MODIQUE
Le cinquième ordre, la médication anesthésîque, est destiné à provoquer un état particulier d'hyposthènîei en vue d'opérations chirurgicales douloureuses ou pour
suspendre la contraction musculaire quand celle-ci, par une évolution pathologique progressive, peut amener le tétanos, la rigidité, la mort. La douleur extrême et continue peut suffire à justifier l'emploi des moyens anesthésiques dont le déterminisme est le suivant : provocation d'un sommeil artificiel , engourdissement, et finalement suppression radicale de la faculté de sentir, relâchement des muscles et suspension de l'action nerveuse. L'anesthésie bulbaire peut arrêter la contraction du cœur et produire instantanément la mort. Telle est la puissance des agents classés dans Tordre des anesthésiques.
Sixièmement enfin, un état général d'hypersthénisation caractérisé simplement par Firritation des muqueuses, ou de la courbature dans les plans musculaires, des phlegmasies superficielles et localisées, peut être combattu par des moyens en quelque sorte anodins très-simples ; ce sont tantôt des agents intérieurs qui se comportent comme des analeptiques lénitifs, tantôt des applications topiques dont les effets procèdent à la fois des contro-stimulants et des antiphlogistiques. Ils en diffèrent toutefois, — et c'est ce qui raolive la création de ce dernier ordre, — en ce qu'ils n'altèrent jamais profondément les fonctions de vitalité , combattant par une action simplement calmante l'hypersthénie , et préparant plutôt indirectement au relèvement qu'à la diminution des forces du sujet. Les agents de cette série composent l'ordre des LÉNrriFS. Cet ordre établit par gradation une transition naturelle entre la médication tonique qui appartient à la classe des hypersthénisants, et la médication antiphlogis tique, de la classe des hyposthénisants
Tels sont les ordres de la première citasse. Etudions
mamtenaLiLt les âÎTxskms de chacon de ces ordres ea genres, et aaàlvscins. s*il se peut leur fmode d'aetiony c est-àHiire le déteraûmsme de le«D* proeessvis phfsiolopqne.
Poor procàder iTec métbode. dinsons premièremen! Iwire des sTTPtFikyrs.
Je loi reccmsnîs qoitre yfiires prisâpaiix : les futrcotiqwa m^fmqwa : les hmJlmâmmmU myériatûfueg; les €yiifU7if€» fljKiXniMAls et les «Ménilevrs parénànb.
j1. Le penre des fii9r»ii7««t, {?K«sa6. f endors) est composé f <jr des sbo^-èâuits d^nl b propriété dominante est de p-rixliiire U S'-ipnuMience avec la torpeur. Ces açefits €«nt eti iKtae temps pour constant et trèsremarquaUe e€kL de proToqoer le mrosisme, c est-àdire la contraction de la popflle. Tefle est la raison qui nous a détermine â leur adjoindre Tépithête de myMif »ef oa atréaqoes papfllaires. Noos rangeons dans ce genr^ : 1^ p^^-o^f papar^r tamniferum aXbum â capsoles non défabœntes : papartr fûgrum, pa?ot pourpre à capsule déhîscenle : Ves opiums de Smyne» de Constantinople . d'Egypte, de Natolie, de Perse» dinde, de Patna, de Béoarês : les alcaloïdes de ropium, principalement la morphine , la narcéine , la codâne et leurs sels : les pétales du papaeer rhœes ou coquelicot : les aico'^li'f je< pur$ é dose massite , l'hydrate de chloral* et comme succédané des pavois, la laitue vireuseetlathridaee.Ona vu. dans la longue énuménh tion des dassifications et divisions de la matiàre médicale qui précède, que 9>us le nom de narcotiques, beaucoup d*auteurs comprennent tous les stupéfiants, et même souient des tétaniques. Les solanées vimises, les helléborées, les cyaniques, les ombdlifères vireuses^ Taconit, le curare, b fève de Calabar et jusqu*â la
strychnine comparaissent sous cette dénomination , dans beaucoup de traités ex'-professo. D'autres confbn* dent encore avec les narcotiques les anesthésiques, parce qu'ils sont hypnotiques. C'est là^ nous parait-il, une grave erreur. Cai* les propriétés physiologiques jcomme les effets thérapeutiques de ces agents, procèdent d*un mécanisme absolument distinct.
