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SoMvviKi:. - ("omiiifMit IV'tmlo ilo ruction des mt'clîcanioiitA M* continue natun'lli'iiioiit fuir rollo ili«s voit*:* et mutlos (l*introduccicin et iru)i|)lit'atioii. Divisions ^r>iu'ralL*!< dcR voIch médicamcntouKC;*. — MiiqiuMiîM's. - - KpiiliTino ot ht*rnio. — llypodiTmo. - VoicK iiitra- \iMinMiHo»<. • Pi'nrtratîoii cIi'm rtiviti's rloM»s, ilcH puroncliymo*. — Mi'Mliiult» d'iiilwilatiuii - Analyse HpiVialo don difli'miti« modei d'iiitrudiictioii iiKMlicainentcu'io par Ic?< niufiuou*«o.s principales.
Apivs VOUS avdir mis vn jiossfssiDii (K's connaissun- 4M*s ^vnrralcs ium t'ssairrs puiir T'IinIicr rt (*oiii|)ri*iKlre aiilaiil (|iu' !«' inTiiu'l Trial acliirl di* la si'imiv, l'iiiniiM'iil a|;issi'!il I«'.s iinMlirani»*iils sur ror^anisiiii;, iiuii-S soninics lugi(|ui'iiii'iit aiin'inVs à rcclicrclu*!* par (piolles voies ers lurdiraincnts prurln'ut ilaiis cri. orj^^aiiisiiie, roniincnt ils v onln'iit oL cdiuiiuMit ils i*ii sorlonl.
l.cs voirs ri nin«los «rapplicaliou, il*intriMliictiou ot iroliiniiialiuii diîs a^nits iihMlicaUîurs, Ici va donc iMro Ir siljrl dti ci'ttf riia[ilièlihi li'çoii.
liOS iiîtMlirami'iils sont mis t'ii rapport avec les niiliinix intêri('urs de riiommo vivant , c «st-à-diro, avec In sang t'I la cellnlt» orjraniqut», 1»^ plus siiuvrnt d'une manii'iv indinaloiît môdialr lu» devant aj;ir (lucoonime des modiliialeurs ili» la mitrition, et, parlant do la
vitalité ; plus raivniont crime maniùro immédiate et directe, se comportant comme un agent cliimiàtrique.
Dans les deux cas, l'agent de médication est mis en rapport avec nos tissus par les voies suivantes :
A. — Par les muqi^euses. — Buccale et stomacale , anale et rectale, uréthrale, vaginale et utérine, palpébrale, auriculaire et nasale.
J5. — Par la voie épidermique. — Onctions, frictions, embrocations, lotions, balnéations, électrisations, vésications, urtications.
C — Par la voie endermique. — Mise en contact d'un agent médicamenteux avec les papilles du derme, après dénudation de l'épiderme.
D. — Par la voie hypodermique. — Injections ou instillation de solutions médicinales dans le tissu lamineur sous-cutané.
E. — Par la voie intr/ .-vasculaire. — Injection intra-veineuse , intra-artérielle. Transfusion du sang, communauté du sang.
F. — Par pénétration dans les cavités closes. — Injection dans les plèvres, le péritoine, l'ovaire, à la suite de ponctions.
G. — Par acupuncture dans l'épaisseur des PARENCHINES — Procédé de M. Palaprat.
H. — Par inhaLxVTIon. — Procédés divers de pulvérisation pour les poumons.
Passons successivement en revue ces huit procédés généraux.
A. — Introduction et application des médicaments par les muqueuses.
1® La muqueuse buccale et stomacale est, de beaucoup, la voie la ])lus utilisée pour l'administration des médicaments. Sauf les subsUmccs qu'une saveur
n^j)oussauti.* wii une odour iiisupporUiMu ne periiiel pas (le i»résenler par celte voie, sauf aussi cerUiines solutions Irès-loxiques, d'un dosage délicat, et qu'il est pivféiable (Viiitrodiiire par la méthode sous-cutanée; c'est par la bouche, la muqueuse palallue et pharynffienne, que les agents thérapeuti<iues internes entrent en contact avec Torganisme.
Ce sont là, d'iiilhîurs, des faits d'une notoriété si vulgaire qu'il y a lieu à pi»hie d'insister.
On distinguera, toutefois, les agents de celte catégorie en deux classes, selon qu'ils sont destinés à être portés dans l'estomac, absorhés par la nutrition, rejetés ])ar les émonctoires naturels, d'un»? part; ou, d'autre part, selon <pi*ils doiv<»nt seulement impressionner par contact les |ireniièn.»s voies de la muqueuse : dans le premier cas, il y a ingeslioii, dans K» second, application seul(»in«Mit.
A la première catégiirie, appartii»nnent les médicaments (pii, sous forme de préparations ofticinales ou magistrales, sont présentés par Thounne de l'art dans le but d'aller im])ressiomu»r l'estomac. Les formes varient e'xtrémcîment, selon qu'il s'agit de substances rHjuides siîini-liquides ou solides, d'agents solubles ou insolubles, f^a solution simple ou composée, la potion, liî loch, 1(; julep, servent de véhicule à la majeure partiiî (les remèdes atlministrés par la muqueuse buccale et stomacale. La forme la plus usitét; après la potion est la pilule. Comme la potion renferme habituellement l'agent médicamenteux dissous, sous forme de teinture, de sirop, de décocté, d'infu.sion, de simple division ou pulvérisation, la pilule favorise Tadministration des médicaments «jui sont en poudre, en extrait ou en résidu. Son volume varie de ! centigramme a
5 ou 20 centigrammes: plus petite, la pilule est un granule, un globule ; plus forte, elle constitue ce qu'on nomme un bol 11 importe de savoir que, lorsqu'il s'agit d'impressionner ni[â«lementpar la surface de Testomac les grands centres d'innervation , la solution en potion est préférable à la forme pilulaire, la pilule n'enti^ant en contact qu'avec une surface très-limitée de la muqueuse, tandis que la nappe liquide l'impressionne sur une surface étendue. C/est ainsi que nous avons eu souvent l'occasion d'observer, que 30 centigrammes de sulfate de quinine bien dissous dans de l'eau distillée, légèrement acidulée, avec addition d'une petite quantité d'un sirop stimulant et diffusible comme celui de menthe, équivalent, contre la fièvre intermittente, à 50 centigrammes du môme sel administré en pilule. Par contre, le bol ou la forme pilulaire sont préférables quand on désire masquer la saveur de la substance. Exemple : copahu en bols solidifiés avec de la magnésie; extrait d'opium, de bellatlone, de quinine, etc , etc.
