novembre
3. Chargé du cours en 1862 ; nommé professeur le 22 novembre 1865.
notre intelligence n’a pas besoin, grâce à une organisation merveilleuse, de s’inquiéter des mouvements automatiques du corps ; de même, pensait-il, la parole et l’imagination du professeur doivent être libres et débarrassées du souci de coordonner les idées et les faits. Arrivé dans sa chaire, il commençait sur un ton assez bas, les yeux à demi fermés, avec une sorte d’expression de souffrance ; mais bientôt son geste devenait plus animé, sa diction plus pressante ; sa main suivait, au tableau noir, avec une merveilleuse sûreté, ses descriptions orales, en leur donnant un corps : toujours clair, élégant, précis, il intéressait et charmait jusque dans les plus arides détails. Mais se présentait-il quelqu’une de ces grandes questions à la hauteur desquelles aimait à planer sa pensée, voulait-il montrer dans les harmonies naturelles les traces d’une intelligence infinie par la puissance et par l’activité, voulait-il, analysant tes facultés de l’esprit humain, en tirer la preuve qu’il existe en nous un principe immortel, ou s’agissait-il de la dignité de l’homme et des théories récentes qui l’attaquent dans son isolement :• alors sa parole ardente servait éloquemment sa pensée enthousiaste, et, dans l’éclat de ses regards, dans l’animation de son geste, il apparaissait vraiment comme une épée flamboyante, interdisant à la plèbe animale l’Éden de l’humanité.
Mais qu’ai-je à faire de tenter une insuffisante peinture? Beaucoup d’entre vous. Messieurs, ont entendu Gratiolet, dans cette enceinte même, dévoiler avec un art merveilleux les secrets de la physionomie et, selon la juste expression de M. Chevreul, « faire d’un sujet anciennement vulgaire une œuvre précise, profonde et originale. »
Cette conférence tant admirée n’était que l’abrégé
PIERRE GR.4TI0LET. 19
d’un traité complet, d’un livre que j’ai retrouvé tout entier dans les papiers de mon bien cher maître, où depuis plus de dix ans il attendait l’impression, rendue possible aujourd’hui par le concours généreux de M. Hetzel. Je ne saurais essayer, à la fin de cette notice déjà longue, une analyse de cet important ouvrage; mais je veux vous montrer le talent de Gratiolet sous un nouveau jour encore. Après le naturaliste, l’orateur et le philosophe, c’est le peintre que nous allons admirer, peintre par la parole, où il fut maître complet. Il s’agit, dans cette étude du langage universel, de prouver que les attitudes du corps entier traduisent le sentiment de plaisir perçu par un organe quelconque. Ecoutez ce portrait ^ :
a Donnez à un petit carnassier, un petit chat, par exemple, quelque liquide savoureux et sucré ; voyez-le s’avancer lentement et flairer avec attention ; ses oreilles se dressent; ses yeux, largement ouverts, expriment le désir ; sa langue, impatiente, lèche ses lèvres, caresse et déguste d’avance l’objet désiré. Il marche avec précaution, le cou tendu. Mais il s’est emparé du liquide embaumé ; ses lèvres le touchent, il le savoure ; l’objet n’est plus désiré, il est possédé ; le sentiment que cet objet éveille s’empare de l’organisme entier; le petit chat ferme alors les yeux, se considérant luimême tout pénétré de plaisir. Il se ramasse sur luimême, il fait le gros dos, il frémit voluptueusement, il semble envelopper de ses membres son corps, source de jouissances adorées, comme pour le mieux posséder ; sa tête se retire doucement entre ses deux épaules ; on sent qu’il cherche à oublier le monde, désormais
1. La conférence sur la physionomie a été publiée en tête du livre : Se la physionomie et des mouvements d'expression .
indifférent pour lui; il s’est fait odeur, il s’est fait saveur, et il se renferme en lui-même avec une componction toute significative. »
Avouez maintenant, Messieurs, que la plume de Gratiolet pouvait remplacer le pinceau; songez, je vous prie, que pour vous en citer cette preuve, j’ai longtemps hésité par l’embarras du choix, et vous ne vous étonnerez pas des applaudissements chaleureux, du succès sans égal, qu’obtint cette conférence, véritable chef-d’œuvre d’observation spirituelle et savante.
Ceci se passait le 20 janvier d865. Gratiolet avait quarante-neuf ans.
Cette fois enfin, les vents ennemis étaient apaisés ou domptés; de nouveau, l’Espérance aux ailes dorées s’élançait devant lui vers un horizon d’où les nuages avaient disparu. Sa jeune famille grandissait, ses amis jouissaient de sa joie; son aimable gaieté, échappée aux orages, n’était plus troublée parfois que par cette mélancolie des grands esprits, impatients de l’inconnu. Libre enfin des soucis matériels, il s’avouait vraiment heureux, quand, le 15 février 1865, Tapoplexie le frappa, comme elle avait frapppé Blainvillef
Quelques heures après, à la place de ces joies et de ces espérances, que restait-il? Des amis en pleurs, trois petits enfants, une veuve qui s’est fait un culte de sa douleur.
