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Voici enfin l'état dans lequel nous le trouvons aujourd'hui mardi 27. — Veuillez bien remarquer tous les détails que je vais relever chemin faisant dans le cours de notre examen.
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Le tracé du pouls est (- - -) schématique, le pouls variant d’un instant à l'autre.
Ce qui frappe tout d'abord, avec le mutisme absolu du sujet et l'expression:
de torpeur de ses traits, c’est l'absence à peu près complète de mouvements involontaires : que sont devenues ces grandes gesticulations de ces jours passés ? Elles ne sont plus représentées actuellementque par de légères secousses
des membres tant supérieurs qu'inférieurs, visibles surtout ne ceux-ci
sont maintenus soulevés par la main de l'observateur et qui rappellent la description des soubresauts de tendons des fièvres graves.
Serait-ce donc qu'il s’agit ici de cette forme paralytique de la chorée dont je vous montrais l’autre jour un exemple ? Hélas ! non, il n'y a là qu'une apparence trompeuse; la chorée molle paraît être généralementhbénigne, tandis que, actuellement, le cas est évidemmentsérieux. Je relèverai particulièrement, comme indices tristement significatifs, la teinte cyanosée générale des téguments et surtout des extrémités et du nez ; la maigreur extrême du sujet survenue très rapidement, bien que l'alimentation ait pu être continuée tant bien que mal ; la langue est sèche, le ventre creusé en bateau, comme ratatiné, etc., etc.
Le malade peut être ramené dans les salles : (Le malade est porté hors de de la salle), le voilà parti, nous pourrons parler de lui plus librement. Eh bien, messieurs, je vous dirai franchement, maintenant qu'il ne peut plus nous entendre, que je ne suis nullement rassuré sur son compte. L’amaigrissement rapide, lateinte cyanosée, la stupeur et jusqu’à la presque complète cessation des mouvements qu'on pourrait, dans d’autres circonstances, considérer comme un événement favorable, tout cela ne nous dit rien de bon; et, bien que depuis hier, la température centrale ne se soit pas élevée au-dessus de 38°8, je redoute fort, quoi que nous puissions faire,une terminaison fatale dans un bref délai.
Oui messieurs, pour tout dire en un mot, je crains quil ne s'agisse ici d’une chorée mortelle. Est-ce donc que la chorée, cette affection que j'ai eu l’occasion fréquente de vous présenter comme généralement bénigne, puisse en réalité se terminer quelquefois par la mort? Eh bien, oui,cela peut arriver dans certains cas, et justement je veux, un instant, attirer votre attention sur les faits de ce genre.
Messieurs, il sera légitime, je pense, avec Lendet (Mémoire sur les chorées sans complications, terminées par la mort. Arch. de Méd. 1853, 2° série) et avec le D: Sturges (Chorea as a fatal disease.— On chorea, p.172. London 1881), de distinguer dans l’espèce deux ordres de cas tout à fait différents : Ceux dans lesquels on meurt pendant la chorée en conséquence de quelque complication organique telle que pneumonie, endocardite, etc.; ceux danslesquels, au contraire, on meurt sans complication de ce genre, par le fait même de la chorée s1 l’on peut ainsi parler.
Ce sont les cas du dernier groupe qui devront nous occuper exclusivement, car à mon avis, messieurs, si la terminaison par la mort a lieu chez notre pau-
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