Un certain nombre de médicaments qui demandent peu ou pointde préparation pour être introduits dans Testomac, sont administrés sous forme de poudres, La plupart du temps, ces poudres sont amalgamées à une conilture, à du miel, ou mêlées dans du bouillon, du vin, du lait, etc., etc. Si la poudre est insoluble comme le calomel, on l'enrobe avantageusement dans une prune cuite en lieu et place du noyau. D'autre fois, on la prend simplement sur la pointe du couteau, comme la rhubarbe. Mais il arrive que la muqueuse buccale et œsophagienne, surtout la muqueuse linguale, se révolte centime la substance ingérée ; il est d'usage alors d'incarcérer le médicament dans des capaules le plus souvent
gélatiniformes. Ainsi fait-on pourhîs haumes de copahu, l'essence do torohonthinc, les huiles de ricin, de foie de morue. On donne le nom de perles aux enveloppes gélatineuses qui emprisonnent dos agents volatils. Si j'ajoute que, depuis les pastilles et les tnhlettcR jusqu'à la forme de biscuits et de (jAteaux^ on a imaginé les inventions les plus variées et souvent les plus singulières pour masquer des remèdes dt^stinés à l'estomac, j'en aurai fini sur c\\ premier point de l'administration des médicaments par la mucpieuse gastrique. Faisons cette réserve expresse que le praticien doit se méfier expressément <le c(*s artifices pharmaceutiques par lesquels le médicament est tellement dissimulé que tout contrôle échappe au médecin.
Reste à parler maintenant pour terminer ce qui concerne les voies de la grande muiiueuse digestive, de remèdes appUqui^s seuliMueut, c'est-à-dire non destinés à ètrcî incorporés, mais rejelés sans arriver jusqu'à l'estomac. lA)i> {jarnaristnes iÀ les cofiufoûrs appartienncîut à cette catégorii».
On donne le nom de tianidrîHnies à des médicaments licjuides (pielquefois simples, plus souvent composés, destinés à être mis en contact avec la muqueuse palato-pharyngienne, par un double mouvement de contraction desnuiscles de la joue et de gargouillement du larynx ])our rex])ulsion de l'air travei^sant le liquide.
On divise généralement les gargarismes en astrin^ genls^ adoucissants^ anti^scptique^ , détersifs ^ subsli^ tulifs et spécifiques. Le miel rosat et le sirop de mûres sunt les correctifs habituels des gargarismes. L'alun, le tannin elles substances qui en renferment, tels que la ronce et la rose rouge, la ralanhia, la bistorte, sont l(*s îigoîits h's plus usités du gargarisme astringent.
Le pavot, la morelle, le lait et le miel constituent la majeure partie des gargarismes adoucissants. Le chlorate de potasse, Thypochlorite de soude, le quinquina composent des gargarismes antiseptiques. Le gargarisme détersif est ordinairement composé de miel rosat (,60 gi-ammes) ; alcool sulfurique (2 grammes) et décoction d'orge mondé (,250 grammes). Un gargarisme est dit substitutif quand on y fait entrer un principe Vîliminateur, tel que Tiodure de potassium ou le bromure de calcium. WesispécifiquCy si on y introduit par exemple le deuto-chlorure de mercure préalablement dissous dans Feau. Un gargarisme est essentiellement destiné à être rejeté. On comprend de combien de manières peuvent être modifiées les muqueuses de la première voie par cet ordre de médicaments. La plupart des afTections aiguès ou chroniques connues sous la dénomination générique d'aiiyines (herpétique, pultacée, pseudo-membraneuse, tonsillaire purulente, gangreneuse, syphiUtique, scorbutique, etc., etc.), trouvent dans un gargarisme approprié un agent de médication souvent efficace.
Un collutoire ne diffère du gargarisme que parce que, au lieu d'être destiné à pénétrer jusqu'à la gorge et au pharynx, il se borne à baigner et rincer la muqueuse gencivale et labiale. Le miel rosat, Torge, le cochlœaiia, le quinquina, le pavot, le lait, sont autant de substances fréquemment utilisées en collutoires.
Avant de terminer celte première catégorie des voies médicamenteuses, nous ne devons pas omettre de parler du cas où, par suite de paralysies ou rétrécissement pharyngo-œsophagien , de perte de substance, de production étéromorphe ou toute autre cause, la déglutition n'est pas possible. On administre alors l'aliment
L'I lu iiiLMlicuiuent à l'iiklo ili^ Id sonde ilile a'sopliayienne, l.a sMiide (jL^npIia^^iuiino est une sonde tlesdble^ longue, larj^^L' fiivii'Mii de lO niilIiiiiètres.On adapte une seringue au lM»ut extérieur <lo celte soucie, et ou injecte ainsi s(»il des aliments, soit d(.\s niédicanients liquides simples ou composés. Chez les malades atteints de sitiophohie, c'est-à-dire ayant horreur de nourriture (ne pas conlomlre avec hydrophohitî , on n'a pas d*u»itre moyen pour in^'urjriter «le force le bouillon et le vin.
2'* xVprès la rnie tmrotlr et ifiistrique^ la voie anale et rrctalc est la )»lus utilisée des nunpiouses pour l'introduction et Tapplication des médicaments.
liliacun connaît Tinnuense usa^'e qui est fait des larciiwnts ou t'nd'rolHura. L'eau tiède simple, comme éinolient, et mieux les eaux de son, de mauves, de lin, sont utilisées chaque jour, l/eau IVoide, comme sédatif toniipie, est éj^alenient très-enqdoyée. Veut-on obtenir des actions stupéliantesV Le pavot hlanc, une demica|>sul<î pour Tà^^e adidl«», on décoction dans 500 j^rammmes d'eau, pour deux doses, est un excellent nioven. <hi emploie heaucoup plus rarement les solanées vireuses, parce (pie la helladone, la jus([uiame, le strainonium, sont des toxi<[ues puissants, et dont l'absorption s<» lait trés-rapideuitMil et trés-énerpquement par la muqueuse, intestinale. La décoction de feuilles de tahac, jadis assez IVéquennuent utilisée, très-peu aujourd'hui, \u* présenterait des indications utiles que dans les douleurs atroces qui accompaj^nenl les productions cancéreuses «hi rectum. Dans ce cas, on n'oubliera jamais que le tahac est un violent poison, et que uuit à deux feuilles de j^randeur moyenne sufiisent pour une décoction de Tà){) j^q-aunnes. Le nitrate d'arjçent, la ralanhia, l'alun, hî tannin, sont utiles par cette voie.
