V« LEÇON
ACTION DES MËDICAUENTS i* Partie. — Aidions fHrinsèqua.
Soiuiiu. — Ce qu'on doit entendre par actions extrÎDsèques. —Actions locale», — généraleB, — aToergiques, — auxiliaires, — antagoniHes, ~ aiddota*. — Aotiona Bp£«ialee. — Spécificité thérapeutique.— Efieta e^nipalliiquei , — mêtastatiques , — primitifs, — secondaires. — D« la tolérance et do l'habitude physiologique an point de Tue thérapeutique.
Étudioiis mainttiiianl l'action dus mécJicamenf£, non plus dans ce que nous avons appelé leui's effets intriu' sèques, c'est-à-dire dans les pliénomùnes physico-chimiques dont l'agent médicamenteux est le sujet immédiat ot direct, mai^ dans leurs efTets extrinsèques. Ce qui signifie que nous allons analyser l'action des médicaments en étudiant les modalités principales de cette action sur l'individu d'une manière abstraite et générale.
A ce point de vue, la première division qui se présente est la suivante : l'action médicamenteuse est iocalc ou générale. Elle est locale quand une surface limitée des tissus organiques, est influencée par l'agent. Elle est, au contraire générale, si tout l'organisme ou du moins tout un système de tissus, tout un appareil
fonctionnel, est impressionné par le médicament. Quoique celte définition paraisse élémentaire jusqu'à la naïveté, elle est cependant susceptible de développements instructifs et pratiques. CTest ainsi qu'il importe de savoir que la même substance, selon le mode d'emploi devient un médicament local ou général. Frottez avec une feuille de belladone la conjonctive d'un œil, et tout aussitôt vous obtiendrez une dilatation pupillaire; mais, à moins d'une action trop prolongée, cette mydriase sera bornée à l'œil .contaminé par l'agent; la pupille de l'autre œil ne sera pas influencée. Que si, au contraire, le principe actif de la belladone est introduit par la voie gastrique ou instillé par la méthode liypodermique, on voit la dilatation pupillaire se produire simultanément sur les deux yeux : c'est là une action générale et nous allons voir par quel mécanisme absolument diiïérent, la même substance agit ici localement.
La dilatation de la pupille est le résultat de l'intervention de deux forces nerveuses distinctes et môme antagonistes. D'une part, le sphincter de l'iris est constitué par des fibres drciclaires innervées par des filets émergents d'un nerf cérébral, branche de la troisième paire, ou nerl moteur oculaire commun. D'autre part, l'iris reçoit des fibres radiées dilatatrices, dont l'innervation est sous la dépendance d'un filet provenant do la portion cervicale du grand sympathique. Or, lorsque l'atropine est jetée soit par le travail de l'assimilation digestive, soit par l'injection hypodermique ou intra-veineusedansle torrent circulatoire, elle provoque une ôlighémie pai- resserrement des capillaires sanguins du système nerveux bulbo-cércbral, d'où une action parésique qui réagit sur l'encéphale entre le pont de
varole et les tubercules mamillaires, à Torigine môme du moteur oculaire commun, et cette parésie amène un relâchement des fibres circulaires de l'iris, pour chaque œil. C'est là une action générale. Mais lorsque j'irrite un œil seulement par le contact de l'atropine, je n'agis qu'en excitant les fibres radiées émergées du sympathique, leur excitation écarte le cercle de l'iris et dilate d'autant la pupille. Mais l'action ne se produit que sur l'œil touché, aussi est-elle justement dite locale.
Autre exemple plus simple d'une action locale et d'une action générale : Ventouse scarifiée et saignée générale.
L'effet si énergiquement myosique de la fève d'épreuve de Calabar, (à ce point de vue véritable antagoniste de la belladone sur la pupille), fournit un type d'action localisée.
Observons enfm qu'une action peut n'être que locale quoique le médicament soit appliqué sur une vaste surface, parce qu'on agit alors sur un seul système fonctionnel (exemple : frictions stimulantes sur tout l'épiderme), tandis qu'un médicament mis en contact avec un point très-limité de l'organisme (injection souscutanée) peut, par absorption, exercer une action générale.
Au nombre des actions extrinsèques secondaires, on doit comprendre les effets thérapeutiques dits synergie ques et auxiliaires.
Le premier de ces deux mots est bien défini par son étymologie ( 2vv tpyov : action avec ). Les substances médicinales synergiques sont les agents qui concourent, tant par leur action physiologique que par leur effet thérapeutique, à une résultante commune. C'est ainsi, que pour obtenir la mydriase pupillaire, l'atro-
pino a pour syiierf(iquc la daturiiio et Hiyosciaminc, tandis que, pour raction anti-mydriatiquc spécialement réserine , alcaloïde de la fève d'épreuve de Calabar, est synergique de Topium. On trouve, la plupaiidu temps, Texplication do ces propriétés synergiques dans les caractères naturels, botaniques, minéralogiques ou zoologiques, des substances employées. Ainsi, dans la famille des solanées, tribu des solanées vireuses, la jusquiame, la belladone et le stramonium se rapprochent naturellement. 11 faut observer cependant que le Tabac (SoZanum Tabacum), dont Talcaloïde, la nicotine est un poison si subtil, agit sur Tappareil de la vision par un mécanisme dilTéront de ses congénères botaniques. D'après les expériences de Cl. Bernard, renouvcUéos par M. Rabutoau, reffet saillant de rinjection de la nicotine sous répidcrme du chien est de produire une sorte d'aveuglement , avec rétraction du globe oculaire dans la cavité profonde de Torbite, L'animal est frappé de cécité. Mais, en bien regardant, on s'fissuro que le résultat est moins TelTet de la dilatation pupillaire que celui de Textension de la troisième paupière de ranimai, laquelle, entièrement tendue, recouvre les deux tiers internes et inférieurs de l'œil. Si l'on compare les effets physiologiques du curare, lequel est le produit d'une décoction évaporée de deux genres de strychnos , le toxifera et le rouhanion, à ceux de la strychnine, alcaloïde fourni par la semence (\\inucc-vomica,au{re strychnos appartenant également à la famille des loganiacées, on verra que, loin d'ôtre synergi<iue«, ces deux substances sont antagonistes.
