis que le )) physiologiste est porté à admettre une finalité harmch » nique préétablie dans le corps organisé dont toutes les )) actions partielles sont solidaires et génératrices les unes des autres » (Opère citato^ pages 153 et 154).

Ces citations suffiront , messieurs , pour vous rendre sensibles les quelques défmitions que nous sommes tenus de vous fournir ici , touchant la Vie , ce qu'on a appelé le principe vital , et la nature médicatrice. Ne perdons pas de vue que nous étudions en ce moment le traitement hygiénique j c'est à dire le traitement par les seules ressources de la nature , et que tout praticien qui n'a pas observé dans sa synthèse le fonctionnement physislogique de cette machine si complexe qui a nom l'individu humain, est absolument incapable de rien comprendre à l'hygiène.

Quest-ce donc que la vie? Si vous vous êtes bien pénétrés des larges vues et de l'esprit à la fois si philosophique et si physiologique qui règne dans les citations qui précèdent vous comprendrez bien nos idées. Elles sont celles d'un disciple et d'un admirateur de Claude Rersard. On ne peut connaître la vie dans son principe parce que l'essence de ce principe nous échappe. Mais on peut étudier la vie, l'envisager dans la cause qui la régit, c'ost-à-dire dans son sujet; dans

rensemblo des fonctions qu'elle génère, c'est-à-dire dans son objet: ou enfin dans l'analyse des phénomènes qui la caractérisent, c'est-à-dire dans son déterminisme .

D'une manière absolument générale et sans viser plus spécialement l'animal que la plante , on pourrait définir la vie : la matière animée. Mais outre que cette définition impliquerait sur les termes de matière et de force, des explications déplacées dans ce coui*s , le médecin physiologiste et thérapeute, appelé à observer la vie sous sa forme la plus complexe et la plus parfaite dans l'homme, ne peut comprendre le jeu des phénomènes vitaux qu'en étudiant leur synthèse sous une formule concrète.

Le thérapeutiste , en effet, doit considérer la vie comme une évolution, sériée dont la trajectoire est soumise à des lois nécessaires, prédéterminées; car, ce qu'on lui apprend à peser sous le nom (ïidiosyncrasiey démontre la dépendance des fonctions les unes par rapport aux autres, l'unité d'action chez un individu d'un principe directeur qui, de la naissance à la mort, pendant toute la durée de l'évolution sériaire, imprime à chaque organisme la caractéristique d'une entité. Notre définition ne saurait donc exclure l'idée de causalité, de finalité.

D'autre part, la vie se manifeste, par des phénomènes, s'exprime par des actes fonctionnels dont le mécanisme même est le principal sujet de Tétude du médecin. Or, ce comment de l'acte vital, ce déterminisme du phénomène organique est tout entier sous la dépendance des lois physico-chimiques. C'est à ce point de vue exclusif et s[)écial que l'école naturaliste allemande fV^irchow, Buchner, Molescott, PhiHppi), a

pu placor la vie tout ontiero dans révolution de la cellule organique. Quand on considère, en effet, les transformations de la molécule organique sur Tagrégat vivant, on voit (juc toute la vie se ramène à un double

travail d'assimilation et de désassimilation dont la svn-

thèse constitue la grande fonction de nutrition. Parmi les éléments anatomiques, les uns, sous le nom de plasmas coopèrent en s*organisant à la constitution des tissus. Les autres, sous le nom de blastémes, s'éliminent comme un déchet désormais inutile. Et le grand phénomène physico-chimique qui est la condition de ce double travail, c'est la production de la chaleur animale; si bien qu'on pourrait donner comme signe certiiin (le la mort la cessation du pouvoir calorigëne. Encore un élément qui devra entrer dans notre définition!

Enfin, le biologiste doit tenir compte de certains attributs en quelque sorte extrinsèques au travail vital même , mais caractéristiques de l'animal vivant. C'est ainsi que la reproduction par génération et selon le type des espèces, la propriété de se déplacer, de recevoir des excitations, appartiennent à l'animal. Quant aux facultés de com[)rendre, de sentir, de vouloir, elles ne constituent pas des éléments absolument indispensables à la vi(i : car on peut vivre sans comprendre, sans sentir, sans vouloir. La vie est donc autre chose que la molécule de matière ; autre chose queTàmo, l'esprit, ou force qui comprend , sent et veut : elle est la matière en mouvement.