Nous sommes amené par là, Messieurs, à nous expliquer sur ce qui différencie dans noti-e pensée le nar^ cotisme de Vhypnotwne. Etimologiquement les mots se rapprochent, car en grec, tmoç signifie sommeil, et î^Qtùxi^ j'endors . Mais le sommeil de l'hypnotisme n'a rien de commun avec la stupéfaction; il accompagne Tanesthésie , et exprime l'isolement de l'encéphale d'avec les sensations et les phénomènes delà vie réflexe. Il est produit soit par inhalation directe du médicament par les poumons, soit par injection intra-veincuse.
Dans le narcotisme, le sommeil tient de l'ivresse , il est tantôt torpide, tantôt agité, bruyant, pénible, troublé par des cauchemards ; l'encéphale est hypérémié, le faciès vultueux, congestionné ; les veines superficielles sont turgescentes; la cyanose peut se manifester aux extrémités. La température s'abaisse par suite d'une notable déperdition de calorique. La quantité de r acide carbonique expiré est acci'ue. La respiration est bruyante, stertoreuse et tes palpitations cardiaques d'abord fréquentes, deviennent amples en se ralentissant Prenons les opiacés pour type,, et rapportons-nousen à l'expérimentation. « Administré à des doses considérables, dit Bouchardat, l'opium cause une exaltation intellectuelle à laquelle succèdent une contraction caractéristique de la pupille, des troubles de la vision, des tintements d'oreilles, des douleurs et des pesanteurs
de tête, des démangeaisoos, un aiïaiblissement général , un sommeil non réparateur, de courte durée, et presque toujours interrompu par des rêves pénibles. A dose plus élevée, il pnxluit Tivresse, le coma, en un mot tous les symptômes d'un narcotisme qui peut être suivi de mort. > Tn3ussêau et Pidoux disent de leur coté : ff II est facile de démontrer que Fopium se transmet jusqu'aux centres nerveux par le système vasculaire. . . . Les expériences sans nombre de Magendie, dt* Ségalaà. de Fodéré, ne permettent pas de croire tpie rûfjjiim agisse sur le cerveau autrement que par rincermédïàire des vaisseaux* sauf de rares circonstances. > Et ailieurs : « Ce médicament est en efietun des plus sûrs moyens de procurer du sommeil^ mais ce sommeil est ordinairement lourd, agité par des rêves pénibles, troublé fsir 'l-rs réveils en sursaut. » Le profess#:?ur liûbler s'exprime ainsi : « L* opium engourdit la sensibilë et \i m iihciié. et diminue la tonicité du systt-me capillaire »... Et avant, dans le même article de ses Commentaires : Presque aussitôt survient la toi^pour avec roa^reur 'i- li face et des yeux, contraction des pupilles, atiituie a!^lnloinnée, relâchement musculaire, enpourdissomer.: ie la sensibilité, somnolence : si la proportion du \* Â< : n osl suflisante, le sommeil so transforme en S'.^p-i.r 0.1 on coma, en même temps que le visage pâ:i: eî devient cadavéreux, sans que les pupilles cesser: .î\"ire contractées et poncliformes. • Et ontin : t A-.i r<Ssumô . r*>pium agit à la fois comme stimulant ol co!V:r.>o si^ialif. et la science moderne donne raison ot tort a-.iv partisans de Brown aussi bien qui leurs adversaires. *
Enfin, M. Rabut^^au qui, pc»urrexpérimenlation physiologique, mérite d'être consulté, dit à Tarticle opium^
après avoir traité séparément de ses alcaloïdes : « Les premiers effets de l'opium pris à dose forte, sont d'activer la circulation et d'élever légèrement la température.... Après l'ingestion de l'opium, ces effets vontjosqu'à produire de la sueur et des éruptions. A faible dose, i' opium exerce une action soporifique, il diminue la sensibilité, et produit une faiblesse musculaire considérable.
Ajoutons que c'est principalement à C.Bemard, dont les expériences ont fixé les propriétés des alcaloïdes de l'opium, qu'il faut reporter ces données désormais certaines et acquises à la science.
Si nous insistons exceptionnellement' sur cette substance , c'est d'une part pour bien distinguer l'action à 1:i fois congestionnante sur l'encéphale et agitante autant que sopoi-ifique des narcotiques, d'avec l'action anesthésiante des vrais hypnotiques ; d'autre part , pour démontrer la légitimité de l'induction en vertu de laquelle nous classons dans le même groupe les alcooliques à dose massive, le chloral par voie gastrique, et les opiacés.
