‹ Lecons de therapeutique generale et de pharmacodynamieChapitre 28 sur 46 · C. Les médicaments éliminateurs · texte numérisé non relu

C. Les médicaments éliminateurs

D. Les agents physiques.

Cette première division donne lieu à une seule remarque générale : à savoir que la simplicité trop exclusive des deux classifications précédentes disparait. Les éliminateurs pourraient rigoureusement rentrer dans les modificateurs trophiques. Quant aux agents physiques, ils sont en réalité des modificateurs dynamiques. Mais Fauteur n'a pas voulu et avec raison, parait-il, se renfermer dans un cercle trop étroit.

M. Sée divise les agents de la première classe (modificateurs neuro-musculaires) en six ordres :

!<" Les modificateurs des nerfs moteurs, exemple : le curare^

2» Les modificateurs directs de la fibre musculaire : exemple : la vératrine ;

3" Les agents directs sur le cœur ; exemple : la digitale ;

4^ Les agents spéciaux sur les vaso-moteurs ; exemple : le bromure de potassium ;

S"" Les modificateurs spéciaux de l'excitabilité de la moelle dont ils augmentent ou diminuent le pouvoir réflexe ; exemple : la strychnine d'une part ; les alcaloïdes de l'opium et les solanées vireuses d'autre part ;

Gp Les agents spéciaux sur la sensibilité ; exemple : les aneslhésiques.

C'est là, reconnaissons-le , une sériation logique et naturelle. On peut seulement regretter d'y voir figurer dans le même plan des actions spéciales, comme celles de la digitale et du bromure de potassium, avec dès actions générales, comme celles de la strychnine et du curare .

En outre, les anesthésiques portés ici comme des

médicaments spéciaux, parce qu'ils sont envisagés en eflet au point de vue d'une application toute spéciale , sont en réalité des agents à propriétés très-générales. Ce n'est qvie par le mode d'application et la voie d'introduction, qu'Us deviennent spéciaux. Il y a, pour tout dire, dans cette première division, une confusion regrettable entre des ordres et des genres thérapeutiques.

La deuxième classe, celle des médicaments trophiques, est divisée en deux ordres seulement : les NUTRITIFS et les DÉNUTRiTiFS. Mais cette division si générale en exige une autre plus ispéciale, en genres , que M. Sée appelle des sous-ordres. Le premier ordre en reconnaît quatre : les nutritifs directs j tels que le fer, rhuile de foie de morue, l'iode. Les nutritifs mdirects'y ce sont des agents de conservation et d'épargne (alcool, arsenic). Les excitants du travail digestif , (gentiane, colombe, amers en général). Enfin, les modificateurs de la tonicité vasculaire y (quinquinas, térébenthines, ergot de seigle, acides minéraux, plomb).

Si la division de cet ordre de la deuxième classe est heureusement conçue pour l'établissement des genres, il ne parait pas que les agents qui la composent aient été repartis d'après des indications thérapeutiques i:igoureusement exactes. Relevons d'abord l'iode, qui ne semble pas à sa place près du fer et de Vhuile de foie de morue : ces deux derniers, l'un comme réparateur de l'hémoglobuhe, l'autre conune tonique histogénique, sont bien de même ordre, quoique de genre distinct; mais l'iode n'est pas un nutritif, il est bien plutôt un éliminateur, agissant comme substitutifs et comme fondant^ pour employer des expressions qui peuvent ne pas répondre à dès effets physiologiques absolument spéciaUsés, mais n'en conservent pas moins

un sens clinique clair, et que la pratique thérapeutique ne peut remplacer.

L'alcool est encore selon nous plus malheureusement accolé à Tarsenic. L*un et l'autre il est vrai, peuvent être dits des aliments d'épargne, car ils ralentissent tous les deux les combustions intraorganiques et le travail d'autophagisme. Mais ils agissent par un mécanisme tellement différent que leur modalité physiologique n'est ni du même genre ni du même ordre. L'alcool s'élimine presque instantanément, soit d'emblée soit par métamorphoses chimiques; l'arsenic s'élimine au contraire très-lentement et très-difticilement. Il constitue de tout point, chimiquement, un ^(ran^er pour l'organisme; il désorganise les tissus. Par contre l'alcool étendu, conserve les pièces anatomiques ; il représente un carbure d'hydrogène oxygéné dont les éléments appartiennent essentiellement à la composition de nos tissus, de nos humeurs. C'est en quelque sorte par interposition que l'acide arsénieux ralentit l'évolution d'un travail inflammatoire, tandis que l'alcool arrive à un résultat analogue en fournissant de sa propre subtance.

On est également choqué de trouver réunis dans un même groupe le quinquina qui estunnévro-sthénique; la térébenthine j qui est un stimulant balsamique, r ergot de seigle , qui est un excitateur spécialement tocique des fibres lisses de l'utérus; les acides minéraux j qui sont des astringents styptiques , et enfin le plomb métal essentiellement aiMranf, toxique, et qui demande à être éliminé.

Le deuxième ordre des trophiques, les DÉNurmiiFS du professeur Germain Sée, est aussi subdivisé en quatre genres ou sous-ordres.

1«> Les dénutrilifs direct^ : (saignée générale ou

Jocale); 2'' Les désoxydarUs ou asphyxiques : (acide prussi-

que);

3® Les suroxydants: (alcalins, oxygène, mercure);

4P Les dégénératifs ou stéatogônes, soit d'emblée soit consécQtivement : (acides minéraux, phosphore, alcool arsenic, antimoine. )

Cette dernière subdivision nous paraît irréprochable; nous ferons une seule remarque, toutefois. Comment Talcool et Tarsenic, que nous venons de voir figurer dans l'ordre des nutritifs, se retrouvent-ils au nombre des dénutritifs ? Ce sont là des répétitions fâcheuses mais inévitables , quand pour obéir à une classification exclusivement physiologique et chimique, on bannit sous prétexte de vague^ les grandes divisions cliniques.

La troisième classe du professeur Sée, est celle des ÉLIMINATEURS. Ce sout tous dos médicamouts qui agissent sur les glandes, sur les sécrétions; exemple : les diurétiques, les sudorifiques, les purgatifs, les vomitifs. A notre sens, ce sont là des actions plutôt spéciales que générales, et pour cela, c'est exagérer leur rôle thérapeutique, que les constituer en classe générale. Il eût été manifestement plus naturel, de les classer parmi les médicaments troplûques, dans une série de modificateurs d'appareils spéciaux , hypercriniqués des glandes, des muqueuses, de la peau; à côté des dénu* tritifs, par exemple.