Même observation pour le règne minéral : des sels de même groupe, tels. que les sulfates de magnésie, de soude et de potasse (sels de Sedlitz, de Giauber, de
DiKibiis), se rapprocbent par des propriétés purgatives analogues ; ce sont des synergiques. Mais les mêmes bases alcalines combinées avec des métalloïdes de la même section peuvent posséder des propriétés thérapeutiques fort différentes ou opposées; exemple : Tiodureet le bromure de potassium. On peut poursuivre jusque dans les produits du règne animal, la même distinction : c'est ainsi que les appareils nidoreux du moschus moscJiiferus^ du castor, de la ginetta viverra, de VHyrax du Cap sont des synergiques parfaits. Par contre, les luiiles animales de baleine, de phoque, de marsoin, sont dépourvues des propriétés si merveilleusement reconstituants des huiles de foie de morue, de squale, de raie, et en général de tous les poissons malaco-ptérigiens, principalement du genre Gadus. La simiUtude tirée des caractères naturels n'est donc pas une règle infaillible autorisant à induire dans tous les cas des propriétés thérapeutiques synergiques. Nous avons déjà vu, dans cette h^çon, que la similitude tirée d'une composition chimique en cpielque sorte identique, ou très-voisine, fournit au thérapeutiste qui cherche des synergiques, des indications autrement précises.
On doit entendre par atixiliaireSj un affaiblissement de ridée de synergiques. C'est à tort, selon nous, que dans le dictionnaire deLittré et Robin on donne comme synonymes les mois auxiliaire et adjuvant. Le premier terme est purement thérapeutique, et indique une propriété physiologique. Le second est pharmacodynamique et s'appUque à toute substance qui facilite l'élaboration d'un médicament composé. Pour revenir au terme d'auxiliaire, il s'appUque à des agents qui facilitent l'action d'un agent principal ; c'est ainsi que les bons dissolvants tels que l'atoool, l'éther, le sulfure de
carbone, sont des auxiliaires d'un médicament stimulant ou tonique (teinture alcoolique d'arnica, vin de quinquina).
De même que, parmi les médicaments, il existe des synergiques et des auxiliaireSy de même on reconnaît en thérapeutique des antagonistes et des antidotes. Expliquons ce qu'il contient d'entendre par ces deox derniers mots.
On dit d'un médicament que son action est antagoniste de celle d'un autre, lorsque l'ensemble des pkénomènes physiologiques qu'il produit, et, partant, des propriétés thérapeutiques qu'il possède, est en opposition avec les propriétés médicinales de la substance prise pour terme de comparaison. On connaît très-peu de médicaments qui soient absolument antagonistes, c'est à-dire dont toutes les propriétés soient en opposition directe avec les propriétés d'un autre médicament. Mais il suffit que l'action générale, ou plusieurs actions partielles d'une substance soient inverses de la somme des effets produits par une autre substance, pour que, dans la langue tliérapeutique. Ton dise ces deux substances antagonistes. Prenons pour exemple la belladone et l'opium. Si ces deux produits étaient absolument antagonistes, en les associant dans ime seule préparation médicinale, on devrait en annuler les propriétés. Cependant, c'est une excellente et très-efficace préparation pharmaceutique, qu'une pilule de 0,10 centigrammes, composéemi-partie d'ex trait d'opium et mipartie d'extrait de belladone. En effet, la belladone, agent de mydriase, c'est-à-dire de dilatation pupillaire, se comporte vis-à-vis du diaphragme de l'iris, à l'inverse de l'opium, lequel provoque du myosisme, ou de l'atrésic puinllaire. La belladone produit des phénomùnes
(roligliémie cérébrale, l'opium provoque, au contraire, une sorte d'iiyiiércmie, ou de congestion passive de l'encépliale avec ivresse. Ce sont doue deux antagonistes, eu égai-d à ces propriétés importantes. Mais l'un et l'autre entraînent, comme elFet commun, de la stupeur, et loiu- action réflexe sur la moelle se traduit des deux côtés par un engourdissement de l'excitabilité sensilive et motiice. Si bien que le praticien, cherchant à obtenir sur un enfant ou un vieillard une sédatlon eflicace, réussit d'autant mieux qu'il associe ces deux agents, qui s'annulent dans leurs dangers par leur antagonisme partiel, tandis qu'ils se renforcent par la synergie de leur action commune pour produire un apaisement de la douleur.