Il y a en effet , une ivresse opiacée, comme il y a une ivresse alcoolique. L'alcoolisme aigu et l'acoolisme chronique ont des rapports intimes avec l'opianisme aigu et l'opianisme chronique.
Observez à Constantinople et dans l'Orient en général, les mangeurs d'opium, les Thériakis. Visitez en Chine les opiums-sloops des fumeurs d'opium et vous ne trouverez pas de différence avec nos ivrognes de profession. Dans la période aiguë , c'est la congestion encéphalique , le rayosisme , l'hypérémie cérébrale , le sommeil comateux. Avecie temps, et sous l'influence de l'habitude physiologique, l'appétit disparait, tes
idées s'altèrent, le cerveau se trouble; fmalemeht, c'est la démence , l'idiotie , et les paralysies atrophiques.
Voici d'ailleurs en quels tei*roes , à la colonne des modes f nous définissons l'action physiologique des nar* coliques, dans nos tableaux de classification qui sont la conclusion et comme le résumé de ce travail :
Les narcotiques sont des modificateurs dynamiques Us diminuent la tonicité des capillaires sanguins j et relâchent le calibre vasculaire, en vertu de Vaclionpa» résiante qu'ils exercent sur les vaso-moteurs. De là résulte un accroissement du conflit entre Toxygène et le carbone^ dans les vai^eaux sanguins. Les narcotiques provoquent ainsi dans T encéphale^ un état d'hypérémie passive qui se communique par influence au bulbe et à la moelle dont le pouvoir réflexe exito-moleur est ainsi affaibli. Les narcotiques sont ébriants et myosiques . Ils possèdent en outre des propriétés anéxosmo tiques.
Dans la thérapeutique spéciale, on étudie les actions différentielles de l'opium avec ses alcaloïdes. La morpliine, la narceïne et la oodèïne rècèlent^les propriétés dormitives, la thébaîne, la papavérine etla narcotine, sont convulsivantes; l'opianine, la paramorphine, la pseudo-morphine sont anexosmotiques. Dans les sels de morphine, le chlorhydrate, le sulfate, l'iodhydrate, sont souvent efficaces, en vertu de leurs propriétés plus absorbables.
Notons en terminant avec ce genre j qu'on demande souvent et avec infiniment de raison au bromure de potassium^ le sommeil et le calme que les narcotiques procurent mal. Mais ce n'est qu'indirectement, par analgésie, anesthésie et amyosthénie, que le bcomuEe de potassium vient en aide aux narcotiques, dont il est
plutdtua auxiliaire qu'un synergique. En général, ce sont les anesthésiques et les antispatnosdiques qui sont les synergiques des narcotiques. Les solanées vireuses, te café, le tannin en son t les antagonistes etles antidotes.
B. Le deuxihmgenre de l'ordre des stupéfiants, est celui que nous appelons des Hallucinants mydriatiques. Les solanées vireuses, particulièrement la belladone et son alcaFoïde, l'atropine (sel, sulfate); la jusquiame noire etl'hyosciamine, ledatura-stramonium et la daturine, la mandragore, la morelle noire, le tabac et la nicotine, sont les principaux représentants de ce genre. Nous y ajoutons la lobélie enflée, dont les propriétés se rapprochent extrêmement du tabac, et te haschiscli, qui estaussi à un tiaut point, un hallucinant mydriatique.
Toutes ces substances sont douées de la propriété générale de stupéfier. Mais te mode physiologique en vertu duquel se produit la stupéfaction, des hallucinants est bien différent de celui qui préside au processus de l'action narcotisante.
« La belladone, dit GObler, est un violent poison qui, dans un premier degré d'action, produit simplement des efiets sédatifs; dans im second degré, des désordres profonds de la motricité, des sens spéciaux et de l'intelligence, et qui, dans le troisième, amène le vomissement, l'impossibilité d'avaler, de parler, de se tenir debout ; puis, ta syncope et ta mort. » C'est bien là de ta stupéfaction, et- de la stupéfaction dans ses plus redoutables effets.
Cest surtout par l'atropine, alcaloïde puissant de la belladone, qu'on peut bien juger de ses effets. La dilatation de la pupille et tes tnoubles de la vision qui en
résultent, sont un des effets principaux et premiers des solc^nées vireuses, notamment de l'atropine. La cause en est d'un part dans une action parésiante exercée sur un nerf encéphalique, notamment sur le moteur oculaire commun, d'où relâchement des fibres ciliaires qui, développés en anneaux au pourtour de l'iris, en constituent normalement le sphincter: d'autre part, dans une action excitatrice des fibres radiéefs qui, placées sous la dépendance d'un glangion sympathique (le ganglion ophthalmique), ont pour rôle d'écarter la pupille.