eu présence des relâchements de la muqueuse, pour obtenir une astringence tonique. Mais c'esl surtout dans la médication antispasmodique , par l'administration des gommes-résines fétides , ombeliifères y ( genres fertila et peudacœa)^ que le moyen des entéroluves est usité. Lassa fœHda^ notamment, d'une saveur désagréable et d'une odeur repoussante, tenu en suspension par un jaune d'œuf, avec le tilleul ou l'eau simple pour véhicule, donne des résultats héroïques et presque soudains, dans les crises spasmodiques et convulsives de l'hystéralgie. Le musc, le castoreum, la valériane, sont avantageusement administrés par la même voie.
Mids là ne se bornent pas les ressources ofTertes au thérapeutiste par la voie de la muqueuse anale. Les hémorrhoîdes internes ou externes, les fissures, fistules et abcès de Tanus, les ulcérations, plaques muqueuses, les tubercules spccitiques de la diathèse sypliilitique, exigent des applications topiques qui ne sont pratiquables que par la muqueuse anale. En dehors des pommades, embrocations, onctions, lotions, frictions pratiquables à la marge de Tanus, les trochistes autrefois (^sortes de pâtes en tablettes arrondies et dépourvues de sucre), de nos jours des suppositoues de toute sorte, sont appliqués ou introduits dans l'anus, soit à Faide d'un spéculum anal, soit par simple apposition directe. Les suppositoires hémorrhoïdaux sont très-variés pour l'agent médicamenteux principal. Le beurre de cacao est le véhicule le plus ordinaire.
S'agit-il de rappeler un lUix hémonhoïdal? Trousseau donnoit la formule suivante :
BemTe de cacao, 8 grammes.
Aloès pulvérisé, 20 centigrammes.
Émétiquc, 5 centigrammes.
V omj lient populr uni, VaciHale de plomb liquide et lo laudanum de Sydenham (10 parties du premier, 1 des deux autres"), constituent un suppositoire à la fois sédatif et tonique contre les hémorrhoïdes fluentes en même temps que douloureuses.
La pommade aux concombres (15 parties"), la chaux hydratée et le laudanum de Sydenham (a. a. 2 parties), sont (encore de bons ingrédients d'un suppositoire pour le même objet. J'en dirai autant de Talun cristallisé pulvérisé, uni au beurre frais, ou, simplement, de Tonguent populéum uni au taonin.
Le suppositoire a-t-il simi)lement pour objet de provoquer des évacuations intestinales? I/emploi du savon est excellent. Veut-on produire une sédationV [-<e suif, le beurre de cacao, le miel épaissi par des poudres médicamenteuses sont autant <le bons moyens. Dans tous les cas, le suppositoinî lui-même «loit être constitué par une substance solide, en forme de cône long. On coule souvent le su|)positoire dans un moule huilé. D'autrefois, avant d'appli((uer le suppositoire dans le rectum, si ce dernier est turgercent et douloureux, on trempe le suppositoire dans mie solution médicamenteuse à propriétés sédatives ou dilatatrices , telles qu'une décoction de pavot ou do bt^Uadone.
(loutre les fissures do Tanus, hi ruptun». forcée do la muqueuse est le plus sur remède. L'opémtion chirurgicale est égabîment prescrite <lans la fistule anale ; niais, avant et après, les topicpies dont nous venons de parler ont leur emploi très-indupié. Toute la série des accidents sypliiliti([U(^s se portant sur la nuiqueuse rectale ("t anale, hîs herpétides, les végétations, érosions, papul*îs,pustul«»s, tid)er(udos, [»la([uesmu(piruses, abcès etnl('ér;ili(ais peuvent commander Teniploi de topiques.
Les badigeouuages à la tointiire 'l'iode sont, dans re cas, un procédé dos plus utiles et, j'ajoute, des plus eflicacos. Les solutions de perchlorure de fer, de protosulfate de fer, de permanganate de potasse, sont encore des agents de valeur, iîu lotions ou embrocations. Enlin, les caustiques potentiels ou môme actuels peuvent être ordonnés. Le nitrate d'argent, la pâte arsenicale, le chlorure de zinc, représentent parfois des indications, notamment quand il s'agit de détruire à Torifice anal des productions étéromoVplies, cancroïfomies, de nature suspecte. Pour terminer ce paragraphe de l'application des médicaments par la muqueuse rectale, disons que, dans nombre de cas où le sulfate de quinine n'était pas supporté par la voie stomacale et buccale, on s'est trouvé très-bien de son administration en lavements. Je dois, toutefois, ajouter cette restriction, que l'absorption du sulfate de quinine se faisant beaucoup plus rapide par le rectum que par l'estomac, l'élimination est sans doute aussi trop prompte pour que le médicament puisse produire sans intoxication tous ses effets antipériodiques. Rappelons enfin qu'on a préconisé l'alimentation des malades qui ne peuvent plus faire la digestion stomacale, par la voie intestinale. Les lavements de lait, de bouillon, d'eau vineuse, de substances azotées divei'ses, ont été utilisés. Mais je ne sache pas qu'on ait obtenu ainsi de succès durable. Il est à croire que l'absence des agents catalytiques fournis notamment par la salive (sulfocianure de potassium") , le suc gastrique, le taurocholate de soude de la bile, et le liquide pancréatique , font ici une lacune capitale, notamment pour la production du sucre et l'éniulsion des corps gras. On peut du moins s'expliquer ainsi le marasme dans lecjuel ne tardent pas à
loinl)i»r 1rs inaladi'S qiio Ton tonte (.ralimenLer par la inuquousc rcctal*î.
3" Ktudioiis maiiitcnaiil riiitroduclioii des médicsiincnts i)ar la muqueuse urrtlirale et vésicale.
Je ne parle (|ue pour mémoire des agissements cliirurgicimxqui se pratiquent chaciue jour sur le canal de Turèllire, et, de là, dans la vessie. Quoiqu'il existe une thérapeutique eliirurgicalc et ([ue tous les procédés de traitement relèvtîiit de? la thérapeutique spéciale ou générale, ou n(» saurait s'attendre à trouver ici un cours de manipulations chirurgicales.
