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Diminution de la sensibilité. — 3. Plaques hystérogènes

gauche très nettement accusée, une anesthésie presque absolue sur la jambe et le pied gauches. Les troubles sensoriels sont de leur côté très-bien caractérisés : goût diminué sur le côté gauche de la langue ; odorat obnubilé également à gauche ; ouïe affectée à gauche; enfin on observe sur l’œil gauche tous

les caractères de l’amaurose hystérique complète, la vision de l'œil droit ne présentant aucune anomalie appréciable.

Voici d ailleurs quelques détails plus circonstanciés relevés par M. Parinaud à propos de l’examen oculaire de notre malade (Fig. 23). L'examen de l'œil

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droit fait constater un champ visuel absolument normal. Pas de dischromatopsie, pas de polyopie monoculaire. Le champ visuel du rouge est, comme dans l’état normal, moins étendu que celui du bleu. ;

L’œil gauche présente au contraire une amaurose complète ; on peut s’en assurer en approchant vivement un doigt de l'œil gauche, le réflexe du clignement n’a pas lieu. En outre le malade ne présente pas de ce côté les modifi-

cations pupillaires relatives à l’accommodation aux distances. Point d’anes-

thésie cornéenne ou conjonctivale.

Lorsque, les deux yeux étant ouverts, on fait regarder au malade un carré

de papier blanc, il ne voit qu’une image, laquelle disparaît si l’on ferme l'œil droit ; par contre si l’on place devant ce dernier œil un prisme donnant une déviation de l’image de 10 centimètres environ, le malade voit deux carrés de papier blane, au lieu d’un ; si l'on interpose dans cette même expérience un verre coloré devant un des deux yeux, le malade voit une ‘nage colorée etune image blanche et les positions respectives de ces images, varient suivant la direction du prisme.Si,au lieu de placer le prisme devant l'œil droit, on le place devant l'œil gauche amaurotique, le malade ne voit qu’une seule image. Ainsi l’œil gauche,amaurotique dans la vision monoculaire, fonctionne normalement lorsqu'il s’agit de la vision binoculaire, Ces faits singuliers mais qui, plusieurs

fois, déjà, ont été observés dans des circonstances analogues, avec un concours de précautions qui mettent à l'abri de toute erreur, peuvent-ils être interprétés en admettant pour la vision monoculaire et pour la vision binoculaire deux centres distints ? Je laisserai pour le moment la question sans solution, * car il s’agit seulement pour nous actuellement de bien montrer que notre sujet présente réellement un ensemble fort caractéristique de symptômes hystériques ; à cet égard, vous le voyez, les preuves abondent, et il paraît inutile de pousser plus avant.

Je ne veux pas oublier de mentionner cependent encore, avant de clore cette énumération, l’existence d’une plaque hypéresthésique hystérogène dont il a été déjà question du reste plus haut, située sur le tronc dans la région hépatique, et celle d’une plaque de même nature occupant le serotum du côté gauche, avec participation du testicule correspondant.

Tels sont les trois grands éléments pathologiques que l'analyse clinique nous conduit à distinguer chez notre malade.

Vous avez bien compris qu'il ne faut pas voir là autant d'épisodes sans connexion mutuelle et réunis par le seul hasard sur un même sujet. Les lois d’une logique implacable règnent, au contraire, dans toute cette histoire.

L’alcoolisme du père a retenti sur le fils sous la forme de la paralysie infantile spinale. Les abus du fils, dont le père encore est au moins en partie responsable, ont déterminé chez celui-là la paraplégie alcoolique et préparé le développement de l'affection hystérique que des causes morales ont, à un moment donné, fait éclater. L'influence des abus alcooliques sur le développement de l’hystérie, surtout chez l’homme, est, on le sait aujourd’hui un fait de connaissance vulgaire et pour ne pas entrer actuellement, sur ce sujet, dans de longs développements, je vous renverrai à une leçon que j'ai faite il y a deux ans et que vous trouverez insérée dans le Pulletin médical du 25 mai 1887 (Hémianesthésie hystérique et hémianesthésies toxiques).