Et maintenant nous pourrons essayer une définition de la vie chez l'homme , en tenant compte des attributs essentiels qui intéressent le thérapoutiste, et nous dirons :

La Vie considérée dans sa cause, est unprincipe de mouvement et d'excitabilité, inconnu dans son essence. Cest ce principe qui , uni d un agrégat, le transforme en un organisme physiologique. Cet organisme fonc~ tionnepour le parcours d'une évolution dont le premier terme est la conception fœtale, et le dernier terme l'extinction d'un foyer autogène de chaleur et de mouvement. Â cette définition nous ajouterons la description complémentaire qui suit :

La vie a pour aliment le globule sanguin ; pour élément la cellule nerveuse ; pour instrument, la fibre organique. Sa condition essentielle est la nutrition. Son évolution est soumise à des lois nécessaires qui imposent l'idée de causalité et de finalité. C'est ainsi que dans l'acte de fécondation, l'individu procréé porte fatalement l'effigie du type de l'espèce, de manière à montrer que chaque sujet en formation n'est pas le résultat d'une création nouvelle et spéciale, maie la reproduction d'un type une seule fois procréé et seulement transmis par la génération.

Une seconde preuve delà subjection de l'individu à une loi de finalité, ressort de ce fait général que selon l'âge et le point que l'on choisit sur la trajectoire de la vie, les rapports entre l'assimilation et la désassirailation sont fat^ement changés de telle sorte que, dans la première période de la vie, la pérïode de croissance, l'assinnlation l'emporte sur la désassimilatîon ; dans la seconde, la maturité, il y a équilibre ; dans la troisième, la décroissance, la désassimilation L'emporte fatalement sur l'assimilation. Or, pwurquoi les mêmes organes ne suffisent-ils plus au même travail? lîn esprit superficiel répondra : Parce que le temps les use. Mais ce n'est que reculer la question, car ces organes eux-mêmes se

nourrissent et rion ne peut expliiiaer, si ce n'est l'admission d'une loi créatrice (jui domine les lois physicochimiques, pourquoi les éléments anatomiques mémos perdent après un temps donné, et fatalement leur virtuaUté.

Nous avons maintenant une idée de la vie, et nous pouvons définir autrement que par des mots vagues, la FORCE VITALE. Cotto forcc vitalc, en effet, est représentée par la syncrijie fonctionnelle en vertu de laquelle toutes les forces d'un organisme se relient et se soutiennent; il en résulte une syncvasie spéciale des éléments anatomiques, et la nature médicatrice n'est autre chose que Teffort de la nature pour maintenir réquilibre entre les fonctions d'un même individu. Dans le traitement hygiénique, la tdche du thérapeutiste est de seconder cet effort s'il se manifeste, ou de le provoquer, s'il tond à disparaître.

Terminons maintenant cette leçon par quelques notions classicpies sur les agents du traitement naturel ou hygiénique.

Les moyens naturels comprennent ce que nous avons déjà désigné sous la dénomination de méthode hygiénique». Ils sont (jéncvaux ou locaux, 2)/ij/.s/(/t/c,s, cliimi- (jnes ou lut^canirpic,^. .

Les anciens désignaient par trois mots ce qu'on entend pnr moyens naturels en thérapeutique : circnmfasa^ ingesta, applicata.

L'expression d(» circnmfnsa signifie toutes les indications naturelles à tirer d(îs milieux qui entourent et enveloppent l'individu, fuir un milieu vicié de miasmes, infecté d'épidémies, éviter les agglomérations considérables d'hommes, l'encombrement des masses pressées dans nn espace insuffisant : les eflluves paludéennes;

choisir pour habitation des Ueux sains et bien aérés, recherclier le soleil contre la scrofule, fuir la lumière devant rophthahnie. Voilà des exemples de ce qu'on doit entendre par les indications que nous fournissent les circumfiisa. Le terme dHngesla désigne tout le parti que riiygiùnedoit retirer de Taliraentation ; soit comme agent de prophylaxie, viandes saignantes, bouillons, vins vieux de bon crû, soit comme élément de convalescence; nourriture légère, peu abondante à chaque fois, calculée selon les forces du sujet. Diète blanche en lactée.

Tout aussi importantes au moins senties indications fournies par les applicata, La grande question des vêtements, de Tà-propos avec lequel on sait couvrir ou découvrir les enfants, les convalescents, Tutihté ou l'abus du maillot, au premier âge; les avantages et les inconvénients du corset chez Tadulte ; jusqu'à la prosaïque question du gilet de llanelle , sont là des moyens naturels qui relèvent des applicata et qui prennent dans un cours d'hygiène des développements d'une réelle im])orliXnce.'Pav moyens mécaniques^ on doit entendre tous les bénéfices que la gymnastiquegarantit au développement des organes.

Les moyens naturels que nous venons d'énumérer , sont tous généraux. Ces moyens sont dits locaux quand ils ne s'appliquent qu'à une partie de l'organisme (.hygiène des dents, des cheveux). Ils ^oni physiques quand ils mettent l'mdividu en rapport avec des milieux tels que ceux que nous avons énumérés. On admet aussi la subdivision de moyens naturels c/tijniqucs. C'est là une distinction fort discutable, car on peut soutenir avec raison que la médication artificielle commence là où les agents chimiques interviennent.^

Cependant, les grandes questions des agents de désinfection ressortissent encore de Thygiène , exemple : l'emploi du coaltar, de la chaux, du soufre dans les sièges et sur les champs de bataille.

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