Enfin, c'est une classe bien naturelle que celle des ajGBNts physiques, ou figiu*ent l'électricité et l'hydrothérapie. Mais quand on admet comme base des grandes divisions, les modificateurs neuro-musculaires,

il semble que les agents physiques devraient seulement constituer un ordre de cette classe.

En résumé le lecteur peut voir que la classification de Germain Sée, plus logique et certainement plus scientifique que les deux précédentes , ne satisfait pas cependant aux exigences de la thérapeutique.

Nous en aurions fini, Messieurs, avec cette longue et minutieuse analyse de divisions thérapeutiques de la matière médicale, si nous ne jugions indispensable de vous faire connaître un livre de haute valeur et d'actualité , que vient de faire parsdtre le docteur A. Ferrand, médecin des hôpitaux de Paris et membre fondateur de la Société thérapeutique.

Ce livre est intitulé : thérapeutique médicale ou Guide pour V application des principaux modes de médication à Flndication thérapeutique et au traitement des maladies.

Vous le voyez, c'est là un titre compliqué : et cette complication répond exactement à la multiplicité même des objets que s'est proposés l'auteur.

Ce livre, disons-le immédiatement, ne ressemble en rien à aucun de ceux que nous venons d'examiner. C'est exclusivement et essentiellement, un livre d'/ndications.

L'auteur s'est inspiré d'un esprit d'éclectisme que commandent, d'après lui, les nécessités de la pratique. Pinel, Barthès et Quissac (de Montpellier), en sont les premiers parrains. Car, en réalité, les indications thérapeutique sont déduites des formes pathologiques, et les éléments morbides qui génèrent ces formes diverses pour un même appareil fonctionnel, servent de base première aux divisions. Ajoutons que les troubles physiologiques, la pathogénie et la localisation anatomique, ne sont point oubliés dans ce travail complet.

En voici d'ailleurs le plan tout entier.

Ce livre difficile à lire, quoique écrit avec autant de distinction que de netteté, est en quelque sorte enrichi pour ne pas dire surchargé de l'érudition la plus moderne et du meilleur aloi. Il implique, pour sa compréhension parfaite, une connaissance déjà approfondie des meilleurs travaux cliniques de nos jours; car en définitive, chacun de ses articles peut être, considéré comme la partie complémentaire d'une leçon de clinique médicale.

Il est divisé en treize parties, précédées d'une inlrth dtiction à l'étude de la thérapeutique spéciale. Après avoir fait l'historique rapide des principales doctrines nosologiques, M. Ferrand définit et décrit I'indication, fondement original de son œuvre. A ce sujet, il étudie premièrement la constitution de la maladie. Le siège de la maladie et Télément nosologique lui fournissent deux premiers ordres d'indication. Vient ensuite l'indication de l'élément physiologique « Il étudie alors la médecine des symptômes et la médecine naturelle ou hygiénique. Enfin, il examine la spécificité.

Dans l'article suivant, l'auteur s'occupe du médicament.

Comment le médicament est-il absorbé? comment se comporte-t-il dans la circulation? conmient est-il assimilé? Autant de points qu'il examine. Il étudie ensuite l'éUmination , puis l'action des médicaments. Un paragraphe spécial traite de VunitédelamédicaUon: c'est remettre sur le tapis le nosologisme et le symptomatologisme, ce qui entraine des explications sur la vaiiété de l'action du médicament. Le moment et la mesure en thérapeutique , sont enfin examinés , et l'auteur divise son Uvre. C'est là, si l'on pieut dire, de la thérapeutique préjudicielle et introductive.

La V^ Partie traite purement de Yhygiène.

Les constitutions , les tempéraments , les âges , les sexes, les imminences morbides, les races, les climats, les professions , le régime suivi , impliquent thérapeutiquement autant d'ordres d'indications, sur lesquelles d'ailleurs, M. Ferrand passe rapidement.

C'est la II°* Partie qui entame véritablement la thérapeutique effective. Elle est consacrée aux indications que détermine le trouble nerveux. La cellule nerveuse étant dépositaire de l'élément de la vie , la marche adoptée est logique et conforme à Une saine doctrine physiologique.

Cette deuxième partie est partagée en trois sections.

Dans la première, l'auteur examine les indications tirées des troubles de la vie intellectuelle. Et cette seconde subdivision en appelle une troisième, par chapitre. Le chapitre premier a trait aux indications tirées de Vhypersthénie cérébrale. Dans un premier article, l'indication est décrite ; elle explique par deux paragraphes le type élémentaire et Idi palhogénie. Dans un deuxième article vient : l'indication thérapeutiquelà. apparaissent, par paragraphes successifs : les moyens hygiéniques, la médication hypnotique, la médication narcotique, la médication contro-stimulante la médication antispasmodique et la médication révulsive.

Un troisième article aborde, sous le nom d'indices tiens médicaleSy les formes secondaires qui dérivent pathologiquement et thérapeutiqueraent de la forme primitive du mal, et de sa thérapie générale. C'est alors que, dans divers paragraphes, l'insomnie, l'agitation ner veuse, le délire nerveux, la manie elles névroses hypersthéniques, la manie puerpérale, le délire alcoolique et celui des intoxications en général, le délire fébrile,

la fièvre pernicieuse, délii'ante, sont passés en revue.

On voit combien ce plan, qui se déroule le même pour toutes les parties de l'ouvrage, est complexe et méthodique tout ensemble. Mais poursuivons :

Le deuxième chapitre de la première section^ est consacré aux indications tirées de Vhyposthénie cérébrale. Ici encore, l'article premier décrit rindication en deux paragraphes , l'un qui fournit le type élémentaire, et le deuxième, la pathogénie. Puis vient, dans un second article, l'indication thérapeutique. Elle est développée en plusieurs paragraphes qui con>prennent : 1© les moyens hygiéniques, 2® la médication tonique, 3^ la médication irritante, 4^ la médication excitante et révulsive, 5"* la médication antispasmodique.

Viennent alors, toujours d'après le même plan, les indications médicales ^ c'ést-à-dire celles tirées des formes secondaii^es de l'état primitif. Leur énumération appelle l'article des applications , le sommeil , la syncope nerveuse , l'asphyxie , l'apoplexie , les intoxications, le narcotisme. Les névroses hyposthéniques, l'idiotie, la démence, les affections cérébrale.s, l'adynamie des fièvres et l'algidité, sont autant de points étudiés

Le troisième chapitre de cette première section est consacré aux indications fournies par Vataane ou pet' "version des fonctions cérébrales. Et ici encore , M. Ferrand parcourt la même série, décrivant d'abord l'indication générale, le type élémentaire de la pathogénie; il aborde ensuite l'indication purement thérapeutique, ce qui 'lui permet de citer les médications générales applicables au type, (médication hygiénique, antispas- . modique, hypnotique, tonique, excitante et révulsive)^ j Et poursuivant ses subdivisior- ' " " '• — *--«â^

examine sous le nom d'indications médiates, par quels moyens indirects on peut seconder les médications directes. Vient enfin VapplicatioUy sous les dénominatifs de névrosisme et névroses, de fièvres ataxiques, d'intoxications avec ataxies et de pneumonie ataxique du sommet.

