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Au cours des nombreuses suspensions pratiquées à la Salpétrière, pendant ces deux derniers mois, nous avons vu survenir des accidents de divers ordres qui ont motivé la cessation du traitement et sur lesquels nous tenons à insister particulièrement.
Dans un cas, chez un homme de 55 ans, athéromateux, nous avons vu survenir après la dix-septième séance, un œdème des membres inférieurs résultant de troubles cireulatoires cardiaques sans lésion orificielle appréciable (cœur forcé). L'æœdème a cessé rapidement, d’ailleurs,après la suspension des séances.
Chez un homme âgé de 51 ans, tabétique confirmé ne présentant aucune lésion cardiaque et n'étant pas sous le coup de crises laryngées, un état lypothimique s’est manifesté à la suite de quelques séances, puis, à la suite dé l’une d'elles, une véritable syncope ce qui a nécessité l'interruption du traitement.
Un second cas, où une des suspensions a été suivie d’une syncope que rien ne faisait prévoir, a été observé.
Chez un quatrième malade âgé de 43 ans, suspendu huit fois, les symptômes parétiques, déjà très prononcés du reste avant le traitement, se sont aggravés sous son influence. Ce malade était profondément anémié.
Enfin, dans un cinquième cas, est survenu à la suite d’une séance une paralysie radiale évidemment déterminée par la compression.Cette paralysie a disparu très rapidement.
Nous devons noter encore un fait observé en dehors du service. Il s’agit d’un cas de rupture d’une artériole athéromateuse déterminée par la compression exercée sur l’aisselle pendant l'application de la suspension.
Voilà des accidents qu’il importait de signaler hautement et qui sont bien de nature à montrer que la pratique des suspensions ne saurait être faite, sans critique, sans distinction des cas, et qu’il peut être dangereux dans certains cas de l’abandonner au malade lui-même.
Relevons,en passant,que trois de nos tabétiques améliorés présentaient avant le traitement une proportion plus ou moins considérable de sucre dans les urines.
En dehors du tabes, la suspension a été appliquée à huit sujets atteints de paralysie spasmodique, à trois sujets affectés de la maladie de Friedreich, enfin à quatre cas de paralysie agitante (maladie de Parkinson).
Aucun des malades atteints de paraplégie spasmodique (huit cas dont deux sont relatifs à la sclérose en plaques), n’a subi quant à présent plus de huit séances ; tous ont bien supporté la suspension, plusieurs affirment que,chez eux, la rigidité des membres inférieurs est devenue moindre. Mais, en raison du petit nombre des séances, il est difficile de se prononcer. Tout ce que l'on peut dire c’est que, à l'inverse de ce qui s'était produit dans un cas antérieur (sujet atteint de sclérose en plaques signalé dans la leçon du 15 janvier), la
ed. PRES
suspension aété parfaitement tolérée, sans produire jamais une aggravation des symptômes paralytiques.
Les trois malades atteints de maladie de Friedreich, traités par la suspension sans application du corset, n’en ont tiré aucun bénéfice appréciable. IL est vrai que Le nombre des suspensions n’a pas dépassé encore six séances.
Par contre dans les cas de paralysie agitante,— nousrelevons en passant qu'il s'est agi là de la véritable maladie de Parkinson et nullement d'un tremblement quelconque, — les résultats de la suspension ont été vraiment favorables. Ainsi,chez quatre malades de ce genre ayant subi de sept à vingt-trois suspensions,lesommeil est devenu meilleur,en mêmetemps quele sentiment de chaleur qui se produit surtout la nuit s’est remarquablement amendé; là rigidité des membres et les symptômes pénibles, parfois douloureux, que les malades y éprouvent ont été fortement atténués ; chezune des malades (femme de 43 ans) le phénomène d’antépulsion a disparu; par contre, nous n'avons pas remarqué que le tremblement ait jamais subi une modification appréciable.
Nous nous trouvons encouragés, par ce qui précède, à conseiller Le traitement de la suspension dans la maladie de Parkinson, surtout lorsque la raideur des diverses parties du corps et les sensations pénibles diverses qui l’accompagnent si souvent, se montrent particulièrement prononcées.
20 mars 1889.
Policlinique du Mardi 22 Janvier 1889