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DE L’ÉLIMINATION DES POISONS

Messieübs ,

Dès qu’on sait que les poisons sont portés par le sang dans tous les organes, on est naturellement entraîné à rechercher combien de temps ils y séjournent, par quelle voie ils sortent de l’économie animale et quelle influence exerce leur présence. L’étude de 1 élimination ne peut donc être mieux placée qu’immédiatement après l’histoire de l’absorption : nous la ferons aujourd’hui ; elle mérite une grande attention. Non-seulement elle éclaire l’étiologie de l’empoisonnement, mais encore elle est une source d’enseignements précieux pour le diagnostic et le traitement, et aussi pour la solution de problèmes très-difficiles de médecine légale.

Vous verrez, en effet, que l’analyse de l’urine peut dans certains cas nous indiquer d’une manière certaine 'a quel poison doivent être attribués des accidents que nous sommes appelés à calmer.

Vous apprendrez comment nous pouvons aider les efforts que fait l’économie pour se débarrasser des substances toxiques , et cette indication thérapeutique est la principale dans les cas d’empoisonnement. C’est l’étude de l’élimination qui a donné l’idée de la médication diurétique, et l’expérience a pleinement justifié les espérances qu’on avait conçues de son efficacité : c’est elle qui a indiqué l’utilité des purgatifs et des sudorifiques après l’absorption des poisons.

Déjà dans une des leçons précédentes j’ai eu l’occasion de vous faire pressentir que l’étude de l’élimination est indispensable pour 1 a solution de quelques problèmes de médecine légale ; aujourd’hui je serai naturellement amené à revenir sur ce point, et à préciser dans quels cas les notions sur l’élimination vous aideront à fournir à la justice des éléments importants : les occasions ne sont pas rares, il est bon d’être préparé sur le sujet.

Les détails que je me propose de vous faire connaître peuvent être rattachés aux trois questions suivantes :

Les poisons sont-ils éliminés ?

Quelles sont les voies d’élimination?

Combien de temps l’économie animale met-elle à opérer cette élimination ?

Examinons successivement chacune de ces questions.

A. Les poisons sont-ils éliminés? — Quand on songe avec quel soin l’économie animale se débarrasse des corps étrangers accidentellement introduits dans les tissus, on est bien porté à admettre que les substances toxiques ne restent pas indéfiniment dans les organes. Cette opinion, qui a longtemps été en faveur, est maintenant un peu ébranlée. On a d’abord annoncé que le mercure peut rester plusieurs années dans les organes des animaux après un traitement mercuriel. Pour le prouver, M. Colson a rapporté des observations qui, suivant nous, n’ont aucune portée. En effet, je vous le demande, est-ce parce qu’une salivation fétide et des ulcérations de la cavité buccale surviennent après l’usage d’une médication mercurielle que l’existence du mercure dans les organes est suffisamment prouvée ? Non, certainement non. A la vérité, dans d autres observations citées par le même médecin, on a fait intervenir la chimie pour constater l’existence du mercure. Malheureusement tous les expérimentateurs qui ont étudié la question ont reconnu que les caractères indiqués par les auteurs que cite Colson ne sont pas exacts. D’ailleurs un travail que nous avons fait nousmême avec grand soin nous a montré que Colson doit être dans 1 erreur ; nous avons constaté que le mercure est éliminé par les chiens au bout d’un mois.

Mais si les preuves de Colson ne méritent pas confiance, des ex-

périences concluantes ont établi dans ces derniers temps qu’un certain nombre de poisons peuvent séjourner très-longtemps dans les organes des animaux. M. Millon a retrouvé de l’antimoine quatre mois après l’ingestion de l’émétique, et nous-même nous avons pu constater l’existence du plomb et du cuivre dans les organes huit mois après l’ingestion de l’acétate de plomb et du sulfate de cuivre. N’est-il pas permis d’admettre que des substances qui séjournent si longtemps dans les organes sans déterminer aucun trouble sérieux de la santé peuvent y rester indéfiniment ? Nous l’admettrions si nous n’avions par devers nous un fait capable de nous arrêter. En effet, nous avons pu voir qu’après l’administration de l’azotate d’argent on retrouve l’argent dans les organes des animaux au bout de cinq mois, tandis qu’il ne nous a pas été possible d’en découvrir au bout de sept mois.