11 ne nous reste plus, messieurs, pour en finir, qu’à envisager les questions relatives au pronostic et au traitement. C'est l’hystérie qui aujourd'hui est ici l’affection dominante vraiment active; les lésions de la paralysie infantile spinale, aggravées un moment par celles qu'a produites l’intoxication alcoolique ne constituent plus guère que des infirmités incurables, derniers vestiges de maladies éteintes.

Que pourrons-nous faire en faveur de notre malade? C'est toujours chose fort sérieuse que l'existence d’une hystéro-épilepsie développée dans les conditions où 1l se trouve. Personne ne veut plus l’employer à cause de ses crises nerveuses fréquentes et d’ailleurs terribles, et aussi à cause de son état mental qui le rend irrégulier et oublieux.

C'est ici le lieu de rappeler que les affections nerveuses d'ordre dynamique, sans lésions appréciables, ne sont pas, tant s’en faut, toujours moins durables, moins tenaces que ne le sont les maladies dites organiques.

Telle est en particulier l'hystérie de l’homme, surtout celle de l'homme adulte, el pour ce qui est spécialement du sujet que nous avons sous les yeux, je ne pense pas qu'il puisse reprendre son travail assez sérieusement pour subvenir à son existence, avant plusieurs mois, plusieurs années peut-être.

Sans doute, la cessation des abus alcooliques, par la stricte observation des règles de l'hôpital, aeu pour effet de produire en lui quelques amendements auxquels ont contribué, d'un autre côté, l'emploi des pratiques hydrothérapiques et l'usage des toniques; mais nous n’entrevoyons pas encore une solution définitive quelque peu prochaine (1). Les attaques chez lui, bien qu'un peu moins fréquentes que par le passé, persistent toujours et aussi les stigmates. Le mieux, je crois, sera d'obtenir son admission à l’hospice de Bicêtre, ou à l'abri de la misère et des tristes préoccupations et privations qu’elle entraîne avec elle, il pourra pendant un temps suffisamment prolongé, suivre le traitement qui lui convient. Finir par Bicêtre ! Hélas, pauvre « Don Juan » !

2e MaArADE

Trois malades atteints de paralysie faciale périphérique sont introduits.

M. Caarcor. — Le premier de ces trois malades dont nous allons nous oceuper un instant est un garcon de 15 ans que nous vous avons présenté déjà le mardi 18 juin dernier (Voir Leçons du mardi, 1887-88, p. 463) comme un exemple de paralysie faciale douloureuse. En effet, le dimanche 3 juin il avait, le soir, ressenti une douleur dans la profondeur de l'oreille externe droite et en même temps un agacement des dents du même côté. Déjà, ce soir-là, il ne pouvait plus fermer son œil droit complètement. Le lendemain . la bouche était de travers et la paralysie faciale était absolue. L'application du froid dans ce cas paraît avoir contribué à provoquer l'apparition de la paralysie; mais on pouvait recueillir dans les antécédents personnels et héréditaires du malade les preuves d’une prédisposition nerveuse accentuée. Lui-même est névropathe ; dans l'enfance il a eu des convulsions; la nuit 1l parle, s’agite, gesticule.

1. Comme cela arrive dans la plupart des cas de grande hystérie chez l'homme l'hypnotisation dans ce cas n'a pas été praticable.

Sa mère est une mélancolique, une anxieuse ; elle tombe de tempsen temps, sans cause appréciable, dans des accès de tristesse qui durent plusieurs semaines, plusieurs mois.

Je erois devoir reproduire ici les paroles par lesquelles je terminais les considérations présentées à propos de ce malade dans la leçon du 48 juin 1888 : « Chez notre malade, les douleurs de l'oreille et des dents n’ont pas été intenses ; elles paraissent s'être développées presque en même temps, peutêtre en même temps que la paralysie et elles n’ont pas survécu longtemps à son début; d’après cela, conformément aux conclusions de M. Testaz, la paralysie devrait être considérée comme bénigne, facilement guérissable. Eh bien, messieurs, cela ne paraît pas être tout à fait le cas chez notre malade, car l'exploration électrique pratiquée il y a quatre jours a fait reconnaître chez lui une réaction de dégénération prononcée.

