‹ Leçons d’hygiène infantileChapitre 27 sur 58 · VINGT-SIXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

VINGT-SIXIÈME LEÇON

La préservation variolique.

Sommaire : La réceptivité des enfants pour la variole. — L'inoculation et la vaccination. — Vicissitudes de la vaccine. — Faillibilité du vaccin ; ce qu'il faut entendre par ce mot. — Dégénération prétendue de ce virus. — Façon dont se comportent les vaccinés et les non-vaccinés dans les épidémies de variole. — L 'anti-vaccination League. — Accusations dirigées contre le vaccin. — rapports du vaccin avec le horse-pox et la variole humaine. — Le cow-pox spontané. — Le vaccin jennérien et le vaccin animal. — La vaccine obligatoire.

La variole n'est sans doute pas, tant s'en faut, une maladie propre à l'enfance, mais encore faut-il reconnaître, et toutes les statistiques sont d'accord sur ce point, que l'enfant a pour le virus variolique une impressionnabilité particulière. Les relevés deHerpin, deRillietetBarthez ne laissent pas de doute à ce sujet. Si on a pu dire le contraire, c'est qu'on a englobé dans les statistiques les enfants vaccinés et les non-vaccinés. La première catégorie, imprégnée d'un vaccin récent et ayant encore toute sa force de préservation, est nécessairement moins accessible que l'âge adulte à l'action du poison variolique; il faut évidemment comparer des enfants non vaccinés à des adultes également indemnes de vaccine. Toutefois la remarque que je vous ai faite à propos de la rougeole et de la scarlatine s'applique aussi à la petite vérole, les petits enfants de moins d'un an y sont peu disposés et cependant les faits ne sont pas très rares de fœtus ayant reçu pendant la grossesse, et du fait de leur mère, l'imprégnation variolique. Lebert et Depaul ont entretenu, en

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1849, la Société de Biologie de deux faits de cette nature. Bartholin, au dire de van Swieten, avait observé un cas analogue, et l'on sait que l'accoucheur Mauriceau était venu au monde présentant des stigmates de variole. Cette éruption a d'ailleurs d'autant plus de gravité que les enfants sont plus jeunes. Hopword a fourni à ce sujet des faits qui montrent que la mortalité des enfants, de la naissance à dix ans, ayant été de 57 % des cas de variole, s'est montrée de 19% au-dessous d'un an ; de 8, S de un à deux ans ; de 17,7 de deux à cinq ans et de 12,1 de cinq à dix ans. En résumé, de la naissance à dix ans, la variole tue plus de la moitié des enfants qu'elle atteint, c'est dire le prix qu'il faut attacher à les préserver par une vaccination méthodique.

Je n'ai nullement l'intention, messieurs, vous le comprendrez aisément, de vous faire l'histoire complète de la vaccination ; dix leçons y suffiraient à peine et cette étude trouvera plus naturellement sa place dans une autre partie de ce cours, d'autant plus que si l'enfance bénéficie de la préservation vaccinale, le profit s'en étend à une bonne partie de la vie et la question des revaccinalions ne l'intéresse guère. Je dois nécessairement me borner, et je ne veux ici qu'examiner rapidement avec vous les questions actuelles qui s'agitent encore à propos de la vaccine et dont les échos arrivent tous les jours jusqu'à vous, à savoir : la nature du virus vaccin et ses rapports avec le virus variolique; la faillibilité prétendue de la vaccine; le choix à faire entre le vaccin jennérien et le vaccin animal.

La vaccine depuis le mois de juin 1798 où Edward Jenner, de Berkley, publia son mémorablemcmoire sur le cow-pox ou variole de la vache {An Jnquiry into the causes and e/fecis of the coiv-poxor variolae vaccinaî), jusqu'au 13 prairial an \M (mai 1800), époque où fut pratiquée en France la première vaccination, était restée confinée dans son berceau môme. Cette découverte pénétra sur le continent par Genève d'abord, puis par plusieurs points à la fois, et deux années ne s'étaicn'