Bornons nous donc à dire, sur ce premier point, que Ton (explore le canal (»t sonde la vessie à Taide de h(n((jies ou sondes viollrm^ à Taidc de sondes rigides ou métalliques. Les boufiivti molles sont faites soit avec de la cire, soit av(>c une matière emplaslique, soit avec une gomme élastiqui». Les hougies de cire sont ordinairenient pleines. Pelles sont constituées alors par des bandelettes de toile fine trempées dans de la cire fondue et roulées. Quand elles sont canelées, elles sont naturellement fragiles. On emploie beaucoup moins les bougies emplastiqueSj faites avec le diachyllum, la cire et riuiihî (rolive, parce qu'elles ne conservent pas Tompreinte du rétrécissement de ce canal. Les l>ougics dites de (jomme vUistique sont aussi tantôt pleines et tantôt creuses. Klles sont faites par de Thuile de lin rendue siccative au moyen de la litharge , avec addition de succin, d'huile de térébenthine et de caoutchouc. Les hoxiijies de caoutchouc vulcanisé sont de beaucoup préférables à celles de (juilaperca qui se brisent facilement dans les rétrécissement du canal. Les bougies de métal autrefois trés-usitées en France ne le sont plus guère aujourd'liui (|u'(*n Angleterre et en Amérique. On a
justement abandonné les Ijougies (Je baleine. (lelles dites de cor Je à hoyaiLi\ peuvent créer de fausses routes, elles sont d'une introduction diflicile et parfois dangereuse. Eniin, les bouffies d'ivoire ramolli sont très-douloureuses à supporter.
Quant à leur forme, les bougies sont cylindriques, coniques ou fusifomies. Les bougies molles, en caoutchouc vulcanisé sont de beaucoup celles dont il faut préférer l'emploi pour obtenir la dilatation graduelle et lentement progressive d'un urèthre rétréci. On évite ainsi les déchirures souvent si funestes, ainsi que les fausses routes, l'un des dangers du cathétérisme forcé. Avant l'invention des porte-caustiques, on avait des bougies dites médicamenteuses. Homo, notamment, fixait un fragment de pierre infernale a l'extrémité d'une bougie. — Mauvais procédé.
Tandis que la bougie est surtout un instrument dilatateur, la sonde est surtout un instiniment de cathétérisme. Je ne parle, bien entendu, que des sondes urétbrales. Nous aurons à parler un peu plus loin des sondes de Belloc et d'Anel, de Laforest, de la sonde de la trompe d'Eustaclie et de la sonde utérine. La sonde à cathéthérisme est un tube cylmdrique dont une extrémité, appelée pavillon, présente latéralement deux anneaux pour permettre de la lixer L'autre extrémité porte le nom de bec. C'est une sorte de culde-sac qui présente sur les côtés deux ouvertures ovalaires et non parallèles ; ce sont les yeivx de la sonde. On donnait, autrefois, deux courbures à la sonde, une première insensiblement convexe, une seconde avec concavité antérieure prononcée. Les sondes d'aujourd'hui ne conservent que la seconde courbure. La sonde dite cl double coxirauty est divisée en deux comparti-
inents par une cloison longitudinale de manière que le liquide injecté par un conduit puisse sortir par l'autre. On donne le nom de porte-caustique à une sorte de sonde canelée contenant le caustique que Ton peut, à l'aide d'une vis, produire ou rentrer à volonté dans la canelure de la sonde.
C'est suilout pour combattre les écoulements blennorrhagiques, les chancres ulcérés du canal,- les affections du col de la vessie , les prostatites que la muqueuse uréthrale sert de voie au tliérapeutiste.
Les injections antiblennorrhagiques pratiquées soit au début de la période aiguë, soit, au contraire, plusieurs jours après la disparition de cette période, se font avec des substances très-diverses^ mais le plus souvent caustiques ou tout au moins astringentes. A la suite de brillants succès obtenus par le vénéré et illustre Ricord, nous nous rappelions le temps où il était de-mode de forcer l'exemple du maître et de juguler en quelque sorte une blennorrhagie par une injection de nitrate d'argent à doso véritablement inouie. Grâces au ciel, de même que Bouillaud a déposé depuis longtemps sa lancette sur l'hôtel de l'expérience, en expiation de ses saignées coup sur coup, de même Ricord a hautement réformé ses anciens aphorismes touchant la cautérisation par injection aboi'tive, dans la blennorrhagie.
Que d'orchites, que d'épididymites, et, chose autrement grave, que de rétrécissements du canal n'ont eu d'autre cause qu'un usage immodéré et prématuré d'injections caustiques!
Il n'en est pas moins vrai qu'en modérant l'emploi des caustiques, en utilisant sagement celui des astringents, ou obtient par lu njuciueuse uréthrale d'excellent effets
contre la blennorrhagie aiguë. Les résultats sont bien plus contestables s'il s'agit des écoulements chroniques vulgairement connus sous le nom de goutte militaire. Il faut se défier alors des rétrécissements, et user des bougies graduées ou à demeure, pour obtenir une dilatation lente.
Tandis que Ton administre intérieurement, par la voie stomacale les baumes-résines de copahu, de cubèbe, de matico, l'eau de pin gemmé, le goudron, la térébenthine en capsules pour agir secondairement sur la muqueuse de l'urèthre, les injections que l'on peut pratiquer directement et topiquement sur cette muqueuse sont les suivantes : les unes, astringentes, consistent à porter à l'aide d'une petite seringue en verre, en porcelaine, en plomb ou en ai'gent, soit du nitrate de Bismuth, 15 «/o d'eau; soit du calomel à la vapeur (4 «/o) avec un mucilage gommeux, soit du tannin, avec ou sans bydrolat de roses. M. Jeannel n'hésite pas à prescrire la noix de galle concassée, 10 parties pour 250 d'eau, additionnées ou non de 50 de vin rouge.
Le sulfate de zinc, le sous-acctate de plomb, le calomel, sont également indiqués en injection par cette voie.
Disons enfin que dans certaines dysuries, ischuries ou même anuries attribuées à une parésie du col de la vessie, quelques milligrammes de sulfate de strychnine injectés à l'aide d'une sonde dans laquelle joue un corps de pompe, ont donné de bons effets.