Ce fait peut être exceptionnel, nous avons pu commettre une erreur d’analyse, malgré tous nos soins ; nous ne le contestons pas; cependant, à notre avis, il faut attendre avant de se prononcer.

Il est d’ailleurs démontré maintenant que certains poisons sont complètement éliminés au bout d’un certain temps ; du moins ces substances ne peuvent-elles plus être décelées par les procédés aujourd’hui employés : jusqu’à preuve contraire, nous ne pouvons donc pas les considérer comine éliminés.

Après cette courte discussion, vous voyez que, dans l’état actuel de la science, nous ne pouvons pas résoudre la question qui nous occupe. Nous nous bornerons à dire que certains poisons sont promptement éliminés, que d’autres, au contraire, séjournent très, longtemps dans les organes.

B. Quelles sont les voies d'élimination? — Presque tous les produits que l’accomplissement régulier des fonctions entraîne au dehors servent à l’élimination des poisons. L'urine, Xexhalation pulmonaire, la sueur, la salive, la sécrétion de la membrane muqueuse gastro-intestinale , sont autant de véhicules que la nature met à profit pour l’élimination des substances toxiques , véritables corps étrangers , inutiles pour le moins, si elles ne sont pas nuisibles à l’organisme.

J’ai eu l’occasion déjà de vous annoncer que beaucoup de sub-

stances, après leur ingestion, ont été retrouvées dans Vitrine : celte excrétion est, d’après les expériences faites jusqu’à présent, celle

qui emporte le plus grand nombre de poisons, et en plus grande quantité. Même, sans qu’il soit toutefois permis, faute d’un nombre suffisant d’expériences , d’établir une règle générale, on peut dès à présent avancer que la rapidité de l’élimination d’un poison est proportionnelle à la quantité entraînée par l’urine. Les substances dont l’élimination est la plus prompte sont aussi celles qui se retrouvent dans l’urine le plus longtemps après leur entrée dans l’économie ; tandis que celles dont l’élimination est lente cessent de passer dans la sécrétion urinaire peu de temps après leur ingestion.

Les substances gazeuses ou volatiles à une basse température doivent être éliminées par la surface pulmonaire. Déjà Tiedemann et Magendie ont fait voir que l’alcool, le camphre, le musc, le sulfure de carbone et le phosphore s’échappent par cette voie. Dans ces derniers temps, M. Cl. Bernard, par des expériences précises, a établi que l’hydrogène sulfuré, introduit dans les voies digestives, ou injecté dans les vaisseaux sanguins , est rapidement éliminé par le poumon, du moins en partie. 11 rattache même à ce phénomène un fait dont l’explication ne pouvait être donnée jusqu’à présent : l’innocuité de l’hydrogène sulfuré, quand il est introduit dans l’estomac, ou injecté doucement dans les veines; il s’échapperait au fur et à mesure par la surface pulmonaire, avant de pénétrer dans le système artériel, et par conséquent avant d’avoir été porté par le sang dans les différents organes.

Les expériences qui démontrent l’élimination des poisons par la peau sont peu nombreuses. Kramer a retrouvé de l’iode dans la sueur, et M. Chatin a trouvé de l’arsenic en grande quantité dans la sérosité d’un vésicatoire chez une femme qui avait avalé de l’acide arsénieux dans le dessein de s’empoisonner. M. Isambert a constaté que le chlorate de potasse est éliminé par la peau. Mais en voyant les produits excrémentiels, l’urée par exemple , sortir de 1 organisme par la peau en même temps que par les voies urinaires, on est autorisé à admettre que, d’une manière générale , la peau doit concourir avec les reins à débarrasser l’économie d’une foule

de substances. Des recherches ultérieures justifieront sans doute ces prévisions.

