IX^ LEÇON
EXAMEN CRITIQUE DES CLASSIFICATIONS DITES PHYSIOLO- GIQUES. — BASES d'une CLASSIFICAnON CLINIQUE.
SoMMAiBE. — En quoi une olaasîficAtion diffère d^one di?i8Îon. — Corn* ment les progrès de rexpérimentation physiologique ont néoessûrement donné lien à des tentatires de olassifioation de la matière médicale, basées sur les propriétés expérimentées et seaiemmt physiologiques des médicaments. — M3f. Qermain Sée, Martin Damonrctte et Rabuteau. — InsufBsanoe pratique de ces classifications physiologiques. — Plan de la thérapeutique médicale de M. Ferrand. — Essai d^une classification clinique. —
On a pu voir , par la leçon qui précède , que les tentatives empiriques ou rationnelles entreprises en vue de classer thérapeutiquement la matière médicale, sont restées infructueuses. Pour ne parler que de renseignement français, Bouchardat et Trousseau ont échoué de ce côté, en dépit de la haute valeur de leurs œuvres. Gûbler n'a même pas essayé , regardant la tâche comme impossible dans l'état actuel de nos connaissances. Quant aux deux premiers auteurs , ni Bouchardat ni Trousseau , malgré la vaste étendue de leur savoir, n'étaient assez familiarisés avec l'expérimentation physiologique, pour en faire la base
d'un pkm de Uiérapeuliquc. Le premier ^ Bouchai*dat, encore plus pharmacien et chimiste que médecin, a été naturellement et nécessairement empêché par la nature même de ses études : les caractères génériques des espèces y leurs propriétés physico-chimiques , dominant comme à son insu dans son esprit , sur les propriétés purement physiologiques. Quant au génie à la fois si pénétrant et si pratique de Trousseau , il était trop absorbé par les idées de doctrine pathologique et do spécificité thérapeutique : il était aussi, osons le dire , trop peu initié à l'expérimentation vivisectrice « pour assoir une classification sur des propriétés exclusivement physiologiques. Gûbler, enfin, a senti tout d'abord l'insuffisance d'une sériation seulement physiologique. Il a jugé que la meilleure des classifications serait toujours défectueuse; aussi, 8*est-il trop modestement renfermé dans une division purement artificielle , donnant d'ailleurs à son travaU le simple titre de Commentaires thérapeutiques du Codex.
Nous verrons plus loin que dans le très-remarquable travail que vient de publier M. Ferrand , médecin des hôpitaux de Paris sous le titre de Thérapeutique médi' cale , il ne s'agit plus des applications de Tagent de médication à la maladie , mais des indications queues modes et éléments morbides peuvent foiurnir à la thérapeutique.
C'est absolument le contre-pied des études qui font le sujet de ces leçons. Car notre objectif unique est d'apprendre au jeune médecin comment on peut utiliser l'arsenal des agents médicateurs en préseAce de la maladie.
Mais, comme nous l'avons dit au début de ces leçons,
l'état pathologique n'est jamais en déflnitive, quelle que soit d'ailleurs la variété de son origine, qu'une modification de Télat physiologique. Il est donc impossible de construire une bonne classification thérapeutique de la matière médicale sans l'asseoir sur les données de la phj-siologie expérimentale. Il faut seulement ne pas perdre de vue que la propriété physiologique ne donne pa^ toute l'indication thérapeutique; et c'est pour ne pas l'avoir assez compris , que les auteurs des classifications physiologiques, les seules actuellement en vogue, nous paraissent être dans l'erreur, par cela seul qu'ils sont incomplets. Vous comprenez en effet, Messieurs, que dans ces classifications, le praticien vient se heurter nécessairement à des affirmations exclusives, sinon inexactes. Et les raisons principales en sont les suivantes : 1" C'est des données physiologiques déduites des vivisections sur l'animal autrement soin, qu'est tirée la propriété dominante. Or, l'homme malade est loin d'êtiv en tout point assimilable à t'animai valide. 2" Les doses sont dilTérentraJainsi que les voies d'introduction, et il n'est pas permis d'essayer sur l'homme comme sur l'animal. 3° Enfin, c'estl'action thérapeutique ou curatrice, non pas seulement la propriété physiologique, que le cUniden recherche. Nous sommes loin de prétendre, répétons-le encore que la thérapeutique ne dérive pas prindpalement de ta physiologie; mais la maladie, par ses caractères spéciaux sinon spécifiques, introduit dans le problème des termes des éléments qui font défaut à l'état physiologique. Pour toutes ces i-aisons, il faut des bases plus larges et un développement plus complet pour élucider les indications et le' mode d'emploi d'un agent médicamenteux. Cela dit, nous allons étudier ensemble tes trois
classifications essentiellement physiologiques aujourd'hui en vogue dans les écoles de Paris.
Jo commence par celle d'un professeur libre de haute valeur et dont renseignement est très-répandu, je veux dire M. Martin-D amourette.