« De plus, quand à l'aide du marteau de Skoda, on percute les muscles du côté paralysé, on les voit agités de secousses fibrillaires qui révèlent en général, une modification organique assez prononcée des faisceaux musculaires. Notre cas donc, à n'en pas douter, n'appartient pas à la catégorie bénigne : il est vraisemblable, au contraire, que notre jeune client en aura pour longtemps. »

Il n’est pas sans intérêt de constater aujourd’hui ce qui est advenu chez notre jeune malade, qui n’a pas cessé d’être soumis au traitement électrique méthodique depuis le 20 juin, c’est-à-dire depuis 5 mois environ. Nous constatons aujourd’hui un amendement très remarquable. La plupart des mouvements volontaires ont reparu dans le domaine du facial paralysé ; il peut fermer parfaitement l’œ1l, faire contracter normalement les divers muscles de la joue et des lèvres ; l’excitabilité électrique cependant est encore en défaut. En somme les choses ont été plus vite que nous ne l’avions pensé en nous fondant sur l'électro-pronostic : nous pouvons espérer que sous peu la guérison sera complète. À ce propos je crois devoir relever ce qui suit:

Rien de mieux établi pour l'immense majorité des cas que la classification établie par M. le professeur Erb, des paralysies faciales en forme légère, moyenne, et grave, classification fondée sur l’électro-diagnostic qui, dans l’espèce, pourrait être appelé l’électro-pronostic. Mais ilne fautpas oublier que Les règles établies par M. Erb, fondées incontestablement sur un nombre considérable de bonnes observations, comportent cependant quelques exceptions que relevait l'autre jour M. le D' Neumann dans un travail publié par l'Union médicale (15 novembre 1888). On peut voir des cas de paralysie faciale qui, paraissant, au point de vue des réactions électriques, comporter un pronostic grave, guérissent cependant rapidement, tandis que des paralysies dites bénignes, d'après les réactions électriques, peuvent exceptionnellement persister pendant longtemps.

M. Dejerine a signalé un cas de ce genre (Société de Biologie, 9 août 1884),

dans lequel l’autopsie à fait reconnaître dans le nerf facial l'intégrité de la grande majorité des tubes nerveux.

« Nous avons eu l'occasion, dit M. Neumann, d'observer des hémiplégies de la face dans lesquelles les résultats fournis par l'examen électrique ne s’accordaient en aucune façon avec l'intensité et la durée de la maladie ; et nous avons vu des paralysies faciales, ne s’accompagnant d'aucun changement dans les réactions électriques, persister pendant des mois entiers et ne se terminer que par une guérison incomplète. »

Ces cas qui paraissent échapper aux règles posées par M. le professeur Erb doivent être certainement fort exceptionnels. Ils suffisent cependant à montrer une fois de plus qu'il reste encore quelque chose à faire sur ce chapitre de la paralysie faciale qu’on pourrait croire à peu près complètement épuisé.

3e ET 4° Marapes

Il s’agit ici de deux cas de paralysie faciale périphérique de date récente.

Le premier concerne un homme d’une trentaine d'années qui, il y a huit jours a souffert d’un coryza avec mal de tête et en même temps de douleurs derrière l'oreille du côté droit. La paralysie faciale a paru deux jours après. Impossibilité de fermer l'œil droit, joue droite flasque et immobile.

La réaction électrique indique une forme légère. Il a été impossible de trouver dans les antécédents héréditaires du malade la moindre trace d’une tare nerveuse. Ù

Le second malade, âgé de 18 ans, est également atteint de paralysie faciale depuis une huitaine de jours ; c’est de la forme non douloureuse qu'il : s’agit. Il s’en est aperçu le matin au réveil: il ne se rappelle pas avoir été soumis à l'action du froid. La recherche des antécédents nerveux dans la famille ou chez le sujet lui-même est restée sans résultat. La paralysie est très accentuée dans tout le côté gauche de la face : front, orbiculaire de l'œil, muscles de la joue.

