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Discours à l’inauguration de la statue de Molière

Histoire de ma jeunesse.

content : tes vœux les plus chers sont accomplis. Et nous allons, comme tu y invitais les citoyens de Paris à la fête mémorable du 27 février 1848, répéter avec toi le cri populaire :

« Vive la République ! »

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DISCOURS PRONONCÉ AU BANQUET de BAGNÈRES-DE-BIGORRE

Le 8 octobre 1879.

Messieurs,

Je regrette que, malgré les bons soins de nos amis Vaussenat et Bourdette, l’état de mes forces ne me permette pas de répondre comme je le voudrais aux trop bienveillantes paroles qui viennent de m’être adressées. Mais, vous le savez, en traversant Lourdes, — seraitce un nouveau miracle, en sens inverse de l’habitude ?

un mal soudain m’a frappé, dont je me relève à grand’peine.

Yotre président m’a fait l’honneur de parler avec des éloges exagérés de mon courage dans la lutte pour l’existence que nous soutenons contre l’esprit des ténèbres. Je n’ai pas le droit d’accepter ces éloges. B ne faut pas vanter le courage de la génération actuelle. Elle récolte la moisson que les anciens avaient arrosée de leurs sueurs, de leurs larmes et de leur sang. C’est à eux qu’il faut reporter l’honunage, a eux qui ont passé les sombres

jours, qui ont vu Décembre, à eux qui ont souffert, et qu’on peut vraiment appeler les courageux. J’en aperçois parmi vous, messieurs, et je m’incline devant eux. [Explosion de bravos.)

Tout récemment le crime du .2 décembre a eu de pâles et ridicules imitateurs.

La France s’est vue un jour surprise, menacée. Elle a vu s’abattre sur elle une légion de tyranneaux pygmées ; ils se sont efforcés de lui mettre les poucettes aux mains, le bâillon sur la bouche. Elle a résisté, et d’un seul haussement d’épaules elle a, au 14 octobre, comme Gulliver attaché par les Lilliputiens, jeté bas tous ces mirmidons. [Applaudissements.)

De tous ces tyranneaux est-elle donc aujourd’hui délivrée? Il est permis de répondre : non. On en trouve encore trop qui sont en situation de nuire. Pour avoir ôté quelques toiles d’araignées au plafond des écuries d’Augias, on a trop volontiers cru avoir accompli le travail d’Hercule. ^

Je ne puis parler des ministres actuels qu’avec un profond sentiment d’estime; plusieurs sont mes amis personnels. Mais qu’il me soit permis de le dire sans les froisser, ils ont trop pris au sérieux la théorie du hon-garçonisme gouvernemental.

Je ne puis me résoudre à cette indifférence, à cette doctrine du laisser-dire, laisser-faire. Je n’ai pu accepter, par exemple, l’assimilation faite par un organe officiel des banquets fêtant le 21 septembre, date républicaine, avec les banquets royalistes, factieux, fêtant le 29 septembre en l’honneur de la naissance de Henryle-demier. [Applaudissements et rires.)

N’est-ce pas un étrange spectacle que de voir un homme s’intitulant président d’un banquet royaliste, demander à un préfet républicain de faire monter la

DISCOURS AU BASQUET DE BAGNÈRES-DB-BIGORRE. 363 garde à la porte d’une manifestation factieuse? N’est-il pas plus étrange encore de voir le préfet républicain entrer en colloque, au lieu de répondre par un arrêté d’interdiction, basé sur menaces de trouble et sur l’effronterie de cette manifestation révolutionnaire? (Bravos.)

On a crié à ce propos : « Yive la république dédaigneuse! » On a eu tort. Napoléon, qui se connaissait en guerre, déclarait qu’il ne faut jamais dédaigner ses ennemis. Et quelle conséquence tirent ceux-ci de cette tolérance? Que la République est libérale? point: qu’elle est faible. Et ils s’en vont répétant aux paysans, — vous le savez, vous qui vivez au milieu d’eux, — qu’ils sont encore les maîtres, que la République n’ose les toucher, et qu’ils commandent toujours aux administrations, aux préfectures, aux parquets : et parmi les paysans, beaucoup les croient, voyant cette audace et cette impunité.

L’action gouvernementale ne se fait pas assez sentir. Si vous me permettez — en famille ■— une comparaison familière, je vous dirai, reprenant une vieille image, qu’elle doit être comme un corset qui maintient sans gêner, mais que l’on sent, et qui soutient. (Rires et bravos).

L’un des inconvénients de ce manque d’initiative gouvernementale, c’est d’amener dans le parti républicain des divisions qui peuvent lui être funestes.

Je ne sais si cela se passe ici, mais j’en ai recueilli l’écho en bien des lieux ; les uns s’irritent, s’impatientent et s’en vont en se séparant. D’autres, non moins mécontents en secret, sacrifient tout à la crainte de laisser le gouvernement isolé. D’autres enfin se découragent !

Et tout cela, pour en arriver à quoi? à rallier des ennemis?

Illusion profonde ! Ceux que n’a pas ralliés le spectacle du 16 mai, et plus tard l’expression de la volonté souveraine delà nation, ceux-là on ne les rallie pas; on les achète : — or, les mercenaires font toujours de mauvaises {Bravos répétés.)

Messieurs, de pareilles divisions sont prématurées et dangereuses : prématurées, parce que les républicains ne seront autorisés à se diviser en groupes que lorsque leurs ennemis auront définitivement disparu ; dangereuses, parce qu’elles peuvent laisser une trace d’irritation qui pourrait subsister au jour du combat électoral.

Le devoir de tous est donc de se maintenir dans la discipline, qui nous a jusqu’ici assuré le succès.

Que si, du reste, quelque républicain hésitait encore à se rallier dans cette unité nécessaire, qu’il regarde nos ennemis, tous réunis autour d’un di’apeau commun, oubliant leurs dissensions dynastiques, royalistes sans roi, impérialistes sans empereur, groupés en un faisceau unique, et constituant l’armée cléricale.

Nous aussi, nous avons un drapeau de ralliement.

A notre tête marche un ministre qui, le premier, — vedette vigilante, — a poussé un cri d’alarme, signalé l’ennemi, et qui marche droit sur lui, enseignes déployées. [Mouvement.)

Celui-ci, nous devons ici l’acclamer comme il vient de l’être dans tous les pays qu’il a traversés. Partout sur son passage les populations l’ont accueilli par un cri unanime : Vive l’article 7 ! {Interruptions, vivats !)

Et nos adversaires de les railler, sous prétexte qu’ils ne savent pas par cœur le texte de l’article 7 ! Ce qu’ils savent bien, c’est qu’il est une déclaration de principes.

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