La salive entraîne aussi avec elle des substances toxiques. Après l’administration de l’iode ou de l’iodure de potassium, Kramer a constaté l’existence de l’iode dans la salive. Il résulte des expériences de M. Audouard de Béziers et des miennes que dans le ptyalisme mercuriel la salive renferme du mercure. M. Cl. Bernard a confirmé les expériences de Kramer sur l’iodure de potassium; il a d’ailleurs retrouvé du fer dans la salive après avoir introduit dans l’estomac d’un chien, par une fistule gastrique, de l’iodure de fer ou bien du lactate de fer, et en même temps de l’iodure de potassium. Il ne retrouvait pas de fer lorsque le lactate de fer était porté seul dans l’estomac. Le chlorate de potasse est, d’après M. Isambert, éliminé avec la salive.

Injectez dans les veines d’un animal des dissolutions de lactate de fer et de cyano-ferrure de potassium, la face interne de l’estomac se trouvera couverte de bleu de Prusse. Or, comme en injectant du bleu de Prusse l’estomac ne contient pas trace du corps injecté, il est incontestable que le lactate de fer et le cyanure do potassium n’ont réagi l’un sur l’autre qu’à la surface interne de l’estomac, où ils étaient arrivés avec les sécrétions gastriques ; car si le bleu de Prusse s’était formé dans les veines, il n’aurait pas passé à la surface de la muqueuse stomacale. Ces expériences sont dues à M. Bernard. D’ailleurs M. Chatin a retrouvé de l’arsenic dans les mucosités intestinales d’un animal qu’il avait tué en plaçant de l’acide arsénieux dans le tissu cellulaire de la cuisse ou du dos. Nous avons répété ces expériences, et nous avons obtenu les mêmes résultats. On peut donc admettre que la membrane muqueuse de l’intestin contribue à l’élimination du poison.

Jusqu’à présent aucun fait concluant n’établit que la bile entraîne des poisons avec elle. M. Isambert a bien cru reconnaître dans cette sécrétion la présence du chlorate de potasse; mais, avec raison, il n’attache pas une grande importance à son expérience. M. Chatin de son côté, et moi du mien, nous n’avons pu retrouver de l’arsenic dans la bile. M. Melsens, d’ailleurs, n’a pas non plus reconnu l’iode dans ce liquide, alors que le foie en renfermait une

notable quantité. Ces résultats surprenants, nous ne pouvons les expliquer, mais nous devions les consigner.

Le plomb, après l’administration de l’acétate de plomb, et le chlorate de potasse passent dans le lait. Je n’ai pas pu y reconnaître l’argent après l’ingestion de l’azotate d’argent.

C. Combien de temps l’économie animale met-elle à opérer l’élimination? — Voilà pour les applications médico-légales la question la plus féconde. Mais pour que les notions que nous possédons sur ce point conservent dans la pratique leur portée, il faut considérer l’élimination comme terminée à partir du moment où le procédé d’analyse chimique le plus sensible de tous ceux qui sont employés ne permet plus de reconnaître dans aucun organe la présence du poison. C’est là une condition nécessaire et suffisante; nécessaire, parce que, comme il résulte de nombreuses expériences faites par nous-même, un poison peut exister dans les organes sans qu’il soit possible d’en découvrir une trace dans l’urine. Beaucoup d’auteurs ont commis une faute en considérant l’élimination comme terminée par cela seul que l’urine ne renfermait plus le poison. La même condition est suffisante, parce que les considérations physiologiques ou pathologiques ne constituent pour nous que des preuves accessoires de l’existence d’une substance toxique dans les organes.

Maintenant, examinons les résultats fournis par les expériences, puis je tâcherai de vous montrer quel parti on peut en tirer pour les applications médico-légales. Les expériences ont été faites sur des chiens, et voici ce qu’elles nous ont appris*

1° L’arsenic est complètement éliminé douze jours après l’administration de l’acide arsénieux.

2° Le mercure, après l’administration du sublimé corrosif, ne reste pas un mois.

8° L’antimoine, quand il a été donné à l’état d’émétique, séjourne dans les tissus plus de quatre mois.