La classification de notre savant et populaire collègae comporte tout d'abord deux grandes divisions générales qu'il appelle sections. La première section renferme les médications locales. Elle se subdivise en DEUX classes : la première est celle des émollients ; la seconde , celle des irritants (caustiques et révulsifs). Observons tout d'abord que c'est là une séparation bien inégale , un peu arbitraire , et fort insuffisante. Je dis bien inégalÇj parce que les émollients et les irritants ne constituent en définitive que deux genres y parmi les genres si nombreux de la matière médicale. Tandis que dans la seconde section, celle des médications générales, nous retrouvons presque toutes les modalités des agents thérapeutiques. J'ai ajouté : arbitraire et insuffisante ; je dirais mieux , inexacte : et en effet l'action des émollienls tout aussi bien que celle des irritants, alors même qu'elle ne se produit que par des applications topiques , est souvent des plus générales. Un simple cataplasme appliqué sur le ventre d'un enfant très-jeune et en proie à une fièvre symptomatique , produit souvent une détente de cette fièvre , un apaisement général; de même, d'une onction lénitive. D'autre part, qui ne sait qu'une vésication cantharidienne , détermine la plupart du temps une néphrite passagère de la dysuric , et un état fébrile qui est bien un phénomène général?
La deuxième section , celle des médications gêné-
RALES , est divisée par M. Martin Damourette en deux grandes séries : Médicaments du système névromusculaire et Médicaments trophiques ou de la
NUTRITION et DES SÉCRÉTIONS.
Examinons d'abord la série des médicaments du système névro-musculaire, ou de la 1>^ série; nous y rencontrons deux CLASSES : la première , celle des agents sédatifs ou hyposthénisants : la seconde , celle des hypersthénisantSj toniques, névro-sthéniques et stimulants. C'est là, nous nous empressons de le reconnaître, une distinction pratique et vraiment clinique. Mais voyons comment elle est appliquée, dans les subdivisions :
i*^® Classe : Agents hyposthénisants. Le professeur la divise en 3 genres : Anesthésiqaes j Hypnotiqt^es et Acinétiques.
Le premier genre, celui des anesthésiques renferme : le chloroforme et l'éther, le protoxyde d'azote, Facide carbonique, etc.; j'observe d'sd>ord que cette énumération est imcompléte. Le procédé mécanique, trèscurieux et tout-à-fait spécial, qui consiste à produire l'anesthésie et le sommeil artificiel en provoquant un strabisme par divergence, à l'aide d'une lame métallique très-polie, très-réfringente et rapprochée des yeux d'une manière continue pendant quelques instants, ce procédé méritait [d'être mentionné comme phénomène physiologique. Mais ce n'est là qu'un reproche secon* daire. Il importait essentiellement, pour caractériser et justifier les divisions de ce genre, de noter que les agents énumérés ne sont anesttiésiques qu'autant qu'on les administre par inhalation. Autrement en effet, le chloroforme qu'on administre tous les jours en potion, à la dose de 1 à 3 grammes pour 100 de véhicule et
par la voie gastrique, est non par un anesthésique mais un sédatif hypnotique. En Uniment sur la peau, il est simplement analgésique et calmant. L étlier, (donné sous des formes diverses, par la bouche ou par le rectum), est avant tout un agent antispasmodiquCy action toute spéciale, très-nettement défuiie, et qui, ainsi que nous nous proposons de l'établir plus loin, est supprimée à tort dans les classifications du jour; Tacidc carbonique enfin, n'est pas seulement un modificateur dynamique agissant sur le système névro-musculaire : il est aussi, et essentiellement un modificateur trophique et hématosique. Voilà pour le premier genre.
Je passe au secotid genre de cette première classe des hyposthénisants. Les agents qui le constituent sont : le chloral, Topium, la laitue, le haschisch, et le bromure de potassium : fauteur les réunit sous le nom dliypnotiques.
Mais le chloral n'a pas seulement pour propriété de procurer du sommeil, ce qu'il fait d'ailleurs très-bien, administré par exemple en potion, par la voie buccale. Qui ne sait, aujourd'hui qu'il est fait tant de bruit autour de ce médicament, qu'injecté dans les veines, le chloral est avant tout essentiellement un anesthésique de premier ordre, unanalgésiquo puissant, un résolvant de la contractibilité musculaire, en antagonisme direct avec la strychnine et la brucine? Quant à l'opium, il est plus et autre chose qu'un simple hypnotique, pouvant procurer très-facilement le sommeil ; il est narcotique. Or, le narcotisme diffère de l 'hypnotisme enc3 qu'il congestionne l'encéphale, atrésie la pupille, engourdit plutôt qu'il n'endort, en stupifiant le pouvoir réflexe excitbmoteur de la moelle. La sommolence qui accompagne cet état est troublée par de l'agitation; elle se transforme
souvent en une insomnie pénible : c'est, sous beaucoup (le rapports l'action de l'alcool à dose massive ; c'est de l'ivresse. L'action du chloral est toute distincte. Quant à celle de la laitue, bypnotiquement, elle est presque nulle. Qui ne sait ce que vaudrait le sirop de lactucarium d'Aubf>rgier , sans l'addition d'opium que celui-ci a su y glisser?