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pas écoulées, qu'elle avait fait la conquête de tous les esprits sérieux et leur était apparue comme l'un des bienfaits les plus incontestables que l'humanité ait jamais tenus du génie de l'observation. L'enthousiasme fut universel. Tous les médecins instruits se mirent avec émulation à la tâche et les personnages les plus haut placés tinrent à honneur de rendre hommage à la découverte de Jenner et de détruire les dépréciations qui s'essayaient déjà contre elle, en se soumettant et en soumettant leurs proches à la pratique de la vaccination. Le duc d'York en Angleterre, Lord Elgin à Constantinople, le roi Frédéric en Prusse, l'impératrice Catherine en Russie, etc., donnèrent l'exemple, et cette dernière, comme on sait, s'empressa de faire vacciner le czarewitch. Les médecins n'entrèrent pas avec moins de courage dans cette voie. Gregory et Spence en Écosse, Waterhouse aux États-Unis, Colon en France, n'hésitèrent pas à faire vacciner leurs propres enfants et à démontrer ainsi, par le plus fort des arguments, la confiance que leur inspirait le vaccin. On peut dire qu'en moins de quatre ans le monde civilisé tout entier était gagné à cette pratique, et, comme l'a fait remarquer Valentin, jamais conquête pacifique ne fut ni plus rapide ni plus universelle. Chez nous, l'inoculation variolique avait régné 56 ans, de 1754 à 1800; elle avait eu sans doute son mérite, mais force lui était bien d'abdiquer devant la pratique nouvelle qui démontra, dès les premiers essais, sa supériorité incontestable comme sûreté, et surtout comme innocuité.

Mais il n'est pas dans la nature des choses que le triomphe d'un homme ou d'une idée suive paisiblement son cours, et la vaccine devait avoir le sort d'Aristide. On s'est lassé de l'entendre déclarer efficace et les sceptiques, comme toujours, ont tiré parti des exagérations des enthousiastes pour déclarer que les savants avaient été jusqu'ici dupes d'une illusion; que la vaccine n'a pas toutes les vertus qu'on lui prête; qu'elle n'est rien moins qu'inoffensive, et que la

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pratique en doit être abandonnée. Sans aucun doute la découverte de Jenner n'a pas à redouter cette crise, mais les discussions scientifiques, avec la diffusion que leur donne la presse, émeuvent aisément l'opinion et il appartient aux savants delà redresser dans ses écarts ou ses entraînements. Cette médecine de l'esprit, en ce qui concerne les erreurs et les préjugés, est strictement obligatoire pour nous et vous n'y manquerez pas en servant la cause de la vaccine.

La faillibilité de la vaccine peut s'entendre de deux façons : faillibilité native ; faillibilité acquise par dégénération progressive du virus. Ce sont là, on le conçoit, deux choses absolument différentes.

Que le vaccin, alors même qu'il est bien choisi, et méthodiquement inoculé, ne préserve pas dans tous les cas de la variole, c'est ce qu'on ne saurait contester et ce que ses admirateurs les plus enthousiastes ne peuvent nier. Peut-on, en toute bonne foi, exiger du virus vaccin ce qu'on n'exige pas du virus variolique se transmettant spontanément, ou passant par inoculation d'un individu contaminé à un individu sain, et qui ignore que des individus antérieurement variolés peuvent exceptionnellement voir fléchir l'immunité qui leur a été conférée par cette contamination et prendre une petitevérole? Cela se voit, mais ces faits ne sont tapageurs et n'impressionnent l'esprit que parce qu'ils sont très rares. Jenner n'avait pas été si exigeant pour le vaccin ; il savait très bien que des sujets qui avaient pris la vaccine au contact des vaches pouvaient, dans des cas très rares, la prendre une seconde fois et que la garantie qu'ils avaient contre la variole était très réelle mais non pas absolue. La quinine guérit les fièvres intermittentes, mais les guérit-elle toujours? et cependant, irons-nous contester sa puissance curative parce qu'elle se trouve quelquefois en défaut? Ce ne serait ni juste ni rationnel. Nous sommes ici sur le terrain de faits contingents et non pas de faits mathématiques. Qu'on déduise d'ailleurs du bilan des défaillances de la vaccine ce qui

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revient légitimement à l'incurie ou à la négligence des vaccinateurs et il ne reste certainement pas grand'chose des incriminations dont on fait porter complaisamment le poids à la découverte de Jenner.

