‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 123 sur 174 · Leçon du mardi 5 mars 1889, 16: leçon, p · texte numérisé non relu

Leçon du mardi 5 mars 1889, 16: leçon, p

tendance habituelle à se terminer rapidement par la guérison; il n’en est pas tout à fait de même chez l’adulte, et je vous ferai remarquer, à ce propos, que chez notre homme, elle dure déjà depuis 8 mois et ne paraît pas prête à s’'amender.

Le plus souvent, autant qu’on sache, l’abasie et l’astasie, quelle qu’en soit la forme, doivent être considérées comme se rattachant à la diathèse hystérique ; mais le plus communément, à ce qu'il parait, elle se présente là à titre de manifestation isolée, sans concomitance de stigmates sensitivo-sensoriels ou d'attaques (1). Il n’en est pas ainsi chez notre homme; chez lui, d’abord, les attaques avec aura caractéristiques sont chose vulgaire et de plus, en fait de symptômes permanents, il y a à noter une hémianalgésie droite, avec anesthésie très nette de la,cornée de ce même côté, mais sans rétrécissement bien marqué du champ visuel; un tremblement des extrémités dont il a déjà été question et enfin une diminution du goût et de l’odorat, sur la moitié droite.

Notre homme est donc manifestement un hystérique, tout ce que nous observons chez lui, l’astasie comme le reste, relève de l’hystérie, et c’est comme hystérique qu'il devra être traité à l’aide des moyens que nous avons en notre possession,et sur l’application desquels il nous paraît inutile d’insister à nouveau , pour le moment.

Je ne voudrais pas abandonner ce sujet de l’abasie paralytique sans vous signaler les difficultés qu'il pourrait y avoir, dans certains cas particuliers, à la distinguer de ce que l’on pourrait appeler l’abasie ou l’astasie relevant d’uae lésion organique du cervelet. C’est, vous l’avezcompris, àce qu’on appelle l’ataxie ou incoordination cérébelleuse que je fais allusion ici. Et vous savez qu'elle s’observe surtout dans les cas où il y a participation du vermis. Dans ces cas, comme dans ceux que nous étudions ici, le malade étant au lit, peut, vous le savez, déployer dans les mouvements de ses membres inférieurs une grande force musculaire et il n'existe dans ces mouvements aucune trace d’incoordination; mais, lorsqu'il est question de se tenir debout et de marcher, c’est tout autre chose. Deux cas peuvent alorsse présenter: tantôtlemalade peut encore, lant bien que mal, se tenir debout et marcher tout en titubant comme un homme ivre et alors le diagnostic est en général facile. D’autres fois, la station et la marche sont, comme dans notre cas d'aujourd'hui, absolument impossibles, et lorsque le sujet. étant soutenu sous les aisselles, fait des efforts pour se tenir debout, il s'affaisse sur lui-même. Il ne serait pas difficile de trouver dans la science un certain nombre d'exemples de lésions cérébelleuses, accompagnées de cette impuissance motrice relative à la marche, rappe-

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