La deuxième sedionj cx)nsacrée comme la première aux troubles nerveux, vise les indications tirées des perturbations du pouvoir sensitivo-moteur. Un premier chapitre est consacré à Vhypersthénie de ce pouvoir sen- * sitivo-moteur. J'omets ici, pour ne pas tomber dans des redites fastidieuses, ce qui concerne l'indication générale, le type élémentaire, la pathogénie, l'indication thérapeutique, les médications générales et médiates, pour arriver de suite aux formes secondaires et à leur traitement. Ces modalités morbides sont : les hypersthésies cutanées, les névralgies, la migraine, Vhypersthénie des névroses, les maladies des centres en céphalorachidiens, les intoxications et altérations du sang, les convulsions partielles, les contractures, les névroses convulsives , la chorée, le tétanos , l'édampsie des enfants, Tépilepsie, l'hystérie, les convulsions des fièvres et les intoxications proprement dites. Les principales médications reconunandées sont : l'anesthésique^ les révulsifs, les acinétiques et les coniro-stimulants. Il est bon d'expUquer que, par acinétiques, M. Ferrand désigne les paralyso-moteurs en général, depuis l'aconit jusqu'à la fève d'épreuve de Calabar. Dans le chapitre second de cette deuxième section, sont examinées les indications tirées de Yhyposthénie du pouvoir sensitivomoteur. Dans ce chapitre figurent les paralysies musculaire, saturnine, celle des cordons nerveux , les paralysies faciales, les paralysies centrales, et enfin les

paralysies de canse cérébrale. Les moyens hygiéniqueè, les médications excitatives, irritantes et altérantes sont mis en jeu.

La même section comprend un troisième chapitre consacré aux indications tirées de Vataxie ou pervers sion du pouvoir sensitivo^moteur.

Toujours le môme plan.

L'ataxie locomotrice progressive. La sclérose antérolatérale, la paralysie agitante^ sont ici examinées. Les médications antispasmodique, tonique, excitante et calmante, sont mises en jeu.

Vient maintenant la troisième section de la deuxiènie partie, on y étudie les indications tirées des trotibles de Vinnervation organique ou du grand sympathique.

Bornons-nous à donner ici les divisions en chapitres. Le premier chapitre est consacré aux indications tirées de Vhypersthénie de Vinnervation organique. Là sont passées en revue, sous le double rapport des divisions pathologiques et des indications thérapeutiques, la gastralgie, Tentéralgie, Tasthme, le' pseudo-croup, la coqueluche, les névroses hypersthéniques du coeiu*, l'angine de poitrine, les névroses vaso-motrices, Tonanisme, le priapisme, le satyriasis^ la nymphomanie , etc. , etc., et les médications spéciales sont énumérées.

Le deuxième chapitre examine de même les indicO' tions tirées de Vhyposthénie de Vinnervation organique,

L'anoxémie, les dyspnées paralytiques, l'atonie cardiaque, les paralysies vasomatrices, Tanaphrodysie, Vasthénie menstruelle , les paralysies des sphinctm sont successivement étudiées.

Dans le troisième chapitre on examine les indication tirées de Vataxie ou perversion de Vinnervation organi' que. Les indications spéciales thérapeutiques ont trait

à Tataxie organique des névroses , à Tataxie des pyréxies y à l'ataxie des intoxications.

On voit que nous avons supprimé pour ces derniers chapitres la filière monotone et fastidieuse dans une analyse , de l'indication générale , du type primitif, de la pathogénie, des indications thérapeutiques générales et des indications spéciales. Chaque partie, chaque section , chaque chapitre , chaque article , chaque paragraphe sont toujours et partout reproduits suivant la même division.

La III"*® Partie de ce travail est consacrée aux indications tirées des perversions du système vasculcdre.

hà, il y a une seule section, divisée en quatre chapitres.

Le premier chapitre traite des indications tirées de la congestion vasculaire^ (hypérémie).

Le second, des indications tirées de Vanétnie vasculaire.

Le troisième, des actes de perversion circulatoire^ (hémorrhagies).

Le quatrième est consacré aux maladies organiques du cœur.

Dans la IV"»® Partie de son travail, Fauteur examine les indications thérapeutiques tirées des perversions des fondions de sécrétion.

Ici, trois chapitres :.le premier pour les hypercrinies ou diacrises. Le second vise les diminutions de secr étions. Le troisième s'adresse aux perversions de sécrétions.

Vient la V Partie. Elle s'occupe des indications fournie par les perversions de nuttUion.

Je relève quatre chapitres dans cette partie.

Le chapitre premier traite des indications de Thy-

perlrophie. Le chapitre second, des indications de r atrophie. Le troisième , des i7idications tirées de Var^ rét nutritifs (gangrène et putridité).

Enfin , dans le quatrième , il s'agit des perversions de nutrition. C'est la pathogénie et la thérapeutique des tumeurs.

Arrivé à la VI"*« Partie, l'auteur sans changer de méthode, cesse de prendre la même base. En effet, jusqu'à présent, ce sont des systèmes organiques ou fonctionnels qui ont fourni ses grandes divisions générales .'système cérébro-spinal, système nerveux sympathique^ système vasculaire et circulatoire, appareils sécrétoires, appareil digestif et nutritif; maintenant, il s'adresse aux éléments pathologiques, et s'occupe des indications qui relèvent des altérations du sang.

De môme , pour la VII™« Partie : elle est consacrée à la pathogénie et à la thérapeutique de l'in^ammalion.

La VIII"™e Partie traite de la fièvre. Ici, nous sommes purement et simplement ramenés aux éléments morbides de l'école de Montpellier.

La, l'auteur passe successivement en revue les indications thérapeutiques tirées : de la fièvre traumatique , de la fièvre inflammatoire , de la fièvre catarrhale, de la fièvre muqueuse, de la fièvre typhoïde, du typhus. Il analyse de même la peste, les fièvres bilieuses, la fièvre jaune, les fièvres éruptives, Térysipèle, lespseudo-exanthèmes et la fièvre puerpérale.