Le baschich me semble encore ici mal placé. Cette substance qui n'est guère acceptée comme médicament que pour le traitement de certaines foimes de la folie , n'est point l'analogue de ropium. C'est un hallumiayit mydriatique , ayant pour propriété trèsremarquable de modifier de la façon la plus singulière les impressioas de l'ouïe, de la vue, de l'odorat, du goOt, du tact. Enfin, le bromure de potassium n'est point un hypnotique, encore moins un narcotique. Sa propriété physiolopque si remarquable est d'exercer une action élective sur le bulbe, de telle façon qu'il en diminue ou retarde les congestions périodiques, d'où ses précieux effets contre l'épilep^e et les convulsions éclamptiformes. S'il produit une détente du système musculaire , puis du calme et du sommeil , ce n'est que par des effets seconds et indirects. Ajoutons qu'il suffit d'avoir observé les éruptions acnéiformes qui suivent une administration prolongée du bromure, d'avoir noté le trouble qu'il engendre à la longue dans les fonctions de nutrition, pour se convaincre que cet agent n'est pas seulement un modificateur dynamique, névro-vasculiare, mais aussi un modificateur trophique ou mieux , tropho-dynamique. Et c'est là , cooune la quinine , la digitale , comme le tartre stibié , un médicament à çffet mixte, complexe, prouvant le grand inconvénient pratique qui résulte delà scission systé-
maliqae des médicaments en doux classes absolument distinctes sous la dénomination de modificateurs dynamiques et de modificateurs trophiques.
M. Martin-Damourette donne le nom d' acinétiques aux agents médicamenteux qui constituent le troisième et dernier genre de sa classe des hyposthénisants. Là, nous trouvons rapprochées des substances qui certainement ressortissent d'une même classe générale en thérapeutique , mais qu'on est d'autant plus étonné de rencontrer dans un môme genre, que, manifestement, ils n'appartiennent môme pas à un ordre semblable.
Ces substances sont : l'acide cyanhydrique et le cya* nure de potassium, le curare, la fève de Calabar, la ciguë, le tabac, la belladone et les autres solanées vireuses, enfin l'aconit.
Je dis que ces corps, si l'on en juge par le déterminisme de leur fonctionnement physiologique, sont loin de présenter le même ordre de propriétés. Ainsi, l'acide prussique (H C^ ÂZ), carbure d'hydrogène azoté, exerce bien^ comme l'a établi Preyer, une action considérable d'irritation, puis de paralysie sur le pneumogastrique, d'où abaissement notable de la fréquence des mouvements respiratoires ; la fréquence de la systole cai*diaqu6 diminue aussi, puis s'accroît notablement, par suite d'une irritation du même pneumogastrique, bientôt suivie de paralysie : mais l'action première des cyaniques s'exerce sur le sang : « L'hémoglobie, — dit Binz, le professeur de l'Université de Bonn — aussi bien dans son union avec l'oxygène qu'à l'état simple, forme avec l'acide prussique des corps qui ne peuvent plus être ramenés par l'arrivée de l'air atmosphérique, à l'état normal. Les cyaniques ne possèdent pas non plus le pouvoir d'osonifier l'oxygène de
Tair d. De son côté^ Schonbein a constaté que des sucs végétaux qui donnent avecla teinture fraîche de gaiac, une belle réaction d'ozone, perdent ce pouvoir, sous l'action d'un agent cyanhydrique. Après l'évaporation du poison la propriété réapparaît. L'expérimentation physiologique a démontré que la présence de l'acide cyanhydrique dans 1q sang vivant suspend l'oxydation elle-même.
Placer un tel agent i côté de l'atropine , de l'aconit, du tabac, c'est évidemment forcer les analo^^es. Si tous les agents que rapproche le savant professeur sont des amiosthéniques , ils sont d'autre part trop différents les uns des autres par le genre et le mode de leur action, pour ne pas les séparer.
Les cyaniques doivent certainement constituer un genre à part'; nous venons de l'établir. Le curare^ que l'auteur cite au deuxième rang, et dont la formule est (C** H** AZ.) a pour distinct physiologique d'agir sur les extrémités terminales perfiriques des nerfs moteurs, de manière à décrocher en quelque sorte les anses nerveuses des fibrilles musculaires. En vain irrite-t-on le tronc des nerfs, le faisceau musculaire n'obéit pas en se contractant; et cependant, le muscle lui-même est resté contractile; et les fibres sensitives à marche centripète, le pouvoir réflexe de la moelle sont restés intacts. Cet obstacle au pouvoir conducteur des nerfs moteurs dans les muscles striés est général , sauf précisément pour le cœur : ce qui rend malheureuse la dénomination d*acinétique employée par M. Martin- Damourette pour caractériser tout le genre ; car acinétique vient de a prtvalf^ et riv«v frapper^ ce qui signifie que le choc du cœur ne se fait plus, et c'est précisément le seul appareil de muscles striés , épargné par le curare.
A cùlé du curare vient la fcve du Calaliar, et Tésorine, son alcaloïde. Cet agent qui paralyse les nerfs moteurs et ne diffère du curare qu'en ce qu'il atteint le nerf moteur dans tout son parcours, et communique trùs-rapidement au système sympathique son état, est ici parfaitement classe. J'en dirai autant de la ciguë, laquelle est bien à la fois un poison acinctique et amiosthénique, et même de l'aconit, quoique son action élective s'exerce surtout sur les nerfs du sentiment, qu'elle s'accompagne d'actes hypercriniques importants, dilate la pupille et provoque des hallucinations à l'instar des solanacées vireuses. Je passe même condamnation pour le tabac, parce que les propriétés foudroyantes de la nicotine ( C*® H" AZ* ) la rapprochent fort de la curarine, et surtout de la vératrine que nous devrions retrouver ici. Mais j'estime que la belladone, la jusquiame, le stramonium, la mandragore et la lobélie y constituent un groupe mydriatique hallucinateur assez important pour qu'on en fasse un genre thérapeutique spécial, dont le tabac serait le dernier terme, tandis que l'aconit serait le premier du suivant. On voit combien pèche non-seulement cliniquement mais encore physiologiquement, la catégorisation de ce de^ nier genre de la classe des hyposthénisants.