Le café est, de même, un antagoniste de l'opium, mats à un point de vue tout diflérent, car il oppose la stimulation et l'érection cérébrale au narcotisme des opiacés. La strychnine, la brucine ont dans l'hydrate de chloral un antagoniste puissant mais encore imparfait. On a cru trouvei' un antagoniste parfait, c'est-à-dire complet, de la fève de Saint-Ignace, dans hi fève d'éj)reuve de Calabar. Dans ce but, on a administré si- TOultanément ou successivement l'ésérine et la strychnine. Mais, dit Gûblor, les résultats n'ont pas été absolument satisfaisants, car la contraction tétanique s'est continuée dans les membres supérieurs, malgré la pajralysie dont l'ésérine avait frappé le train de derrière. Au premier point de vue, de nouvelles recherches jpleines d'intérêt ont été faites par M. Martin-Damouxette. Il n'en reste pas moins établi que la thérapeutique ne possède pas encore deux médicaments s'anxulant absolument dans toutes leurs propriétés, c'està-dire, entièrement antagonistes.
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l'.ifi'.î. iii.-iiit.-iMiil •!.■ l'.j. tl.iîi rintit]<<ti«in^. l'ri .'iiiti'l >»■• "st :i un jM.i-.iii «;.• «jii'iin rr!it:i;:iinistt' ♦•st à un rijtMlir:irii«'rit. '!■ -jt»- «uli>f.in-».' hmu t«i\i*[ii.* qtii annule r liiTniq'ifiiiiiit. ««i i'ii uit •!ynaiiii<iii»M»î«.'nt IfS i?nV*l.s toiiqu«'î; 'iiiiii- :iiit.r.- -uliï:tain-i-. ifuM'iif le ii»iiii d'antiflote • m («iiilit-jHii^Mn i).; l;i j»ivinii*'ii:. 11 iin|iurle Jl* remarquer rui-^i «ju»* « .•< lieux termes, tintttgoni.<^€ et «ïh/îdotp, si c onri.-X'*; à ilivi i« {loint «l* vue, Siî séparent cucni'i: i*îi « .M'i, «ju'iiii .iiitiil^rlt' pi.'Ut Ircs-Lieii agir en ilehor- lie l'i'li'if ir;iiil;ii,n,iiiv;!fre, par >^i!n|»le coniljiM<ii- ^oii dilrjiirjui'. On a «livisr }.•< rmtidntiîs en parfaits au iijipîfrlîiits 5:el*in leur rtrtjnn pins un moins comjilùte.
I«:i, il importe >!•• '"iter Mes exi-mfiles.
An \inUk\n't' *h:.i iintiilntrs iinimrfnitSy nous citerons r:ill)uii)iiii', l'fun ;ilhnrniiu'usi', l»i lail, le jaune «Tcenf, ifu'nri emploie «lirurnc» :tit>'>miaiils iie Taolion toxitpie dans 1rs l'iupoisoniicrnenls [»ar le sublimé corrosif, les sels (le ruivre et de ploinh, le clitorc i*n solution. En pareil cas, le thé!ap<Mitisl«.' si» horrie à enrober l'agent toxique dans un v/'hieidc; qui en farilitc réliminatioii.
On dit, au rontraire, ([ne Ton emploie nn antidote parfait, si Ton oppose lu gidée (l'hydrate de peroxyde d(; f«*r, on la ma;,nirsie faiblement calcinée et trèsliydratiMî à nn rnipuisonnrment fiar Tacidc arsénieux; de niêm(î le preldsnlfnn; de fer hydraté, contre Fimwpoisomiem(*nt par 1«; bichlorun.' de mercure, par les sels d(î enivre, le v(M'det, 1(3S sels de plomb. De même (•n((jr«î, (pian«l on atta(pic l'ingestion toxique des anlim(»niaux, (l(»s aUvilis or*jfaniqucs, i>ar Tadministration d'uiK» solution lannique concentrée, l/empoisonnenaenl pai' la baryf.(» et h; plomb trouve aussi son antidote dans 1rs snifali's de ma;;nésie, d(^ soude, de potasse. Le si'l ili* j'uisini' i*n solutit»n amndi' les ellels toxiques
tlf l'iirjii'iil |i;ir l:i fontiHl imi irmi cliKu'uri; iiii^ululili;. Ci- Idus l'iiliii, roiumi' ikfii'U aiiliiiiiti<iii!^ ivl'IIi', un iiujl;in^'i> ili' iiiii^jiu'sii^, lie siilliirc d.- f.T et iriivilnilc tlo pt'oli'sydc lUi uii'iiii' m.'tiil , ii; toul "'ii suspension ilnns l'oau, lumi- auiiulîT li's i-llMs <l'ini i-iiipoisnninMiient au di^ljut, par l'raii ilu lauiii.'i'-foriso, Il's innuiuU-s ami'TOS ('l li.'p (\)iiihinaisi>ii:> cyaninufs imi ■ji'ik'Tal. lUms l'L'Uo si'couik' cat<!';;;ono, la plus iuipoilanti; tli-s aiiltilotos , c'csl un gi'iii''ial par action sulistitulivL' nu par (IouIjIu iliH-nnipo^itiuii, ipii: le niOdrnn Iraiii^ronniï en une préparalUm inolV'nsivr ou insoUiMi.', et parlant înabsi-'Hialde . Ta-ielit irempoisiinnenient.
