‹ Leçons, discours et conférencesChapitre 40 sur 51 · Baaquet de Montpellier, 7 octobre · texte numérisé non relu

Baaquet de Montpellier, 7 octobre

et de leurs sympathies. « J’ai été heureux, leur répondit- « il, de vous entendre placer l’étude au nombre de vos « moyens de succès... Je ne déserterai jamais la sainte « mission que je me suis donnée ; celle de défendre « avec ardeur et persévérance les intérêts des classes « ouvrières. » Cette mission il la remplira jusque devant la cour d’assises de Maine-et-Loire, ou défenseur de Ledru-Rollin, il parle « des droits du peuple. « expression mal sonnante à l’oreille des heureux du « jour

Sept ans plus tard, ces grandes paroles allaient éveiller un terrible écho. La réforme électorale était devenue le mot d’ordre de la nation entière. En vain un pouvoir insensé veut-il « mettre la main de la police « sur la bouche de la France. » Trois jours après l’interdiction du grand banquet réformiste, Louis-Philippe se cachait dans une ferme de Normandie, et Àrago était membre du gouvernement provisoii’e.

Malade, il quitte son lit pour se rendre à l’Hôtel de Ville, parmi les barricades dont les défenseurs le saluent avec respect.

Dès le premier jour, il eut à soutenir une discussion passionnée où sa haute raison, son sentiment profond de la souveraineté nationale, lui donnèrent le courage de résister aux sentiments de ses amis et à ses plus chers désirs. « Le Gouvernement provisoire, dit-il, n’a « pas le droit de proclamer, au nom de Paris, la Répu- « blique. C’est la nation seule, par ses représentants, « qui doit régler la forme de son gouvernement. » Et, appuyé par Dupont {de l’Eure), il obtient l’adoption de la formule ; « Le Gouvernement provisoire veut la « République, sauf ratification par le peuple, qui sera « immédiatement consulté. »

Page 1