4*^ De la muqueuse uréthrah à la mxiqueuse vaginalCj la transition est simple et naturelle.
L'organe génital de la femme (ovaire, trompe, utérus et vajcin) est sujet à des maladies d'autant plus
fréquentes et variées, que son action physiologique est plus importante. Nous ne pouvons atteindre directement par un traitement médical et sans opérations chirurgicales graves, Tovaire, les trompes, ni même souvent le corps de Tutérus; mais le vagin et ses annexes, le col de la matrice, sont sujets à des traitements simplement médicaux, et d'une importance réelle. L'affection morbide, hélas! si fréquente et si cruelle du cancer utérin ; les ulcérations fongueuses ou non du col, les métrites franches et les métrorrhagies ; les granulations, excoriations, ulcérations, rhagades, les herpétismes du col, veulent être soignés. J'en dirai autant de la leucorrhée , de la vaginite spécifiqne, de Turéthrite, etc., etc. Toutes ces lésions comportent un traitement local en dehors d'un traitement général, et la muqueuse vaginale est la voie ouverte pour les modifications. Je citerai d'abord , les bains froids et injections froides locales, des irrigations hydrothérapiques à simple ou à double courant ; la douche en cercle, les injections lénitives avec la décoction de lin, de mauve, de morelle, de pavot. Ajoutons les bains de siège, les irrigations , les injections toniques et astringentes avec la feuille de noyer , Técorce de chône, la rathania , le tannin , l'alun , le perchlorure de fer en solution. N'oublions pas, dans les maladies d'un caractère douteux ou même inquiétant, l'emploi comme agent détersif et antiseptique du sulfate de fer, du I)ermanganate de potasse. La cautérisation au nitrate d'argent, et môme au cautère actuel, si le médecin k juge nécessaire, a aussi ses indications.
En dehors des lotions, onctions et applications topiques diverses qui i)ouvent se fiiire, mais se pratiquent raniment à Vorifice vulvairo (ce sont alors générale-
ment des applications caustiques), c'est par le canal «lu vagin que s'introduisent les agents médicateurs destinés soit au col utérin, soit au vagin lui-môme. Et pour se guider, pour s'éclairer dans la voie , on a recours au spéculum vaginal, La variété, en quelque sorte, inlioie du diamètre et de la conformation de rorifice vulvaire a nécessité la construction de spéculums également variés, non pas .seulement quant aux dimensions du cylindre , mais aussi et surtout, par le mode et le mécanisme qui découvre le col. On a le spéculum univalve ou d'une seule pièce ; le spéculum trivalve, susceptible de s'introduire sous un très-petit volume. Mais le plus conMnode, à coup sûr, celui qui répond le mieux à la moyenne des indications , c'est le spéculum bi-valve, de Gusco. Ce spéculum est constitué par deux gouttières à peine cylindriques, aplaties et qui se terminent en bec de canard. Ces deux lames sont réunies par une charnière qu'un simple mouvement de bascule permet d'écarter. Une tige d'acier, en segment de cercle et graduée , passe d'une branche à l'autre, et, grâce à une vis de pression, on peut fixer un écartemont plus ou moins grand. Il suffit de presser sur les branches extérieures pour les rapprocher. Par ce rapprochement, l'extrémité utérine s'écarte, dilate à volonté le vagin, et met à découvert le col tout aussitôt qu'il permet d'examiner la muqueuse vaginale elle-même. Ce spéculum est préférable au tri-valve, en ce que ce dernier pince souvent entre ses parois les replis de la muqueuse, et que son cylindre doit être armé intérieurement d'une tige à tampon qu'il n'est pas toujours commode de sortir du cylindre brisé. 11 présente, en outre, ce double avantage sur le spéculum rond et univalve, que par l'écartement en
— 1 is —
liasnili;, ([ui pt^nnrl tlo dilalrr ;i volout«'ï k cul île sac va^'iijal, on pont loajoui*s et rapiilonicnt trouver le col, cauliM'isisiT à Taise», et snr un grand pourtour. De plus, dans les états palliolt)<jfiqnes ou récartcmont des petites lèvres est douloureux, soit que la fourchette soit ulcérée, excoriée, érodée, ou simplement eunanimée, soit qu un écoulement uréthral, un chancre, un (Cdénie <le la j^dande de Ibrlholin, rendent sensible réoartemiînl des parois de Torilice, dans tous ces cas, le bec on canard aplati et mousse du spéculum Cusco, ses coins elVacés, ses i)arois lisses et doucement renflées , permettent au pralicien même novice un examen toujours facile et nullement douloureux.
Le va^in dilaté, on introduit, stolon les indic.itionsthcrîipcîuticpies, des topiques d'ordre divers. M. II. Delisle, aiici.Mi interne di;s ho[»itaux de (laen, a invente récemment un porle-topique vaginal fabriqué par Galante, et qui permet à la femme <le porter elle-même dans le vagin, jus(pn*ssur le col utériii, toutes les sulistances médi«',ami*ntjîusfs (jue le niédi^cin veut faire appliquer. Ce porte-loj)i(pie se compose d'un cylindre creux dansle([uel se meut un piston. Ce cylindre est ouvert à Tune de sc»s extrémités munies d'un pavillon : il est fermé à l'autre extrémité arrondie en forme do canule vaginale. Il est formé de deux valvos réunies entre elles par un aimeau di' caoutchouc logé dans une gorge creusée sur le pourtour du pavillon. Ce genre d'articulation élastKjue les maintient toujours rapprochées. Ces valviis sont d'inégaliî dinuMision , la section longitudinale qui les divise n'étant pas praticpiée suivant le diamètre du cylindre. La valve la plus capable sert de récipient au topifpu». Quand on pousse le piston, les valves s'écartent pour «lonncu* issue à la substance
médicamenteuses. Les dimensions de cet ^instrument ingénieux varient suivant les besoins ; il peut avoir, depuis le calibre d'une sonde uréthrale jusqu'à celui d'un volumineux spéculum plein. Il y a trois modèles. Le premier peut servir à l'application du topique chez les jeunes filles ; les deux autres, chez la femme. Le n* 3 peut appliquer dans le vagin des sachets de glace, des tampons d'un certain volume, et des éponges lixées à un fil électrique .