Mais le pouvoir préservateur de la vaccine étant indéniable, on s'est tourné d'un autre côté : on ne nie pas ses vertus passées, mais on affirme que ce virus a vieilli, qu'il est en pleine voie de dégénération et qu'il n'est plus possible de faire fond sur lui, comme on le faisait à ses débuts. Ce reproche est-il fondé, et ici encore n'accuse-t-on pas le vaccin alors qu'il faudrait incriminer le peu de soin avec lequel on le choisit?

Le docteur Anstie, qui a publié, il y a quelques années, sur cette question de la dégénérescence de la lymphe vaccinale un travail très judicieux, fait remarquer que le vaccin descendu des premières inoculations jennériennes et qui est conservé et choisi avec un soin extrême à l'Institution nationale échappe complètement à ce reproche. Et en voici la preuve : 446 piqûres ont été faites récemment avec ce vaccin et ont donné 443 boutons absolument types et offrant tous les caractères que les vaccin ateurs exercés considèrent comme promettant une préservation absolue. Un autre argument en faveur de la pérennité des qualités du vaccin est tiré de l'immunité dont jouissent les infirmières du Small-pox Hospital qui, inoculées méthodiquement avec ce vaccin, n'ont pas fourni un cas de variole depuis trente ans, bien qu'elles vivent constamment dans un foyer de contagion.

Une autre pierre de touche de la valeur persistante de la vaccine est la façon différente dont se comportent, dans les épidémies de variole, les vaccinés et les non vaccinés. Tous les relevés indiquent chez les premiers une mortalité incontestablement moindre.

Un document récent dû au docteur Buchanan et déposé sur le bureau de la Chambre des Communes, est de nature à singulièrement embarrasser les membres de YAnti-vac-

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cinatïon League et les partisans de l'insénescence du vaccin. C'est une statistique qui embrasse la période comprise entre le mois de mai 1880 et le mois de juin 1881. Vous savez que la variole, qui manifeste, en maints pays, des velléités de retour offensif a sévi à Londres, dans ces derniers temps, d'une manière permanente. On a constaté, en un an, 1332 décès de cette nature ; sur ce nombre, 323 sujets avaient été vaccinés; 637 ne l'avaient pas été ; et les renseignements faisaient défaut pour 570. Il résulte de la proportion des varioleux vaccinés aux non vaccinés que sur 1 million de vaccinés on a enregistré 90 décès par variole et qu'on en a compté 3350 sur un même groupe d'habitants non vaccinés ; en d'autres termes, la variole a tué 37 individus qui n'avaient pas été vaccinés contre 1 qui avait été soumis à cette pratique préservatrice. Mais un autre enseignement, et d'une aussi grande importance, découle de ces relevés : c'est la nécessité des revaccinations. En effet, 1 million de vaccinés au-dessous de cinq ans ayant fourni 40 décès, on en a constaté 59 pour le même nombre d'individus au-dessus de cet âge. Qu'en conclure, si ce n'est que plus on est rapproché de l'époque où l'on a été vacciné, mieux on est préservé et qu'il faut par conséquent revenir, au bout d'un certain temps, à cette pratique si l'on veut en conserver le bénéfice.

Ce sont là des faits fondamentaux et qui s'imposent aux esprits que le parti pris n'aveugle pas. Attendons une statistique bien faite du tribut payé à la variole par les membres de la Ligue contre la vaccine, leurs enfants et leurs adhérents, et je doute que leur conviction résiste à cette épreuve décisive. Ils feraient mieux, dans leur intérêt, de ne pas attendre et de se reconnaître abusés.

Mais ils n'y songent pas et voilà que les accusations qui ont accueilli les premiers essais d*e la vaccine sont rééditées de temps en temps et jettent dans les esprits une frayeur, sans fondement il est vrai, mais qui n'en fait pas moins son œuvre malsaine en éloignant de cette pratique salutaire.