L'intelligence du mécanisme de ce seul acte donne le secret de l'action dynamique principale des mydriatiques. Ce sont tous des agents qui stimulent l'innervation sympathique, et, par balancement, relâchent le système nerveux cérébro-spinal.
Par suite de cette propriété dominante, la pression sanguine diminue ainsi que l'a constaté Schroff, sous l'action des solanées vireuses. La chaleur animale s'abaisse proportionnellement comme l'ont expérimenté Demarquay, Duméril et Lecointe. Le pouls est petit, fréquent, faible, irrégulier. Les vertiges, la céphalalgie, les éblouissements, le déUre sombre ou gai, l'anesthésie de la face, la cécité, la surdité, le somnambulisme, le pryapisme (Murray) ; puis les convulsions, la paralysie de la myotilité surviennent. D'autre part, la sécheresse de la gorge, la dysphagie, la suppression de la sécrétion bronchique, la dysurie, témoignent de l'action exercée sur les fonctions dQ la vie organique. Brown-Séquard a démontré que l'atropine réduit le calibre des capillaires, et à rencontre de l'opium, accroît la tonicité des vaso-moteurs. Gûbler l'a confirmé chez l'homme : et c'est là le secret de roligfaémie
consécutive qui entraîne Tasthénie cérébrale et médullaire. A la fois mydriatique, hypercrinique, diminuant les sécrétions, tonique spécial du système vaso-moteur, la belladone reste avant tout stupéfiante , par olighémie encéphalique. C'est Tobjet de la thérapeutique spéciale, de faire connaître toutes les ressources qu'offre à la thérapeutique ce médicament d'autant plub difficile à manier, qu'en dehors de sa propriété générale de stupéfaction, il est doué d'actions électives plus nombreuses et plus importantes.
Ldi jusquiame possède la plupart des propriétés afTaiblies de la belladone , et s* en distingue en outre en ce qu'elle prédispose au sommeil. Par ses propriétés anodines et voisines des antispasmodiques, elle est utilisée intra, et extra partout où la douleur etle spasme se joignent à l'irritation. Pour avoir une idée des pro« priétés hallucinatrices et mydriatiques de la jusquiame, il suffit de se rappeler l'histoire des moines du couvent prussien de RinhofiT, qui avaient mangé par erreur ime salade de petite jusquiame , et devinrent momentanément fous.
De même que l'on utilise parfaitement l'antagonisme partiel de l'opium et de la belladone, en les associant de telle manière qu'ils se neutraUsent dans leurs propriétés spécialement nocives et se secondent dans l'action générale de sédation ; de même, en unissant la valériane à la jusquiame , on obtient des effets modérateurs des plus remarquables.
Le datura stramonium et la lobélie enflée, le tabac , donné avec d'autant plus de ménagement qu'il constitue un poison narcotico-âcre plus dangereux, sont spécialement, ainsi que nous le dirons plus longuement en parlant des antispasmodiques, des agents
de sédation précieux contre les troubles à la fois spasmodiques et coDvulsifs de certaines afiections dyspnéîques.
Enfin , le haschisch , qui n'a guère été utilisé thérapeuUqiiement que pour combattre quelques formes de la maiûe , certains délires , possède aussi des propriétés mydriatiques, et hallucinantes, ces dernières, au premier chef. « En effet, dit Gûbler avec ious les expérimentateurs , il produit Fanalgésie et Tanesthésie, puis la résolution musculaire, à doses fortes. » II suffit de faire observer que le nK>t d'cLssassins dérive de kaschaschins (mangeurs de haschisch) , pour que Ton comprenne jusqu*où peut aller ce délire procuré par le chanvre indien, aux symptômes les plus bizarres de perversions sensorielles succèdent la torpeur et la stupeur, on observe en même temps une dilatation considérable de la pupille. Il n*est donc pas de substance qui occupe mieux que le haschisch sa place dans Tordre des hallucinants mydriatiques. Notre classification définit dans les termes suivants la modalité physiologique de ce genre :
Modificatetirs dynamiques : toniques des nerfs vasomoteurs; à dose nie'dicinale . stin^alent le grand sympathique y et excitent les fibres lisses; sont olighémiques de Fencêphale et du bulbe par resserrement des capillaires sanguins cêphaliques: d'où hallucinations d mydriase ; parah^sent le pouvoir réflexe excito-moteur de la moelle. En vertu de ses propriétés d'excitation sur les fibres lisses, la belladone constitue un purgatif exosmotique précieux^ dans les con^ipations liées à Vatonie. Autrenkent. les solanées vireuses diminuent âdose médicinale, la sueur ou la salivation. Elles relâchent les sphinctet^.