Il existe trois catégories principales de topiques que cet instrument permet d'introduire dans le vagin :
1« Les topiques pulvérulents, tels que : poudre d'amidon, tannin, sous-nitrate de bismuth, quinquina, alun, lycopode opiacé, etc.;
2o Les topiques mous, tels que pâtes, pommades, onguents;
3" Les topiques solides, comme tampons d'ouate ou de charpie, éponges , sachets médicamenteux remplis de poudres et de cataplasme.
Nous ne dirons qu'un mot des pessaires^ dont la plupart sont avantageusement remplacés par la ceinture hypogastique. Ces instruments sont introduits dans le vagin à demeure, pour maintenir la matrice dans sa position naturelle dans le cas de chute ou de déviation. On en a fait en buis, ivoire, plomb, argent. Aujourd'hui, celui de caoutchouc, plus léger, plus simple et plus élastique, est presque seul usité. Les pessaires réunissent des dimensions et des formes très-variées. Ils sont, selon les indications, sphériques, ovoïdes ou aplatis. I^s pessaires dits à tige, à pivot ou à bilboquet, ceux en gimblette circulaire, en huit de chiffre, sont autant de variétés. Quelle que soit d'ailleurs leur forme, les pessaires sont ordinairement un peu déprimés sur
la face qui doit être en contact avec le col utérin. Ils sont perforés au centre, pour l'écoulement du flux menstruel. Les uns sont munis de tiges, d'autres se retirent à l'aide d'un simple fil. On ne doit jamais placer im pessaire avant d'évacuer le rectum et la vessie. Les pessaires provoquent pendant plusieurs jours de It gène, et un écoulement muqueux. Les sphériques sont insupportables, à cause d'une double pression sur le rectum et la vessie ; il faut préférer les ovales aplatis. Les femmes doivent avoir soin de retirer tous les sept à huit jours leur pessaire, pour le lavor.
Répétons que le meilleur pessaire offre des inconvénients dans son application, et qu'une large ceinture hypogastique, un tamponnement habilement fait^ sont presque toujours préférables.
Passons à l'étude de la muqueuse de TmL Nous désignons ainsi la conjonctive, membrane qui unit le globe de l'œil aux paupières^ en tapissant d*UQe part la surface interne de celles-ci, et, d'autre part, le globe do l'oeil jusqu'à la circonférence delà cornée transparente. Depuis la simple blépharite, en passant par toute la série des conjonctives aiguës ou chroniques, du phlegmon oculaire, jusqu'aux kératites et à l'iritis, la muqueuse oculaire peut servir de voie à des applications thérapeutiques.
La cautérisation au nitrate d'argent ou au sulfate de cuivre, l'application de pommades substitutives au précipité rouge, ou simplement du calomel, sont d'un emploi journalier.
Mais lorsque l'examen de l'œil pratiqué minutieusement à l'aide d'un spéculum oculaire qui porte le nom crophthalmoscope (le meilleur est l'ophtbalmoscope binoculaire do Giraud-Teulon), a fait reconnaître un
travail morbide dans l'un des milieux de l'œil, l'agent de médication le plus usité porte le nom de collyre.
Le mot de collyre avait, dans l'ancienne thérapeutique, le sens que nous attribuons aujourd'hui à celui de suppositoire. 11 signifiait un médicament solide , de forme allongée et cylindrique. C'était une sorte de trochiste que l'on introduisait dans le nez, l'oreille, l'auus, le vagin. Aujourd'hui, ce nom est réservé aux topiques de la conjonctive oculaire.
Les collyres sont secs, mous ou liquides. Ils sont lénitifs ou astringents, stimulants, caustiques ou stupéfiants, mydriatiques ou myosiques, altérants ou substitutifs, toniques ou résolutifs.
L'eau distillée de roses, l'acétate de plomb, le sulfate de zinc, le nitrate d'argent, le sulfate de cuivre, le tannin et l'alun en poudre, constituent la base des principaux collyres astringents ou caustiques.
Le vin blanc, le rhum étendus d'eau, sont des éléments de collyre stimulant ou toniquç. Le plantain , le cerfeuil, servent à des effets sédatifs. Le noyer, le tannin, ont des effets antistrumeux. L'atropine, la daturine , pour provoquer la mydriase ; l'ésérine , l'opium, pour entraîner la contraction pupillaire. etc., etc.
Dtons premièrement parmi les collyres en renom,
les collyres mydriatiques de Sickel el de Mûller (agent,
la beUadone), le collyre anti-mydriatique de Hanbury
Extrait de Calabar, 20 centigrammes.
Glycérine, 6 grammes.
Le collyre astringent résolutif de Debreyne, (sulfate de cuivre , eau-de-rose et sulfate de morphine ) ; le collyre astringent de Desmarres (tannin et eau de laurier- cerise), le collyre stimulant de Grsefe (am-
moniaque liquide, étiier sulfuriquc et menthe); le collyre tonique de Brun (^aloùs, vin blanc, eau de roses et sarran) ; le collyre contro-stimulant de Warc (caloinel à la vapeur et eau distillée) ; le collyre anodin de Cunier (^cyanure de potassium et hydrolat de belladone). Nommons encore parmi les collyres dits anliscrofuleux, le collyre de Mojon (.avec le chlorure de baryum, le laudanum et Veaxi) ; le collyre ioduré iodé, de Desmarres. Le collyre soc de Uécamier (oxyde de zinc et sucre blanc) ; celui de Dupuytrein (oxyde de zinc, calomel et sucre candi.) Citons enfin, parmi les collyres anti-syphilitiques, celui de Foy (au bichlonire de mercure et à Teau de roses).
Ce qu*il importe surtout de retenir. Messieurs, sans s'é^^1rer dans les détails, c*est que, sauf poiu* les actions substitutives, les collyres secs sont, en quelque sorte, abandonnés. Les collyres li({uides usités sont ou anodins, auquel cas, le laudanum est surtout préféré; ou astringents caustiques, et c'est alors le sulfate de zinc, Tacétate de plomb, le nitrate d'argent que l'on choisit; ou mydriatiques avec Tatropine, ou myosiques îivec résérine, ou si)écirniues avec les mercuriaux, ou enfin détersifs et toniques.
On pourrait, à la rigueur, comprendre parmi les agents de médication de l'œil les conserves en verre coloré, et divers modes de lunettes protectrices de la vue.
