‹ Leçons, discours et conférencesChapitre 33 sur 51 · M. Jules Ferry · texte numérisé non relu

M. Jules Ferry

en ce moment d’appartenir à la famille universitaire.

Une grande lutte va s’ouvrir, lutte vraiment admirable et par la gravité des intérêts engagés, et par le désintéressement absolu des combattants. Tous, nous sentons qu’il y a beaucoup à faire aux trois degrés, primaire, secondaire, supérieur, de l’instruction publique. Dans le domaine de l’enseignement secondaire surtout, une noble et généreuse agitation s’est emparée des esprits. L’urgence de grandes réformes s’impose à tous; chacun comprend que certains exercices scolaires surannés devront disparaître, que des méthodes à la fois plus élevées et plus simples devront régler l’enseignement de certaines matières, ne fût-ce que pour laisser à l’élève le temps nécessaire pour étudier fructueusement des matières nouvelles, dont l’introduction ne paraît pas moins indispensable.

Mais qui ne se sent ému à l’idée de porter, si pure que soit l’intention, si forte que soit la conviction, de porter sur cette arche sainte de l’enseignement des lycées une main peut-être téméraire? f)ui oserait se flatter de mesurer d’avance et à coup sûr les conséquences nécessairement lointaines des modifications en apparence les plus légitimes, et d’ailleurs les plus réclamées aujourd’hui ? C’est du développement intellectuel des classes élevées de la nation qu’il s’agit, de ces classes qui ne seront plus dirigeantes, mais auxquelles on empruntera toujours les directeurs; c’est lui qui est en jeu, en péril peut-être. Cette tentative in anima sublimi a de quoi faire hésiter les plus hardis expérimentateurs.

Peut-être me pardonnerez-vous de vous exprimer ma pensée sur un point, le plus important sans doute, de ce vaste champ d’études. Je le ferai brièvement, de peur que votre impatience ne m’impose comme mandat

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