LA PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE ET LE PRINCIPE VITAL
verses conditions dans lesquelles s’exécutent les phénomènes de la vie.
C’est en effet par là que ces recherches de monographie dans l’ordre dynamique intéressent le physiologiste. Elles lui permettront d’asseoir les fondements généraux de la physiologie : région encore peu explorée de la science, et la plus importante, cependant, que Claude Bernard a désignée, — pour éviter la confusion qu’avaient introduite les naturalistes et les expérimentateurs placés au point de vue purement humain, — par le nom de physiologie générale.
« La physiologie générale, a dit Claude Bernard, est « la partie de la science physiologique qui a pour objet « de déterminer les conditions élémentaires des phéno- « mènes de la vie. Il n’y a pour elle ni mammifères, « ni oiseaux, ni animaux à sang chaud, ni animaux à « sang froid. » Les êtres vivants les plus divers ne sont que des ensembles de conditions réalisées, conditions variables, au milieu desquelles s’exécutent de manières variables les phénomènes vitaux, toujours identiques dans leur essence. Environnées de circonstances extérieures à Lêtre vivant (milieu extérieur), ou intérieures à lui (milieu intérieur), les parties vivantes manifestent leur activité propre avec une intensité et parfois avec une apparence très différentes. En un mot, les manifestations vitales ne sont que des résultantes qui dépendent à la fois de l’activité propre des parties vivantes, et des circonstances dans lesquelles elles agissent. Cette partie de la science est, vous le voyez, tout à la fois le commencement et le but de la physiologie; c’est d’elle qu’il faut partir pour aller à la recherche des faits, c’est vers elle qu’il faut les faire tous converger. Si, en elfet, nous connaissions de science certaine les conditions qui font naître, modifient ou sus-
pendent les phénomènes vitaux, nous pourrions enfin savoir si les lois de ces phénomènes sont réductibles aux lois physico-chimiques, ou si elles sont d’une nature spéciale, démontrant l’existence d’une activité dynamique particulière à l’être vivant ; or, c’est vers la solution de ce problème lointain que doit tendre incessamment la physiologie.
Problème lointain, cela est vrai; est-ce à dire qu’il soit insoluble ? G’est à l’avenir qu’il appartient de répondre. Mais, dès aujourd’hui, il est intéressant de voir comment la physiologie est armée pour le résoudre, quels pas elle a faits de nos jours vers sa solution, et sur quel terrain elle a montré qu’il faut maintenant le poursuivre.
Comme toutes les sciences naturelles, la physiologie n’établit la preuve de ses propositions que par jugement porté à la suite de comparaisons. Or la comparaison peut avoir lieu entre des faits constatés par observation ou des faits provoqués par expérience. A proprement parler, il n’y a donc pas, vous le voyez, de physiologie comparée ou de physiologie expérimentale. Comparaison, expérimentation, ne sont pour la raison que deux sources de renseignements : mais ici, comme toujours, c’est la raison, la raison seule, qui établit la preuve.
Cependant l’usage a consacré la dénomination dep%siologie comparée, appliquée d’une manière spéciale à l’étude des mécanismes divers par lesquels est réalisée dans la série animale une seule et même fonction. C’est ainsi qu’on dit la « physiologie comparée de la respiration », etc.
Quant à l’expression de physiologie expérimentale, vous ne la voyez appliquée à aucun des cours qui se font dans notre université. Nous ne sommes plus au temps où c’était presque une hardiesse d écrire avec