Loc. cit., idem
2. Ueber periodisches Erbrechen ; Gastrischerisen, — Zeïtsch für klin. Medicin. Berlin 1882.
reparaissant tous les trois ou quatre mois. La quantité des matières vomies dans chaque crise est considérable. Etat général grave : cyanose, crampes dans les mollets, algidité, pouls concentré ; le malade ressemble à un cholérique. Plusieurs fois on l’a cru sur le point de mourir. Amaigrissement rapide. Les crises cessent tout à coup « comme par enchantement » etellessont séparées par des intervalles parfaitement libres de tout accident nerveux ; pas de douleurs fulgurantes. Lesréflexesrotuliens ont persisté : en un mot, aucun symptôme de la série tabétique n’accompagne les crises. M. Debove conclut, d’après M ce cas, comme M. Leyden, à l’existence de crises gastriques indépendantes du tabes. Je ne puis méconnaitre le grand intérêt qui s'attache à cette observation: « néanmoins, en supposant même que quelques-uns des signes tabétiques qui se dissimulent le plus facilement, tels par exemple que le phénomène d’Argyil Robertson, n'aient pas échappé à l'observation, je demanderai à rester sceptique et à attendre de nouvelles observations. Les cas de crises gastri-M ques, et l’on peut en dire autant des crises laryngées, marchant pour ainsi dire à l'avant-garde, dans l’évolution du tabes, et précédant, presque isolées, pendant une période de trois, quatre, cinq ans, l'apparition de l'ataxie, ne sont pas chose rare. Une période de six ans ne dépasse donc pas la mesure du possible ; qui nous dit que d’un jour à l'autre, la nature des crises gas-
triques déjà vraisemblablement accentuée dans le sens de l’ataxie locomotrice, chez le malade de M. Debove, ne se révélera pas définitivement, dans tout son jour, par l’adjonction de quelque symptôme tabétique ostensible et d’une
portée décisive. |
Messieurs, ainsi que je vous l’ai fait remarquer bien des fois, il faut s’attendre en clinique à voir les descriptions toujours un peu artificielles du nosographe s’altérer parfois, dans la réalité concrète, au point même, peut être, de devenir méconnaissables et, justement, un des labeurs du clini-« cien est d'apprendre à dépister ces formes frustes, défigurées et à les. ramener aux types d'où elles dérivent. Les crises gastriques tabétiques n'échappent pas, tant s’en faut, à cette règle et, en ce qui les concerae, après avoir cherché tout à l'heure à dégager les caractères typiques, il nous faut ouvrii maintenant le chapitre, fort riche encore, vous allez le reconnaître, des formes anomales. Il me semble que, dans-ces dernierstemps, la théorie des acci-« dents gastriques tabétiques a été un peu embrouillée par la multiplication inu= tile des espèces et le morcellement porté à l'excès; je crois qu’il est possible de la ramener, ainsi qu'il va suivre, à une formule très simple. À
4° Dans un premier groupe de cas la crise gastrique conserve tous les caractères fondamentaux du type ; elle s'écarte de celui-ci seulement par l'in-
4. Je ne suis pas converti encore à la doctriic des crises gastriques essentielles, bien que 4 j'aie lu avec soin les observations rapportées par M. le D' Remond de Metz, dans les Archives de Médecine (juillet 1889, p. 38).
tensité insolite des divers symptômes: ainsi les douleurs gastriques ou d’autre siège peuventse montrer véritablement atroces; c’est alors qu’on voit le malade pousser des cris affreux, se rouler dans son lit et prendre les attitudes les plus bizarres de façon à ce que l’accès simule, non plus les accidents de l'uleère rond ou la simple gastralgie, maïs bien les coliques hépatiques ou néphrétriques les plus intenses, voire encore unempoisonnement. D'autres fois l'anomalie consiste dans la prédominance de ces symptômes de collapsus dont il a été question plus haut. Le sujet est algide, cyanosé, ses traits sont tirés, il est dans un état de prostration profonde et incapable de rendre compte de sa situation. Chez un malade de ce genre, auquel j'ai pendant longtemps donné des soins, et dont les occupations l’obligeaient à voyager sans cesse, les crises . gastriques, toujours accompagnées de collapsus à symptômes graves, élaient l'objet d'interprétations différentes,suivantle pays où elles se déclaraient. Ainsi en Angleterre c'était, croyait-on,de la « goutte remontée à l'estomac »: Gout in the Stomach » qu'il s'agissait, tandis qu’en Italie c'était d’une « fièvre pernicieuse algide » etc., etc. Je l'avais engagé à porter toujours avec lui une pancarte oùse trouvait écrit le vrai diagnostic, destinée à être placée sous les yeux des médecins au moment de l'attaque afin de leur épargner les tâtonnements. Je ne sais s’il à suivi mon conseil.
Enfin d’autres fois encore, l'indifférence et la stupeur signalées ailleurs prendront les proportions de l’état soporeux ou même du coma, etl'idée pourra naitre, en conséquence, dans l'esprit du clinicien, que c’est une affection cérébrale organique, une néoplasie intracranienne, par exemple, quiest en jeu; cela est arrivé dans un cas qui m'a été communiqué par mon interne M. Dutil.
2° Chez quelques tabétiques, les crises gastriques, bien que conservant toujours leur caractère de périodicité, ne sont plus représentées que par la douleur, ou, pour le moins, les vomissements font défaut : alors les accès « sont constitués, dit M. À. Fournier, qui a bien décrit les cas de ce genre, par la « succession d’une série de douleurs véritablement erampoides,c’est-à-dire par des sensations douloureuses semblant dues à un état de contracture stomacale, de crampe d’estomac suivant l'expression habituelle. Ces douleurs sont des plus pénibles, aiguës, atroces mème en quelques cas. Mais elles se produisent à sec si je puis ainsi parler, sans déterminer, au moins dans la plupart des cas, de vomissements alimentaires ou muqueux. Cette sorte de gastralgie tabétique est de forme essentiellement intermittente. Elle se manifeste par accès (1). »
Je dois à mon ancien interne, M. le D' Blocq, la communication d'une observation qu'il a recueillie, dans le temps, au Val-de-Grâce, dans le service de M. le D' Kelsch et qui rentre dans cette catégorie. Il s’agit d’un capitaine