C. Nous désignons sous le nom cyaniques anoxémiants une série d'agents qui empruntent à la présence de Facide prussique des propriétés dangereusement toxiques. Cest là le 3« geyire de notre l^^*" ordre. Que si le mot de cyanique semble déroger à la loi que nous nous faisons de désigner les genres comme les ordres de notre classification, par des termes qui expriment une propriété thérapeutique et physiologique, nous obsen^rons premièrement, que Tépithète d'anoxémiant jointe à celle de cyanique, est suffisamment significative dans le sens physiologique. D'autre part, le mot cyanique n'éveille pas seulement dans l'esprit l'idée chimique de l'acide prussique : il existe toute une série d'accidents pathologiques liés à une pertubation de l'hématose et qui constituent des phénomènes cyaniques.
Nous rangeons dans cette série : Tacide cyanhydrique, le cyanure de potassiiim^le cyanure de zinc. Veau distillée de laurier-cerisey les amandes amer es ^ le pêcher, le prunier^ et en général tous les produits organiques qui renferment de l'acide prussique.
Ces médicaments, qui sont des sédatifs puissants, qui calment la douleur et le spasme, ne sont cependant antispasmodiques qu'indirectement. Leur action première et vraie est bien la stupéfaction, ainsi que le montrent les meilleures études physiologiques faites sur ce sujet. a L'acide cyanhydrique, dit le Professeur Cozc (de strasbourg) n'exerce point une action directe sur les centres nerveux : ses effets portent plus spécialement sur l'appareil de la circulation. Les contractions fibrillaires des muscles, ainsi que le mouvement vermiculaire des intestins sont dus à la présence d'une certaine quantité d'acide dans le sang qui pénètre dans les muscles; et ces contractions ne se produisent jamais,
quand on a lié préalablement les artères qui conduisent à ces organes ». M. Millon a observé que Tacide cyanhydrique jouît de la propriété de s'opposer à Toxydation de certains produits organiques. Il est donc vraissemblable, ajoute Gûbler, qu'il se comporte de même dans le torrent circulatoire et que mettant obstacle à Taocomplissement de l'hématose, il supprime ainsi l'in* fluence vivifiante du sang sur le système nerveux, et arrête instantanément le jeu de toutes les grandes fonctions. D'où l'asthénie cutanée ou rétinienne, Famyosthénie la torpeur, les défaillances.
C'est une sorte de mort par l'asphyxie, que celleproduiteparlescyaniques. Il n'est pas bien démontré que Foxygène soit exclu ; mais s'il ne l'est pas il est mis, ce qui revient au même, dans l'impossibilité de manifester ses propriétés vivifiantes.
Comme poison du sang , l'acide cyanhydrique agit d'une manière très-analogue à celle de l'oxyde de carbone. 11 possède , comme l'oxyde de carbone , la propriété très-singulière de rendre plus rutilant et non de carboniser les globules sanguins auxquels il se mêle, mais il les rend en même temps complètement impropres à l'hématose. (Rabuteau). Voici maintenant comment Trousseau et Pidoux établissent le caractère stupéfiant comme étant bien véritablement la dominanU des efiets produits par l'empoisonnement cyanique :
« Nous avons observé chez l'homme , disent-ils , trois empoisonnements par l'acide prussique. Il n'y a point eu convulsion. Une stupeur profonde et une extinction presque complète des phénomènes de la vie animale ont été observées dès l'abord. Le pouls était insensible aux artères radiales et temporales^ sensible aux carotides; et c'était avec peine qu'on le sentait au pli de la cuisse » .