Examinons maintenant la deuxième classe de la première série dans la section des médications générales de M. Damourette. C'est la classe des hypenthénisantSj comprenant les agents toniques nevrosthéniques et stimulants.
Ici, nous avons 4 genres.
Le premier genre est celui des cinétiques vasculaires. Nous y trouvons : la digitale, les vératrinéeSj le sulfate de quinine^ Y ergot de seigle^ le nitre et sels de potassium : Vémé tique et Yipécacuanha.
La digitale est-elle bien un médicament cinétique ? Il esteertain qu'à dose médicinale, elle a pour propriété d'accroître la tension artérielle , de régulariser et dô tonifier la systole ventriculaire. Mais son action thérapeutique vraie est, ainsi que l'a démontré Cl. Bernard, d'être un poison du cœur, et, finalement, d'exercer sur l'organisme une action totale hyposthénïsanle. Son administration continue provoque des épistaxis, de la diurèse, des flux intestinaux : c'est un médicament hypercrinique , en somme , un hyposthénisant et un contro-stimulant. Elle ne tarde pas à produire de l'amyosthénie; sa place est dans la classe des hyposthénisants, non des hypersthénisanls. Ce n'est que par une erreur thérapeutique, conséquence de déductions expérimentales mal interprétées, qu'on fait aujourd'hui de cet agent, un synergique du quinquina.
Quant aux vératrinéeSy il convient d'abord de séparer le veratmm album et le sahadilla^ du colchique d'automne et du vératrum viride, des ellébores en général. La vératrine est un terrible 'poison paralysomoteur, dont la place naturelle est parmi les hyposthénisants amyosthéniques, près de l'aconitine et de la conicine. Elle possède la propriété unique d^exercer primitivement et directement une action d'abord irritante , puis promptement sidératrice sur la contractilité musculaire, atteignant la fibre striée sans toucher aux nerfs sensitifs et moteurs. Cest pourquoi on calme l'hypéresthésie et l'ataxie cardiaques avec la digitale, tandis que l'on combat les hypertrophies concentiiques du ventricule à l'aide de la vératrine.
Le sulfate de quinine possède assurément des propriétés de sédation puissantes. Mais il reste toujours
un aliment d'épargne, un principe azoté, ce que n'est
point la ♦ligitale, 5.jr*^ de glycoside ne renfermant pas, par cor-5*^7:«?nt. Tu: te. Dans la première période d"*^v'oiu*i:n ie li S-rvre typhoïde. la quinine soutient en m4n:-? temps -p'-rllr calme le malade; au fond, c*est er. xre -iin t :n:pe. î pr iprictê spéciale anti-périodique. nie ne iiit p^as rtre da tout rapprochée de la digitale.
r^je 'iimi-je le 1"^^;*:* fif i^iijle^ cet excitateur spécial de Taotion Tis-i-izioirLûô, qai resserre les capillaires, tétanise les tlhres Lisses. prDvo«iue électivement la ojq traction de lutéri?'? Il peut ainsi que Ta démontré noLimmentE^it^jcé de Paa\ décongestionner la moelle et fiire ticnli'er un état fébrile, mais par un mécanisme tout a:itre -j-^e !a pinine . que la digitale , que le brjmiire ij potassium- Or . ce n'est pas assez d'une propriété corr.rr.grie p«?Gr autoriser le classement dans un seid et ciéaie pi-r::r': le substances douées de pou- Toirs spéciâsix Jl:s:^■ iistincts que ceux que nous venons de nocmer.
Màii c'est Sun: ut fiand nous voyons dans celle cl ■-sîtkatkn, îe nitre et I-^ sels de potasse, le tartre stiMé et ripéci niLs xi n -nibre des hypersthénisants, que nous ne cocipren ns plus M. 3Iartin-Damoarette. Car s'il est les sulstimces dont l'action hyposthénisante. contro-stimuîaiile et anoxémiante soit bien démontrée, c'est celle de ces agents qn*on ne peut voir sans étonnement ran^s parmi les cinétiques.
Le deujci^me jenr^ de cette classe des hypersthénisauts comprend les cin/Uqu^s hcomotturs spinaux.
Nous y trouvons deux familles, les caféîques elles st^-ychniquets. En ce ijai concerne la noix Tomiqoeet la fève de Saint-Ign;ice. la sériation est parfaitement juste. Quant à la caféine, ce n'est qû*à dose toxique qu'elle devient conviilsivante. autremoitdle constitue
plutôt un tonique nervio. L'électrisation et certains modes de la médicalion iiydrothérapique, auraient été convenablement placés dans cette série.