Les médications hygiénique, antipyrétique ^ antithermique, ou réfrigérante, calmante, tempérante, contro-stimulante , sont autant de moyens évoqués contre ces fièvres. Il en est de même des médications substitutive, spoliatrice et altérante.

Dans la IX"** Partie, l'auteur traite des indications des maladies miasmatiqueè et zymotiquès. (zvun, ferment).

Comme pour la partie précédente, il s'agit de maladies spécifiques. La rage, la morve, le charibôn, la diphtérie, la suette, le choléra, la dysenterie, le fyphuâ, la fièvre jaune et la malaria rentrent dans cette catégorie.

L'article .des indications thérapeutiques qui s'appliquent à cette série , vise les médications hygiénique , tempérante, tonique, stimulante j antiseptique, spécifique , éliminatrice , et réparatrice.

Ce sont les indications des maladies conÈtihiUonhelles qui font le sujet de la X»* Parfie. (Test toùjôiirs Papplicatioii et le développeiiient du niéme plan. Le rtnimatisme , la goutte , la scrofule , la tuberculose , là syphilis et le cancer sont les maladies dont l'auteur recherche principalement les indications pathd^niques et thérapeutiques.

Avec la XI™« Partie , conimence l'élude des indications fournies par les intoxications; Ici , M. Ferrand , en dépit de sa grande habileté à généraliser, n'a pas dû laisser d'être embarrassé, par suite de son obstination à appUquer uniformément le même plan à chaque chapitre. Là encore, il s'est donc cru obligé de débuter par la description du type élémentaire.

11 est évident que là nature chimique de l'agent toxique, son mode d'introduction, sa voie d'application, peuvent se présenter dans des conditions si différentes, que la description d'un type unique élémentaire, soit difficile. L'indication d'un empoisonnement par l'acide nitrique ne ressemble en rieti à celle d'un empoisonnement par l'oxyde de carbone. Observons encore que plusieurs des parties précédentes de l'ouvrage, notamment celles qui traitent des altérations du sang ,

des fièvres , des maladies zymotiques , devraient logiquement rentrer, au moins en partie, dans ce cadre.

Il faut reconnaître que l'auteur se tire très-habilement de cette difllculté , en laissant de côté les agents divers de poison, pour ne parler que des classes d'intoxication qu'il a établies d'ailleurs avec assez de logique.

Il s'occupe donc d'abord, tant au point de vuepalhogénique que thérapeutique, de ce qu'il appelle Vintoxication primaire.

Là, figurent les poisons irntants. Les poisons héma- Uque$ et septiques sont étudiés comme intoxication secondaire. A l'intoxication tertiaire répondent les poisons nutritifs. On pourrait objecter ici qu'un poison n'est tel qu'à la condition de troubler précisément les fonctions de nutrition, et que par conséquent toutes les divisions toxiques rentrent dans celle-là. M. Fernmd s'occupe en dernier lieu des poisons des systèmes nerveux et musculaire.

La XII"»® Partie est consacrée tout entière aux indications du Parasitisme , et ne donne lieu à aucune observation particulière.

Enfin dans la XII1™« et dernière Partie, l'auteur ne tire plus ses indications d'un état pathologique général. Il recherche dans quels cas il convient d'appliquer les agents physiques : la gymnastique, qu'il appelle la cynésithérapie , l'électrothérapie et l'hydrothérapie présentent ici leurs indications. M. Ferrand finit ainsi par une dérogation absolue à son plan. Car, jusqu'à présent, renversant la méthode habituelle des études thérapeutiques , il a demandé à la maladie l'indicatkm du traitement; et maintenant, c'est le genre de traitement qui sert de base aux indications thérapeutiques.

Ei maintenant, si nous essayons de juger cet impor-^ tant travail, nous reconnaîtrons tout d'abord son originalité, son mérite réel, sa méthode suivie, et le caractère complet de ses savantes recherches. Mais , nous devons le dire, c'est là aussi un travail embrouillé, diflidle à suivre, par trop complexe.

Dans les parties complètement traitées , le lecteur parcourt successivement des sections, des chapitres, des articles, des paragraphes, qui sont autant de subdivisions. On y étudie d'abord Vindication pathologique générale, puis la description du type élémentaire , rindication thérapeutique. Cest là qu'apparaissent les modifications, qui seraient mieux placées après la division des formes morbides ; viennent ensuite les indications médiates, c'est-à-dire celles qui dérivent des complications. Ehfifm sont énumérées au point de vue du traitement qu'elles cîomportent, les diverses maladies de la section.

Comme point de doctrine, nous y retrouvons la résurrection de la méthode des éléments morbides de Barthès, de Pinel, de Quissac (de Montpellier).

Mais ces catégories, qui offrent du reste de réels avantages pratiques , se reproduisent sans cesse , et obligent aussi sans cesse l'auteur à se répéter, tant I>our les médications que pour les types communs à plusieurs maladies , qu'elles doivent combattre. Il faut ajouter du reste que , profondément instruit de tous les progrès de la science contemporaine , M. Ferrand sort presque toujours du vague des théories vitalistiques et noso-graphiques, pour fournir aux points de vue de rhistologie , de la chimie médicale , de l'expérimentation physiologique , de l'observation clinique , les données les plus précises et les théories les plus neuves.

Aussi, son livre restera-t-il comme une mosaïque curieuse des conquêtes de la médecine moderne.

Quant à pouvoir servir de guide à des études de thérapeutique appliquée, ce livre y prétendrait en vain. On n'y trouve le traitement d'aucune maladie ; pas un médicament n'y est étudié ; chaque chapitre est conmie la dernière partie d'une savante leçon de clinique médicale. Mais après avoir tant insisté sur les divisions thérapeutiques des médicaments , il était utile de montrer comment les indications thérapeutiques peuvent être déduites des formes pathogéniques.

Nous avons fini, Messieurs^ avec la partie analytique et critique des classifications. Nous avons montré ce que nous jugeons défectueux dans les divisions opposées ; il nous faut, maintenant, produire les idées propres que nous avons la témérité peut-être de prétendre leur substituer. Jamais nous n'avons mieux senti la réalité brutale du vieux proverbe : La critique est aisée et Varl est difficile.

Les auteurs de Classifications aujourd'hui en honneur dans nos écoles, avaient jugé avec raison comme empiriques et peu dignes de la science les divisions qui, jusqu'à Bouchardat et Trousseau, ont défrayé diez nous la taxonomic thérapeutique. Assises tantôt sur des propriétés spécifiques imaginaires, tantôt sur la réputation traditionnelle d'une série médicamenteuse dont les agents n*ont entre eux que des rapports vagues ou incomplets ; empruntant d'autrefois leur nom a des origines zoologiques, botaniques ou minéralogiques, ces divisions ne permettaient pas un développement méthodique et pratique de la thérapeutique appliquée au médicament.