Cependant il s’agirait, d’après les indications fournies par l'étude des réactions électriques, d’une forme légère.

«D. de ia 500. de Typ. - Noszmr. .,8, r. Campagne-Première. Parts.

Policlinique du Mardi 27 Novembre 1888

SIXIÈME LECGON

1° Chorée aiguë grave chez un jeune homme de 18 ans. — Antécédents nerveux héréditaires très accentués. — Rhumatisme articulaire aigu dans les antécédents personnels.

2° « Secousses » servant de prodromes aux accès chez une jeune épileptique de 15 ans. — Rétrécissement du champ visuel après les accès.

3° Hystérie chez un saturnin âgé de 28 ans.

17° MArADex.

MESSIEURS

Je vais faire placer sous vos yeux un cas de chorée aiguë grave, menaçant au premier chef au point de vue du pronostic. La mort peut s’en suivre, en effet, dans un bref délai, et je crains beaucoup, je vous l'avoue, que ces tristes prévisions ne se réalisent. Je vous ferai remarquer en passant, messieurs, que depuis l’installation dans cet hospice de la consultation externe et du service de clinique, notre matériel d'observations, en ce qui concerne la chorée, est devenu fort riche.

Chaque année, en effet, nous sommes consultés par une soixantaine de choréiques des deux sexes et de tous les âges ; de fait nous en avons observé plus de cent cinquante, dans le courant des trois dernières années dont une quinzaine environ ont été admis dans les salles. — Cette remarque est destinée à vous montrer que siiparfois nos opinions diffèrent sur certains points relatifs à cette affection de celles professées par quelques auteurs autorisés, nos assertions contradictoires ne sont pas fondées uniquement sur des

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vues de l'esprit; elles s'appuient au contraire, à peu près toujours, sur un nombre suffisant d'observations originales.

Vous comprendrez également par là comment nous avons été plusieurs fois mis eu mesure, depuis cette époque, d'observer dans ce genre un certain nombre de cas rares, exceptionnels.

Un malade est introduit sur une civière,

M. Charcot: Voici notre malade, nous allons l’examiner très rapidement : sa situation ne nous permet pas de le laisser longtemps sous vos yeux.

Je vous l'ai annoncé comme un choréique ; au premier abord vous pourriez ne m'en pas croire tant sont faibles et rares actuellement chez lui les gesticulations.

Il en étaittout autrement il y a vingt-quatre heures à peine ; alors les mouvements choréiques étaient quant à lagénéralisation, à la persistance et à l'intensité, poussés au plus haut degré, subsistaat nuit et jour, sans cesse ni sans trêve. Voici d’ailleurs l’histoire clinique de la maladie telle qu’elle s'est déroulée depuis son début jusqu’à ce jour.

Les premiers mouvements involontaires ont paru dans les bras et dans la tête vers le 5 novembre, c’est-à-dire il y à environ vingt-deux jours ; quinze jours auparavant, s'étaient montrées des douleurs articulaires avec gonflement occupant les deux cous-de-pied et qui ne durèrent que quelques jours ; c'était une réapparition fort atténuée d’un rhumatisme articulaire beaucoup plus intense, plus généralisé qui avait sévi au mois de janvier et sur lequel je reviendrai ultérieurement. Je me bornerai à relever en ce moment que cette attaque derhumatisme a laissé, après elle. une lésion de l’endocarde marquée actuellement par un souffle assez rude siégeant à la pointe du cœur, au premier temps.

