‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 61 sur 174 · Revue de l'hypnotisme, 11 mai 1887, p · texte numérisé non relu

Revue de l'hypnotisme, 11 mai 1887, p

tionnant, des actions qui les réjouissaient énormément.Ainsi Blan…. fut, dit-on, ‘promené presque nu sur la place de la Banque-de-France; il est allé demander à acheter un cheval chez un marchand de nouveautés, et autres facéties provinciales du même genre.

Jusque-là, il n’y a pas encore grand mal sans doute ; mais voici le côté ficheux. Le jeune Blan.. sans antécédents nerveux remarqués, n’avaitjamais eu d'attaques jusqu'au moment où les premières tentatives d’hypnotisme ont eu lieu : mais, au bout de quinze jours, surviennent des crises se répétant presque tous les jours et quieffrayent considérablement les parents, d'autant plus que le jeune frère de notre petit malade, âgé de 4 ans seulement commençait lui aussi à présenter des symptômes du même genre. C’est pour mettre fin, si possible, à tout cela,que le père nous l’a amené, et d’après notre conseil l’a remis entre nos mains. Les accès à l’hôpital se sont répétés pendant quelque temps tous les deux ou trois jours. C’étaient des attaques hystériques assez bien formulées, précédées d’une aura : douleur de tête et baltements dans les tempes, sifflements dans les oreilles ; puis survenaient des contorsions et l'arc de cercle. Enfin l'enfant prononçait quelques paroles relatives aux préoccupations de la veille. Il n’existait pas de stigmates hystériques. L'enfant est sorti, après cinq ou six mois de traitement, à peu près guéri.

Ce n’est pas la première fois que l’on voit des enfants jouant à l’hypnotisme produire sur eux-mêmes,ou sur leurs camarades, des accidents plus ou moins graves. Ainsi à Breslau, lors du passage du fameux Hansen, un enfant hypnotisé par un de ses camarades a été pris d’attaques de contracture qui durè- : rent plusieurs heures et qui se renouvelèrent par la suite. Un cas du même : genre est cité par M. Mercati dans les Archives italiennes de psychiatrie. Ces faits, ces considérations rendent évidente la nécessité d’une règlemen-

1 tation des pratiques d’hypnotisme, et il y a lieu de s'étonner qu’elles n'aient pas encore paru assez conyvaincantes pour faire adopter en France les sages mesures restrictives prises depuis longtemps déjà, dans la plupart des autres pays d'Europe à l'égard des représentations publiques des magnétiseurs.

L'hypnotisme peut être utile en thérapeutique, dira-t-on,et s’il peut nuire » parfois, n'en est-il pas de même des plus précieux médicaments : l'opium, L la digitale, par exemple, qui, dans de certaines circonstances et chez cer- » tains sujets, peuvent produire des effets fâcheux, songe-t-on à les condamner L pour cela ? A cela, certes, nous ne contredisons pas ; mais d’un autre côté, n est-il pas clair qu'une étude clinique approfondie, et par conséquent nullement à la portée des amateurs, pourra seule en matière d’hypnotisation, * comme lorsqu'il s'agit d’opium ou de digitale, établir les indications et les »contre-indications, ou, en d’autres termes, déterminer les conditions où l’on npeut agir, et celles où, au contraire, il faut s'abstenir ? Puisque la médecine, au nom de la science et de l'art, a, dans ces derniers

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temps, pris possession de l’hypnotisme, qu’elle seule peut savoir appliquer convenablement soit au traitement des malades, soit aux recherches physiologiques et psychologiques, n'est-il pas légitime que, dans ce domaine récemment conquis,elle: veuille désormais régner en maitresse absolue et repousser toute intrusion ?

2e, 3° ET 4° MALADES.

