‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 62 sur 174 · COTE PATERNEL : COTÉ MATERNEL TANTE AUTRE TANTE PÈRE MÈRE TANTE · texte numérisé non relu

COTE PATERNEL : COTÉ MATERNEL TANTE AUTRE TANTE PÈRE MÈRE TANTE

Aliénée ; dipso- Dipsomane. Aucune maladie Aucune maladie Aliénée mélarmane; s’estsuicidée nerveuse. nerveuse. colique en se jetant par la

fenêtre.

A Le FRÈRE du malade est sujet à des attaques qualifiées d'hystériques ; il avait, jusqu'à l’âge de 14 ans, été sujet à de violentes colères.

On voit que le tableau d'hérédité nerveuse est ici passablement chargé: Lui n avait jamais été malade, lorsqu'il fut atteint, en novembre 1887, d’une pleurésie gauche qui nécessita trois ponctions,

Il est sorti de 1à pas mal affaibli; cependant il avait pu depuis plusieurs mois, reprendre son travail, et tout allait bien, lorsqu'il lui vint à l'idée, le

16 octobre 1888, c'est-à-dire il y a quatre mois, d'aller avec des amis, faire sur la Marne, aux environs de Meaux, une partie de pêche «à l’épérvier ». L'épervier est, vous le savez peut-être, un grand filet en forme d’entonnoir dont l'orifice très large est garni de balles de plomb. C'est, on le conçoit, un engin fort lourd, fort difficile à manier ; le pêcheur le porte replié sur son épaule gauche et il doit le lancer à l’eau de la main droite en le déployant en éventail. Or, au moment où, placé à l’extrémité du bateau, Greff.… se préparait à exécuterle programme, il fut, en conséquence d’une fausse manœuvre, jeté à l’eau. Portant toujours son lourd fardeau, et le membre inférieur embarrassé dans la longue corde qui sert à tirer le filet de l’eau, il était gravement menacé de se « noyer, bien qu'il soit bon nageur, lorsqu'enfin, ‘après quelques minutes d'angoisses, il fut repêché et ramené sur le bateau. À ce moment-là, il perdit connaissance et lorsqu'il reprit ses sens, il se trouva couché à Meaux chez un ami. Il s'était passé environ trois quarts d'heures, il resta là, au lit, pendant une huitaine de jours, et durant cette période, une conjonctivite de l'œil gauche et une certaine douleur siégeant à la face interne de la cuisse du” même côté ont été Les seuls symptômes dont il ait souffert. \

Au bout de ce temps, il à repris son travail, mais trois jours à peine s'étaient passés lorsque la conjonctivite gauche qui s'était amendée reprit comme de plus belle et en même temps la paupière de ce même côtése ferma: le malade ne pouvait plus l'ouvrir sans l'aide d’un de ses doigts et il remarqua qu'elle était animée de mouvements vibratoires. Il s'agissait donc là d'un blépharospasme. Peu après, la bouche s'était fortement déviée vers la droite, et lorsque la langue était tirée, elle se portait de ce même côté droit (spasmen glosso-labié). Enfin, dix-sept jours environ après l'accident, se manifesta une parésie du membre supérieur gauche ainsi qu'une faiblesse avec crampes douloureuses du membre inférieur correspondant. Tels furent les premiers accidents nerveux qui ouvyrirent la scène. Quelques jours plus tard, le tableau clinique était constaté tel que nous pouvons l’étudier aujourd’hui, trois mois environ après le début de la période d'état.

Ainsi que nous l'avons annoncé, les symptômes observés chez notre malade” peuvent être ramenés, les uns à l'hystérie, les autres à la neurasthénie.

Nous commencerons par les premiers c'est-à-dire par les symptômes rele= vant de l'hystérie. |

Le blépharospasme et le spasme glosso-labié de la période préparatoire ont actuellement complètement disparu ; Il n’existe plus aucune anomalie du côté, de la face. Par contre, l’hémiplégie gauche s'est accentuée au membre supé=. rieur où elle était restée fort incomplète; la pression dynamométrique de la main gauche donne en effet 21. Le malade se plaint plutôt de douleurs que de faiblesses dans son membre inférieur gauche. En le déplaçant pour marcher; il ne le traine pas après lui comme cela a lieu si habituellement dans l'hémi=, plégie hystérique, il le porte au contraire tout d’une pièce en avant et en

dehors, de façon à éviter autant que possible le tiraillement des parties molles de la face interne de la cuisse où existe une large plaque d’hyperesthésie cutanée et profonde (Voir le schéma). Au niveau de cette plaque, une

Fig. 54. — a. Anesthésie. Fig. 55. — a. Anesthésie, b. Hyperesthésie. b. Hyperesthésie.

pression exercée sur la partie inférieure des muscles demi-membraneux, de-mitendineux, couturier et droit interne est douloureuse. Vous remarquerez | que cette plaque hÿpéresthésique paraît répondre à la partie du membre qui 4 été, pendant la submersion, comprimée par la corde de l’épervier. Hémianesthésie gauche sensitive absolue, interrompue seulement sur la face

antérieure et interne de la cuisse, sur la face interne et antérieure de la jambe, sur toute l'étendue du pied.

Sur ces deux dernières régions, la sensibilité est normale; sur la première, il y a, comme on l’a dit, hyperesthésie cutanée et profonde. En arrière, une

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Fig. 56. — Champ visuel normal. Amaurose.

Examen du 8 janvier 1889.

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