Le troisième genre porte ta dénomination de ânéti~ qv.es de l'estomac ou stomachiques.
Nous y rencontrons le kino , le quassia , la gentiane, et en général les amers purs. On nous concédera peut-être que l'expression de cynétîques est ici impropre, car elle veut dire : qui aurait la puissance de frapper, de produire im choc. Ici, 'l'élymologie grecque s'accorde avec l'interprétation physiologique pour reconnaître que c'est à la seule contraction systoUque du cœur que le mot est applicable. A part cette application erronée , le groupement est juste et bien sérié.
J'arrive au quatrième genre , celui dit des excitants généraux, avec ce sous-titre : Stimulants slomadiiques, nerveux, vasculaires , sécrétoires.
Au premier rang sont placés les alcooliques. Nous croyons, avec l'éminent professeur libre de Paris, que c'est bien parmi les stimulants, non parmi les déprimants que l'on doit placer l'alcool étudié dans ses propriétés thérapeutiques. Toutefois, l'alcool doit occuper deux places en quelque sorte opposées dans une classification complète, selon qu'on l'examine administré à dose massive, ou à dose minime et fractionnée. Dans le premier cas, l'alcool s'élimine presque entièrement en nature, par les poumons, le foie; il est alors hyposthénisant, stupéfiant; il narcolise en congestionnant. Cest alors tm synergique de l'opium. Dans le second cas , il stimule en fournissant aux combustions intraorgaoiques , en favorisant le conflit de l'oxygène avec le carbone. C'est alors qu'il subit ces réductions et ces métamorphoses à l'aide desquelles il s'échappe sous les
espèces de gaz acide carbonique et hydrogène protocarboné. Â ce poinlt de vue, il n'est pas absolument exact de faire de ralcool un agent purement dynamique, un modificateur du système névro-musculaire seul. Car il se produit manifestement sous son action des effets trophiques, et l'alcool stimulant diffusible est un modificateur tropho-dynamique.
Le second groupe de ce même et quatrième genre est celui des éléopténiques : c'est-à-dire des principes renfermant une huile essentielle éminemment difAisible (camphre, valériane, musc, castoreum, gommes, résines fétides) ; ce sont dit M. Damourette les agents réputés antispasmodiques. Nous nous proposons d'établir, en développant notre propre classification, que Yotdre des antispasmodiques est très-légitimement constitué. Un stimulant simple comme ta menthe ou le se^ polet, parfaitement en possession de son éléoptène, ne peut rien cependant contre un spasme hystérique que calmera du premier coup l'assa-fœtida ; et cela , parce qu'il y a dans les antispasmodiques deux principes : un résineux ou gommeux, l'autre essentiel, dont l'action parfaitement différente, mais simultanée et combinée , peut seule triompher de cet état nerveux complexe, dit spasme. Ici, M. Damourette fait erreur au point de vue pathogénique ; et cette erreur se traduit en matière médicale par une assimilation erronée des propriétés de l'angélique, de l'anis, de toutes les ombellifères aromatiques , et de toutes les labiées, à des substances comme le castoreum ou les fénie» des ombellifères fétides.
Viennent ensuite, toujours dans le même genrei les éléopténiques réputés emménagogues.
Les corymbifères (safran, armoise, Sabine, rue),
appartiennent à ce groupe. Ici , M. Martin-Damourette fait bien comprendre qu'il n'admet pas plus d'emménagogues que d'antispasmodiques ; qu'il ne croit pas aux spécifiques.
Nous nous sommes déjà prononcé sur ce point d'une manière générale en tiaitant de l'action des médicaments : bornons-nous à dire ici , réservant pour le développement de notre propre classification de plus amples explications, qu'en dehors de leurs propriétés générales de stimulation , l'armoise , la rue , la sabine et le safran sont des stimulants spédaux incontestables de la congestion ovarique et utérine. Il n'est pas plus exact de nier cette action élective qu'il ne l'était tout à riieure de confondre l'état spasmodique avec une simple surexcitation nerveuse.
Vieiment ensuite les éléopténiques soufrés dits aiitiscorbutiques (crucifères] ; p.uis, les éléopténiques oléo^ résineux ou bahamiques ( poivres, copabu, térébentliines. matico, tolu^ etc. ). Enfin, les éléoptAxiques pyrogénés (acide phénique, créosote, goudron). Ce sont bien là véritablement des excitants généraux ; et M. Damourette se tipnl dans le vrai, en cessant d'innover. Car. il se contente ici de substituer à des dénomi* nations vieillies, des qualificatifs tirés de la composition chimique des substances.
Somn^e toute , Messieurs , je crois vous avoir démontré pour cette première partie qiie si la conception générale des grandes divisions adoptées par M. Damourette est juste, les familles médicinales rapprochées dans les mômes genres, sont loin de posséder les mêmes propriétés génériques : nous avons même vu qu'elles relèvent parfois d'un ordre différent, aussi bien au point de vue physiologique que du côté de l'action thérapeutique.
Nous allons parcourir maintenant avec le même esprit (l'analyse critique la deuxième série des médications générales de Tauteur.
Cette série comprend les médicaments trophiques ou de la NUTmTiON et des sécrétions.
Comme la première série, celle-ci est divisée en deux classes : les hypocriniques et nutritifs ; les
HYPERCUINIQUES et DÉNUTRITIFS OU ALTÉRANTS.