Lorsque l’on parle de neurasthénie ou d’hystérie mâles, il semble qu'’aujourd’hui encore on ait presque exclusivement en vue l’homme des classes privilégiées, amolli par la culture, épuisé par l'abus des plaisirs, par Les préoecupations d’affaires ou l'excès des travaux intellectuels. C’est là un préjugé que je me suis bien des fois déjà efforcé de combattre mais contre lequel il faudra lutter encore, sans doute, pendantlongtemps, Car il parait loin d’être déraciné. Il est parfaitement avéré, cependant, que ces mêmes affections,du moins dans les villes, s’observent sur une grande échelle chez les prolétaires, les artisans le moins favorisés par le sort, Ceux qui ne connaissent guère que le labeur physique. On ne saurait oublier d’ailleurs, qu’en somme, leur constitution psychique est foncièrement la même que la nôtre et que, comme d’autres, plus même peut-être, ils sont soumis aux conséquences perturbatrices des émotions morales pénibles, de l’anxiété qui s'attache aux difficultés de la vie, à l'influence dépressive de la mise en jeu exagérée des forces physiques, etc. ; sans parler du shock nerveux produit dans les grands accidents auxquels ils sont parti=\ culièrement exposés, non plus que des intoxications professionnelles dont lew rôle pathogénique commence,depuis quelque temps seulement, a être convena-M blement apprécié. Il ne faut pas oublier, d'autre part, que l'hérédité nerveuse n’est pas l’exelusif privilège des grands de la terre; elle exerce son empire SuI la classe ouvrière comme partout ailleurs. 4

J'ai reçu ces jours-ci dans le service de la clinique un groupe de cinq cas bien propres à justifier les assertions que je viens d'émettre; trois d’entre eux. nous occuperont aujourd’hui ; les deux autres, faute de temps, seront renvoyés à la leçon prochaine. L'un de nos sujets représentera la maladie neurasthé= nique à l’état de pureté nosographique, c’est-à-dire régnant sans partage. Les, quatre autres sont des exemples de ce que je vous proposerai d'appeler « l'hyS=A

téro-neurasthénie», combinaison fréquente dans la population ouvrière, et que vous aurez par conséquent bien souvent l'occasion d'observer dans la pratique d'hôpital. Il est curieux de remarquer, en effet, Messieurs, comment, depuis cinq ou six ans, les cas de ce genre semblent se montrer chaque jour plus nombreux dans les services de médecine générale. Je ne suis pas en mesure pour le moment de vous offrir à ce sujet une statistique en règle. Elle sera bien intéressante à relever quelque jour ; mais je puis parler d'après ce qui m'a été dit par plusieurs de mes collègues des hôpitaux, autrefois mes élèves; et cette remarque s'applique non seulement aux services hospitaliers ordinaires mais encore à celui du bureau central où se présentent pour l'admission dans les hôpitaux des malades atteints des affections les plus diverses, sans sélection aucune. Est-ce donc qu'il s'agirait là d’une maladie nouvelle développée sous l'influence de nouvelles conditions d’existence? Je n’en crois rien, Messieurs, pour ma part; la maladie date de loin je pense, et rien n’est changé à son égard; c’est nous qui avons changé en apprenant à reconnaître ce qui pour nous, autrefois, passait inaperçu. « C'est l’esprit en effet qui oit et qui voit », et il ne voit guère sans éducation préalabie; on le sait bien par l’histoire de l’ataxie locomotrice,maladie ancienne par excellence, sans aucun doute,et qui figure cependant en neuropathologie parmi les acquisitions les plus récentes à la fois et les plus envahissantes de la clinique (1).

I. Mais ce sont là des questions sur lesquelles j'aurai l'occasion de revenir : J'en viens actuellement à l'examen de notre premier malade. Iloffre, vous disais-Je, un exemple de neurasthénie sans mélange d'élément étranger. Il est âgé de 38 ans et se nomme Le.....er — il exerce la profession de maçon. — Dans son métier, 11 n’est pas tout à fait le premier venu: c’est ce qu’on appelle un « tâcheron ». Il travaille de ses mains sans doute mais il prend à sa charge des travaux qu'il répartit entre plusieurs ouvriers. Pas d’antécédents héréditaires. Il y avait un mois et demi qu'il était engagé dans une entreprise dont il espérait tirer des bénéfices importants pour lui, lorsque le 30 août, c’est-àdire il y a cinq mois, en se rendant le matin à son travail, il fut mordu assez fortement à l’avant-bras droit par un gros chien de garde; l'émotion, tout d'abord, parait n’avoir pas été très vive, la plaie avait été cautérisée et bientôt l'on avait appris, que, conduit à Alfort le chien avait été déclaré non enragé. Malgré des douleurs assez vives qu'il ressentait dans le bras droit, notre homme prenait patience; il espérait que la morsure serait promptement