An n>iniliro lii-s aeliims uuHliratrieos oxlriiisèijnes tle prt'niiiT onliv, il Hiul encore conijiter re qui! l'on uiiiniiie li'S ACTIONS si'Kiiirii.nKS.
l'ne aetinn spèeiliipi;; e>-t telle d'un niédicainenl ou rt'nna;,'eut de ni.'dieation pussèdanl de prérérenee à tout autre. la propriété iraJUiiliUer un état nimliide parliculier. l'ans raïuieun:' lliérapi.ntiqne , sous le réf;uu de l\ iiipirisiue l^a^lilionuel, li's spéeiliquos ('laieiit nonilTeux. l.a maladie était aloi-s eonsiiléiéo <:iininie un individu étranger à l'oriianisme, s'iutroduîsaiif dans récolioniie à la faeiin d'un malfaiteur, et qu'on n'en pouvait chasser qu'à l'aide iVnn sinrifujue, c'était le lenips des nnuôlf^ et des aiinilelle!:. A mesure ([ue l'anatoniie pallijlo^'iipie et p!i>>^ii.loj;ique . (jne respédiiienlalion et la eliinùe or^iauiiiue a|ipliqué(! ont f:ranili, on a vn s'évaiiiMiir la iilupari de ees pivtendns spéeiliqries. On s'esl asi^uré, en elVet, qnc la rnaUciic n'est, avant loiit. qu'une modilication de l'élat fonctionnel et oi'yanique normal, et que les ajrents dits S)iéeiliques, ii'oul souvent d'autre iiropriété (|uc d'agir sur les éléments auatoniiquos , sur les ï'yslèmes orga-
— lia —
niques, de façon â rélal>lir le fonclionnemcnt noimal. Aussi, le professeur Cîûbler a-t-il pu ocriro dans k préfaci; de ses CommenUiircs Thérapeutiques^ les lijoia suivantes qui sont d'une application géncTalement exacte :
« La description des effets physiolo^ji^ues déduite » de rexpérienco clinique, mieux encore que des » expérimentations sur les animaux, constitue le cha- » pitre le plus important de Thistoire des agents théj» rapeuti«|ues; car ceux-ci ne se comportent pas aun Irement, ou plutôt, ils n'agissent pas en vertu » d'autres lois chez un sujt-t midade que chez un sujet )) sain. Dans les deux cas, ils n'atteignent que nos » organes pour en modilier la composition et la slruc- » lure ou les îict(*s sécrétoires , moteurs , sensitifs, » nutritifs et plastiiiues. Très-rarement, il s'adressent » à une cause palliogéni<iue, jamais à une de ces euli- » tés morbides qui ne sont que dtîB conceptions de » ni»triî esprit et «les abstractions de symptômes sans )» réalité matérielle.
» En faisant du catarrhe, de Tinllaunnation, de Ther- » pétisme ou de la gouttii autant de types subsistant » par eux-mêmes à la manière dos esi)èces naturelles, » li»s nosologistes furent naturellement entraînés à chcr- D cher et à proclamer dfs anli-catarrheux, des aiili- » phlogistiques, d«'S aiili-hrrpétiques et des anli-gout- » teux. Mais ci's groupes sont purement artificiels )» connue les syndiVnnes <|ui leur ont donné naissance, » Diîrrière tuMix-ii, l'obstavaleur sévère ne découvre )) qu'un organisme soullrant, et leur apparente indivi- )» dualité dépend de Tunilé du support, de même que la »> succession dtîs symptômes morbides est déterminée " i)ar renchaînement naturel dos phénomènes de la vie.
I) Les lumicres do la biologie <liss>iperoiit les iaii-
» Wnies do la spécilîcité morbide et do la SipécificiU^ thé-
\ f) râpent iqut% laissant à peine subsister dans le cadre
\ rt faclice do Tancienne nosologie quelques causes spéci-
; » Tiques constituées par des êtres créés ou participant de
: *) leur nature; et dans les classilicatiuns physiologiques
p » des médicaments ; cette sorte de spécialité d'action
i> qui s'accuse de préférence du cote d'un élément
» histologiquc d'un organe ou d'un appareil , comme
» rélection de la belladone pour Tœil et celle de la
' 9 slrychnine pour la moelle. La doctrine des vertus
f » spécifiques des remèdes, issue do ronlologisme, pé-
[ 9 rira avec lui; et quand Taction physiologique des mé-
i » dicaments sera parfaitement connue, la thérapeutique
» ne sera plus qu'un corollaire de la physiologie. »
(GuDLEU, Commentaires Thérapeutiques, Préface.)
Si je reproduis, Messieurs, cette citation in extenso j c'est alin de graver dans votre esprit, en l'appuyant sur l'autorité d'un Maître autorisé, cette vérité déjà exprimée au début de nos leçons, à savoir que la maladie n'est point une entité absolument intrinsèque à l'organisme et qui s'introduit dans nos tissus tout d'une pièce, i la manière dont la fable fait sortir Minerve du cerveau de Jupiter. I)ans une foule de maladies , et des plus graves , l'état morbide n'est en effet qu'une modification de l'état physiologique ; le médicament n'est alors lui-même qu'une modification de l'aliment. Telles les dialhèses , les maladies dites constitutionnelles , et toutes les affections sporadiques auxquelles les vu*us, les sei»ticémies, la cause d'inleclion et de contagion restent étrangères.