Il restait encore, je ne puis m’empêcher de le dire, il restait pour l’enseignement scientifique en France, une de ces grandes et sévères leçons dont les institutions humaines, si elles veulent assurer et honorer leur existence, doivent savoir profiter.
Mais ne nous arrêtons pas, Messieurs, sur ces péni-
PIERRE GRATIOLET
blés pensées. Oublions les tristes effets des erreurs et des faiblesses humaines, et puisons quelque consolation dans de plus nobles souvenirs.
Trois jours plus tard, à la tête du cortège funèbre qui accompagnait mon maître à sa dernière demeure, marchait, conduisant par la main l’ainé des enfants de Gratiolet, Faîne des pupilles de notre Société, marchait un ministre ‘ qui, pour suivre un cercueil, s’était héroïquement arraché au lit de mort où gisaient ses plus chères affections. Non loin du chef de l’Université, un pauvre vieillard pleurait amèrement : c'était un ancien employé, devenu invalide, auquel Gratiolet, sur ses simples appointements d’aide-naturaliste, donnait, à l’insu de tous, un secours de soixante francs par mois. Et, tout autour, une foule consternée s’entretenait des œuvres accomplies, des œuvres inachevées, et de cette vie vaillante que la mort ne dépouillait d’aucun éclat emprunté.
Ainsi la douleur publique honorait non seulement le professeur de Sorbonne, le maître de la parole et de la pensée, mais l’homme au cœur généreux, dont on n’a pu faire un plus digne et plus Juste éloge qu’en disant : « Son intelligence égalait sa honté ^. »
1. M. Duruy, ministre de l’instruction publique, qui n’épargna rien pour consoler et protéger l’infortune.
2. Discours prononcé au nom de M. Chevreul, directeur du Muséum d’histoire naturelle, par M. Frémy, sur la tombe de Gratiolet.
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Conférence faite à la Sorbonne, le 9 mars 1866.
Mesdames,' Messieurs,
Je dois vous entretenir, dans le cours de cette conférence, de la physiologie du système nerveux. C’est là, si je ne me fais illusion, un sujet dont l’intérêt et l’importance n’ont pas besoin, pour être appréciés de tous, 'de grands efforts, de grands préliminaires oratoires. Chacun sait, en effet, que le système nerveux est l’agent de ces fonctions suprêmes qui caractérisent l’animal et qui l’élèvent au-dessus des autres êtres vivants, qu’en lui résident la sensibilité, la cause du mouvement, l’intelligence.
Dans le langage du monde, le système nerveux a pris, soit au propre, soit au figuré, une place immense et justement méritée. Dans le langage médical, la nature élevée, sublime, en quelque sorte, de ses actes, l’obscurité qui entoure sur beaucoup de points leür connaissance et leur explication, l’ont rendu, si l’on peut ainsi parler, le bouc émissaire de toutes lés maladies mysté-
2i LEÇONS, DISCOURS ET CONFÉRENCES,
rieuses ; si bien que, dans la bouche de beaucoup de gens, il s’est substitué à ces humeurs peccantes dont s’est tant amusé Molière. Tous, nous nous le figurons, au dedans de nous-mêmes, établissant à l’aide de mille appareils divers les relations de notre corps avec le monde extérieur, et, par la sentinelle douleur, veillant à notre sûreté. L’impression reçue, nous sentons qu’elle voyage vers des lieux où elle éveille des réactions variées. Si son énergie est grande, tout s’émeut, tout s’ébranle dans la république vivante, et des mouvements divers agitent nos organes tant internes qu’externes. Ce n’est pas tout : sans qu’aucune excitation venue du dehors ait en apparence troublé notre équilibre, des mouvements apparaissent, des idées s’éveillent : l’intelligence entre en scène, et manifeste son action par des expressions volontaires ou par de nouvelles idées.
Vous le voyez déjà, Messieurs, si complexes que soient ces actes du système nerveux, ils peuvent être classés en deux groupes principaux. Les uns sont liés à une impression extérieure ou intérieure qui les suscite et dont ils ne sont que le retentissement; les autres révèlent la spontanéité, affirment la personnalité agissante de l’animal; nous appellerons les premiers actes reflexes; aux autres nous donnerons le nom d’actes spontanés, conscients, volontaires.
Un champ immense s’ouvre donc devant nous. Pour essayer de leparcounr dans le court espace d’une heure, d’une manière digne du lieu où j’ai l’honneur de parb, r et de l’auditoire qui me fait l’honneur de m’entendre, il m’a fallu chercher un lien qui me permît de rassembler ces phénomènes épars, et de les rapporter à quelque fait simple et dominateur ; ce lien, je l’ai demandé à la physiologie générale.