1. A la Salpétrière où, à la vérité, il y a « sélection », on a compté,soit à la policlinique soit dans les salles, pendant le cours de l'année 1888, un total de 59 hystériques dont les yeux ont été examinés. Sur ce nombre, il y a eu 49 femmes et 30 hommes. (Compte rendu du service Ophthalmoscopique de M. le D' Parinaud, pour l'année 1888, par Morax, externe du service de la clinique). /n Archives de Neurologie, 4889, p. 436.

cicatrisée et qu'il lui serait permis sous peu de reprendre ses occupations, Cependant, dès cette époque voisine de l'accident, ses nuits étaient ia par des cauchemars. Quinze jours se passent et voici que, contrairement à qu'il avait espéré, sa plaie n’est nullement cicatrisée, les douleurs sont pe. fort intenses et il s’est produit du gonflement et des abcès. Tout espoir de pouvoir travailler manuellement devait être écarté pourlongtemps, peut-être. C'est alors que commencent à sévir les vives inquiétudes, les impressions pénibles.

Le malade perd PC Il ne dort plus que d’un sommeil agité par des rêves pénibles. Il voit en songe des chiens, des chats furieux qui font mine de vouloir le mordre; des échafaudages mal ajustés sur lesquels il monte et quimenacent de s’écrouler sous lui, ete., ete.

Lui, autrefois vif, courageux, entreprenant, il se sent devenu faible, mou, triste, sans énergie; « il se laisse aller », comme il dit, etn’a plus de volonté,

Il ne peut même pas penser à ses affaires sans que sa tête se trouble.Enfin, au bout d’un mois la plaie et Les abcès sont guéris, les douleurs ont cessé etil essaie de retourner à sa besogne; mais une grande faiblesse, une lassitude extrême l’obligent après quelques ‘efforts à renoncer à tout travail.

Le voilà naturellement tout à fait désolé, d'autant plus que le propriétaire du chien qui l’a mordu refuse de lui payer l'indemnité qui lui est due; aussi tous les symptômes nerveux qui, jusque-là, n'étaient encore qu'esquissés, empirent-ils rapidement, s'attachant à lui étroitement et pour longtemps.

Nous les retrouvons en effet aujourd'hui, après quatre mois, tels qu'ils n'ont pas cessé d'exister depuis cette époque :

Céphalée toujours présente, ne s'élevant jamais au taux d’une douleur vive; elle siège sur la région frontale et à l’occiput surtout, mais s'étend parfois au crane tout entier où elle donne une sensation pénible de compression et de poids, comparable à celle que produirait un casque lourd et trop étroit ; elle | s'étend également à la nuque où le malade a des craquements Lorsqu ‘12 tourne la tête à droite ou à gauche. — État vertigineux habituel, principale M ment dans la station verticale et surtout la marche ; il lui semble que le sol s'élève par moments puis s’abaisse et, en marchant, il se ditobligé de regarder ses pieds ; — affaiblissement de la mémoire ou, pour mieux dire, mémoire lente et difficile à mettre en œuvre : « ma tête est comme vide, dit le malade, . mes idées sont confuses », d’ailleurs les moindres opérations de l'esprit sont . pénibles, même la lecture, et bientôt suivies d’une exaspération de la céphalée. IL est à remarquer qu’en général la douleur de tête s’atténue temporaire= ment ainsi que les autres symptômes qui l’accompagnent pendant la période qui suit immédiatement les repas. — /dées sombres, sentiment d'impuissance, absence de volonté, émotivité excessive, sommeil troublé par les rêves dont nous avons parlé déjà : tantôt il est poursuivi par des animaux menaçantis, chiens ou chats, qui veulent le mordre ; tantôt il se voit poursuivant l' accomplisse-