Voyons d'abord la première classe, celle des hypocriniques et nxilrilifs.
Elle est partagée en deux genres.
Le premier genre est celui des astringents.
Il comprend : 1*^ les essences naturelles et pyrogênées j 2^^ le tannin q\, les matières tannantes, 3* les acides dilués y i^ les sels acides et sels métalliques non caustiques. (Alum, perchlorure de fer, sels de plomb, sous-nitrate de bismutli , sulfate de zinc^ sulfate de cuivre , nitrate d'argent).
J'observerai tout d'abord qu'il ne parait pas bien naturel d'éloigner non-seulement par une classe , mais même par une série, la médication astringente de deux autres médications qui lui sont voisines , je veux dire des toniques et des irritants. Je vois ensuite que le premier groupe, celui des essences naturelles et pj/rogénées, est la reproduction sous un autre nom, des deux derniers groupes du quatrième genre examiné tout-à-l'heurc, et qui sont rangés dans la série des modificateurs névro-musculaires, classe des hypersthénisanLs, genre des excitants généraux. Là seulement ils sont désignés sous le titre d'éléopténiques oléo-résineux ou balsamiques et éléopténiques pyrogénés. Or, c'est généralement un inconvénient, pour une classification, que de faire figurer les mêmes agents dans des
classes différentes. Il est bien vrai que la même substance possède souvent, suivant la dose et le mode d'emploi, des propriétés différentes, et même contraires; que d'autre part, l'agent principal ou Textractif d'un corps complexe, peut ne plus avoir la même propriété que ce corps. Exemple : quinquina et quinine, opium et morphine, tabacs et nicotine. Mais il n'en reste pas moins ordinairement, une dominante parmi les propriétés physiologiques, et c'est celle-là qui doit déterminer le rang sériaire de l'agent. Ici, d'ailleurs, c'est de chaque côté, le même principe actif, à savoir celui des essences.
Les 2™« et 3™« groupes (tannins et acides dilués), sont naturellement classés. L'auteur me parait avoir été moins heureux pour le groupe du quatrième genre. En effet , si le perchlorure de fer , l'acétate de plomb , l'alun, et même le sulfate de zinc se rapprochent par des propriétés styptiques fort voisines, on se demande si le sous-nitrate de bismuth, agent absorbant et mécanique, n'est pas un peu forcé quant au rang qui lui est assigné. On s'étonne surtout de ne pas voir figurer dans la série, le borax (biborate de soude). Quant au nitrate d'argent et au sulfate de cuivre, ils constituent plus que des astringents, des caustiques et quoiqu'on les ordonne parfois à l'extérieur comme agents de médication générale (cela d'ailleurs sans succès avéré), c'est dans la section des médications locales et non dans celle des médications générales qu'il convenait de les ranger.
Ici se place le deuxième genre de la première classe de cette deuxième série. Il renferme les nutritifs ou ANALEPTIQUES (toniques reconstituants) ; l'auteur y fait figurer six groupes :
Ici encore, nous sommes en présence de deux genres:
A. Dénubitifs altérants, — Vous voyez dans ce genre 4 groupes :
1° La saignée;
2» Les alcalins;
3^* Le mercure ;
4° L'iodej et même le soufre et Varsenic.
Rien à objecter contre la saignée, spoliatrice deThémoglobulie, soustrayant des éléments quantitatifs à la masse du sang : la saignée exerce ainsi une action hypercrinique et dénutritive qu'on ne saurait méconnaitre. J^en dirai autant des alcalins, me permettant seulement de souligner une légère contradiction, qui est celle-ci. C4omment s'arrange l'Auteur, pour placer les alcalins chlorurés parmi les nutiitifs (M groupe du 2« genre), et les alcalins en général, parmi les dénutritifs?
En ce qui concerne le mercure et ses composés médicinaux, ce n'est pas assez de le considérer comme un dénutritif ou altérant. Le proto-chlorure est purgatif et dérivatif interne : le deuto-chlorure et le deuto-iodure sont des agents altérants, à propriétés spéciales contre l'infection syphilitique : l'onguent mercuriel combat par des applications ou onctions topiques , l'état phlegmasique des vaisseaux blancs ainsi que rinfûtration séreuse sous-épidermique[; voilà les indications du mercure. Ce sont là des actions altérantes ; mais surtout anti-phlogistiques et en quelque sorte spécifiques. L'iode mérite des observations de même ordre; il est évident que c'est bien moins comme dénuthtif hypercrinique, que comme fondant éliminateur et spécialement excitateur des sécrétions glandulaires, qu'il convient de classer ce précieux médicament.
L'arsenic reparait encore ici comme dénutritif à côté
du soufre ; or, nous Tenons de le voir figurer dans le 2« genre des analeptiques, toniques reconstituants de la classe précédente. Or, il faudrait cependant choisir. Si M. Martin Damourette,avait admis une 3« grande série, sous le nom de substitulifSy et même une quatrième, comprenant les agents spéciaux, il ne tomberait pas dans ces apparentes confusions.