D'autre part , les progrès de la chimie organique ,

et surtout ceux de l'expérimentation physiologique par vivisection, éclairaient d'un jour nouveau les propriétés physiologiques des plus puissants agents de la matière médicale. Des médicaments jusque-là séparés conune des agents d'ordre opposé ou difTérent, se trouvaient rapprochés ; on entreprit donc naturellement de donner aux classifications de la matière médicale une base tirée de l'expérimentation physiologique ellemême. Et c'était, à coup-Mr, réaliser un progrès. De cette époque encore toute récente datent, les deux grandes divisions magistrales en modifùxUeurs dytMmiques et motUfieateun troj^JUçuesi' puis les subdivisions en exctto-moteurs et' en paralyso-moteurs , en hypersthésiants et en anesthésîants; en bypocrinîques et en hypercriniques, etc. , etc.

Nous avons pu déjà juger dans les détails ce que cette méthode absolue pi^seote de défectueux au point de vue clinique des médications appliquées.

Assurément, puisque tout étîit paUioIopque , fonctionnel ou organique, dérive d^mi trouble dans l'harmonie des fonctions physiologiques, il est bcm, en thérapeutique de prendre appui sur ta physiologie.

Mais, si l'on n'a soin de planter des jalons d'un autre ordre sur la voie desindications, on risque fort de faire fausse route ou de ne parcourir, qu'une partie du chemin.

Et d'abord, nous l'avons déjà répété souvent, dans les premières pages de ce livre, l'indication fournie par l'anima) peut tromper dans ses apphcations à l'homme. Les pavots, les jusquiames, les ciguës, traitent autrement le Uèvre, le cheval, l'étoumeau, qu'ils ne font de l'homme. De plus, si semblable qu'il s'afliche, l'état physiologique provoqué par le traumatisme n'est

pas l'adéquat de son similaire pathotogique. £nlin, ta question des doses peut rendre un parésiant tétanique et un sidérateur stimulant. Il existe aussi des états morbides dans lesquels la cause du mal est importée de dehors dedans et représentée par un agent spécial. Là ^acore T expérimentation et la vivisection physiologiques ne suûlsent pas.

Il faut ajouter a ces observations que le partage de la matière médicale en agents trophiques et en agents dynamiques , peut précisément contrarier les points de vue les plus féconds de l'expérimentation physiologique en jetant dans des séries absolument distinctes et éloignées, des agents de propriétés similaires ou voisines. C'est ainsi que le tartre-stibié qui est un modificateur trophique, doit figurer, pour les efiets de contro-stimulisme à côté de la digitale qui est un agent dynamique, et des moyens réfrigérants, qui sont des agents mécaniques.

En outre, les efiets seconds et les actions indirectes peuvent primer, comme dominante thérapeutique, les efiets premiers et les efiets directs. Pour tel médicament, il est parfois difficile d'affirmer s'il est plutôt trophique que dynamique ou réciproquement. Justifions ces assertions par des exemples :

L'alcool agit certainement sur l'innervation générale: le delirium tremens et la démence que son abus prolongé entraine le disent assez. Mais il n'est pas moins puissant comme modificateur trophique ; la cirrhose alcoolique, les athérômes artériels, la déformation cellulaire, en sont une irréfragable preuve. Le même agent, l'alcool, élève ou abaisse la température du corps, stimule ou parésie en stupéfiant , selon le mode d'emploi , selon aussi la nature du tissu lésé , de l'appareil

fonctionnel atteint, et même de Tidiosyncrasie du malade. Ce n'est donc pas une base suffisamment large que celle de la division en agents trophiques et en agents dynamiques. Le bromure de potassium est un puissant sédatif nerveux : son action stimulante sm* le système sympathique est indéniale ; il resserre, à dose progressivement élevée, le calibre des capillaires sanguins au point de s'opposer aux hypérémies périodiques du bulbe et de conjurer ainsi l'éclat de Fictus épileptigène. Il est anesthésique, il! est hypnotique ; il est même secondairement acinétique et amyosthénique. Mais en même temps, il agit certainement comme alcalin, diluant de la crase sanguine et dénutfitif. Voyez les éruptions cutanées qu'il provoquel il amaigrit à la longue, enlève Tappétit, engendre des hémorrhagies bronchiques ou nasales. J'ai vu un agent-voyer s'obstiner à combattre une surdité liée à la strume, par le bromure potassique; il a succombé à une pneumorrhagiè deux fois provoquée à Taide de doses surchargées de ce bromure. J'ai guéri une jeune fille épileptiqueen portantjusqu'à 16 grammes par jour , la dose du sel alcalin ; mais elle succond>a plus tard à une cachexie - pulmonaire , et le bromure n'était peut-être point innocent dans ce dénouement.

On n'est donc pas autorisé à faire de ce médicament précieux un agent dynamique plutôt qu'un agent trophique.

Et la quinine? M. Collin (du Val-de-Gràce) n'a-t-U pas prouvé que par son principe azoté, elle agit sur la nutrition autant que sur l'innervation médullaire et cardiaque?

De même, pour les divisions exclusives en agents qui hypersthénisent ou hyposthénisent les appareils fonctionnels. Cette sériation ne saïu^ait suffire. Et quand

on a bien, étudié au lit du malade , le processus Uiéi'apeutiquo de certains agents, tels que Tarsenic, le mercure , on reconnaît que ces médicaments ne sont pas plus hyper- qu'hyposthénisants, qu'ils excitent et contrestimulent, mais avant tout, par dessus tout, qu'ils agissent par subslitutiorij^ comme altérants j comme éliminateurs; et, comme conclusion, on est amené à reconnaître qu'à coté des hypersUiénisants et des hyposthénisants, au-dessus des trophiques ei des dynamiques, il faut placer une troisième grande classe , celle des substitutifs.

Enfin, Messieurs, quand on a bidn suivi le déterminisme des efTeLs tout spéciaux de la digitale sur le cœur, de la vératrine sur la fibre striée, de l'ergot sur la fibre lisse, de la lobélie et du datyra sur l'appareil respiratoire, on est contraint d'admettre, auprès des actions générales dliypersthénie et (ïhypo$thénie,àe trophisme de dynamiaineij de mécanisme ^ des actions spéciales^ et même spécifiques. On est, il est vrai, de la sorte, obligé de reprendre certaines substances, qui ont aussi leur place générale dans les actionsmodificatrices des grandes fonctions vitales. Mais si au point de vu^ de l'esthétique, de l'art et de la symétrie physiologique, cette obligation est choquante, elle est utile et féconde en résultats diniques, résultats qui sont l'objectif supérieur d'un thérapeutiste qui vise avant tout à faire de bons praticiens 1

Telles sont, Messieurs, les raisons principales qui nous ont conduit à construire une classification de la matière médicale qui réponde à la fois aux indications dynamiques générales, à l'expérimentation physiologique, et à l'expérimentation clinique, sans négliger jamais le point de vue si important des phénomènes organo-chimiques.