À la colonne des modes, nous caractérisons ainsi qu'il suit, la médication cyanique :
Modificateurs hémo^glohuliques et dynamiques, agissant directement sur les hématies y par anoxémie : à faible dose y ils stupéfient légèrement et entraînent la sédàtiôn du système nerveux. A haute dose y il tuent en supprimant Vinfluence vivifiante du sang sur la cellule nerveuse. Dans c& cas, ils s'opposent absolument au conflit de V oxygène avec le carbone dans les capillaires : ce qui fait que le sang artériel devient impuissant à se transmuter en sang veineux; aussi sorl-il alors de la veine, rutilant , rosé y et non noir. Ainsi, les éléments anatomiqueSy la cellule nerveusCy privés du contact de IkKcygène; jycnlent leurs propriétés vitales.
D. Ce sont les stWrafeurs pansante , qui constituent le quatrième et dernier genre de Tordre des stupéfiants, tel que nous l'avons divisé. Ebcpliquonsnous brièvement sur le sens de ce' mot: sidérateurs.
Nous avons étudié jusqu'à présent des stupéfiants qui agissent par narcotisme y d'autres en causant le déliré, la mydriase et l'anémie cérébrale , d'autres en empoisonnant le sang. Les uns et les autres exercent , nous l'avons vUj une action secondaire, mais cependant d'une haute importance sur le pouvoir excito-moteur réflexe , sur le bulbe et la moelle épinière.
Eh bien ! il existe de nombreux agents , là plupart toxiques, dont les eiTets, soit simplement stupéfiants , soit paralyso-moteurs sur l'encéphale et le système nerveux cérébro-spinal, sont plus directs et presque primitifs ; la contractilité musculaire , la myotilité en est elle-même lésée le plus souvent secondairement , quelquefois primitivement.
L'aconit et Taconitine la delphine , parmi les om-
iî .''-^'. c* <;•:•':'. t •> ..fc;;,fur ^: 5?lil alcakûdtr l'ése- • jii'. i'. -urj'.t r* r'A^ia il '•--TâHnii*: . pHiduit Ectif da 'rî-^t'uii <il*iU2. Lî.o'.tfii vLit iTkixiqins au premier iuii^ *;rf.i*A inc :v;*r-=^>tni;riiiir ut 'jr psni'e. ODaiii an ?'•;; -iv/f ^kui*i •-'. at i-Lniruigut: (f auiomDe . il faai les t.^^.jr'.,.- vmnii». Ut?ï apîTUii-sjtriiiaui. gui. bdiAf^c-médici-
J^r-,^ «..'.•ij.:: iiiiî-L'Liuiî? isu: a mugiH'Ubr ptstro-îatestoîfti'- yr.' j'.yLâ-Mi' iJiiï Uîft ^Mmisstînii!iii?^ iet ooliques, Ur-i iiijL ' l'iiKOi.r î:^J^'-l*•.•^J»itluqlle^ vjjieiits. puis Lien il'.'. &'. :-.;ai:iî^>»'.ni: ites- i.iun"*iiL**iiMiii:f aux uîembres, i *..:t-i>&'/:u^a: Û-. -u. V-nii}Krru:u:-t ^. i;: p:»uk , l'aboli- *-i.»i. ^:'«i..>t'lit jt -«. î»t'ii>-:.L;i;;i ^eii-i'jriû'r rt de la senfci'.'*«-. i^/ii^Xii-itz. Lf-i-i •.::ij.>Uif:«i:jrJitî, le L«i>urdonjuttLij'/i.: : .Oî- 1'. - ic ii-.\Lj'- . -i .-T'iaôilpe. la S'jinDo-
*r'. J-41.V/.UÏ ii-iii^UtC^: 3j»c I «X'wiiiic eiitralne une y^r^ ûr: -i. i.: .< cL.*.::— i-i:*".rjjc ire !« itiC^elle.
i>r ;;-:-'-= -r? ...^-.^•^ céî :vJë ZKileiLfteiit stupéliant ef>v- c y^^i L^ ::--.-j'-rf.: p.u.: ic ojli«jue drastique i« 1: Sw.î-c^q.'-w-ViU.:.. ^ TTiic: , L» lâiigue, et surtout les i/.'jLs/.i*fîî i.i ::--::iircï î- .-:*•. sidt-rés premièrement; puib i«r «ii:5{/L:<L^ci'j . 1-r ojeur. les intestiiis se paralyheui. Ij: ^'^i'^ ^il ai. .léuic ; la mort peut survenir par a.<f{itjyxi^: k-s ^ruiiiarix se traînent sur un côté, para- Iy::/r^^ pivfrii«r[*:iiient daiii Ics membres postérieurs. De Ui(:Uit: que Tacoûit po^iHÊrde des indications nettes dans Ujubrh l«:b (iêvres septicémiques où Félément douleur devient une complication grave; ainsi la dguë est un a^cnt précieux , quand il est besoin de produire à la fois de riiypocinétisme et de Tanestliésie.