Le conduit auditif externe deforeille sert aussi de véhicule à des agents médicamenteux. 11 existe un spéculum mignature, analogue au spéculum vaginal de Cusco qui permet d'écarter les parois du conduit, et d'éclairer la vue jusqu'à la caisse du tympan. Dans les ulalgies, les otites, les otorrhées, il est d'usage d'em-
ployer un traitement topique. Tantôt ce traitement consiste en un tamponnement ouaté et imbibé de substances anodines, lénitives ou stupéfiantes ; Tlmile d'olive ou d'amandes douces, l'huile de jusquiame, de camomille camphrée, le laudanum, le chloroforme, isolément ou associés, sont, dans ce cas, d'un emploi journalier. On utilise aussi beaucoup le procédé des injections à l'aide de seringues, de canules ; le liquide prescrit est tantôt simplement émollient, comme l'eau de mauve , le lait chaud, d'autrefois l'injection est détei'sive et stimulante ; le biborate de soude, les baumes de Benjoin du Pérou sont alors indiqués; l'hypochlorite de soude, le clilorure de chaux trouvent ici leur emploi. Enfui, si l'affection se rattache manifestement à des troubles paralytiques, on appliquera, à l'aide de l'appareil de Gaiffe pu de Morin, par exemple, des courants électriques. Il existe, pour cet effet, des armatures de cuivre doré, terminées en olives coniques, et qui, introduites dans le conduit auditif externe, permettent de réveiller par dos décharges électriques bien ménagées, la sensibiUté endormie de l'ouïe.
Terminons cette première division des voies d'introduction des médicaments par les muqueuses, en disant un mot de la muqueuse nasale. Chacun connaît l'usage des sternutatoires et stimulants de la sécrétion muqueuse du nez. Le tabac , le camphre, le cachou, sont administrés en prises ; ce dernier, dans Tozène notamment. 11 est une médication active et dont nous avons été appelé â faire plusieurs fois de précieuses applications chez des enfants de très-bas âge, qui refusent absolument la quinine par la voie buccale et qui ne reçoivent pas même Tagent anti-périodique par la voie rectale. Dans ce cas , si Ton introduit dans la muqueuse nasale
une pommade composée d'axonge et de sulfate de qoinine, l'absorption se fait rapidement. Nous avons conjuré ainsi plusieurs fois des accès de fièvre intermittente grave, avec des accidents cérébraux menaçants.
Vl^ LEÇON
VOIES ET MODES I) INTrtODUCTION DES MÉDICAMENTS
(Suite)
Éliminations médicamenteuses
Sommaire : Application des médicaments par la voie épidermique. — La peau absorbe-t-elle? Dans quelles conditions? — Méthode enôpidermique. — Méthode hypodermique. — Méthode intravasoulaire. — Injections intrareincuses. — Transfusion du sang. — Introduction dcM médicaments par pénétration des parenchymes. — Méthode de de Palaprat. — Méthode d'inhalation, voie bronchique et pulmonaire. — Elimination des médicaments. — Voies et procédés éliminateurs.
B. — Application des médicaments par la voie ÉiPDERMiQUE. — Le seul coulact d'agents médicamenteux avec l*épiderme, est une source féconde d'actions thérapeutiques. La question importante et diflicile de l'absorption par la peau, trouve ici sa place. Rappelons d'abord en quelques mots la constitution anatomique de Tépiderme.
L'épiderme, dit Robin, présente à étudier^ de la profondeur à la surface :
4<* Une couche unique de cellules épithéliales polyédriques réguUères, qui repose immédiatement sur la surface du derme, monte sur les papilles, redescend dans leurs interstices, et s'arrête circulairement au tour de l'orifice des glandes et des follicules de la peau.
Elles sont colorées par la mélanine. 2^^ Une couche de cellules épithéliales plus sphéroîdales formée de plusieurs rangées de cellules confusément entassées; cette couche est molle, et répond à ce qu'on appelle réseau mxiqueux de Malpighi, 3" Une couche formée de cellules lamelleuses minces, généralement sans noyaux, adhérentes entre elles, constituant la couche cornée ou épidermique proprement dite de Tépiderme.
Le simple aperçu de la structure sommaire de la couche cutanée épidermique, permet de comprendre à première vue que Tépiderme est bien plutôt une voie d'élimination, qu'un organe d'absorption des médicaments. Car^ tandis qu'il est plus utriculaire et plus poreux par sa face interne, sa porosité diminue, en même temps que sa densité augmente par la face externe.
En effet, nous allons voir que tres-peu de médicaments sont absorbés par la peau, qu'ils le sont toujours en quantité extrêmement minime et dans des conditions toutes spéciales.
Consultons, sur ce point, l'expérimentation :
M. Rabuteau, qui a personnellement expécimenté à ce sujet, résume bien les données actuelles de la science dans cette question difTicile et certainement l'une des plus controversées. Nous suivrons sa division.
Le problème est complexe et demande à eti-e étudié séparément, dans ses divers éléments. Trancher la difficulté par une réponse absolue et exclusive, parce que des faits, d'ailleurs bien analysés, mais iiidividuelSj concluent dans un sens, c'est s'exposer à une erreur générale ; car, outre que selon les races et même les individus, les fonctions de la peau ne sont pas absolument identiques, notamment pour rexcitabihlc et les propriétés éliniinatj'ic^'s^ il paraîtrait qiu.' dans certains
états patliologiques, avec fièvre, Tabsoiplion devient assez active. J. Pelletan, qui, sous 1<^ nom de méthode énépidennique s'est beaucoup occupé des fonctions des l'épiderme par rapport aux médicaments, îiflîrme que par les bains^ les cataplasmes, les emplâtres, la peau peut absorber. Lavée avec soin, et même frictionnée à sec, elle posséderait cette propriété. Nous allons voir combien il faut rabattre d'une semblable assertion.
M. Rabuteau distingue : 1° L'absorption cutanée des substances gazeuses ou votaliles. 2" L'absorption des substances dissoutes dans l'eau. 3« L'absorption des médicaments incorporés à des corps gras.
Refuser à la peau^des propriétés absorbantes , d'une manière absolue, serait nier l'évidence. Tous les tissus vivants sont poreux, et pei'spirent les substances volatiles. Des expériences nombreuses ont prouvé que la cantliaridine et l'essence de moutarde, sont absorbées par la peau avec un grande rapidité. MM. Gûbler et Boucliut ont constaté que les vapeurs et la teinture d'iode, le sulfure de carbone, l'éther, sont absorbables épidermiquement Avant eux, Chaussier et Châtain avaient plongé dans de l'hydrogène sulfuré une partie seulement du corps de certains animaux, et ces expériences avaient prouvé la réalité du pouvoir absorbant de la peau, par rapport aux essences et au gaz.