Pour atteindre et remplir ce but, nous avons suivi la sériation adoptée dans les classifications dites natu-^ relies de la zoologie, de la botanique, des sciences objectives en général. Procédant toujours du général au particulier, nous descendons d& la classe aux ORDRES, des ordres aux (^nres, des genres aux modes et de ceux-ci, aux groupes ou fomiUes da médicaments synergiques.

Le fondement et la clef de cette ctassiiicatlon repo-i sent sur cette idée que l'indication première et la plus large , doit partir de propriétés thérapeutiques observées sur l'individu malade; puis l'on série par ordres ces propriétés ; on divise ceux-ci on genres, et c'est seulement le mode qui doit défioù- spécialement, ea quelque sorte exdusirenieat, l'action physiologique de l'agent médicamenteux. Cest là (pie nous faisons largement la part de l'expérimentation physiologique et chimique. Puis vient naturellement l'énumération des substances ou agents de médication.

Donc, notre classification se divise naturellement en CLASSES, en ORDRES, en genres, en modes et en FAMILLES OU ESPÈCES d'agents médicateurs. On aurait pu réserver une colonne aux applications du remède ; et , comme M. Ferrand , dans sa thérapeutique médicale , conclut de l'indication pathologique à l'indication thérapeutique , conclure inversement de la propriété thérapeutique à l'indication pathologique. Mats nous avons pensé qu'il sied de n'oublier jamais que la médecine est un art autant qu'une sciencç; que si l'artiste doit être »i courant des règles générales de la science , il doit toujours rester libre de l'interprétation d'une opportunité. Qui ne sait en efTet qu'à c<lté de la maladie il y a le malade, et que les eflets sont

différents selon les individos^et les situations? Le purgatif de Tun n'est pas celui de Fautre , et tel s'endort le soir avec du café, qui cherche Texcitation dans Topium, à rencontre des données ordinaires. Or, ce que la science doit fournir, c'est seulement la synthèse des données &rdinaireSj bien et dûment expérimentées.

Noos avons déjà fait connaître au début de ces leçons, au chapitre des médications, comment en prenant pour fondement les effets les plus généraux des agents de médication , on est amené , pour être complet, à reconnaître quatre classes générales. Chaque classe exprime moins une propriété physiologique déterminée , que Y effet thérapeutique le plus général d*un agent médicateur.

Ainsi, il existe dans Timmense arsenal de la thérapeutique et de la matière médicale, des séries d*agents dont Tapplicalion est indiquée contre tout VkU path(h logique aigu ou chronique, épidémique, endémique, sporadique , constitutionnel , héréditaire , ou diathésique, qui a pour caractéristique générale, une certaine surexcitation morbide, déterminée par de Thypersthénie ou de Thypergenèse.

Ces agents ou moyens thérapeutiques ont pour efiet total d*abaisser le ton surélevé de la vitalité. Sous leur influence , le pouls baisse , se ralentit ou s'affaiblit La chaleur exagérée, Yhyperthermogénèse ^ descend. Les fonctions de nutrition se ralentissent. L'encéphale et la moelle , le système nerveux , général , perdent de leur excitabilité , la sensibilité générale et spéciale s'émoussent, la contracUlité musculaire se relâche. L'ensemble de ces effets constitue essentiellement Thyposthénisa- TiON , et noire première classe est constituée par tous les agents hypostiiénisants.

Mais Taction générale d'hyposthémser, est commune à. des agents d'ordres très-divers. On peut hyposthéniser, en plongeant dans la stupeur l'encéphale, les organes des sens, et la moelle. On peut hyposthéniser en déprimant les fonctions de nutrition, en diminuant la kinésie cardiaque, vasculaire, en contro-stimulant. On peut hyposthéniser par spoliation de l'hématose ; ou bien encore, en apaisantle système nerveux surexcité. L'anesthésie provoquée est essentiellement un procédé d'hyposthénisation. Enfin , il n'est pas jusqu'aux simples moyens lénitifs , émollients ou tempérants qui n'aient pour propriété d'amener une sédation générale de l'organisme.

De là , six ordres très-naturels dans la classe des hypostliénisants ; savoir : les stupéfiants, les contro-

STIMULANTS, loS ANTIPHLOGISTIQUES, leS ANTISPASMO* DIQUES , les ANESTHËSIQUES et loS LÉNniFS.

S'il y a plusieurs ordres qui se séparent naturellement dans la classe des hyposthénisants , ces ordres eux-mêmes se subdivisent en un certain nombre de de GENRES auxquels répondent des médications nettement distinctes. C'est ainsi qu'on peut stupéfier par narcotismc, par hallucination j par cyanismej par sidération. De là quatre genres pour l'ordre des stupéfiants : les narcotiques j les hallu^nateurs j les cyaniques et les sidérateurs.

Il y a plus : les progrès de la physiologie expérimentale et de l'observation clinique, permettent d'expliquer approximativement par quel mécanisme intime s'obtiennent les effets des médicaments. De là une nouvelle colonne dans notre classification , celle des MODES , lesquels fournissent le déterminisme de l'action physiologique. C'est ainsi que pour les narcotiques ,

par exemple nous expliquons qu'ils stupéfient en parésiant les vaso-moteurs, en congestionnant passivement l'encéphale et en provoquant une sorte d'ivresse cépbalique. Enfin , il importe de faire connaître les sortes ET espèces principales d'ageuts médicamenteux qui répondent à ces eflets. Tel est l'objet de la dernière division.

Ainsi nous dirons : Classe des hyposthénisants, ordre des stupéfiants, grenr^ des narcotiques, mode des congestionnants de l'encéphale , sorte médicinale y opium de Smyme.

Et de même , pour les trois autres genres du même ordre .