[.a fève d'épreuve de (lalabar et son alcaloïde l'ése-
rine, qui possèdent des vertus myosiques si nettement antagonistes de la mydriase atropique est encore un poison stupéfiant, dont les effets complexes, très-différents selon les doses , font ressentir principalement leur pouvoir sur le bulbe et la moelle. On peut voir, dans les études de thérapie spéciale , que si Téserine atteint la sensibilité , ce n*est pas directement, mais en quelque sorte par récurrence. Car ce sont les faisceaux antérieurs de la moelle, les racines motrices , qui sont atteintes dans toute leur étendue. L'immobilisation des plans musculaires dont les fibres contractiles ne reçoivent plus d'incitation. nerveuse, est la conséquence de ce déterminisme physiologique. On s'explique dûs loi's la physionomie singulière de ces condamnés de certaines peuplades de l'Afrique, dont le poison judiciaire est la fève d'épreuve de Calabar. La parésie de la myotilité monte graduellement jusqu'à la face , suspend le cœur et le diaphragme, entraîne par suite la mort , sans que le patient qui a perdu tout pouvoir contractile, manifeste par des mouvements perceptibles , le moindre sentiment. Tandis que Topium provoque le myosisme,ratrésiepupilIaire,par ime action générale congestionnante de l'encéphale ; réserine paraît agir principalement en relâchant la contractihté des fibres radiées sous la dépendance des filets nerveux sympathiques.
Ce qui permet de l'utiliser topiquement, par instillation , à la manière de son antagoniste Tatropine, tandis que Ton ne peut agir ainsi avec la morphine ou tout autre alcaloïde opiacé.
Le curare est encore un sidérateur et un sidérateur foudroyant , quand il est absorbé et entre en contact avec la circulation générale. 11 frappe la motricité , et
lèse secondairement la myolilité. Mais loin d'atteindre dans toutes ses parties le système nerveux moteur, le curare s'adresse seulement, ainsi que Ta établi Cl. Bernard, aux extrémités terminales des filets nerveux , qu'il décroche en quelque sorte de la fibrile contractile du muscle.
Enfin d'après des expériences bien nettement établies, la véralrine sidùre directement et primitivement la contractilité musculaire. C'est un poison de la fibre en général , comme la digitale paraît être un poison spécial du cœur.
La vératrine demanderait peut-être à être détachée des stupéfiants , si par d'autres caractères , elle ne s'assimilait ti'ès-bien à Vaconitine ; comme elle, elle provoque des nausées, des vomissements, des épreintes, toutes les hypercrinies sont sollicitées : étemuement, larmes, salivation, sudation, diurèse, etc., etc. Mais en outre , comme l'a établi notamment Norwood , les vératrées ralentissent le pouls, provoquent l'insensibilité , la syncope , le refroidissement , en un mot tout le cortège des poisons stupéfiants. Il faut reconnaître cependant que cet agent, essentiellement sidérateur, est aussi très-voisin des tétaniques, il procure facilement des convulsions , et pourrait être étudié comme un type intermédiaire entre les excitateurs convuM* vants et les sidérateurs parésiants. Aussi est-ce par la vératrine que nous avons voulu clore la série des stupéfiants.
Voici comment la modaUté de ces agents est expliquée dans notre tableau final :
Les sidérateurs parésiants sont des modifiaUeun dynamiques; ils agissent spécialement en frappant V€3> citabilité et la myotilité; anéantissent plus au nUMi complètement la sensibilité générale :
l*" Soit comme la delphine et les aconits , avec des effets de superpurgation drastique ;
2^^ Soit comme la ciguë officinale et la conicine , en éteignant dam la moelle le pouvoir exdto^moteur et la sensibilité j en même temps qu'elles déterminent Vanoxémie des globules sanguins ;
3° Soit comme Véserine^ en atteignant le pouvoir excito-moleur , sur toute T étendue des fibres nerveuses motrices ;
4o Soit . comme le curare en paralysant seulement les anses terminales des filets nerveux moteurs^ à leur extrémité périférique, c'est^^direà leur point d' atta^ che avec la fibre contra^^tile du muscle;
5o Enfin y soit comme la vératrine, en atteignant directement et électivement la fibre musculaire ellemême.
