‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 113 sur 174 · HIDE · texte numérisé non relu

HIDE

foudre en général, et de la foudre globulaire en particulier (1), déterminer la sidération, sans que le sujet, devenu inconscient aussitôt que frappé, en ait pu rien entendre. Qu'il ne se soit pas agi ici, tout simplement, d’une syncope émotive, ou encore d'une attaque hystérique de même origine, cela est vendu fort vraisemblable, d'un autre côté, par ce fait que notre homme s’est réveillé ayant uriné sous lui, circonstance qui semble révéler un ébranlement vraiment profond de l'organisme.

Mais, de tous les arguments à invoquer en faveur de l'opinion que D...cy a été, comme il le croit, frappé physiquement, matériellement, électriquement par la foudre, un des plus puissants, si je ne me trompe, doit étre tiré de la description de la paralysie produite chez lui, autant qu’on en peut juger, au moment même où il a ressenti le choc. Ses caractères cliniques, en effet, nous le verrons dans un instant, concordent en effet sur tous les points avec ceux qu'on assigne, à juste titre je crois, aux paralysies déterminées par la fulguration dans des circonstances où l’action physique de celle-ci n’est pas contestable. C’est un point sur lequel je vais insister dans un instant.

Auparavant, je voudrais revenir en quelques mots, parce qu'il y a là encore à signaler quelque chose d’assez typique, sur l’état mental que le malade a présenté à la suite de l’accident, à partir du moment où, reprenant ses sens, il s’est trouvé couché sur le bord de la route. Le voilà, lui brave autrefois, devenu affolé, terrifié; il pleure, il tremble, il se lamente, il prononceau moment où il rencontre son ami des jurons, des paroles grossières; il l’insulte. Puis ce sont des phrases sans suite, incohérentes, enfantines au premier chef. Tantôt il se dit presque mort et, un instant après, il exprime le regret de n'avoir pas pu cueillir le bouquet de bruyère blanche qu'il cherchait sur le bord de la route au moment où la foudre a éclaté... Singulière préoccupation chez un homme qui se croit avoir un pied dans la tombe. Ceci concorde fort bien, ilfaut le remarquer, avec ce que dit Sestier des troubles psychiques immédiats produits parle foudroiement. Il est presqueconstant, assure-t-il, que les individus frappés par la foudre éprouvent des troubles plus ou moins profonds, plus ou moins durables dans leurs facultés intellectuelles, tels sont : l’étourdissement, la stupeur, la perte de connaissance,la perte de La mémoire, l’incohérence dans les discours, le délire quelquefois furieux (2). « Une jeune femme blessée au bras, sort frénétiquement de sa chambre, et parcourt la

4. L'explosion des globes fulminaires peut jeter à terre des personnes qui se trouvent à une distance de 200 à 300mètres, comme cela a eu lieu dans la soirée du 20 septembre 1875 (Pr Galli, communication écrite). Dans l'orage du 4e septembre 1881, à Velletri, la foudre globulaire a éclaté sur le pavé de la rue, devant une maison où se trouvaient plusieurs personnes. Un homme qui était au 2e étage de la dite maison, se sentit frappé sur la nuque et fut étourdi pendant quelque temps. (Pr Galli. Bolletino mensuale.) Série I, vol. 1, n° 10,p. 214 : 1881.

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