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près complète, et elle est restée dans l'impossibilité de se tenir debout et de marcher pendant près d'une année. nt
Le cas est relatif à une nommée Man...llon, aujourd’hui âgée de 38 ans, qui est à la Salpêtrière depuis 4 ans environ, ne maladie de Dali a débuté chez elle il y a environ 9 années, alors qu’elle était âgée de 23 ans. Les symptômes se sont très notablement amendés dans le cours des deux dernières années. k
Voici l'indication sommaire des principaux faits consignés dans l’observation de cette malade. L'étude des antécédents a appris ce qui suil: le grandpère paternel a eu des « idées noires »; la grand'mère maternelle élait sujette à des attaques de nerfs. Le père était vif, emporté, chagrin. Il avait été autrefois dans une position aisée, mais par suite de mauvaises affaires, il tomba tout à coup dans la misère, entraînant dans sa ruine toute sa famille. Le chagrin profond ressenti par Man...lon à la suite de ce triste événement a été à, n'en pas douter, chez elle, la cause provocatrice de la maladie; celle-ci s’est développée, du reste, peu de temps après, à peu près en même temps que survenait une attaque de rhumatisme articulaire aigu d'une certaine gravité.
Les palpitations, bientôt suivies d’exophtalmie, ont marqué le début de la maladie (en 4880), et, peu après, le tremblement est survenu. Le goitre qui, à un moment donné, est devenu très volumineux, a paru dès la première année. En 1883, s'est produite une aggravation dans tous les symptômes déjà existants ; il sy est joint en plusune diarrhée par crises à retours fréquents, de la polyurie, une toux sèche très fatisante, de la thermophobie avec sueurs profuses, enfin un amaigrissément notable. C'est vers la même époque qu'ont commencé à paraître les symptômes paraplégiques, s’accusant d’abord de temps à autre, par périodes suivies de rémissions durant lesquellés se MmOontrait fréquemment, pendant la station ou la marche, qui parfois exigeait l'emploi des béquilles, le phénomène de l'effondrement des membres inférieurs.
La paraplégie S ‘était définitivement établie en permanence, et était depuis plusieurs semaines devenue à peu près complète lorsque la malade est entrée à la Salpétrière en juillet 1884. Elle a persisté, à peu de chose près, telle quelle, au même degré, jusqu'en septembre 1885, époque à laquelle la malade a commencé à pouvoir se tenir debout et marcher. Les symptômes ordinaires de la maladie de Basedow ont, pendant ce temps,continué leur train: goitre volu= mineux, yeux très, saillants, sueurs, chaleurs avec un pouls de 440 à 150 parfois. Cependant, la température centrale moyenne est de 37°4; elle s'élève
1, Le pouls motte etitore quelquefois à 400, — La température ne dépasse pas 97, 37, 2
parfois jusqu'à 37°7, mais elle ne dépasse jamais 38°. Anémie profonde : tremblements vibratoires très marqués, etc. Tous ces symptômes-là ont commencé à décroître dans le temps même où les phénomènes paraplégiques se sont amendés ; ils existent tous cependant encore aujourd’hui à l’état rudimentaire, 9 ans après le début de la maladie, bien que la situation dépuis 2 ou 3 ans se soit très notablement améliorée sur toute la ligne.
Nous devons insister maintenant sur les caractères que cette paraplégie a présentés. Ils sont assez particuliers, comme on va le voir.Ainsi qu'on l’a dit,
lors de l'admission à la Salpétrière, l'impuissance motrice des membres infé- D
rieurs était à peu près absolue. La malade avait dû y être transportée sur une civière ; elle était depuis plusieurs semaines déjà confinée au lit. Les membres
paralysés sont légèrement amaigris, on n’y remarque cependant pas d’atro-
phie proprement dite, pas de secousses fibrillaires entre autres ; la température
de la peau et sa coloration sont normales. La malade n’y accuse aucune
douleur, fulgurante ou äutre, aucune sensation de constriction ; pas d’engourdissement, pas d’hyperesthésie, pas d'anesthésie. Toutes les excitations cutanées sont perçues normalement; pas de douleur à la pression. Le sens musculaire est parfaitement conservé ; lorsque ses yeux sont clos, elle sait
très bien déterminer l’attitude qu’on donne à ses membres, les mouvements qu'on leur fait exécuter. L'impuissance motrice porte principalement sur
le membre inférieur gauche oùla malade ne peut mouvoir volontairement que
les orteils, et encore n’est-ce qu'avec peine.