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La levée de boucliers la plus ardente qui ait été faite contre la vaccine date de trente ans environ. Elle eut pour point de départ un travail d'un mathématicien, du capitaine Garnot, qui partit en guerre contre la vaccine à la tète d'un bataillon de chiffres et prétendit démon trer que l'humanité n'avait rien gagné à l'acquisition de la vaccine ; que si la variole a reculé, la fièvre typhoïde l'a remplacée; que la phthisie a accru ses ravages ; que la mortalité s'est déplacée de l'enfance sur la virilité et qu'il y a lieu d'abandonner la vaccination et de revenir à l'inoculation variolique. Un mémoire adressé à l'Académie de médecine en 1853 par Ancelon (deDieuze), sur ■la transformation que le vaccin avait fait subir aux fièvres essentielles, porta devant ce corps savant ces inculpations qui avaient déjà fait leur chemin dans le public, et Roche dut, dans son rapport judicieux, prendre un à un ces chefs d'accusation et en démontrer l'inanité. En ce qui concerne la fièvre typhoïde, il ne lui fut pas difficile de démontrer que les évolutions des doctrines pyrétologiques qui ont (abusivement, à mon sens) englobé toutes les fièvres essentielles dans le groupe des typhoïdes ont, par ce fait, prêté à celles-ci un accroissement de fréquence qui n'est qu'apparent ; on mourait de la fièvre typhoïde du temps de Stoll comme on en meurt aujourd'hui, mais sous un autre nom; et d'ailleurs en supposant que cette fièvre fût plus commune maintenant, les conditions de la vie actuelle sont-elles semblables à celles de la vie des siècles précédents, et l'encombrement qui résulte de la désertion des campagnes au profit des villes n'est-il pas un des facteurs étiologiques les plus importants de la fièvre typhoïde, et n'intervient-il pas, de nos jours, avec une activité dont il n'est pas permis de ne pas tenir compte?

Quant à admettre que le vaccin, s'il n'accroît pas la réceptivité de l'organisme pour la fièvre typhoïde, affaiblit au moins sa résistance et rend cette maladie plus grave, c'est encore là une affirmation toute gratuite ; les faits et les chiffres font défaut pour en prouver la justesse, et l'induction se fondant

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sur les théories étiologiques les plus vraisemblables qui admettent que le principe générateur de la fièvre typhoïde n'est pas élaboré par l'organisme malade, mais lui vient du dehors, n'est nullement en sa faveur. Pour que cette thèse fût admissible, il faudrait que la variole qui aurait préservé jadis de la fièvre typhoïde jouât encore par rapport à celle-ci le même office de préservation. Or il n'en est rien, et au moment même où se produisait cette assertion, Barth observait quatre sujets non vaccinés et portant des stigmates de petite vérole, qui avaient des fièvres typhoïdes nettement caractérisées, et l'un d'eux succombait à cette affection. La fièvre typhoïde existait avant qu'il fût question de vaccine, elle lui survivrait au cas où, pour le malheur de l'humanité, le vaccin viendrait à disparaître ; il n'y a rien de commun entre ce virus et la cause qui produit cette maladie et il faudrait renoncer une fois pour toutes à une accusation aussi peu fondée et aussi invraisemblable.

Il faut en dire autant du reproche qui a été adressé au vaccin de propager la phthisie pulmonaire et de la rendre plus fréquente. « Il n'est que juste de reconnaître, ai-jedit ailleurs à ce propos, que l'accusation était bien choisie. La phthisie appauvrit l'humanité dans son élément jeune et productif, elle atteint l'adolescent au moment où l'on va recueillir le prix d'une éducation laborieuse; elle est, à juste titre, l'effroi des familles : on ne pouvait rien évoquer qui les impressionnât davantage, on ne pouvait non plus rien imaginer de plus hypothétique et de plus invraisemblable. Et ici on alléguait deux modes d'influence du vaccin : ou bien il affaiblissait l'économie et la plaçait dans des conditions favorables à l'éclosion d'un germe héréditaire de phthisie ; ou bien le vaccin pris sur un individu tuberculeux devenait le véhicule de ce germe. Des deux côtés, l'opinion est insoutenable. Il n'y a qu'un fait de vrai dans cette allégation aussi gratuite qu'imprudente : c'est l'accroissement réel du nombre des phthisiques à notre époque; mais quand on