ment de la tâche qu'il a entreprise, mais mille obstacles imprévus se dressent devant lui les échafaudages s'écroulent, les échelles se brisent; le temps passe et jamais, à son grand désespoir, il n’atteindra le but tant désiré. Voilà pour les symptômes céphaliques, les symptômes spinaux ne sont pas moins accentués, - Ilyaun afaiblissement remarquable de la force dynamométrique : la main droite donne 45 seulement et la main gauche 55 ; le malade, cependant, n’est pas gaucher. Il se plaint d’être tout de suite fatigué lorsqu'il se tient debout ou qu'il marche; ses jambes sont très faibles, dit-il, et il y éprouve des sensations singulières ; il assure qu'il ne sait pas nettement où posent ses pieds. Cependant, pas d’analgésie ou d’anesthésie sous une forme quelconque; pas de douleurs autres que celles que provoquent des crampes qui se produisent de temps à autres dans les cuisses et dans les mollets ; pas de troubles vésicaux. Les réflexes rotuliens sont normaux et la station debout n’est nullement affectée par l’occlusion des yeux. Je ne voudrais pas omettre de vous parler d'une sensation de pression, de constriction pénible que le malade éprouve d’une façon habituelle sur toute l'étendue de la région du sacrum et qui s’exaspère remarquablement lorsqu'il s’est tenu debout quelque temps ou qu'il a fait quelques pas. J'appelle votre attention sur cette « plaque sacrée », comme je l'appelle, parce qu'elle constitue un des caractères de la neurasthésie spinale et qu’elle peut contribuer à distinguer celle-ci des parésies ou paraplégies par lésions organiques de la moelle épinière, qu'elle pourrait simuler. La « plaque sacrée » est, en quelque sorte, le pendant de la « plaque occipitale » ou « cérébelleuse» ainsi que la désignent quelquefois les malades, l'un des éléments les plus constants de la céphalée neurasthénique. — . Affaiblissement des fonctions sexuelles, peu ou pas de désirs,érections faibles, imparfaites, aboutissant à des émissions séminales prématurées. Ici, chez » notre sujet, contrairement à ce qui a lieu dans la majorité des cas du même : genre, les troubles digestifs font à peu près complètement défaut : pas de dys- } pepsie flatulente avec rougeur de la face; pas de sentiment de malaise et de » brisement des membres ; pas de somnolence survenant après les repas, ce qui » montre bien, soit dit en passant, que ces troubles gastriques ne sont pas né- 1 cessaires à la constitution du syndrome neurasthénique. D'ailleurs, aucune * association de symptômes hystériques; rien qui rappelle les attaques ou leurs 1 équivalents ; pas de troubles permanents de la sensibilité générale ou spé- » ciale, pas de rétrécissement du champ visuel en particulier. Notre cas d’au- » jJourd hui est donc en réalité, ainsi que nous l’avons dit en commençant, un * exemple de neurasthénie cérébro-spinale pure,exempte de toute complication. LI reproduit exactement en effet, dans ses traits fondamentaux du moins, le \ tableau classique quele regretté Beard de New-York a eu le grand mérite de 1dégager du chaos de l’ancien « nervosisme» et qu'il a fait pénétrer dans le

* cadre de la clinique neuropathologique où il occupe actuellement une large \ place légitimement conquise.

Le complexus symptomatique en question répond assurément à une espèce morbide dont la fixité nosographique ne saurait être sérieusement contestée, puisqu'on la voit conserver son individualité dans les circonstances très wariées où elle peut se développer. Ainsi, ce même état neurasthénique que nous avons vu s'installer chez notre homme sans culture, à la suite des événe- ” ments que vous savez, vous le retrouverez revêtu de ses caractères essentiels, dans les conditions bien différentes, en apparence,du surmenage intellectuel, chez les écoliers, par exemple à partir de l'âge de 15 à 16 ans, époque à laquelle l'élève commence à pouvoir, par un effort de volonté, contraindre son cerveau à un excès de travail (1); chez les étudiants qui affrontent les concours, chez les savants, les gens de lettres au labeur acharné, chez les politiciens, les hommes d'affaires qu'écrasent de lourdes responsabilités et qui vivent incessamment bourrelés d’inquiétudes.