Le deuxième ordre , celui des contro-stimulants est passible de divisions analogues. En e(Tet, on peut contre-stimuler à l'aide d'agents dystrophiques dont l'action déprimante porte premièrement siu* les actes de nutrition , et réagit sur la circulation secondairement. Ou bien encore , en influençant directement la contractilité du cœur ; ou en provoquant l'anémie bulbo-rachidienne ; enfin, en impressionnant par des applications topiques, à l'aide d'agents chimiques ou physiques, la sensibilité cutanée et le pouvoir réflexe excitot-moteur. Ainsi se déroulent quatrk genres pour l'ordre des cûxtro-stimulants : les sédatifs dystrophiques^ les sédatifs cardio-vasculaires j les sédaUfi btilbo^rachidiens et les sédatifs réfrigérants. Chacun de ces genres possède sa modalité propre. Les dysbr(h pfeiqu^ excitent le système sympathique, provoquent le spasme diaphragmatique, dépriment le pouls, abaissent la température, et finalement, diluent la crase du sang, dont ils entraînent la dspla^minisation. Telle est l'action des antimoniaux en général^ qui consli*

tuent le groupe méilicamenteux correspondant à celte modalité.

Ainsi, pour les trois autres genres du même ordre. Ce sera l'objet des leçons suivantes de développer ces divisions.

Donnons seulement un exemple pour cet ordre. Je le prendrai dans le genre des sédatifs bulbo-rachidiens, et je dirai :

Classe des hyposthénisants ; ordre des contre-stimulants ; genre des sédatifs bulbo-rachidiens ; mode : stimulants vaso-'moteurs provoquant Tanémie bulbaire , et entraînant secondairement Facinésie cardiaque, Famyosthénie musculaire et la parésie du pouvoir réflexe sensitivo-moteur ; espèc(j ou sorte médicinale : bromure de potassium.

L'ordre des antiphlogistiques donne lieu à une sériation semblable.

En eiTet^ il exista des Spoliateurs, généraux et des spoliateurs locaux de l'hématose ; des antiphlogistiques par application topique ou mécanique. Exemple : la saignée générale et la saignée locale ; l'application de l'onguent napolitain, du coUodion riciné sur une surface phlogosée. Ainsi nous dirons : Classe des hyposthénisants ; ordre des antiphlogistiques ; genre : spoliateurs locaux de l'hémoglobulie ; fnode : soustraction directe du sang clans une région congestionnée ; sorte médicinale : sangsue of&dnale.

C'est en suivant un plan analogue que nous divisons

rOBDRE DES ANTISPASMODIQUES CD trois GENRES priu-

<ûpaux : Produits nidoriens musqués^ gommes-résines fétides^ éléo-éthérolés. La modaUté physiologique de ces trois genres est sensiblement la même. Elle repose sur le rétablissement de l'équilibre entre les deux

systèmes nerveux par une double action : Tune, de stimulation du système cérébro-spinal à l'aide d'un principe volatil essentiel et très-diffusible , toujours doué d'une extrême fragrance ; l'autre , de sédation de l'excitation vaso-motrice et des contractures des fibres lisses, par un principe onctueux ou un acide gras qui ralentit les actes de nutrition. Le musc, le castoreum, Tassa-fœtida, la valériane, le camphre, sont des sortes MÉDICINALES de ces modes et genres.

Exemple : classe des hyposthénisants; ordre des antispasmodiques; GENRE : gommes-résines fétides; mode: stimulants de l'excitabilité céphalo-rachidienne et parésiants de l'excitabilité vaso-motrice; sorte médicinale: gomme ammoniaque.

Le cinquième ordre, celui des anestuésiques, est divisé de môme en trois genres : les analgésiques hypnotiques^ les analgésiques éhrtaïils et les analgésiques asphyxiants. Leur modalité physiologique se pressent par la seule épithète qui leur est adjointe. La plupart agissent par inhalation, quelques-uns comme le chloral, par injection intra- veineuse; ils agissent en vertu d'une action spéciale sur les fonctions d'hématose, en privant de sensibilité l'élément nerveux médol* laire et céphalique. espèces : chloroforme, éther inhalés.

Exemple : classe des hyposthénisants; ordre dfis anesthésiques ; genre des analgésiques ébriants ; modê^ suspendant les rapports entre l'excitabilité sensitive et la perception cérébrale ; sorte^ protoxyde d'azote inhalé. Vient enfin le sixième ordre de la première classe, oàd des lénitifs. Il comprend deux genres, les températUs qui sont d'usage interne et les émolUents qui sont d'application externe. Leur mode d'action se produit

par imhïbition ou par onction. Exemple : eau gommée sucrée, cataplasme de farine de lin.

Cet exposé suffit pour rendre explicitement intelligible la méthode qui a dirigé notre classification et le plan que nous avons adopté.

Nous allons donc nous borner, pour les trois autres classes, à examiner succinctement les ordres et les genres, en citant seulement un exemple pour chaque série. Vous trouverez. Messieurs, dans les leçons qui suivent et terminent ces études , Vexplication détaillée de chaque division.

Notre deuxième classe est celle des hypersthéni-

SANTS.

Étant donné un sujet malade , à l'état aigu ou chronique , dont la vitalité générale est descendue au dessous du ton de lu saiité , tout agent de médication qui tendra et parviendra à relever ce ton, sera un agent d'hypersthénisation

Réveiller les fonctions de l'innervation cérébrospinale ou sympathique ; réparer les pertes de l'hémol^obulie par des interventions hématopoîétiques; augmenter la cinésie cardiaque et la tension artérielle; élever la chaleur animale, accroître le pouvoir contraciQe des muscles ; activer les fonctions de digestion , d'absorption, d'assimilation, de désassimilation , de manière à rénover et accroître les éléments anatomiques ethistogéniques, tel est , sommairement , l'objectif d'une médication hvpersthénisante.

Or, cette action générale d'hypersthéniser , comporte cinq ordres principaux, un de moins que dans

la classe précédente.

On peut relever les forces d'une manière en quelque sorte indirecte, en stimulant l'appétit, en favorisant

la digestion : de là , notre premier ordre , celui des EUPEPTiQUEs. Il se subdiviso en trois genre$ : les sucrei, les ferrnents et produits prot^ques -, les apéritifs siaUh gogues. En détaillant la classe , nous en ferons connaître la modalité physiologique ou les modes ; nous en développerons les agents ou sortes médicinales.

Les TONIQUES, c'est-à-dire, d'une manière tout-à4it générsde, les agents qui ont pour propriété d'augmenter l'énergie fonctionnelle des organes, indiquent une dinsion en cinq genres principaux : !<> selon que les agenb ont pour effet de fournir des matériaux aux éîémenis histogéniques ; Ce sont les analeptiques histagénesi ^ reconstituants ou réparatem*s ; 2^ selon qu'ils favorisent la rénovation des globules sanguins, ce sont les toniqua hématogènes ou corroborants ; 3^ selon qu'ils stimident sans exciter toutefois les propriétés du tissu nerveux : nevrosthéniques. Il y a enfin la série des moyens hj/gU^ ques et mécaniques. L'huile de foie de morue ^ le bouillon , le vin de Médoc sont des représentants du premier genre. Le fer et le manganèse appartiennent au second; les quinquinas et la gentiane au troisième. L'hydrothérapie et la gymnastique, au quatrième.