Je vais donc vous entraîner pendant quelques instants
dans des sphères peu familières à beaucoup d’entre vous; nous allons nous occuper de physiologie générale, c’est-à-dire que, faisant abstraction de tout ce qui est particulier au système nerveux de tel animal ou à telle partie de ce système, nous allons nous élever à l’étude de ce qui appartient à toutes les parties du système nerveux de tous les animaux, donnant ainsi, au plus haut degré, à nos démonstrations le caractère de l’universalité. Et lorsque ensuite nous descendrons de ces hauteurs sur le terrain des faits de détail, vous verrez de quelle vive lumière ils s’éclaireront, et combien l’étude de ces questions, qui ont fait pendant si longtemps le désespoir des médecins et des philosophes, deviendra pour nous relativement facile. Mais, dans cette tâche ardue, je n’aurai pas le secours d’expériences brillantes, de figures curieuses ; je reste réduit à mes propres forces, et je succomberais sans doute, si je ne savais pouvoir compter sur votre bienveillance et votre attention active et soutenue. C’est beaucoup demander, sans doute ; mais s’il est vrai de dire que noblesse oblige, on a le droit d’exiger beaucoup d’un public parisien.
Nous nous occuperons, en premier lieu, des actes réflexes, c’est-à-dire des actes provoqués par une excitation. Parmi eux, un grand nombre s’exécute sans qu’intervienne aucunement la volonté de l’animal. Pour vous en donner des exemples, j’aurai recours à vos souvenirs personnels ; qui d’enti’e vous n’a vu se tordre la queue cassée d’un lézard ou les tronçons d’un ver de terre? Là, il ne peut être question de volonté : qu’y a-t-il donc? En analysant le phénomène, on voit qu’il se compose de deux choses : d’une excitation, et d’une réaction qui se traduit par un mouvement.
Or le système nerveux, si complexe qu’il soit dans la réalité anatomique, peut, lorsqu’on le considère seule-
ment par rapport à l’excitation et au mouvement, être réduit à une expression bien simple, que représente schématiquement la figure 1, à savoir :
1“ Un organe périphérique, propre à recevoir les impressions extérieures, et communiquant (flèche ascendante), à l’aide d’une sorte de filament, avec un organe central capable de les percevoir; 2” un organe central propre à commander le mouvement, et communiquant (flèche descendante), aussi à l’aide d’un filament, avec un appareil contractile capable d’exécuter le mouvement ordonné; 3“ un moyen d’union (flèche transversale) entre les deux organes centraux.
En d’autres termes, le système nerveux est réduit par l’analyse à des filaments auxquels on a donné le nom de tubes nerveux^ et à de petits corps globulaires qu’on a appelés cellules nerveuses. Que sont ces tubes et ces cellules ?
Mais remarquons d’abord combien la figure 1 explique clairement l’expression d’actes réflexes que, depuis Astruc (1743), la science a adoptée : la seule direction des flèches fait songer à une réflexion de l’impression nerveuse sur les centres, comparable à la réflexion sur une glace d’un rayon lumineux.
Les tubes nerveux, dont la structure est assez complexe, ont un diamètre très petit, qui ne dépasse guère Un ou deux centièmes de millimètre ; mais ils peuvent acquérir une grande longueur, puisque certains d’entre eux s’étendent depuis l’extrémité des doigts jusqu’à la colonne vertébrale. Beaucoup de physiologistes sont persuadés que la vibration qui se meut dans ces tubes n’est autre chose qu’une vibration électrique. Il m’est impossible d’entrer ici dans l’analyse des raisons qui militent pour ou contre cette opinion; je dois cependant faire remarquer que si l’on coupe un fil électrique et
qu’on en rapproche ensuite les deux bouts, l’électricité passe aussitôt, tandis que par la section d’un tube nerveux le courant est interrompu malgré tout rapproche-
Pig. î. — Figure schématique expliquant les actes réfleses.
ment. Je rappellerai encore, à cause de l’importance qu’elle paraît avoir V à ce point de vue, la lenteur avec laquelle se transmet l’ébranlement nerveux. Tandis que l’électricité parcourt des milliers de lieues par seconde, il marche à pas de tortue : dans les nerfs de l’homme, sa vitesse ne dépasse pas 80 mètres par seconde; en sorte que, par suite de cette remarquable lenteur, nos sensations et nos mouvements sont nécessairement bornés dans leur rapidité.