Mais ce serait s'écarter d'une saine appréciation clinique , et aussi , nous n'en doutons pas , de l'opinion
iiiriiic (lu i)i'ori»ssL»nr (îuhliîr, ([xm dr ilonnor uiu» inter- ]uvtali(ju lni|) al)soliui ù n»lle t^iiurj-iqui; rclïitalîon (!i» roiitolnj^âsui»' t'iiijiintjiic. S'il n'y ;) ([lu» pou <lc s/)rfciliquoii il y îi In^aiicoup ilo iiKMjicaiiieiils à indiwitions sptrialea^ el (jiii , suit «pTil s'a^isso do niodilior lo fonctioimoinoiil d'iiii ai)i»aruil organi([uo, soit ({iroii doive l'omballrc» im i)riii(i|K) murhido reçu du tlcdiors, ou uicmo siuipUMneni dcMMjiicoi'tor lui syudrôrno, afjissent <riiu(î inauirro ahsoluinent élective, ("'(îst-à-iUre porloul do préfôri'uct; leur actiuu sur loi ou loi orfjaue, fol ou loi systoino or^a!ii([ur», sur ti;! ou loi ordre d'ôléinonttj auatoiniquos, par ooinparaisou à tout autre niédioauuîul dt^ la môiuo série pliysiolo^M([uo.
Kl ici, il faut oser ajouter que panni les médecins, il ifosl pas un praticien liors ranfj qui iroludic ces propiiétos éloctivos, et no les utilise pour le plus grand bien do ses malades. La connaissance des propriétés {^'ônérales d'une substance modicamonleuse est le preluior point, et h.'s indications qu*il convient de tirer de ridiosyncrasio viU'iahlo selon cliacpie sujet, constitue le second, pour lo thorapoutisto : lo troisième, qui n'est pas lo moins ini])orlanl, roposiî précisomont sur Tart do choisir et d*appli((uor les agents spéciaux ou u action élective. Iiociunier, iîrelonneau et Trousseau, le savaient bien.
Ils ont toujours pratiqué v[ l'usuigné la tloclrine des actions tliérapouli(pios cloctives; ils avaient leurs formuli's prj>pros.
Trousst'îui, notanunent, laiss*.^ pon^'r Topruion selon nous exagérée qu'il nourrit sur ce poini, à cluique page d(» ses nnivros. (Test ainsi (ju'il dit, dans l'inlrorluclion tle son Trailc ilr Th('vapcati(iU(\ page iiO :
M L'idée de spécificité domine la matière niédii-ale
jo comino olle domine lu nosologie. Sans cette idée, les » médicaments seraient confondus avec les agents de » riiygiéne, et le sens commun ne le permettra ja- » mais. »
Et plus loin, page 102 :
0 L'idée de la spécialité des méilicaments <(ue » M- Pire tonneau avait api)liquée à certains agents » envisagés dans leurs rapports avec certaines alVecw lions, nous Tavons étendue à tous. Mais, ])our cpril » y eût en pathologie une idée correspondante, nous » avons également lransi)orté Tidée de la spécificité des » maladies avec matièhe, où elle a été rétablie par » Laennec et M. Dretoimeau, aux maladies sans ma^ ji turc^ aux névroses, aux névralgies, aux lluxions, )) aux hémorrhagies, où elle n avait pas encore pé- » nétré. »
Ici, Trousseau nous paraît exagérer manifestement la vérité En elYet, en acceptant sa doctrine, il faudrait faire non-soulement d'une névrose spéciale comme l'ôpilepsie, mais encore des névralgies communes, telles que la sciati«jue, la chorée, des maladies spécifiques, Pai-tant, le traitement devrait emprunter le mémo caractère de spécifité. Mais ce ne serait plus seulement la réhabilitation du médicament, ce serait la résurrection du remède empirique; ni Trousseau, ni M. Pidoux son collaborateur, ne peuvent avoir voulu réagir jusqu'à ce point contre la physiologie expérhnentale et la chimie médicale.
Et, en eiïet, on voit, dans les lignes suivantes de rintroduction précitée, page 29, que ces éminents maîtres ont compris le danger d'une exagération de ridée de spécificité, exagération qui ne seraitrien moins que le retour à renipirisme; écoulez phitôt :
«( Nous ne', connaissons })ns \mo. seule maladie qui » n'ait une certaine unité et ne puisse se distinguer » d'une autre par quehiue chose de spécial. Or, ce » quelque cliose, celte cause intime échappe toujours D plus ou moins aux principes du rationalisme. Chaque > symptôme, clïatpie lésion représente à sa manière 9 la natiue spéciale ou l'unité de la maladie. 11 en rc- » suite donc ([ue la médecine du ^symptôme est tou- » joui*s ])lus ou moins précaire, puisqu'elle n'attaque » jms le synq)tome on tant qu'il est spécial, mais en » tant (pi'il est un sinq)Ie trouhie fonctionnel, une irri- » tation, une douleiu', un spasme, un pur élément » morhide. Le rationalisme thérapeutique est donc I) faux, même dans les cas cpii lui paraissent les plus » favorahles.
)) Mais, d*nn autre C(Hc, nous ne connaissons non y> j)/us aucune mahulie, quelque spécifique et quelque » individualii^cc qu'elle soit, qui ne demeure assujettie » a\ix lois dr Vor(janismc, cl qui ne pn^scnle pcir con^ I) scqucnt quelques indications phiji^ioloifiques, la ma-- » tièrennUUcale posscdât-elle contre cette maladie les n remèdes spi^^i/iqucs les moins incertains. V empirisme 9 thérapeutique est donc faux même dans les cas gui » semblent son triomphe,
« Ou donc est la mesure? Oii la vérité? Dans l'idée » do suhordonnor à la médication du symptôme celle de » l'unité morbide, lorsque celle-ci n'est i)as assez l>icn » déterminée et assez sj)écili(puî pour dominer toutes » les autres indications; et de subordonner, au con- » traire la médication du symptôme à celle de la nature » de la maladie, lorsque C(îlle-ci a une telle unité cl » une tt»ll(» spécificité, que toutes ses parties, tous ses 3^ symptômes n'en peuvent pas être détachés et que
D chacun d'eux la représente et la manifeste aussi bien » que Tcnsemble. »
Ce sont là, certes, des conseils aussi profonds que sages, et qui prouvent, qu'en dépit de sa croyance aux unités nosologiques. Trousseau savait restreindre dans la pratique, sa théorie trop absolue des spécificités.
