‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 20 sur 174 · C. Pas de troubles vésicaux · texte numérisé non relu

C. Pas de troubles vésicaux

Tel est l’ensemble symptomatique lorsqu'il s’agit de cas récents ou relativement récents. Naturellement nous ne devons pas nous attendre à rencontrer tous ces symptômes chez un sujet qui a survécu, a récupéré presque intrégralement — en ce qui concerne les fonctions motrices — l'usage de ses membres, et chez lequel il y a tout lieu de supposer, ainsi que nous l’avons dit en commençant, qu’il n’y a pas euhémisection proprement dite, mais seulement piqûre ou peut-être même compression momentanée plus où moins brusque. I est clair qu’une restitution progressive très accentuée sur certains points à seule permis ce retour partiel mais fort remarquable cependant au fonctionnement normal. Aussi est-ce,dans l’acception le plus rigoureuse du mot, d'une hémiplégie spinale fruste qu’il s'agit chez notre malade. Mais vous allez être amenés à reconnaître que l’ «inscription» n'est pas à l'heure qu'il est, tellement effacée qu'il soit devenu très difficile de la « lire ».

Voici du reste le tableau analytique des phénomènes qui peuvent être actuellement relevés chez notre sujet :

A. Côté gauche : A° T1 n'existe plus trace de paralysie motrice dans le membre inférieur. Celle-ci aurait été absolue complète pendant une quinzaine

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de jours ; à partir de cette époque le malade a commencé à pouvoir remuer progressivement les divers segments de ce membre. Au sortir de l'hôpital, six ou huit semaines après l'accident, il boitait encore, et il a éprouvé de ce côté une certaine gêne dans les mouvements pendant près de trois ans. Cependant il a pu très rapidement reprendre son métier de couvreur, qu’il n’a pas cessé depuis; — 2° Aujourd'hui, pas d'élévation de température sur la peau de ce membre, au contraire ce membre est relativement plus froid que l’autre ; pas d’hypéresthésie cutanée, pas de modification du sens musculaire. Ces symptômes ont-ils existé autrefois? Nous n'avons pas de renseignements:à cet égard. — 3° Le réflexe rotulien est notablement exagéré; pas de trépidation provoquée du pied ; — 4° Le membre gauche ‘est remarquablement atrophié dans toute son étendue,ce donttémoignent suffisamment les chiffres suivants : cuisse gauche partie moyenne, 39 c.; cuisse droite, partie moyenne, 43 c.; jambe gauche, partie moyenne, 26 c.; jambe droite, partie moyenne, 33 c. C'est donc une atrophie très remarquable; mais M. Vigouroux qui a examiné la chose de près n’a pu retrouver là cependant la moindre trace de réaction de dégénération. Il faut donc admettre que si ici, comme je suppose que cela a lieu d'ordinaire dans les cas de ce genre, l’atrophie a été la fconséquence d'une propagation du processus myelitique à la colonne des cornes antérieurs de la substance grise du côté de la lésion, il faut admettre, dis-je que cette altération n’a pas amené la destruction complète des cellules nerveuses de la région, et que la restitution ad inlegrum en a été possible pour la plupart d’entre elles.

B. Côté droit : 1° Pas de troubles du mouvement, jamais il n’en a existé ; — 20 Réflexes tendineux normaux ; — 3° Pas de modification du sens musculaire de ce côté, mais modification profonde de la sensibilité de la peau. A proprement parler ce n’est pas l’anesthésie proprement dite qu'on y rencontre, mais bien un trouble équivalent qui signale généralement l'existence d’une compression spinale ou d’une lésion organique desfaisceaux postérieurs. Je veux parler du phénomène de dysesthésie, comme je l’appelle, qui consiste principalement en ce que le malade sent quand on le pince, quelquefois avec un retard notable, mais sans pouvoir préciser exactement le lieu où a porté l'excitation : de plus la sensation produite diffuse en quelque sorte au-dessus et au-dessous du point piqué ou pincé.

Enfin le froid, le chaud ou la piqüre ne sont pas reconnus comme tels mais donnent tous également naissance à cette vibration douloureuse ou pour le moins fort incommode dont nous parlions il n’y a qu'un instant à propos du pincement. Je ferai remarquer en passant que ce phénomène de dysesthésie, autant qu’on sache, paraît appartenir exclusivement aux lésions organiques spinales et qu’on ne le voit pas se combiner par exemple avec l’analgésie ou l'anesthésie des hystériques. LA

Rien de plus simple, vous le voyez jusqu'ici, que d'interpréter à l’aide de

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