‹ Lecons de therapeutique generale et de pharmacodynamieChapitre 40 sur 46 · XII« LEÇON · texte numérisé non relu

XII« LEÇON

CLASSIFICATION CLINIQUE DES MÉDICAMENTS. (Suite). — TROISIÈME CLASSE. — SUBSTITUTIFS.

SoMMAiRB. — Comment, eir dehors des actions générales dlijperBiliénisation et d'hyposthénisation, le thérapeatiste est amené k reconnaître nne classe spéciale d'Acnovs suBsnTvrrrBS. — Définition et division des agents médioamentenx de substitation. — Trois ordres : Eliminateurs , — Révulsifii, — Canstiqnes. — Sabdiiîsion de ces ordres en genres, modes et sortes principales. — Médications altérante, fondante , transpositive, dérivatire^ — Capstiques snperffcielset caustiques profonds.

Nous avons parcouru , Messieurs , dans ses divisions principales, la série des actions physiologiques qui se présentent naturellement sur le chemin du thérapeutiste. Que les modificateurs que nous avons étudiés dans les deux classes qui précèdent agissent trophiquement ou dynamiquement , ils ont toujours pour effet général soit d'élever, soit d'abaisser le niveau des forces organiques déplacé par la maladie , forces dont l'équilibre et l'harmonie constituent l'état de santé, et même est nécessaire pour l'évolution prolongée des actes de la vie. De même que pour les notes qui composent en musique une phrase harmonique , la fausseté du ton ne peut résulter que d'un son trop haut ou trop bas, indépendamment de toute condition de rythme

et de mesure , de même on peut réduire tous les effets physiologiques d*UQe action médicamenteuse à une expression d'hypersthénie ou d'hyposthénie. Ai&si, cette division naturelle , complétée par la connaissance des modalités trophiques ou dynamiques^ chimiques ou mécaniques qui appartiennent en propre au déterminisme de Faction médicatrice , suffirait-elle rigoureusement à u&:|)hysiologiste exclusivement préoccupé des effets du médicament sur les appareils vivants.

Mais le thérapeutiste doit pénétrer plus avant que le physiologiste dans Tétude de Taction médicamenteuse.

Il existe des actions médicatrices dont l'effet le plus général n*est pas dominé par Tune ou l'autre de ces deux grandes propriétés biocratiques , Thypersthénie et rhypostliénie , mais par ime intervention plus directe de l'agent thérapeutique. Celui-ci , tantôt avec des effets hypersthénisaïUs , tantôt avec des effets hyposthénisants^^ entce en contact avec l'organisme de maoLèra à. substituer directement un état physiologiqye oiè ^pathologique provoqué, à l'état morbide combattu. Tantôt, et le plus souvent, cette subtitution procède par voie éliminatrice ; d'autrefois par combinaison chimique; souvent aussi par transposition révulsive ou dérivation..

Dans tous les cas ^ il y a plus ici qu'un simple appel au dynamisme organique de l'individu : il y a intervention d'une action étérogène, à l'aide d'agents, de substances ou de moyens qui, naturellement étrangers aux éléments de nos tissus, n'en deviennent pas moins des coopérateurs directs de l'acte modificateur.

C'est là toute une grande classe de moyens que nous constituons méthodiquement sous le nom de

SUBSTITUTIFS.

Ici, encore, Messieurs, nous évitons, comme vous le voyez, de fatiguer votre mémoire .et de compliquer la langue déjà bien assez chargée, de la médecine, par up de ces néologismes reconstitués du grec, dont il semble de mode d'accabler aujourd'hui la mémoire des jeunes gens. Non pas que nous reconnaissions comme possible d'étudier la science médicale sans posséder les racines der cette riche langue d'Aristote et de Platon , mais parce que l'occasion se présente si fréquente d'en user légitimement , que ixpus nous faisons comme un cas de conscience de n'en pas abuser.

Donc nous disons purement et simplement : substitutifs, et- non pas par exemple : Noso-poiëtiques , ainsi que le fait, dans un ouvrage. que nous analj-serons bientôt un écrivain d'une haute sagacité , autant qu'un éminent esprit : M. le Professeur Faussegrives.

Je dois, p^r des exemples, vous expliquer tout d'abord dans quel sens à. la. fois large et précis nous entendons ce mot dç substitution.