Il faut bien reconnaître, d'ailleurs, qu'en pathogénie comme en thérapeutique, il existe des groupes, des formes morbides, empnmlant leur physionomie propre à des éléments étrangers à Torganisme. Pourquoi, par exemple, la scarlatine épidémique, le cholôm é})idémique, le vomito endémique, sont-ils si dilVéreuls dans leur évolution de la scarlatine sporadique , du choléra-nostras , du tyi)hus européen? C'est précisément pour la cause qui^ nous indiquons.
N'oulïlions donc i>as, Messieurs, que toutes les maladies inlecliouses, toutes les épidémies coutiigieuses, toutes les affections virulentes, de même que les étérotopies, les tumeurs, ulcérations ou plaies à caractère dit »)ja/n«, sont autant d'affections de type spécial, et <iue les agents médicamenteux qui les guérissent sont des médicaments à propriétés spéciales, et non pas seulement générales. N'oublions pas non plus que ce principe mc^ilïlde importé, ou composé dans les milieux intérieurs de l'individu ne fait, aju-és tout, que modilîer des fonctions physiologiques dans leur jeu normal, et que, alors même que la maladie a pris son germe dans nn principe surajouté a l'organisme normal, elle se révèle premièrement à nous par des troubles physiologiques.
Il importe d'ailleurs de distinguer entre ces deux mots : médicament spécial et médicament spcciliquc. 11 n'y a que bien peu de médicaments vrahnent spécili-
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ques, c'est-à-dire d*agcntsquiy s'adressant directement â un principe morbide importé dans TorganismeJanniliiient ou le suppriment. Car tel est le sens du mot • spécifique. Le virus vaccin qui atténue ou détourne le virus varioliquo, est un agent spécifique ; je donnerai aussi ce nom an sulfate de quinine employé à haute dose contre la fièvre intermittente pernicieuse. En un mot, tout agent de médication qui possède des propriétés anlidotiques d'un miasme, d'un virus, d'un venin^ peut, à bon droit, être dit un spécifique. En dehors de cette classe restreinte et des médicaments à actiou pliysiologique générale, je ne vois que des actions spéciales en thérapeutique, comme je ne vois, dans les mornes conditions, que des ellcts spéciaux en pathogénie. Ainsi, tout médicamcnl quiy doué de propriétés* électives^ porte spécialement son action sur un appareil ou uti tissu organique dans un état morbide donnée est un médicament spécial. C'est donc à tort que l'on veut faire des spécifiques de nombre de médicaments, parc^ que ces médicaments décèlent des propriétés électives sui* tel ou tel point do l'organisme dans un état patliologique donné.
Développons par des observations empruntées aux données do l'expérimentation physiologique et clinique, ce point important.
Parmi les agents dynamiques, il existe, avons-nous dit, des modificateurs de l'innervation vaso-motrice. Et l'on nomme toniques vaso-moteurs^ les agents dynamiques dont l'action stimulante sur les filets sympatliiques produit un resserrement du calibre des capil^ laires sanguins. Or, c'est là une propriété thérapeutique générale, c'est-à-dire, portant sur un ordre de fonctions de physiologie normide.
La digituliiK?, la quinine, ralrophio, le bromure do potassium et Tergotine, sont cinq médicaments en possession de cette propriété commune d'agir comme stimulants du système nerveux sympalliique, de façon à pouvoir produire jusqu'à YoUylicmie, par atrésie des capillaires sanguins, si Ton force les doses. Une classificaticm purement physiologique rapprochci*ait donc ces deux substances en vertu de cette propriété générale commune. M. Rabuteau tombe dans cette frrreur qui dénote véritablement Vabsence de tout sens clinique cjuand il groupe dans le même genre la iligitale, le tartre-stibie, le sulfate de quinine, les solanés vireuses et le bronnu'e de j^otassium, sous prétexte que ce sont des motlilicateurs de Imnervalion et do la mvotilité qui ont tous pour proiiriété de diminuer Texcitabililé nerveuse et la contraclibilité musculaire V Or, précisément, les cin(i sul)stauces que j'ai cilée.^ ne sont des médicaments précieux dans les mains du médecin que par les actions électives spéciales qui les distinguent entre eux. La digitale est, avant tout, un médicament cardiaque, qui régularise et ralentit la systole ventriciilaire ù dose médicinale. La quinine, dit avec un sens profond le professeur (Jidjler, rend les centres et les conducteurs nerveux de la moelle jdus aptes à recueillir et à garder la force créée par la combustion respiratoii'e; elle est le remède par exci*llence des névroses périodiques et de la septicémie iiit(.îrmitlenle. L'àhella^ done et son alcaloïde l'atropine porte son action élective sur rinn(»rv;itiou de la pupilK? en provoquant la dilatation du sphincter ih» l'iris, le hromure de polas-
* Ces môdicamonts sont ilc incme ordn* , mais non ili? mémo genre. — Encore faut-il ou excepter lu quinine, médicament tout spécial.
