XI* LEÇON
CLASSIFICATION CLINIQUE DES MÉDICAMENTS. (Suite). — DEUXIÈME CLASSE : HYPERSTHÉNISANTS.
SoMMAiBx : Des Agents de la2*ola8Beoa olaste des HTPERsniniuiTi, Elle se deyise natarellement en dnq ordres : Evtpvpliqw^ ^Wpm, AêtringenU^ SdmvlanU^ ExeUaieun. SabdiTision de cluumn de oei(rdres en genres spédan*^ — Modalité on notion physiologique propres AUX diTorses oatégories de eesgeiires. — Sortes et espèces prn. oipoles qui répondent à chaque genre.
Les leçons qui précèdent vous ont déjà familiarisés, Messieurs, avec la notion qui se rattache au terme d'HYPERSTHÉNisANTS. Vous savez par la 2« leçon consacrée à rétude des médications générales, que Fidée d'hypersthénisation implique la propriété de surélever Tensemble des forces organiques d'un individu. lit leçon précédente, en exposant le plan de notre classification clinique, vous a en outre appris que nous appliquons cette propriété générale, à combattre tout état pathologique dominé par Thyposthénisation. Cest ce qui légitime Tépithète de clinique que nous joignons à cette ordination méthodique des médicaments. Mais, dussé-je retomber dans des rédites, je tiens à fixernettement dans votre esprit ces divisons générales : vous me permettrez donc d'y revenir.
Tous les systènies organiques dont le fonctiôniiement harmonique constitue l'état de vie et de santé, sont susceptibles de toriiber, sous l'action d'un travail morbide, dans une. sorte de défaillance fonctionnelle qui appelle l'intervention des moyens hygiéniques et thérapeutiques. Ge sont des agents hypei^sthénisants qui ont pour objet et pour effet de relever la vitalité dans les organes, en combattant cette défaillance.
Vous savez que le sang est l'aliment de la vie. Les (onctions d'hématose jouent un rôle capital dans l'entretien des propriétés dévolues en particulier à chaque tissu. Ce sont donc des agents hypersthénisants, que ceux qui augmentent le nombt^e où la qualité des globules sanguins , qui favorisent l'hyperpïasie.
La cellule dépositrice de l'excitabilité sensilive et motrice est, de son côté) l'élément de toute manifestation des phénomènes vitaux. Or ce tissu nerveux eât passible de dégénérescences spéciales : il peut s'atrophier, se désorganiser > se transformer par suite d'étérotopies nutaitives. Ce sont des agents d'hypersthénisation qui coopèrent à sa régénération, à sa reconstitution.
Les tissus anatomiques se disposent en systèmes pour constituer des organes, et ces organes sont l'instrument de la vie, comme le globule sanguin en est l'aliment et la cellule nerveuse, l'élément. Quand ces organes s'affaiblissent dans leur jeu fonctionnel, quand les molécules que les composent s'altèrent, ce sont des moyens hypersthénisants qui les reconstituent dans leur état normal.
Les os insuffisamment nourris qui tendent au rachitisme ; les sécrétions normales du sucre , de la bile , de la graisse, du fluide pancréatique, dcrurino) delà sueur,
(le la salive, du lait y de la lymphe, du mucus, du sérum, qui sont viciées ,appellent rintervenlion de cette classe d'agents médicamenteux.
En un mot, les parties solides du squelette, les humeurs ou liquides de l'organisme vivant , les gaz normaux qm se composent, se détruisent, se transforment durant le double travail d's^ssimilation et de désassimilation"^ sans lequel l'évolution fonctionnelle est suspendue, tous ces phénomènes généraux ou locaux sont régis par des lois physiologiques , que la maladie peut troubler. Les ordres , genres et mrodes de la classe précédente (hyposthénisahts] nous ont montré par quels procédés la thérapeutique s'eflbrce de régulariser le fonctionnement de ces lois, alors que l'état pathologique est clôminé par des accidents d'hypers thénie; que si le contraire existe , et si c'est ThyposÛiénie qui l'emporte, les indications thérapeutiques relèvent nécessairement de la classe des hypersthénisants.
Tantôt la nature ou l'art procède par voie indirecte, et ne réalise que par des effets seconds le relèvement des forces. Alors comme la nutrition est en définitive la la condition essentielle de l'entretien de la vie, les agents ou causes d'une alimentation plus riche et d'une digestion plus facile deviennent de véritables hypersthénisants. Delà, un premier ordre dans la classe des hypersthénisants, celui des Eupeptiques.
