Le célèbre physicien de la Rive
« pour soutenir le faible ; » âme austère et front serein ; père de famille et citoyen digne des légendes antiques, et pouvant, comme Carnot, se rendre en quittant la vie ce noble témoignage : « Mes mains sont nettes et « mon cœur est pur. »
Voilà le champ immense que j’entrevis d’un coup d’œil. A l’étendue de l’esquisse, jugez ce que devait être le tableau. Je n’hésite pas à l’avouer ; l’exécution en eût été pour moi impossible et je n’eusse pas été assez téméraire pour en hasarder la tentative. Mais je savais que des voix plus compétentes et plus autorisées que la mienne viendraient rappeler à la France attentive les découvertes de cet immortel génie. Je devinais que l’Académie des sciences saisirait cette occasion de rendre un public hommage au savant qu’elle compta dans son sein pendant près d’un demi-siècle,- au secrétaire perpétuel dont elle a, durant vingt-trois ans, applaudi la parole, au maître dont l’influepce était si grande sur elle que l’illustre Laplace l’appelait, non sans quelque amertume, \e grand électeur académique^ à ce François Arago qui attend encore, après vingt-six ans écoulés, l’éloge solennel auquel il a droit. J’avais deviné juste. Nul ne pouvait avoir plus d’autorité pour parler d’Arago comme homme de science que le représentant le plus éminent de cette astronomie physique dont il fut le créateur, que le savant ^ qui a confirmé, en la précisant et la développant, la découverte d’Arago sur la constitution physique des couches extérieures du soleil.
Mon rôle est donc ici tout tracé. M’en rapportant, pour les travaux scientifiques du grand physicien, à ce qui vient d’être dit avec tant de force et d’éloquence, je ne vous parlerai que de la vie politique de celui auquel