Vous savez déjà, Messieurs, par l'exposé général qui termine la leçon précédente, que le deuxième ORDRE de notre classe des hyposthénisants , est celui des CONTRO-STIMULAKTS. Le contro-stimulisme étant l'expression la plus directe de l'état général d'hyposthénisation , il importa ici , avant toutes choses , de bien différencier l'ordre, de la classe dont il dépend.
Le dénominatif d'hyposthénisation exprime ici un état absolument général et traduit^ dans ses caractères élémentaires, une manière d'être pathologique dominant le stimulisme et le contro-stimulisme. Abaissement général du ton de la vitalité , telle est l'hyposthénisation. Pouls plus lent, plus faible, chaleur animale amoindrie, fonctions d'innervation générale et spéciale émoussées ; diminution ou perversion atonique des actes de nutrition , telle est la caractéristique de la classe.
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La enntroHitiiniiIatinii représ«^iitii^ des eSeist plus lânîthh, pliw prt^cûî, moiiw va^iiM. Ette exprinve oœ anti#-m rMprimant^ sur I*iS capillaires gangonis . sur la tenition artétielk et la systole canliai|ae. Lç ralentisse* ment 4ef« actes lie antritioQr ramyosthéoie^ en sont la conséqrience.
Toute une doctrine ^ pbysioloi^que^ pathologique et thérapeatir[iie a été érMée sur Tantagonîsme entre lea deux idée?» de stimulation et de contre-stimnlatioo. Elle appart ient â Técole italienne. Rasori Ta traduite dans le domaine de la clini/{ue médicale, par la médication dite fiasorienne ( lartre-stibié et émissions sanfpjines combinées ) ; Giaconûni en a fait une des grandes dirisions de sa classification physiologique.
l.es contre-stimulLstes a^lmettent des agents indirtds et dr:s afjents directs. L'abstinence, la saignée, Tactioo du froid, sont de ce nombre. Ils reconnaissent en outre des aj^ents directs de contre-stimulation : et là, Ih ont commis de grandes erreurs en confondant : confusément les médicaments les plus diOerents , et même souvent les plus opposés. Ainsi, les préparations mercurielles , antimoniales , figurent à côté des ferru* gincux,
IjSl Hcille , le colchique , Fipéca , sont produits côte à cMe avec les purgatifs salins. On y rencontre enfin la strychnine rapprochée de la belladone. En dépit de ces erreurs d'application. Vidée première reste, comme grande division thérapeutique, parce qu'elle répond à des faits cliniques.
Nous la débarrassons nettement de ces obscurités doctrinaires et scholastiques , pour sérier en genres, et comme suit, la médication coNTRO-smcuLANTE.
I/cffet total de tous les contre-stimulants est une
action sédalive. Nous lui recoDuaissons , comme ordre Uiérapeutique , les quatre genres suivants :
À. Sédatifs dislrophiques. Ce sont tous des modificateurs Irophiques. Ils imiH'essioDnent directement la muqueuse gastro-intestinale , l'irritent : à dose fractionnée iU provoquent des spasmes, sollicitent le vomissement, accroissent les mouvements péristaltiques de l'intestin. A dose élevée ils sont toxiques, désorganisent les tissus vivants; ils sont hypercriniques, abaissent rapidement la température du corps , cUminuent la diurèse , engendrent de l'anxiété , de l'abattement; agissent chimiquement sur la crase du sang, comme spoliateurs de l'Iiéroo-globulie. L'innervation du cœur en est atteinte, les contractions de celui-ci deviennent molles et flasques, le pouls tombe.
B. Sédatifs cardio-vasculaires Ce genre de médicaments s'adresse directement et en quelque sorte primitivement à la circulation artérielle. Les vaso-moteurs sont d'abord excités. Le calibre des artérioles, des vénules et des capillaires est resserré ; l'atrésie peut en être la conséquence. Le cœur se contracte d'abord plus fort et plus régulièrement, mais impressionné bientôt lui-même non-seulement par l'afflux dans ses cavités d'une quantité moindre de sang pour un temps donné, mais aussi et surtout, par une action directe et en quelque sorte toxique sur son pouvoir contractile , il bat bientôt plus faiblement plus irrégulièrement ou plus lentement. Des congestions et des hypérémies secondaires, peuvent être la conséquence de cette action. La diurèse est accrue ; les vomissements tendent à survenir : ûnalement, les éplstaxis, lapneumorrbagie , l'asphyxie et ta mort peuvent s'ensuivre.