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sixim retarde nolablement, quand on sait Tadministrer à doses graduellement élevées, Fcclat périodique de Tallaque d'épilcpsie. Et ce n'est point là, à proprement parler, une aclirm spécilique, car réi)ilepsie n'est point guérie jïar ce médicament, mais c'est une action élec^ tive ou siHÎciale sur le bulbe, action qu'on peut s'cxplicpier clinicpiemcnl après les belles expériences de llrovvn-Sé(pKird sur les Cobayes. Ce pbysiologiste, en ellet, a démontré expérimiintalcment que si l'on hypéréïuie par une légère excitation un point donné du bulbe c:h(»z le cochon d'Inde, on provoque aussitôt un véritable éclat d'atlaipu; épilcj)lique. On peut donc dire que l'action spéciale <lu bromure de potassium est do retarder les congestions périodiques du bulbe chez les épih'i>ti(pies, en vertu de ses propriétés d'atrésie médulhûre. L'cn/oi de ^riijlc^ enlui, traduit sur la libre musculaire son action vaso-motrice d'une manière égali^mi^nt élective, en amenant émn'giipiement la contraction di»s libres lissi»s de l'utérus. Ce qui en fait un ag(»nt tociipie par excollence.
Nous avons eu Cv*t hiver (Janvier 1874), dans le service du docteur Carat à Vllôpital Saint-André, 1*00casion d'administrer parallèlement sur quatre fébricitants atteints de tièvro intermittente tierce, la quinine, la digitale, l'ergot de seigle et le bromure de potassium. La fièvre a été troublée par ces quatre agtmls; mais la quinine a prouvé une immense supériorité, et nous n'avons pas pu confirmer les assertions du docteur luboué (de Tau) touchant l'ergot de seigle dans la lièvre intermitlcnle, malgré des elTets réels.
Ainsi, Messieurs, se trouve lei*minée la démonstration (pie nous croyons comi>lète et convaincante dos actions médicalrices.
Eludions maintenant en quelques mots les eflets SYMPATHIQUES ot MLTASTALiQUES au poiut dc vue thérapeutique.
Les progrès de la physiologie moderne ont éclairé rhistoire des effets thérapeutiques en nous révélant le mécanisme des actions dites réflexes. Voici comment la sympathie est définie par Littré et Robin {Dict, de médecine] : « Les syinpathies sont caractérisées physiologiquement par ce fait qu'un organe étant impressionné avec ou sans perception d'une sensation, le cerveau ou la moelle agissent sans que l'individu en ait conscience.» Cette réaction peut se produire soit sur le même organe, soit sur un autre organe du même appareil, soit sur un organe de quelque autre appareil. Ces sympathies portent soit sur les éléments de la vie de relation, soit sur les organes de la vie de végétation. La théorie des révulsions est fondée, en grande partie, sur les effets sympathiques. Les vomissements des premiers temps de la grossesse , le bâillement par imitation, Térection du mamelon des seins, et la galactogénèse ; Thyper-suffusion séreuse qui se produit à la suite d'une frayeur subite, sur la muqueuse du gros intestin; la réaction des cantharides sur la sécrétion rénale, sont autant de phénomènes sympathiques.
La thérapeutique reconnaît aussi des actions sympathiciues indirectes. C'est ainsi qu'une attaque d'hystérie peut être subitement calmée par l'introduction dans le rectum d'un à deux grammes d'assa-fœtida. Tous les agents dits anli-spasmodiques sont susceptibles il'effels sympathiques. La réfrigération et les moyens hyilrothérapiques, certains modes d'emploi de l'électricité par courants continus, fournissent encore des effets indirects sympathiques
- las —
En ce <iiii coiiconio les nu'liislascs, nous serons encore plus href cjuc pour les sympathies. Une mctaslase, c'est le déplacement iruiie action. A l'époque des disputes entre les solidistes et les humoristes, les premiers voyaient dans la métastase un simple déplacement de l'irritation, tandis que les seconds y voyaient un transport de la matière morbitl» dans un lieu difîérent de celui qu'elle occupait primitivement.
Pour le thérapeutiste, il ne doit étudier les propriétés mélastatiques que pour connaître les moyens de les prévenir. En olVet, dans le sens de Tin terp ré talion présente, provocjucr une métastase, est synonyme de causer la rétrociîssion d\ui principe morbide de telle façon que Télat du inalaile s'en trouve ajjgravé. C'est dans ciî sens f[ue le médicamtfnl connu sous le nom de Liqueur du docteur LavillL\ administré dans les accès de ijnutle, est accusé de i)roduire par rétrocession, des accidents souvents morlels. 1/extrait alcoolique de coloquuite serait coui)able de ce méfait. Nous avons vu un rhumatisme articulaire aigu prendre subitement la forme méningitique cérébrale, sous l'action abusive de la belladone et de la jusquiame. Etait-ce empoisonnement par les solanées vireuses? était-ce métastase rlmmalismale? Nous n'osons nous prononcer, et les obscurités qui régnent sur ce point vous expliqueront de reste notre réserve et notre laconisme.