Dans 1es cas qui viennent d’être cités -les facteurs étiologiques appartien- « nent à la catégorie des ‘actions lentes ; mais il importe de remarquer que les causes à action brusque, telles qu’on les rencontre dans les grands accidents, chute d’un lieu élevé, collisions de trains, avec ou sans traumatisme (2), en tant qu’elles sont de nature à provoquer ce que l’on est convenu d'appeler le shock nerveux, pourront, à courte échéance, produire les mêmes résultats. Eh bien, je le répète encore une fois, malgré ces diversités d’origine, malgré « ces différences relatives au sujet, le type morbide, à part quelques modifica- « tions d'ordre secondaire, reste à peu près immuable: c’est ce que nous aurons

4. M. Charcot a fait remarquer, depuis longlemps déjà, que l'écolier au-dessous de cet âge, se soustrait généralement, en restant passif, à toute tentative de surmenage intellectuel. M. Galton dans ses Recherches sur la fatique mentale (Revue scientifique n°. 4, 26 janvier 1889) est arrivé au même résultat. : |

2. M. Charcot a recueilli ces jours-ci un assez bel exemple de neurasthénie cérébro-spinale sans mélange d’hystérie, survenu chez une dame américaine à la suite d’un accident de voiture; voici l’abrégé de cette observation : Madame X... habitant Washington, a été, il y a deux" ans, renversée du haut d’un « mail coach ». Elle est tombée à terre sur le gazon, sans se faire grand mal: elle n’a pas perdu connaissance un seul instant et elle n'a eu d'autre blessure qu’une bosse sanguine, siégeant à la région lombaire; la douleur produite par cette contusions a nécessité le séjour au lit seulement pendant quelques jours; mais, lorsqu'il s’est agi de se lever, les symptômes de la neurasthénie cérébro-spinale étaient déjà fort accentués : céphalée neurasthénique, à savoir plaque cérébelleuse et plaque frontale, — Tête vide, mémoire lente,M impossibilité de fixer l’attention d'une façon un peu soutenue, — vertiges. La malade ne peut ‘réquenter le monde; le moindre bruit, la lumière un peu vive ramènent les vertiges et exaspèrent la céphalée. — Dyspepsie atonique, gonflement de l'estomac après les repas avecrou= geur de la face et sentiment de torpeur. — Neurasthénie spinale marquée par un sentiment de faiblesse dans les membres inférieurs et l'existence de la « plaque sacrée »; à peine la malade peut-elle faire quelque pas sans voir s'exaspérer le sentiment pénible de pression qui occupe la région du sacrum — Aucun phénomène hystérique. Sa santé, avant l'accident, était parfaite à tous égards ; pas d'antécédents nerveux personnels. On n’a pu recueillir de renseignements

concernant les antécédents de famille. | Es

l'occasion de relever plus d'une fois en étudiant les faits cliniques qu'il nous reste à examiner.

Que dire de notre malade au point de vue du pronostic ?

Certainement le cas est sérieux. Il y a cinq mois déjà que cela dure et rien ne fait prévoir encore que nous soyions près de la fin. Il est remarquable que chez les sujets rustiques des classes ouvrières, les affections nerveuses sans «substratum » organique, là neurasthénie, l’hystérie par exemple, se montrent généralement, toutes choses égales d’ailleurs, plus graves et plus tenaces que chez les sujets plus délicats, plus impressionnables des classes letirées; toutefois, dans le cas actuel, ilne faut désespérer de rien. Sous l'influence du traitement mis en œuvre, depuis l'entrée du malade à la Salpêtrière, et qui a consisté principalement dans l’administration des douches et l'emploi des toniques, il s’est produit un peu d'amélioration sur toute la ligne. Ces résultats sont encourageants; mais nous sommes encore bien loin du but qu'il nous faudrait atteindre pour que notre pauvre « tâcheron » pût aller reprendre ses travaux.

IL. — Le second cas du groupe est relatif à un nommé Greff..., âgé de 31 ans, exerçant la profession de boulanger ; c’est un homme d’apparence vigoureuse. Il gagne environ 7 francs par jour. Il a été soldat et a fait la campagne de Tunisie où il a été blessé. Peut-être y a-t-il eu autrefois, chez lui un peu d'abus alcooliques ; mais ce vice n'existe plus depuis longtemps.

Contrairement à ce qui avait lieu chez le malade précédent, l'hérédité nerveuse ne fait pas défaut chez celui-ci :

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