B. Dans le genre suivant, le dernier de sa classification, le second de la 2^ classe, TÂuteur décrit les /it/percriniques à proprement parler, qui sont, d'après lui :
1<> Les év€LCuants digestifs : (vomitifs, purgatifs, anthelmintiques);
2o Les diurétiques ;
3*" Les sudorifiques et médicaments de la peau (soufre, ai'senic, mercure, alcalins oléo-résineux) ;
4** Les ajilicatarrheuXj ou médicaments des bronches, dits expectorants, (soufre, oléo-résineux ou balsamiques) .
Nous nous bornerons à remarquer que ces agents , déjà énumérés pour la plupart, sont présentés dans ces groupes comme des médicaments spéciaux. Ce sont en effet, des actions spéciales que celles des anthelmintiques ou vermifuges ; les diurétiques agissent aussi spécialement sur la sécrétion rénale. On peut en dire autant des actions sudorifiques et expectorantes. Â notre avis, ce dernier genre met essentiellemeut en relief une des lacunes capitales de la classification de M. Martin-Damourette, à savoir l'absence de catégories pour les actions spéciales.
Que si, maintenant, nous résumons laconiquement rimpression que laisse dans Tesprit cette analyse presque minutieuse, on reconnaîtra que l'auteur très-méthodique dans sei^ divisions les plus générales, c'est-à-
dire dans le choix de ses séries et de ses classes, est souvent incomplet et parfois inexact dans la composition de ses genres. Ainsi, nous y voyons groupés côte à côte des agents qui môme physiologiquement ne sont point similaires. En outre, par suite d'un nombre insuffisant de classes^ on est choqué de Tabsence d'actions capitales.
La division la plus générale de celte olassificalion, celte en deux sections, (niédicaHons Ibcales et médi' caliù7i8 géi%érales)y est, on nous 1 accordera, absolument artificielle et systématique, ne • reposant pas plus sur des propriétés physiologiques que sur des données chimiques. Depuis la morphine et la strychnine, jusqu'à l'électricité et l'hydrothérapie, il n'est presque pas d'agent tiiérapeutique qui ne puisse selon le mode d'emploi, être dit local ou général.
L'auteur fait bon marché de sa première section. Tous les agents thérapeutiques, en quelque sorte, sont réservée pour la deuxième. Mais ici la base pèche, précisément pour avoir voulu l'asseoir d'une façon exclusive, sur une division prétendue physiologique des médicaments, en deux séries : agents du système névro-musculaire et agents trophiques. Ea effet, lorsqu'il s'agit de déterminer les classes et les genres de ces deux séries, on voit bien \ilQ que des actions toniques ou contro-stimulantes, hypo- ou hypersthénisantes, appartiennent aussi bien à la seconde qu'à la première série. D'autre part, une classification de la matière médicale doit reposer sur Les actions vraies et dominantes des agents de médication. Or,, les actions substitutives et certaines actions spéciales effacent absolument pour plusieurs médicaments importants, le point de savoir si leur mode d'action est surtout
dynamique ou trophique. Ù faut donc conclure en jugeant cette première classifîcation physiologique, que le cadre en est simple et méthodique, mais étroit et inexactement ou insuffisamment rempli.
Examinons maintenant la classification de M. Rabuteau. Cette tâche est à la fois abrégée et facilitée par Tétude précédente.
Vous connaissez, Messieurs , le livre nourri de faits, publié en 1872 par le docteur Rabuteau, sous ce tire : Éléments de thérapeutique et de pharmacologie.
Ce livre est un résumé hardi des données trop souvent pei^onnelies à l'Auteur, que fournit l'expérimention physiologique des médicaments. C'est dire que les bases de sa classification sont purement physiologiques. Cette classification repose sur une première division générale qui est la suivante : A. Agents pondérables
ou MÉDICAMENTS. B. AGENTS IMPONDÉRABLES.
Les agents pondérables sont divisés en huit classes : 4« Modificateurs de la nutrition. 2® Modificateurs de l'innervation. 3° Modificateurs de l'innervation et de la myotilité. 4« modificateurs de la myotiuté. 5o Modificateurs des sécrétions et des excrétions. 6» Éliminateurs. 7® Astringents révulsifs et caustiques chimiques. 8« Antiseptiqui-is et désinfectants.
Les agents impondérables comprennent : 1^. les agents physiques : (chaleur, électricité, magnétisme ; S" les agents mécaniques : (locomotion, agents divers d'ordre mécanique.) Nous nous abstiendrons de critiquer cette deuxième division générale.
La première classe de la 1*^ division renferme premièrement les agents qui activent la nutrition ; ce qui
donne lieu à un ordre spécial de médicaments: Ce sont les excitateurs de Vhématose : X oxygène, les /errugincuXj les hypophospJiiles, les chlorures elle coca^ qui remplissent cet ordre. Nous remarquerons seulement ici deux choses : premièrement, que Toxygène est pour le moins autant un modificateur dynamique qu'un modificatcur trophique : car le système nerveux d'un animal vivant perd ses propriétés d'excitabilité aussitôt qu'il est isolé et plongé dans un milieu d'où Toxigène, principe indispensable à la vie des animaux, se trouve exclu. Nous constatons aussi qu'au nombre des agents cités comme excitateurs de l'hématose , figure le coca. Or le coca contient, d'après l'analyse qu'en a fait Nieman en 1870, un principe azoté : (C«o H» AZO*). Et, la présence de l'azote, nous l'avons déjà vu, suffit pour imprimer à une substance des propriétés modératrices de la nutrition.