On distingue encore dans les actions thérapeutiques ce qu'un appelle les effets prlwilifs et les effets secondaires par rapport au même agent <le médication. Cette distinction est souvent de la plus haute importance. Prouvons-le par des exemples. Et tout d'abord , cxpUquons bien que par cette division nous n'entendons pas parler de la dilTérencc qui existe en-
Ire l'impression inum'iUate (ju'iin« subslaiico mise en rapport avoc la miniiioiisc gastio-iiili.'Stiiia[ii pi-oiliiit sur IVxcitaliilité n'-lloxe. et IV-ffet médidiial du i-cnit-ilt'. Si nous disons, par exemple, que lo tannin, la belladone , lu jusquiame à haute dose, pi-ovoyiient imniédiatcinent une sécheresse de la gorge qui va jusqu'à la strangulation, mais qu'en dèfinitivû, le premier resserre et tonifie les tissus cellulo-fd>rouY, tandis quêtes deux autres réa^'issent par sttipéraction sur le pouvoir réflexe de la moelle, ee n'esl peint là ce qn'it firnl entendre par eiïets primitifs et etVets sccoiithtin's d'un nu-dicamenl.
Mais je citerai, par exemple, l'ipéca, employé centre la dyssenterie à forme catarrhale. L'effet primitif est émélo-catliartiquc; reffel secondaire, au contraire, est tonique, et anti-septique se ra]»procliaut sur beaucoup de points de l'action du quinqiûna et du cale, et justifiant, sous ce seul rapport, la loi des similitudes d'origine botanique.
Vous n'ignorez pas, en effet, Messieurs, que les trois genres ciuchona , roffcii et ipcat, sont do la famille desrubîacéos.
Les elTets contro-stimulauls, antiphlopisliquos eidéplasniiiiiKanfti du taitre stiliié, sont éj.'alement des effets secondaires par rapport à l'action d'irritation gastro-intestinale primitive.
L'emploi thérapeutique do Yalcool dépend tout entier dans ses effets, du mode d'administration. L'action première est toute de stimulation, pï la dose est élevée et rapidement administrée ; par contre, si elle est fractionnée et espacée à inten'alles assez éloii,més, l'action est sédative Pt antiphlogislique. On recourra à la première méthode dans le clKil(''ra à forme nlgiile, par
exfiniiK'; ci à la sccoiuli», «lans la pneumonie lubu-
lairc.
IniliossiUe Je manier la nialière médicale si l'on ne
sait rien île Vhabitude physiologique. Dans son sens le plus large, il faut entiuidre par celte expression, une manière d'èln» cpr un exercice ou une prati«iue continue fait conlracter à Torganisme, indéi»endamnient de l'aj)titude innée. Ainsi, on a dit que des hommes gauchei'ss'élait^nt fait droitiers par habitude physiologique: c'est par habitude physiiilugicpn» que Ton acquiert le langage artificiel. En thérapeutiiiue, le sens est plus précis, car il signifie qu'en poursuivant d'une façon contimie et durable l'usage de. certaines substances primitivement d'un support difficile, on arrive à |)OUVoir doubler, (juintupler, même décupler, les doses, sans excitation sensible. Vitpium, Yalcool, Yacide arsénieuXj les iodiircs, les bromures de sodium, de iwlas^ . siuniy de calciuw, peuvent se donner à des doses graduellement élevées, si Ton a eu soin d'habituer le malade par un usage régulier et conthiu. Nous connaissons une vieille dame qui traite depuis vingt ans une névrose par les opiacés. Elle en est arrivée à prendre la morphine aux doses les plus fortes de l'opium. Je pourrais multiplier les faits cUnicjues dans ce sens. Qu'il me suffise de dire qu'un des talents d'un praticien exi;rcé consiste à évitiir de blaser son malade sur les propriétés «les médicaments actifs, et cela, en ménageant les doses, en en suspendant l'emploi, en variant à l'aide des synerijiques et des auxilliaircs^le médicament lui-même.
La TOLÉRANCE Siî rattache à l'idée iV habitude physio* lotjique. On doit entendre, par ce mot, l'aptitude que contracte l'organisme à supporter et à consener des
mL'Jicamcnls dont ios cffiîls sont iiliysioloj^iipcinont d'un support lUflicile. Il nelaut pas confondre la répugnance avec l'intolérance. Je sais nombre de malades qui éprouvent la plus vive répugnance pour le guùt do l'huile de foie de morue, et dont l'estomac, cependant, la tolère très-bien; tandis que certains enfants dj-speptiques prennent cette huile sans réi)Uf,'nancc, mais ne peuvent la conserver dans l'estomac. A ce sujet, Messieurs, exciisoz-nioi do terminer cette leçon par le rappel d'un fait clinique bien connu tle tous ceu.x qui (mitent, depuis dix ans, la phlhisie pulmonaire à l'Hôpital Saint-André {de Bordeauxl.
Etïrayé de la facilite avec lac[uelle les jeunes servantes chloro-anémiques descendues des Pyi-énées à Bordeaux et si nonibi-euses aux salles G et 7, contractent la tuberculose, j'étais découniyé par l'intolérauco de leur estomac poiu" l'huile de foie de morue. Après avoir vainement essayé les nombreux procédés préconisés dans les hi\pilaux, j'associai simplement à quantités égales, l'huile blonde de foie de monic et le sirop do quinquina. L'huile surnage, et le sirop, plus lourd, reste en contact avec la muqueuse. J'obtiens, ainsi, mie tolérance très-générale ; et je ne serai pas démenti par mes confrères, en aflinnant ici le fait jiar lequel jo termine cotte leçon.