Les grands mouvements choréiques se sont manifestés d’abord sur le membre supérieur gauche ; deux ou trois jours après ils ont gagné le membre inférieur du même côté et la face enfin, une semaine après, le côté droit a été pris à son tour. | ;

Le malade est venu à la consultation de l’hospice pour la première fois le mardi 143 novembre ; les mouvements choréiques étaient, cette fois-là encore, d'intensité moyenne; ils s’étendaient, comme on l’a dit, aux quatre membreset à la face avec prédominance à gauche. La parole était déjà assez difficile ; pas de fièvre ; souffle vers la pointe du cœur. La seconde visite qu'il nous a faite date du 16 novembre, trois jours après la première. Les accidents nerveux s'étaient rapidement aggravés : le malade est ce jour-là, énormément agité sur la chaise où il se tient assis ; ses grimaces, ses gestes sont des plus désordonnés; soudain il lance ses bras de chaque côté du tronc, croise ses jambes avec un grand luxe de mouvements ; il parle très difficilement, en changeant sanstransition le ton de sa voix et en chantonnant. Si on lui dit de se lever, il le fait brusquementet, une fois debout, il sautille tantôtsur une jambe, tantôt

sur l'autre, inelinant son corps d'un côté, puis de l’autre. Les mouvements anormaux sonttoujours plus intenses du côté gauche que du côté droit. Chose intéressante à noter,parce qu'on a voulu en faire un Caractère propre à certaines choses prétendues spéciales, à l’occasion des mouvements volontaires, les gesticulations s'atténuent, et même parfois cessent momentanément tout à fait : ainsi, il peut porter un verre à sa bouche, de la main droite surtout, sans répandre le contenu. Toutefois 1l lui est impossible d'écrire. Sommeil agité. Le traitement jusqu'ici a consisté dans l'emploi du bromure (4 à 5 gr.) et hydrate de de chloral {2 à 3 gr. par jour.)

Nouvelle présentation du malade le 19 novembre.

Empirement très accentué de tous les symptômes : le malade ne dort pour ainsi dire plus depuis deux nuits. Les gesticulations des membres et du tronc sont de plus en plus étendues. La situation évidemment devient sérieuse et sur la demande de sa mère le malade est admis dans les salles de la Clinique. Les difficultés qui se sont produites un instant après son admission sont, en ce qui concerne son état mental, une véritable révélation : Il fait dans la cour de l’hospice tout en gesticulant à l'extrême, une scène des plus bruyantes. Il prétend qu'il ne peut supporter l'odeur de la salle, qu’il ne saurait rester - avec des gens d'aussi basse extraction que ceux qui s’y trouvent, ete., ete. Enfin on parvient à le calmer un peu et il consent à se coucher (Bromure de pot., 6 gr., hydrate de chloral, # gr.)

Mardi 20 novembre. — Le malade n’a pas dormi de la nuit ; ils'est montré très agité ; 1l se livre continuellement soit au lit, soit sur le fauteuil où il s’assied, à des gestes de grande étendue. Il projette sa tête violemment de côté et d'autre et en frappe les oreilles du fauteuil ou l’oreiller du lit. Il fait les grimaces les plus insensées, croise et décroise constamment ses jambes ; plie le tronc en avant et peu après le renverse brusquement en arrière ; il glisse incessamment sur le fauteuil où il est assis de façon que sa tête repose bientôt sur le siège et qu'on est à chaque instant obligé de 1e redresser ; au lit, même tendance à toujours descendre. On s'aperçoit que les coudes, le creux poplité commencent à rougir en conséquence des violents frottements auxquels ils sont insessamment soumis.

sans doute il est de règle que dans la chorée,même la plus bénigne, il y ait à constater quelque perturbation mentale. Mais, désormais, chez notre malade, les troubles de ce genre dépassent évidemment les limites ordinaires c’est ainsi qu'il prétend avec assurance, être persécuté par les malades du service ; tous ceux qui ont aidé à le maintenir dans son lit ou dans son fauteuil l'ont, assure-t-il, cruellement brutalisé; on l’aceuse sans cesse, dit-il, d’avoir eu la Syphilis ; le soir du même jour il nous affirmait qu'on lui avait coupé le «scrotum ». Par moments il semble reconnaître que tout cela est faux et.nous dit : « Mais est-ce que je rêve? » La température s’élève à 39°; le pouls est à 120, régulier. (Bromure de sodium, 6 gr. ; chloral, 6 gr. ; extrait thébaïque,0 gr. 08.)

