‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 124 sur 174 · TE · texte numérisé non relu

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lant vous le voyez, la symptomatologie du syndrôme astasie paralytique (1). Ici l’œuvre de diagnostic pourra rencontrer des difficultés très sérieuses et, pour la mener à bien, il faudra le plus souvent considérer les circonstances concomitantes : c’est ainsi que les douleurs de tête fixes et intenses, accompagnées de vomissements, la présence d’une névrite optique, les vertiges de translation, etc., révéleraient la lésion cérébelleuse, tandis que la coexistence des stigmates sensitivo-sensoriels ou d’attaques caractéristiques contribuerait à démasquer l’origine hystérique des accidents.

Il importait de vous signaler cetécueil, que vous rencontrerez peut-être plus d’une fois, dans la pratique, et qu’il vous faudra chercher à éviter à tout prix.

Les circonstances m'amènent, messieurs, à vous parler maintenant de deux autres cas d’abasie qui ont été ces jours-ci admis dans le service. Vous voyez comment des faits cliniques, qu’on croyait des plus rares, semblent tendre à devenir presque vulgaires, lorsqu'on à appris à les reconnaître et qu'ils ont enfin fixé l’attention. Cette fois, comme dans l'exemple qui a fait le sujet de notre 16° leçon de la présente année c’est, dans les deux cas, de l’abasie trépidante qu'il s’agit.

Le premier est relatif à un homme de 49 ans nommé Sal...ès, autrefois contremaïtre dans une fabrique de papiers peints, à Epinal.

Vous constatez, par la démonstration que j'en fais devant vous, que chez lui le syndrôme abasie est quelque peu effacé, en ce sens qu'il n’est point permanent. Vous retrouvez bien ce contraste entre l'intégrité parfaite des mouvements des membres inférieurs lorsque le malade est couché ou assis, et leur vicieuse adaptation aux mouvements de la marche qui constitue, en somme, le caractère le plus saillant du trouble abasique; mais cette incoordination spéciale à la marche, je le répète, ne se montre pas constante : il faut souvent, pour la mettre en relief, la provoquer à l’aide de certains artifices. En général, elle s’accuse très évidente quand le malade, après avoir marché pendant quelque temps, se prépare à s'asseoir, ou encore lorsqu'étant assis 1l se lève et se prépare à marcher. Dans ces circonstances-là,on voit se dessiner parfaitement cette progression trépidante que nous avons minutieusement décrite, à propos du cas de Ro...el, dans la leçon du mardi5 mars, à laquelle je vous renvoie pour les details (2). Elle se manifeste encore à coup sûr quand il essaie de marcher à reculons et aussi lorsque, pendant qu’il s’'avance, marchant à peu près régulièrement, on cherche à lui faire obstacle en appliquant légèrement une main sur le devant de sa poitrine. Il s’agit donc là en quelque

1. Voir sur ce sujet de l'astasie céréhelleuse, Dreschfeld, Five Cases of cerebellar Disease 1882. — Carrion, Hémorragie cérébelleuse. Thèsede Paris, 1875.— Bernhard. Hirn Geschivülste p. 239, Berlin. — Voir aussi Duchenne de Boulogne et Nothnagel.

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