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examine cette question sans parti-pris, on ne voit pas en quoi ce fait pourrait être imputé, môme partiellement, à l'influence de la vaccine. N'y a-t-il pas dans les conditions fiévreuses, surexcitées, anormales de la vie actuelle, dans l'encombrement des villes, dans l'entraînement abusif du cerveau et des sens, dans les conditions où se font trop souvent les mariages, des raisons plus plausibles de la fréquence croissante de la phthisie, sans qu'on ait à faire intervenir la vaccine qui n'en peut mais ? » (1)

Si je ne parlais pas devant un auditoire de médecins, je me croirais obligé de disculper le vaccin du reproche qui lui a été adressé de transmettre la scrofule et l'berpétisme. C'est tout au plus si l'on peut considérer l'irritation cutanée produite par la vaccination comme une provocation banale susceptible de faire éclore chez des sujets en puissance de scrofulose ou d'herpétisme des manifestations locales de l'une ou l'autre de ces deux dia thèses, mais on ne saurait, en vérité, aller au delà.

Quant aux chances d'érysipèle, de pyohémie, etc., elles sont tellement improbables que l'on ne doit en tenir nul compte en présence du bénéfice préservatif que le vaccin confère. Il faudrait, autrement, renoncer à toute action instrumentale parce que des risques de ce genre peuvent succéder à la plus insignifiante."

Reste la possibilité de voir l'inoculation vaccinale introduire par effraction le virus syphilitique. Ici, le danger n'a rien d'illusoire, mais il peut être écarté avec toute certitude quand on y met un soin suffisant et qu'on se conforme aux règles méthodiques que reconnaît une vaccination: bien faite. Je ne vous dirai rien de plus en ce moment sur ce grave sujet, ayant l'intention' d'y revenir dans la leçon qui sera consacrée à l'étude. des voies par lesquelles la syphilis infantile peut se réaliser et dans laquelle cette question de

(1) La Vaccine devant les familles. Paris, 1870.

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la syphilis vaccinale trouvera, par suite, sa place naturelle.

Si je vous signale, messieurs, l'inanité des accusations dirigées contre la vaccine, ce n'est pas que je croie sa justification nécessaire, mais elles ont pénétré profondément dans l'opinion du vulgaire et vous aurez souvent à lutter contre elles et à en démontrer la fausseté à des esprits incompétents, légers ou prévenus. Et le nombre en est malheureusement grand, sans parler de ces esprits nativement faux qui vont droit à l'erreur quand elle passe à leur portée, de ces cerveaux « de fausse équerre » comme les appelait le vieux poète Malherbe, et qui sont enclins naturellement au paradoxe.

Les travaux récents qu'ont suscités les belles rechercbes de Pasteur sur la nature des virus et sur leur culture pour en faire des agents inoffensifs de préservation, ont naturellement appelé l'attention sur le virus vaccin, le plus abondant et le plus facile à étudier de tous les virus.

Nous l'avons pris à la vache, mais était-il autochthone chez elle ou lui venait-il du dehors par voie de contagion? Jenner avait soupçonné que le vaccin n'était autre chose que la transformation, par l'organisme de la génisse, du virus d'une maladie des Solipèdes, le grease, ou horse-pox, appelé aussi vulgairement eaux aux jambes et dont le germe contagieux serait transporté mécaniquement par les mains des individus qui partagent leurs soins entre l'écurie et l'étable. Jenner avait admis du reste que l'homme pouvait contracter directement le horse-pox en soignant des chevaux malades, et que cette inoculation pouvait s'accompagner chez lui d'accidents assez graves. Cette assertion du promoteur de la vaccine a été infirmée depuis par l'expérimentation , et Pingaud a démontré que le horse-pox pouvait, inoculé à des individus vierges de toute insertion vaccinale antérieure, fournir une pustulation aussi efficace qu'inoffensive, mais à la condition de n'employer que le virus des pustules de la bouche, celui du pâturon étant mélangé d'autres produits qui lui communiquent des propriétés septiques. Dans ces conditions, le

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