Mercredi 21 novembre. — Cette nuit, ila dormi en deux fois près de trois heures. Ce matin néanmoins il est à peu près aussi agité qu’hier ; les gesticulations sont tout aussi étendues."G'està peine s'il peut aujourd'hui articuler un mot distinctement. Les rougeurs dues au frottement s'étendent maintenant à la face postérieure et interne des bras. On n’a pu le laisser hors du lit, sur son fauteuil, qu'une heure ce matin. De même que les jours précédents, il ne peut avaler, et encore difficilement, que des aliments liquides. Même traitement. Température rectale de 38° 4 matin, 38° 8, le soir.

Jeudi 22 novembre. — Il a à peine dormi une heure cette nuit. Toujours extrémement agité. Les gesticulations sont des plus intenses. Il n’a pu quitter un instant le lit où il rend les urines involontairement. Impossible d'émettre le moindre bruit articulé ; aussi, est-il fort difficile de se rendre compte exactement de son état mental. Toujours est-il qu’il paraît comprendre les questions qu’on lui adresse ; sur la demande qu’on lui en fait, il essaie de tirer sa langue, mais il n'y réussit pas et parvient seulement à ouvrir la bouche. La langue n’est point sèche. Même traitement. Température rectale : matin 38° 6, soir 38° 8.

Vendredi 23 novembre. — Bien qu'il n'ait pris qu'environ 2 grammes de chloral, il à dormi toute la nuit. Les mouvements choréiques sont moins étendus et plus lents qu’hier. Il y a donc à quelques égards une apparence d'amendement ; mais, s'agit-il d'une amélioration sérieuse ? on n'ose l’espérer. Le malade est, en réalité, très prostré, très amaigri, les yeux enfoncés. Les lèvres sont sèches, couvertes d’enduits ; la langue cependant reste humide.

On a eu raison ce matin, quant au pronostic, de se tenir sur la réserve, car le soir, bien qu’on ne puisse découvrir lexistence d'une complication viscérale quelconque, la température s'élève brusquement à 40° ;le pouls est à 120, régulier.

Samedi 24 novembre. — Le malade n’a pas paru agité cette nuit : mais son état ce matin n’en est pas plus rassurant pour cela : sans doute les mouvements anormaux des membres ainsi que les grimaces sont moins étendus moins fréquents. Il se borne à grincer des dents, à élever les sourcils brusquement pour les abaisser ensuité, à tourner les yeux presque convulsivement de tous côtés ; mais le facies est légèrement cyanosé, amaigri. La température est à 40° 3;le soir elle se maintient à 40°. Pouls très fréquent : près de 140 par minute et un peu après à 120 seulement; arythmie très prononcée ; lesouffle vers la pointe du cœur ne s’est pas modifié.

En outre de la solution de Fowler et de la teinture de Mars prescrites hier, on a administré aujourd’hui 0 gr. 75 de digitale. Poudre de viande, potion de Todd. roy

Dimanche 25 novembre. — Sommeil très agité lanuit ; il crie, délire, appelle sa mère. Toujours grincements de dents, mouvements divers dela face; les gesticulations sont encore atténuées. Il ne parait pas reconnaître les gens qui l’en-

tourent. Quoi qu'ilen soit, la température a notablement baissé : le matin, elle est à 39° le soir à 38° 6. S'agit-il là d’une défervescence de bon aloi : C’est bien peu vraisemblable. Le pouls ralenti est tantôt à 60°, tantôt à 80°, presque régulier : on suspend la digitale et l’on se borne aux toniques.

Lundi 26 novembre. —Même état qu'hier.Il avale difficilement, somnolence, avec cris inarticulés de temps à autre ; les mouvements dans les membres ont presque complètement disparu. Température 38°, pouls 130, 120.

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