Mémoires de l’Académie de médecine, t. IV, p
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officier de vingt-huit ans qui fait une chute de cheval dans un manège ef tombe sur le côté droit du corps, principalement sur le pariétal droit. Cette commotion est suivie d’une légère syncope (?) Revenu à lui, il remonte à cheval et continue sa leçon d'équitation pendant trois quarts d'heure avec une grande régularité. Au sortir de là, il ne se rappelait ni sa chute, ni ce qui a suivi. Six heures après l'accident, il commence à retenir la phrase qu'il s’est entendu adresser tant de fois depuis: « Vous êtes tombé de cheval ». Vingt-quatre
heures après la chute, il ignore encore qu'il l'a faite, et ilne connaît ce qui s’est
passé ce jour-là que par ce que lui a appris le récit des témoins.
M. Ferré a observé un fait fort semblable au précédent qu’il a consigné dans sa thèse inaugurale sur l’amnésie traumatique publiée en 1881 (1). M. M... élève de Saint-Cyr, tombe de cheval au manège; après une perte de connaissance de quelques minutes, il se rend avec ses camarades au dortoir, parcourt cinq cents mètres et monte deux étages, dépose sa cravache, passe ses fausses manches de travail et les attache, descend en récréation, mange du pain et boit du vin. Il va ensuite chercher sa planche à dessin, sans la confondre avec celle d’un voisin, se rend à l'étude et se met à tourner de l’encre de Chine: Ace moment, le professeur lui parle et c’est alors seulement quil reprend possession de lui-même, après quelques minutes d'ahurissement. Ses souvenirs personnels ne datent que de cet instant.
Une jeune femme, dont l’histoire a été rapportée par M. Motet, tombe, en des- M
cendant de wagon, sur les fesses sans se blesser et ne perd pas connaissance.
On. peut se demander si, dans ce cas, c’est l’ébranlement physique ou l’ébranle- M
ment psychique qui a été en cause; toujours est-il qu’à la suite de cet accident, « quoique devenue amnésique, elle a marché et causé même, pendant quelque
temps, sans savoir où elle allait ni pourquoi elle était venue. Une autre observation eitée par M. Motet, à propos du faitprécédent, est fort
intéressante pour nous en ce! sens que, par certains côtés, elle rappelle jusque
dans les moindres détails le cas de Men..s ; mais cette observation doit, sui-
vant nous, trouver sa place dans le groupe épileptique où nous allons avoir à
relever maintenant quelques exemples topiques.
L’automatisme, avec ou sans impulsion à la déambulation,se rencontre, pour ainsi dire, à chaque pas dans l’histoire du mal comitial; maïs le plus souvent,
on le sait, et cela est pour ainsi dire dans la règle lorsqu'il s’agit du délire M
épileptique post-convulsif, les malheureux malades s'ils se sont échappés et, |
ont parcouru les voies publiques se retrouvent, lorsqu'ils sortent de leur crise,
soit au poste de police, soit dans un asile. C’est que sous l'influence d'halluci-m nations terrifiantes, d'émotions dramatiques, ils ont répandu l’épouvante