On a cru, pendant longtemps, que les tubes nerveux qui apportent aux centres l’impression sensible (tubes nerveux sensitifs) et ceux qui en emportent l’impression motrice (tubes nerveux moteurs) étaient de nature différente ; on pensait que l’ébranlement ne pouvait se
1. Je dis parait avoir, car le mode de propagation de l’électricité et probablement aussi celui du courant nerveux ne sauraient être comparés à celui de la lumière, par exemple.
mouvoir que suivant une direction centripète dans les premiers, et suivant une direction centrifuge dans les seconds. Des expériences récentes, auxquelles se rattachent particulièrement les noms de MM. Philipeaux et Vulpian, ont rectifié sur ce point les idées des physiologistes. On sait maintenant que les propriétés de ces tubes sont identiques, et que l’impression qui les frappe en un point quelconque de leur trajet se transmet également dans les deux sens ; ils sont tout à fait comparables à des fils télégraphiques, qui laissent passer le courant électrique dans l’une ou l’autre direction.
Les cellules nerveuses (fig. 2) sont de petits corps
Fig. 2. — Cellules nerveuses (fort grossissement).
de forme très irrégulière et très variée ; au centre se voit un noyau. Elles présentent des prolongements ramifiés, dont les uns servent à les faire communiquer ensemble, d’autres sont l’origine des nerfs, d’autres enfin paraissent se perdre dans la gangue environnante, comme des racines dans la terre. Leur diamètre atteint et dépasse même parfois un dixième de millimètre, c’està-dire qu’elles deviennent visibles à l’œil nu. Leurs pro-
priétés sont vraiment merveilleuses; certaines d’entre elles, vous l’avez vu, sont susceptibles de percevoir les impressions : on les appelle cellules de sensibilité, ou par abréviation cellules sensibles. Les autres, au contraire, ne peuvent que transmettre aux muscles, à la chair, l’ordre d’agir : ce sont les cellules motrices.
Ainsi se trouve expliqué comnaent, reçue à la périphérie du corps, l’impression apportée par le nerf de sensibilité se modifie dans l’appareil cellulaire sensitivo-moteur, et se propag'e ensuite le long du tube moteur jusqu’au muscle qu’elle fait contracter.
Pour qu’un mouvement s’exécute, est-il nécessaire que l’impression ait lieu à l’extrémité périphérique du nerf sensitif ? En aucune façon. A quelque point que soit excité l’arc nerveux sensitivo-moteur, l’excitation continue son chemin toujours dans le même sens ; et qu’elle soit partie de l’extrémité périphérique, du nerf ascendant, de la cellule de sensibilité, de la cellule de mouvement, du nerf de mouvement, elle aboutit toujours à une contraction, à un mouvement. En termes généraux, toute rupture d’équilibre dans le système nerveux se propage et manifeste son action dans la direction qui va de la sensibilité au mouvement.
Si j’ai été assez heureux pour vous expliquer d’une manière satisfaisante la constitution, les rapports et les propriétés des tuhes nerveux et des cellules nerveuses ; si vous voyez nettement comment la perception se transforme en excitation motrice, et comment celle-ci se transmet aux parties capables de mouvement, vous possédez dès maintenant une notion suffisamment exacte de tous les actes involontaires réflexes, et, le plus difficile étant fait, nous pouvons, après cette étude rapide des éléments nerveux et de leurs propriétés, passer à celle des appareils nerveuxet de leurs fonctions.
En effet, ces cellules nerveuses, ces filaments nerveux ne sont pas isolés dans le corps. Les filaments sont réunis les uns aux autres comme les fils d’un écheveau, lequel écheveau est composé, le plus souvent, tout à la fois, de tuhes qui portent la sensibilité et de tubes qui rapportent le mouvement : cesontlesner/is. Quant aux cellules, elles sont gi’oupées dans des lieux particuliers qui portent le nom de centres nerveux. Il ne faudrait pas se figurer que, dans les centres nerveux, les cellules de sensibilité et dfe mouvement soient réunies seulement deux à deux. Bien au contraire, les cellules ont dès rapports des plus complexes et des plus variés. Ainsi, une cellule de sensibilité communique non seulement avec une cellule de mouvement mais, avec plusieurs, et, en outre, elle communique avec d’autres cellules de sensibilité, lesquelles se reliant à leur tour avec des cellules de mouvement constituent un réseau inextricable d’où naissent par une impression unique, des réactions multiples. Cette complexité de rapports des cellules, pressentie par les médecins, cherchée en vain par les anatomistes, et si nécessaire pour expliquer tant d’actions réflexes normales ou morbides, a enfin été découverte en 1852 par un anatomiste illustre, dont je ne puis, en ce lieu surtout, témoin de son dernier triomphe, prononcer le nom sans une émotion douloureuse, par mon éloquent et bien cher maître, Pierre Gratiolet ^
Nous savons maintenant ce que c’est qu’un centre nerveux. Je vous demanderai la permission de faire une courte excursion dans le domaine de l’anatomie comparée, afin de vous montrer comment les centres nerveux sont disposés dans les trois grands embran-