Tantôt ce sont les fonctions d'innervation, d'hématose de prolifération histogénique qui faiblissent la contractilité musculaire, la tonaUté vasculaire qui font défaut. On donne le nom de Toniques aux agents médi camenteux qui ont pour propriété de restaurer ces fonctions. De là, un deuxième ordre de la classe.
D'autrefois par suite d'un relâchement spécial des
tissus ulriculaires ou séreux, les phénomènes de diosmose sont troublés. Les hyperçrinies accrues , les sécrétions anormalement augmentées. . L'assimilation se fait alors mal, et la désassimilation est viciée. Au contact de* certains agents, la porosité diminue, les fibres se resserrent et se tendent, les exsudations muqueuses , séreuses , rentrent en état. Ce sont les Astringents qiA composent ce troisième ordre.
Que si une certaine paresse ou une atonie générale ralentit le travail régulier des appareils de circulation, de contractilité, d'innervation, et qu'il soit nécessaire de donner un coup de fouet à-l'organisme, pour tenir en éveiliCt au besoin rappeler à l'activité ces appareils primordiaux en impressionnant vivement' lîi surface des muquenses, IHiêmatose, Tappareil respiratoire, ces eflels passagers et rapides sont obtenus par les Stimulants qui forment le- quatrième ordre de la classe des hypersthonisants .
Enfin, il se peut qu'on soit appelé à agir plus particulièrement sur la contractilité musculaire, sur les centres nerveux, source des phénomènes d'excitabilité. Nous donnons le nom d^ Excitateurs aux agents de médication qui composent ce cinquième ordre;
Donc cinq ordres pour la classe des hyposthénisants : les Eupeptiques, les Toniques, les Astringents, les Stimulants et les Excitateurs.
Entrons maintenant dans Pétude détaillée de chacun de ces ordres.
A. L'ordre des eupeptiques se compose, avons-nous dit , des agents qui excitent, favorisent et facilitent la digestion.
Cet ordre se subdivise naturellement en trois genres:
Les principes sucras;
L€$ ferments et produits protéîques ;
Les sialagogues et apéritifs divers ;
Occupons-nous d'abord des principes sucrés.
Les sucres étant essentiellement des modificateurs trophiques qui préparent le travail de chimificalion et fournissent aux combustioms; intra-organiques d^s carbures d'hydrogène , il n'est pas possible de comprendre leur action physiologique et leurs propriétés thérapeutiques sans dire un mot de leur histoire qhi-. mique.
Chimiquement y les sucres soi^t des composés ter* naires , renfermant le carbone ^ l'hydrogène et l'oxygène dans des proportions telles que Toxygèpe et Thydrogène peuvent, exactement foriner de Teau. Ce soiit donc véi;itablpnieniy dps hydrates de carbpne.. Leur formule générale est C*' II*' 0**. Tous renferjment douze Qu vingt-quatre équivalents de carbone. Si oa leur enlève totalement leur, e^u, ils sont réduits à l'état de charbon.
Wurtz divise les principes sucrés en trois groupes qui paraissent bien naturels : les sucres de canoë ou saccharoses; les sucres de raisin ou gly cases; le& sucres amylacés ou matière de celli|lose végétale , amyloses.
Les sucres dits de canne ne. fermentent* paç direc-. tement. Ils doivent d'abord fixer les éléments de l'eau et se transformer en glycoses. Leur formule rigoureuse est C", W\ 0**, sous l'action des acides étendus ou d'un excès de levure, ils entrent en fermenti^lion.Les . lessives alcalines, dit Wurtz, ne les attaquent point à 4- 400 degrés. Il faut qu'ils soient portés à cette température et même plus haut , pour pouvoir, réduire la liqueur cupro-potassique.
Les glycoscs ou sucres de raisin, éprouvent au contraire facilement et directement la fermentation alcoolique. On s*en assure par le seul contact de la levure de bière. Les alcalis caustiques les décomposent au-dessous de 100 degrés. Ils réduisent facilement la liqueur cupro-potassique de Fehling. Leur formule est C*« H" 0".
I.ies amyloses ne sont point primitivement des sucres, puisqu'ils ne sont pas fermentescibles. Leur formule, en effet, est G'* H«<^ 0'®. Ils doivent donc s'hydrater pour devenir des sucres.
Wurtz, classe comme suit ces hydrates de carbonne :