Il est beaucoup moins bien démontré que la peau puisse absorber les substances dissoutes dans l'eau, même lorsqu'elle a été lavée, et que ses pores ont été dilatés par un bain chaud.
Soit qu'on emploie des solutions toxiques, telles que celles de digitale, de belladone, soit qu'on ait recours à des corps que les réactifs chimiques décèlent facilement ûode, brome, lèrrocyanure de potassium^ les
résultats ont été fort contestés, et restent contestables. En clTet, tandis que des observateurs de premier ordre, des physiologistes comme Magendie et Schaffer, des chimistes comme Seguin et Paris, et des cliniciens ou observateurs de mérite^ parmi lesquels on cite Scoutteten, Demarquay, Réveil, nient absolument toute absorption de la part de la peau (aussi bien de Feau que des médicaments qu'elle peut tenir en dissolution; HomoUe a admis que l'épiderme absorbe l'eau seulement, mais non les substances solides qu'elle tient en suspension. Haller, croyait à une absorption réelle et notable. Mais les expériences les plus sérieuses et les plus récentes, notamment celles de M. Willemin, per* mettent de conduire seulement à une absorption infinitésimale des médicaments dans le bain ; c'est ainsi que cet expérimentateur a dû évaporer plus de sept litres d'urine, pour recueillir des traces d'iodes après des bains prolongés dans une solution iodurée.
M. Rabuteau afiirme avoir pris des bains de 100 grammes d'iodure ou bromure de potassium, et il n'a obtenu que des résultats douteux.
Les faits rapportés par Hoffmann sont plus concluants : ils démontrent qu'en prenant d'une façon prolongée, pendant six semaines par exemple tous les trois jours, 50 grammes d'iodure de potassium , dès le cinquième bain, l'urine peut contenir des traces d'iode. Il paraît d'autre part que le même observateur ayant pris seize bains dans chacun desquels avait été introduite une décoction de 250 grammes de feuilles de digitale, le ralentissement du pouls et des symptômes non douteux d'intoxication digitalique apparurent. U convient donc de conclure sur ce point que le corps huinahi, mis on contact par la médication d'un bain
tiède ou chaud avec des substances solides en solution dans l'eau, ou n'absorbe pas, ou n'absorbe qu'une quantité extrêmement minime de ces substances. Telle est du moins la conclusion autorisée par le plus grand nombre de faits contrôlés. Il nous est impossible cependant de ne pas émettre les deux observations suivantes: 1* Toutes les surfaces épidermiques sont loin d'être égales en porosité, en lubréfaction , en disposition anatomique favorable à l'absorption. 2® Il n'est pas rigoureux de conclure que la peau n'a pu absorber de node parce qu'on en retrouverait très-peu à l'analyse : en effet, l'iode peut, alors, s'être déjà éliminé.
Examinons en troisième lieu, toujours avec M. Rabuteau , si les substances solides mélangées aux corps gras, sont absorbées parla peau. Roussin affirme que, s'étant frictionné avec une pommade à l'iodure de potassium, il a retrouvé de l'iode dans ses urines, tandis que les bains iodurés ne lui avaient donné qu'un résultat négatif. M. Rabuteau ne nie. pas le fait, mais, s'appuyant sur des expériences personnelles faites avec le bromure, il prétend que si l'absoi^ption existe, c'est parce que les acides des graisses, qui rancissent à la longue, ceux de la sueur, l'ozone peut-être, ont mis en liberté de l'iode volatil. De tous ces faits il parait résulter que la peau possède bien le pouvoir absorbant, mais que cette propriété n'est effective qu'en présence de substances volatiles et gazeuses.
On doit rattacher encore aux actions épidermiques en théi-apeutique, les effets puissants que l'on obtient à l'aide de Yéleciricité. Grâce aux beaux travaux de Duchenne (de Boulogne), aux récentes applications cliniques de M. Onimus , grâce aussi aux expérimenlalions
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physiologiques do Mattcucci, Ch. Bell, Mûllcr, Brown- Séiiuard, Vulpian, du Bois-Raymond (auxquels on doit des recherches pleines d'intérêt sur V électrotone) ^ Y électrothérapie est constituée aujourd'hui à l'état de science spéciale. Le cadre de ces leçons ne comporte pas de développements étendus sur ce point particulier; nous nous bornerons donc aux données générales qui suivt»nt. On peut, à Taide de courants électriques en contact avec la peau, produire soit la stimulation elTirritation, soit la perturbation des fonctions nerveuses Tantôt, dit Robin, on emploie des courants interrompus qui réveillent par secousses l'action propre des muscles ou des nerfs ; tantôt on emploie des courants continus, de manière à produire des effets physiologiques lents, dont l'effet total et ultime peut être la sédation, après la stimulation et la tonicité. On donne le nom général de galvanisation à l'emiïloi de l'électricité de contact. Duchenne [du Boulogne) appelle faradisation l'emploi des courants induits. 11 fait connaître avec détails les procédés (jui i)erniettent de graduer l'action élec- Iriipie depuis un simple effet d'excitation superficielle à la siuface de l'épiderme, jusqu'à des contractures profondes dans les faisceaux même des muscles. On trouve dans son traité des indications précises sur les points d'élection qu'il convient de prendre pour l'application des réophores dans les névroses paralytiques et l'atrophie musculaire : membres supérieurs (nerf médian, creux de l'aisselle, plexus brachial , nerf cubital); membres inférieurs (nerf crural, pli de l'aine, sciatique, péronier) ; pour la face (nerf facial et ses ranu^aiix) ; pour le cou (branche externe du nei-f spinal), el(;., etc.
i)uchenn(», Morin, (îailVe, Mathieu, ont construit des
appareils spéciaux. Celui de Morin est des plus répandus parmi les praticiens. L'application de rélectricité par voie épidermique est plus qu'un adjuvant du traitement stimulant par les bains sulfureux, naturels ou artificiels. Dans les névroses paralytiques de date récente, dans la paralysie rhumatismale, dans l'atrophie musculaire, les bons effets sont souvent très-notables, mais pour qu'ils soient tels, il importe de persévérer longtemps dans cette médication.