Il se maria le 11 décembre
2. Ce traité forme le deuxième yolume de l’ouvrage publié sous ce titre : Anatomie comparée du système nerveux considéré dans ses rapports avec l’mteUigence.Vàîis,,l.-'&. Baillière, 1857.
PIERRE GRATIOLET
et la plus belle partie d’une réputation qui, dissimulée en France, nous était enviée par l’Angleterre et l’Allemagne. Huxley, Davidson, Eschricht, Retzius, Rudolph Wagner, traitaient Gratiolet en égal, c’est-à-dire en maître. Un illustre naturaliste anglais ^ le qualifiait : « la plus haute autorité de notre âge en anatomie cérébrale ». H est facile de prouver que cette expression est rigoureusement vraie.
C’est, en effet, Gratiolet qui, le microscope en main, a découvert les filets qui réunissent entre elles les cellules constituantes de la moelle épinière et, par cette observation capitale, a expliqué les phénomènes réflexes. Comment comprendre que l’excitation localisée d’un point du corps occasionne, en dehors de la volonté, des mouvements dans quelque autre partie éloignée? On savait que le filet nerveux qui apporte l’impression à la moelle épinière se termine dans une cellule de cet organe ; on savait d’autre part que le filet nerveux qui commande le mouvement part d’une autre cellule de ce même organe. N’est-il pas nécessaire que quelque relation anatomique existe entre ces deux cellules, pour que l’impression de l’une suscite la réaction de l’autre ? Cette relation, beaucoup d’anatomistes l’avaient recherchée vainement. Gratiolet, persuadé de sa nécessité, se mit à l’œuvre et la démontra, donnant ainsi un bel exemple de la puissance des hypothèses appliquées à l’investigation des faits, lorsque ces hypothèses sont au service d’un esprit ferme et prudent ; découverte qui aurait pu suffire à illustrer son auteur, car elle donnait enfin le mécanisme des actions et des réactions sympathiques, sur lesquelles on avait tant et si longuement disserté.