Vient en troisième lieu l'ordre des astringents^ Idencore existent plusieurs genres^ On peut dire que odni des tannins constitue le type. Puis viennent les ooto styptiqueSy les astringents à hase métallique; il exisie enfin les amers astringents. De ce nombre sont la salicine, le cnisin, la fraxine, le perchlorure de fer, l'aio le borax représentant les sels astringents à base métil* lique. L'acide citrique répond à la .division des astrir gents acides, et la noix de galle, à celle des tanniqoeSi

Exemple de substances classées dans les deux ordres qui précèdent :

lo CLASSE des hypersthénisants, ohdre des ioniquesj GENRE des hématogènes; mode : ajoutent des éléments à la constitution des hématies et accroissent le nombre des globules; sorte médicinale, proto-chlorure de fer.

2<* CLASSE des hypersthénisants y ordre des astnivgents y genre des tanniques ; mode : absorbent Feau à la surface des muqueuses, resserrent la trame cel* lulaire des tissus dont ils diminuent la porosité, et s'opposent aux congestions passives en chassant topiquement le sang des capillaires.

L'ordre des stimulants se divise de même en plusieurs genres : tels que les alcooliques, les caféiques, les myrotiques , les balsamiques , etc.

Celui des excitateurs s'en distingue par une action moins passagère et portant spécialement sur l'innervation sensitive et motrice .

Exemple de substances classées dans ces deux ordres.

1^ CLASSE des hypers. , ordre des stimul. , genre des alcooliques ; mode : agents anti-déperditeurs , fournissant aux combustions et aux métamorphoses hydrocarburées ; sorte : alcool.

2^ classe des hypers . , ordre des excitateurs, genre tétaniques ; mode : excitent le pouvoir réflexe de la moelle, du centre à la périphérie, et communiquent par décharges à la fibre musculaire, fies secousses électrotoniques; sorte médicinale : strychnine.

Après ces deux premières classes qui représentent les deux catégories dominantes des effets généraux physiologiques et thérapeutiques , vient la classe des substitutifs.

Elle vise des agents de trsdtement dont les effets ne peuvent pas être dits plutôt hypo- qu'hypersthénisanls, mais qui présentent pour caractère dominant la pro*

eu\

pnété dé se tobstitotf sckii par action trophiqueet ctâmiqoé . s^^u par «impie iDlerreatioa djnoamique au procesâuâ moriÀJe.

NoQâ dîT^oiLs cette dasse en trois ordres qui seront ezpUqoés duis une léç«xi spéciale : les éliminateurs, ks RjfcvcLSCFâ ec les CACsnouEs. L*CHtlre des éliminateora comprend «ieiix genres : les altérants et les fùmdanU. Celui des réttlsifs en contient également deux : les iran^poiitifà et les dérivatifs. De même pour l'ordre de^ clustiqces , qui est divisé en agents ehimi'iueêei en a^etits physiques.

Citons quelques exemples relevant de cette classe.

1* CLASSE des aubttUutifs, ordre des éliminateurt; GC5RE, altérant ; MODE : peuvent être absoii)és, mais ne sont jamais assimilés organiquement aux tissus vivants: sortes ou espèites : mercure^ or y chlorure de barium.

2* Classe des subslîlalifSj ordre des révulsifs; GENRE : tratïspositifs : MODE, déplacent une cause d'irrilaûon, en produisant à la surface du corps une irritation plus forte : sorte ou moyen thérapeutique: moxas.

3» Classe des substitulifSj ordre des caustique$; GENRE : agents chimiques : mode, altérant et désorganisant chimiquement les tissus qu*ils contaminent ; sorte médicinale : chlorure de zinc.

Nous sommes parvenus à la quatrième et dernière classe , celle des agents spëuaux.

Les médicaments et moyens de traitement qui rdëvent de cette classe sont, si on les étudie dans leurs propriétés physiologiques les plus générales, codes hyposthénisanls , ou des hyperstbénisants , ou des substitutifs. En effet, il n'est pas de médication, médi-

cale on chirurgicale, qui ne puisse, finàlemeut être ramenée à Tun de ces trois déterminismes.

Maia ce qui distingue tout particulièrement cette dasse de médicaments, c'est qu'en outi^e de leur effet physiologique général , ils possèdent thérapeuti- <iuement une action spéciale, élective^ sur tel système fonctionnel, tel appareil organique , tel tissu ; ou bien ils agissent comme des antidotes ou des antagonistes déterminés d'un état morbide donné.

De là , deux ordres de spéciaux : les spéqaux proprement dits , et les sp(:cifiques. Ce n'est pas ici le lieu de développer les genres , les modes et les sortes de cette classe qui fera cQuune les deux autres, le sujet d'une leçon particulière. Citons seulement un exemple pour chaque ordre :

1^ CLASSE des sp^ciauo;; ORDRE : spéciaux à action élective sur un tissu organique ; genre : modificateurs tociques; mode : provoquent spécialement la contraction des fibres Usses de l'utérus; sorte : ergot de seigle,

^ classe des spédav^^; ordre : spécifiques; genre : anti'VarioUques ; modes : neutralisent par l'inoculation d'un virus de propriétés voisines, l'élément d'un virus* constitutionnellement uni aux humeurs organiques; sorte médicinale : vaccin.

Ici, Messieurs, nous terminons cette longue leçon. Le plan de la classification dont le développement spécial va suivre, vous est donc désormais connu. Cette classification est à la fois physiologique et clinique. Elle se divise : en classes qui indiquent les effets thérapeutiques les plus généraux; en ordres, qui distinguent les groupes naturellement sériés de la classe , en genres , qui font connsdtre les principales manières de chaque ordre; en modes , qui enseignent

le mécanisme de Tactiou physiologique du médicament; et enfin , en sortes ou espèces , qui fournissent les agents principaux de chaque médication.

Les deux premières classes reposent sur l'idée vitalisliqued'hyposlhénieetd'hypersthénie, mais leurs ordres, leurs genres et leurs modes, remplissent le cadre physiologiquement , chimiquement et cliniquement. La troisième classe élargit Tidée de substitution réduite jusqu'ici, à celle d'action altérante.

Enfin, en faisant dans la quatrième la part des actions thérapeutiques spéciales ou même quelquefois spécifiques , nous espérons légitimer l'épithète ambitieuse de cliniquey dont nous qualifions cette classification.

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