4° L’argent a été trouvé cinq mois après l’administration de l’azotate d’argent, mais il n’a pu être décelé au bout de sept mois.

5° Le plomb et le cuivre introduits, le premier à l’état d’acétate

et le second à l’état de sulfate, existent encore dans les organes au bout de huit mois.

6 ° Un composé vénéneux peut exister dans les organes d’un animal sans aucun trouble apparent de la santé.

7° Les organes peuvent renfermer une substance vénéneuse alors même que l’urine n’en contient plus depuis longtemps.

8 ° La marche de l’élimination d’un corps ne peut être connue que par des expériences faites sur ce corps lui-même. Vous n’avez pas oublié que M. Bernard retrouvait du fer dans la salive après avoir porté de l’iodure de fer ou en même temps du lactate de fer et de l’iodure de potassium dans l’estomac par une fistule gastrique , tandis qu’il n’en retrouvait pas quand il injectait le lactate tout seul.

Il est inutile de vous faire observer qu’il n’est pas dit que l’arsenic ne puisse être éliminé en moins de temps ; mais dans toutes les expériences faites jusqu’à présent, on a reconnu que l'élimination était terminée au bout de douze jours, et c’est la donnée importante pour la pratique. U va sans dire aussi que les animaux soumis à ces expériences n’ont été l’objet d’aucun traitement ; on a laissé agir la nature toute seule.

Voilà donc des conquêtes importantes que nous devons à l’expérimentation sur les chiens. Les notions que nous a fournies l’observation directe sur l’homme se bornent aux voies d’élimination d’un petit nombre de substances et au temps pendant lequel ces substances existent dans certaines sécrétions, surtout dans 1 urine ; elle ne nous a rien appris sur la durée du séjour dans les organes, et malheureusement nous n’avons rien à attendre de l’observation directe pour cette dernière donnée , la plus importante pour les applications médico-légales. En effet, avec les animaux, on est libre de rechercher, à quelque moment que ce soit, si les organes renferment encore le poison, et on peut multiplier les essais à volonté ; au contraire, ies occasions de faire des recherches à des moments déterminés sur l’homme sont bien rares. U faut donc tirer parti des connaissances acquises par l’experimentation sur les animaux 5 il faut trouver un moyen d en rendre les

résultats applicables à l’homme , et je veux vous donner à ce sujet quelques indications.

M. Chatin , en expérimentant avec l’acide arsénieux , a observé que le temps nécessaire à l’élimination varie avec les espèces animales. Cet auteur a été porté à conclure que « la promptitude de l’élimination est chez les divers animaux en raison inverse de la faculté de résister au poison. » Fixons un peu nos idées sur cette faculté de résister. On mesure la faculté relative de résister à un poison que présentent deux animaux par le temps qu’ils survivent à l’intoxication. Vous n’ignorez pas que ce temps varie pour les animaux de même espèce, et vous voyez par conséquent que cette appréciation n’est pas susceptible d’une grande précision. Il faut convenir cependant que, pour des espèces éloignées, les différences sont assez notables pour que les influences individuelles disparaissent. En comparant, par exemple , des chiens , des lapins et des oiseaux, on obtient des résultats assez nets : c’est ainsi qu’a procédé M. Chatin , et c’est après cette étude qu’il a été conduit à établir entre la promptitude de l’élimination et la faculté de résistance la relation que je viens de vous dire.

Quoiqu’on puisse admettre d’une manière générale que l’homme et le chien possèdent une faculté de résister aux poisons qui ne diffère pas beaucoup, je ne vous conseillerai pas de considérer comme établi que l’élimination s’opère dans des temps égaux. Mais en nous restreignant à l’acide arsénieux, sur lequel ont porté les expériences de M. Chatin, et en admettant que l’élimination s’opère chez le chien trois fois plus vite que chez l’homme, nous écartons, il me semble, toute chance d’erreur dangereuse en pratique.