Dans les deux classes qui précèdent et que nous avons longuement étudiées, la majeure partie des actions analysées vise des médications ou des médicaments dont le rôle principal est de provoquer de la part de la syncrasie organique et de cette synergie fonctionnelle qu'on a longtemps désignée sous le nom de force vitale , une réaction dans le sens de la santé. Que cette réaction soit hyper- ou hyposthénisante, qu'elle ait lieu par un mécanisme trophique ou dynamique , l'agent médicateur la provoque plutôt qu'il ne la détermine, c'est-à-dire que son action sur le principe de la maladie n'est pas immédiat, direct, sans intermédiaire ; ce sont tantôt des modificateurs du système vaso-moteur qui pertubent la circulation capillaire et

eatrainent soit l'atrésie soit la parésic des ajuLigcs sanguins; tels, la Belladone , la digitale, l'opium -, tantôt des modificateurs des fonctions assimilatrices ou désassimiiatrices, qui de même que l'alcool, l'huile de foie de morue, ta caféine, changent les conditions de thermogénèse normale. Mais dans l'un ou l'autre cas. Ton ne constate point ta substitution d'un agent ou d'une action thérapeutique, à une cause ou à un élément patliologique.

Tout autrement agissent par exemple le tnercurc, Vacide araénieux , l'iodure de potassium : leur intervention est directe par rapport à l'agent ou au principe morbide : ce n'est point parce qu'ils élùvent ou abaissant le mécanisme du tonus organique : (quoiqu'ils soient susceptibles de faire l'un ou l'autre , parfois l'un et l'autre), qu'ils méritent d'être distingués en une classe spéciale , c'est parce qu'ils déplacent sensiblement ta maladie. Ainsi les onctions d'onguent mercuricl sur l'abdomen dans un cas de péritonite puerpérale aiguë, de phlébite adhésive ou d'angio-lcucite , répondent parfaitement à des faits d'hyposthénisation -, car ils modirient un état inflammatoire des vmsseaux lymphatiques. Et cependant nul ne sera (enté de faire des Diercuriaux, des antiphlogistiques, alors qu'on voit te mercure devenir l'agent curateur principal de cacliexies aussi débilitantes que la diathùse syphilitique. L'acide arsénieux excite, irrite même les fonctions de l'estomac; mais il est en même temps et surtout un modérateur des désassimilations , action qui implique des effets sédatifs. Voilà donc te même agent qui serait à la fois hyperstliénisant et hj'posthénisant. Impossible de te classer dans l'une ou Vautre de ces deux catégories. Son action cependant est réelle, sensible, pal[>able.

Comment donc intervient-il, sinon par substitution? J'en dirai autant des iodures , des chlorures de barium, etc., etc.

Dans un autre ordre de faita, les^révulsifs et le$> caustiques donnent Ueu à des considérations analogues. La révulsion, n'est pas pli|s un. acte de reconstitution que de spoliation dynamique : elle consiste à substituer un état pathologique dépendant d'une évolution morbide normale. Il y a transposition et substitution d'un mal à un autre. De même dçs caustiques, lesquels, soit physiquement, soit, bien plus souvent chimiquement , désorganisent des tissus malades pour substituer un travail de régénération histogénique.

Vous voyez , Messieurs , que nous élargissons singulièrement le sens donné par la plupart des auteurs au terme- de substitutif. Et cependant, nous vous, rendons raison par des faits ^ de cette division de< physiologie thérapeutique. Je vous dois compte maintenant de l'interprétation donnée classiquement à ce mol.

Le professeur Bouchardat s'exprime ainsi , confon-^ dant sous une seule catégorie les actions altérantes et substitutives :

« On donne le nom d'altérants ou substitutifs à des. » médicaments qui sont absorbés, et qui agissent en, » modifiant d'une manière persistante la nature du^ » sang et des humeurs diverses. »

Trousseau et Pidoux font des agents substitutifs une simple division de la médication irritante, qu'ils partagent en quatre ordres : irritants subslitulifs, Iranspositifs , spoliatifs et excitateurs. Dès le début , ces auteurs s'étendent très-longuement sur les théories excitatrices de Brown et de Broussais : ils concluent

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