Elle n° oppose aucune résistance aux mouvements soit de flexion soit d’extens 1 sion, qu'on veut imprimer à ses membres qui, au niveau des jointures, ne
présentent aucune trace de rigidité, mais ne sont cependant pas absolument
flasques ; absence complète des réflexes rotuliens ; réflexes cutanés nuls.
L'examen électrique ne donne rien qui s'éloigne de l’état normal; aucun
trouble fonctionnel,soit de la vessie, soit du rectum pas de douleur en ceinture ,
on rachialgique. Lorsqu'on prend Ia malade sous les aisselles pour l'aider à se tenir debout elle s’affaisse sur elle-même.
Au moment où l'amélioration est survenue, quand la malade a pu commencer,
à se tenir debout et à marcher, elle a dû tout d'abord faire usage de béquilles; plus tard elle a marché seule, sans appui, mais sa démarche est, pendant fort longtemps, restée titubante, fréquemment interrompue par des menaces
d'efftondrement en conséquence de flexions brusques et 1 inopinées s ‘opérant dans »
les genoux. Ces particularités se retrouvent encore aujourd’hui à un certain degré bien que fort eftacées.
el est l’ensemble des phénomènes,tant positifs que négatifs,sur lesquels j'ai voulu appeler votre attention. Il est assez particulier, je crois, pour qu'il soit permis dele distinguer des complexus symptomatiques qui peuvent S'en rapprocher par quelques côtés ; sans entrer dans une discussion en règle à ce propos, je me bornerai à faire remarquer que, très certainement, il ne S ‘agit
ce
pas là d’ataxie locomotrice,non plus que d’hystérie dont d'ailleurs notre malalade ne porte aucun des stigmates connus (1).
Je crois pouvoir émettre l'opinion que le syndrome en question représente une forme particulière de paraplégie qu'il conviendra peut-être d'ajouter à la série déjà longue de ceux qui se rattachent plus ou moins directement à la maladie de Basedow et en font, en quelque sorte, partie intégrante, quoique placés sur le second plan par rapport aux symptômes cardinaux. Il paraîtrait même que, dans l'espèce, ce syndrome n’est pas très rare, à en juger du moins par cette circonstance qu'il figure, bien qu'à des degrés divers, dans les quatre observations que nous venons de passer en revue et qui par conséquent à cet égard constituent un groupe homogène.
V. Pour établir un contraste avec ces faits, de façon à mieux faire ressortir l'intérêt qui s’y attache, je vous présenterai en terminant un cinquième exemple de maladie de Basedow, dans lequel les membres inférieurs sont également le siège de troubles du mouvement ; mais, dans ce dernier cas, 1l nous sera facile de reconnaître que c’est l’ataxie tabétique qui est en jeu.
Le sujel estun homme de 45 ans, nommé Mes... mann qui, il ya sept ou huit ans, s’est mis à trembler des mains en même temps qu'il ressentait des palpitations de cœur et que ses yeux devenaient saillants. Ces symptômes de la maladie de Basedow existent encore aujourd’hui et la tachycardie, en particulier, est actuellement très prononcée.
Il y a trois ans, sont survenus dans les membres inférieurs des douleurs fulgurantes caractéristiques assez vives et revenant, suivant la règle, par accès. Peu après, s’est établie l’incoordination motrice qui, aujourd'hui, est fort accentuée. Le signe de Romberg existe. Parésie vésicale, fréquemment avec incontinence nocturne. Par exception, — et cette exception d’ailleurs n’est pas tout à faitrare dans l'espèce, — les réflexes rotuliens ont persisté ; ils se montrent même un peu exagérés.
Evidemment, il s’agit ici d'une combinaison de l'ataxie locomotrice et de la maladie de Basedow, dans laquelle celle-ci a précédé l’autre de quatre ou cinq années. Actuellement les deux maladies coexistent sans toutefois se confondre ; c’est doncun cas à ajouter à ceux déjà nombreux auxquels mon collègue, M. Joffroy, a fait allusion dans une des dernières séances de la Société médicale des hôpitaux (2).
1. Le cas de paraplégie survenue dans une maladie chez une femme atieinte de maladie de Basedow publié par M. Ballet, dans le n° 3 de la Revue de médecine, p. 299, me paraîtcomme à ce dernier, relever de l'hystérie ; ce cas appartient à M. le professeur Tessier fils, de Lyon. 2. Communication de MM. Barrié et Joffroy, en décembre 1888. Voir aussi Ballet, séance 1: du 8 février 1889,
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