Notre prudence peut être exagérée ; mais cet excès, qui dans certains cas, il est vrai, nous empêchera de reconnaître la source du poison, nous met à l’abri de fautes graves. L’application sera moins fréquente, mais plus sûre. Chez l’homme , l’acide arsénieux serait donc éliminé trente jours après son ingestion. Il est bien entendu d’ailleurs que cette conclusion ne peut être appliquée en pratique que comme une probabilité.

Pourquoi, me direz-vous, ne pas étendre à tous les poisons les observations faites sur l’acide arsénieux î C’est que ces questions

sont encore trop nouvelles pour que nous puissions nous écarter tant soit peu des résultats de l’expérience. D’ailleurs, pour le moment, il n’y aurait pas grand intérêt à commettre cette imprudence. Parmi les substances dont l’élimination a été particulièrement étudiée, le mercure seul avec l’arsenic est assez promptement éliminé pour que dans la pratique médico-légale la connaissance exacte de la durée de son séjour dans les organes puisse fournir des éléments importants. Les autres, le plomb, le cuivre, l’argent, sont éliminés trop lentement pour que l’occasion se présente de rechercher si l’élimination pouvait être terminée à un moment qui rarement est très-éloigné.

Yoilà donc comment nous pouvons ne pas laisser stériles les connaissances que nous avons acquises par l’expérimentation. Maintenant, quelques exemples vous aideront à mieux comprendre quel parti vous pouvez tirer dans les expertises des notions que je viens de vous exposer sur l’élimination des poisons. On peut ramener les problèmes dont ces notions peuvent fournir ou faciliter la solution au suivant : Déterminer si l’élimination d’un poison qui a été introduit sans qu’il y ait crime ni suicide, peut être terminée au moment de la mort.

Posons quelques cas particuliers.

A. Un individu qui a suivi un traitement arsenical meurt deux mois après avoir cessé cette médication. L’analyse fait découvrir de l’arsenic dans les organes, et cet arsenic ne peut y avoir pénétré que pendant la vie. Doit-on attribuer la présence de 1 arsenic à la médication ou à une ingestion ultérieure ? Sans pourtant affirmer d’une manière absolue, faute d’observations directes sur l’homme, nous pourrons considérer comme extrêmement probable que 1 arsenic trouvé ne provient pas d es médicaments pris d abord. Ajoutez à ces éléments les indications fournies par les symptômes qui ont précédé la mort et par les lésions de tissu observées sur le cadavre, et rarement vous serez embarrassés pour résoudre la question ; toujours vous pourrez éclairer les magistrats qui vous consultent. Quoique cette solution ne soit pas absolue , il ne faut pas la dédaigner, elle peut être utile. Les experts, ne l’oubliez pas ,

peuvent faciliter singulièrement Faction de la justice, même alors qu’ils ne donnent que des renseignements.

Dans le procès Lafarge, la défense voulut profiter d’une circonstance analogue. Lafarge possédait des forges dans lesquelles on travaillait des minerais de fer qui pouvaient renfermer de l’arsenic. Mais au moment de sa mort * Lafarge avait cessé depuis cinquante jours de paraître à la fabrique. L’objection fut repoussée.

B. Il résulte aussi de la notion qui précède que nous pouvons constater une tentative d’empoisonnement sur un individu Vivant, par l’analyse de son urine, de sa salive, de sa sueur.

C. Enfin , quoique nous ayons à revenir sur ce point, je veux faire ressortir dès à présent une conséquence importante de l’étude de l’élimination. Puisque les poisons (même ceux dont une portion reste très-longtemps dans l’économie) sont éliminés en partie dès les premiers moments de l’intoxication, il n’y a pas lieu de conclure que la quantité de toxique ingéré est insuffisante pour déterminer la mort par cela seul qu’on n’en aura décelé que des traces dans les organes.

Ces exemples suffisent, il me semble , pour vous montrer quel intérêt présente déjà l’étude de l’élimination, encore si peu avancée. Comme vous voyez, elle mérite, par ses applications, de fixer l’attention des expérimentateurs, et leurs efforts ne seront pas perdus. Le terrain, encore vierge, promet ample moisson.

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