Loc. cit., p
ans après le début des accidents gastriques, sous la forme d’incoordination motrice et c’est alors seulement que les douleurs de caractère fulgurant furent pour la première fois remarquées. IL est expressément relevé dans l'observation que, après avoir vomi nuit et jour, pendant une période de cinq ou six jours, le malade s’écriait tout à coup, à la fin de la crise qui se terminait comme par enchantement: « Maintenant cela va bien : Now Z am well. » « Le passage d’un état mortel de nausées et de vomissements incessants, à un sentiment de faim impérieuse était soudain. Tout à l’heure c’était un pauvre diable rejetant tout ce qu'il prenait, et souffrant horriblement des constrictions gastriques des plus douloureuses ; une heure après on le trouve mangeant } n'importe quoi, avec un appétit vorace, et digérant tout, avec la plus grande facilité (1). »
J'ai voulu, par cette citation, vous faire reconnaître la puissance de résis- * tance qu'offrent, à l'égard des injures du temps, les observations recueillies | par un maitre attentif et sagace, et du même coup graver plus profondément * dans votre esprit les traits qui caractérisent cliniquement les crises gastriques ! tabétiques, lorsqu'elles se présentent sous leur forme typique.
Il semble que lorsqu'on est en présence de cette forme clinique si accentuée, si originale, on ne puisse en aucun cas, se méprendre et qu'on soit * autorisé, sans plus attendre, à conclure à l'existence de la maladie tabétique. t Cependant, il y a six ou sept ans, M. le professeur Leyden, de Berlin (2), a | proposé d'introduire dans les cadres nosologiques, des crises gastriques pos- : sédant cliniquement tous les grands caractères signalés plus haut, maïs ne se :rattachant cependant pas au tabes, et devant constituer par conséquent, une tespèce autonome. J’ai pris beaucoup de soin à étudier les faits allégués par 1M. Leyden en faveur de l'opinion qu'il soutient, et j'y ai vu signalées « des dou- Leurs rapides dans les membres », accompagnant ou suivant les troubles gastritques ; d’autres fois, Les malades ont présenté dustrabisme ; d’autres fois enfin, la imaladie au bout de trois ans a abouti à une « paralysie (?) des membres inféirieurs », ete., etc.,de telle sorte que, malgré la confiance absolue que j'ai dans la sévérité clinique de M. Leyden, mon impression est, après la lecture de son tiravail, que l'existence de crises gastriques en tout semblables cliniquement à celles du tabes, mais totalement indépendantes, cependant, du tabes, n’est pas encore chose démontrée. |
Tout récemment, mon ami, M. le D' Debove, dans une communication faite à la Société médicale des hôpitaux (le 23 janvier 1889) est revenu sur ce sujet à propos du cas d'un forgeron âgé de 55 ans, qui depuis six ans souffrait de nerises gastriques typiques d’une intensité extrême, duranf cinq ou six jours et