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cœur où il éprouve des battements rapides, la région du cou enfin, où il ressent comme un étranglement. Après quoi, ses oreilles sonnent et sifflent, ses tempes battent; enfin la vue s’obscurcit, et il y a un instant d’inconscience. » Vous reconnaissez là les phénomènes de l’aura hystérique parfaitement caractérisés et les accidents qui la suivent représentent en quelque sorte, mais dans la catégorie de l'hystérie cette fois, le vertige épileptique, sans accompagnement de mouvements spasmodiques. Ces attaques, ou mieux ces rudiments d’attaque que nous venons de décrire, ne se montrent pas uniquement en conséquence de l'excitation artificielle des zones hystérogènes ; elles peuvent se développer spontanément,
Le malade en effet, depuis trois mois,a éprouvé ce qu'il appelle des syncopes, or, les syncopes dont il s’agit, non accompagnées de mouvements convulsifs, sont précédées de l'apparition d’une douleur dans la région hypéresthésique du flane gauche et, consécutivement, de toute la série des phénomènes de l’aura que nous décrivions tout à l'heure. Donc, il s’agit évidemment ici d'attaques hystériques se produisant sous une forme rudimentaire, sans doute, mais suffisamment caractérisée pour qu'il soit facile de la désignerlégitimement par son nom.
Nous voilà conduits bien loin de notre point de départ; au premier abord, notre homme nous paraissait placé uniquement sous le coup d’une sciatique grave, sciatique névritique avec toutes ses conséquences. Vous reconnaissez maintenant que la situation est beaucoup plus complexe qu’elle ne paraissait l'être, et je ne suis pas fâché de vous faire remarquer une fois de plus, combien il importe d'examiner les malades sur toutes les faces, quand on ne veut rien négliger.
En somme, la deuxième partie de l'histoire de notre malade est plus intéressante encore peut-être que la première. dE
Voici, en effet, qu'à la suite d’un coup reçu au front, cause enapparence toute accidentelle, une double névrose s’est produite; la neurasthénie d’un côté, l'hystérie de l’autre. Or, vous savez que nées dans ces conditions-là les névroses qui aous occupent, bien qu'il s'agisse d’affections sans lésions organiques appréciables, se montrent habituellement remarquablement tenaces, etparfois à peu près incurables.
Sans doute, une névrite sciatique datant de cinq ans et qui prive un malheureux ouvrier, pour longtemps, de l’usage régulier d’un de ses membres inférieurs, c’est une triste chose; mais une neurasthénie profonde compliquée d'hystérie, qui entraînent avec elles la misère intellectuelle et morale pour toujours peut-être, c'est incontestablement chose plus grave encore.
Tels sont Les faits : il ne sera certainement pas inutile actuellement de remonter encore une fois dans le passé de notre malade pour rechercher s’il n’y a pas soit dans son histoire propre, soit dans celle de sa famille, quelques circonstances de nature à faire comprendre la genèse, sous l'influence du choc