Le 2"™o ordre renferme les agents ralentissant la NUTRITION : les alcooliques^ les caféîques, les iodiques^ les arsenicaux, les chlorates^ les azotateSy les alcalins, et médicaments dits tempérants, le mercure et les métaux divers , remplissent cette catégorie.
Le groupement de cet ordre donne lieu à des observations graves , motive des objections sérieuses. Cette mosaïque d'agents si disparates réunis sous la qualification de modérateurs de la nutrition ou de l'hématose , constitue une véritable macédoine thérapeutique. L'alcool est un stimulant difTusible, anti-déperditeur parce qu'il alimente les combustioos intra* organiques. Le café est plus que cela; il est bien ausm stimulant diffusible comme l'alcool: mais il est de plus fortement azoté , ce qui le rend nutritif non plus par émission d'aliment combustible et calorigèn^,
mais aussi et surtout parce qu'il abandonne avec du tannin, de l'azote aux éléments anatomiques.
Les iodiques constituent encore un genre très-différent et même éloigné des caféïques et des alcooliques. Ils sont substitutifs ou éliminateurs, vraiment dénutritifs, ce que n'est en aucun cas le café. Ils n'ont rien de la stimulation et de la diffusibilité de l'alcool. Les arsenicaux , qui se rapprocheraient beaucoup plus des propriétés de la caféine , en diffèrent cependant par ce côté essentiel que, possédant pour radical un métal toxique, lentement et difficilement éliminé, ils sont en définitive des étrangers pour l'organisme, à rencontre de l'alcool, du café, et même des iodiques. Les chlorates et les azotates mériteraient de leur côté une mention plus spécifiée. Les premiers sont moins que des modérateurs de la nutrition; ils sont des dénutritifs, en même temps qu'ils possèdent une action spécialement désinfectante. Quant aux azotates, ceux de potasse et de soude sont des dénutritifs hypercriniques. On sait combien l'azotate d'argent s'écarte de cette classe.
Aucune observation à faire sur les alcalins et médicaments tempérants, sous le rapport du rang qu'ils tiennent ici. Mais le mercure et les métaux divers ne sont pas seulement des modérateurs de la nutrition et de l'hématose ; ils sont surtout des substitutifs altérants, et leur rapprochement avec l'alcool, le café, étonne autant qu'il choque le véritable esprit d'observation clinique.
Vient ensuite , toujours parmi les modificateurs de la nutrition , après ceux qui l'activent et ceux qui la ralentissent , la série des réparateurs de$ pertes dties à la désassimilation.
Nous trouvons là les phosphates-) les corps gras , le lait, les substances hydro-carbonées. C'est là manifestement une série incomplète : les ferrugineux, la viande crue, les vins vieux de crû, font défaut. Puis, toujours dans la même classe, les agents qui favorisent la nutrition. Nous nous trouvons ici en présence de la pepsine, de l'acide chlorhydrique et des amers. C'est là encore une catégorisation défectueuse, incomplète. Les sucres y manquent : la pepsine est le seul ferment cité. Les amers sont plutôt des toniques apéritifs que des eupeptiques dans le/ sens vrai du mot. Enfin , s'il est probable que l'acide chlorhydrique , en présence des aliments d'un certain ordre, joue un rôle important dans la digestion stomacale , il -n'est pas d'usage do le présenter isolément, ainsi qu'il est fait ici, comme un eupeptiquc. Il a sa place ailleui^s, parmi les astringents styptiques et caustiques.
La deuxième classe renferme les modificateurs de l'innervation.
M. Rabuteau distingue 3 ordres : 1" les excitateurs du pouvoir réflexe, ou ExciTO-MOTEURS. Dans ce groupe figure la tribu des strichnéos , (strichnine et brucine), puis, la thébaine , la papavérine ot la nau> cotine. Ces trois derniers, qui appartiennent comme on le sait à la série des alcaloïdes de l'opium , ne sont jamais utilisés isolément sur l'homme comme médicaments. Ce sont les princip es toxiques convulsivants de l'opium. C'est là un abus des inductions permises de l'animal à l'homme , à la suite des vivisections. Le tabac, l'aconit, le veratrum album, Tergot de seigle i dose toxique , ne sont pas moins convulsivants ; et ils ne méritent pas pour cela d'être classés parmi les excitateurs du pouvoir réflexe. Il semble ici que
M. Rabuteau qui a cherché à compléter, et môme à corriger les grandes expériences de Gl. Bernard sur led alcaloïdes de l'opium, ait trop oublié qu'un seul syndrome obtenu sur l'animal n'est pas suffisant pour motiver le classement thérapeutique de l'agent qui l'a provoqué. Bien plus naturellement, l'auteur eût placé à côté de la sti^chnine et de la brucine , l'igasurine et la picrotoxine.
2» Le deuxième ordre des modificateurs ûervins de M. Rabuteau, est celui des modérateurs réflexes.
Aucune objection ne devrait être faite à ce groupe^ ment, si la strychnine placée en tète des excitateurs, et à bon droit , ne paraissait introduite ici par erreur.
Nous arrivons à la troisième classe , celle des modi-»