I. Cæcum
M Artère crurale.
N Muscles de la cuisse.
O Muscles de la jambe.
P Pietl.
Q; Cuisse avec l’aponévrose.
R Jambe avec l’aponévrose.
S Bi as avec l’aponévrose <!• Av-Iiit.litaa nvPC. l’auo-
V Muscles du bras.
X Déplacement d’unmus*
Z Muscles de l’avant-bras
DIGESTION
La presque totalité de l’appareil digestif est logée • dans \'à. cavité abdominale, autrement dit le ventre.
Le ventre ou abdomen représente une grande cavité limitée supérieurement par le diaphragme et fermée de toute part par des couches musculaires dont l’élasticité permet aux viscères de prendre un grand développement; en dehors de cette cavité abdominale nous ne trouvons, du tube digestif, que la bouche, le pharynx, rœsophage et les glandes salivaires.
On appelle bouche ou cavité buccale tout l’espace compris entre les deux mâchoires, limité en haut par la voûte palatine, en bas par la langue, en avant par les lèpres, sur les côtés par les joues, et en arrière par le voile du palais et par l’ouverture pharyngienne ou isthme du gosier.
Mâchoires.—^ Des deux mâchoires, l’une est supérieure et fixe, parce qu’elle est soudée au j’este de la tête; l’autre, inférieure, est mobile, elle ne tient à la tête que par des ligaments, elle est susceptible d’un mouvement d’abaissement et d’élévation, de diduction ou de broiement.
Voûte palatine. — La voûte palatine est limitée en avant et sur les côtés par les dents de la mâchoire supérieure; toute la surface de cette voûte est garnie d’une membrane dure, râpeuse, ondulée, présentant des lignes transversales plus ou moins saillantes, plus ou moins dures.
Dents. — Les dents sont de petits os très-durs, qui garnissent les mâchoires.
Il y a seize dents à chaque mâchoire, c’est-à-dire
DIGESTION
huit de chaque côté; en procédant d’avant en arrière, on trouve deux incisives^ une canine^ deux petites molaires^ deux grosses molaires e,i une dernière molaire que l’on appelle dent de sagesse.
Deux substances de densité bien différente entrent dans la composition de la dent : l’une, que l’on appelle émail ^ très-dure, recouvre la couronne; l’autre, que l’on appelle ivoire ou éhurnée, forme la racine et la partie centrale de la couronne ; au centre de la dent se trouve une cavité remplie de matière molle, pulpeuse, composée d’artères, de nerfs et de veines, c’est la palpe. Les dents incisives servent à couper, les canines à déchirer, les molaires à broyer.
Langue. — L’espace compris dans l’espèce de fer à cheval que présente la mâchoire inférieure est fermé par une forte cloison charnue, composée d’un grand nombre de fibres musculaires. Ces fibres, qui s’implantent sur les différents points de la face interne de cet os, forment des faisceaux qui vont toutes, en convergeant, se porter au centre de la bouche, pour concourir à la formation de la langue.
De la réunion de ces fibres résultent des faisceaux musculeux auxquels on a donné les noms de muscles //«gual^stylo-glosse., hyo-glosse^ génio-glosse; ces muscles, se contractant séparément ou simultanément, portent la langue en haut en bas, en avant, en arrière, dans tous les sens, et lui permettent de parcourir tous les coins de la cavité buccale, de réunir en une masse tous les débris alimentaires, ce qui l’a fait appeler par le vulgaire le h(dai de la bouche.
DIGESTION
Lèvres. — Les lèvres sont distinguées en supérieure et en inférieure; dans leur épaisseur on trouve des fibres musculaires disposées en anneaux formant un muscle appelé orbicuLaire des lèvres; par leur contraction, ces fibres rapprochent les lèvres les unes des autres et ferment la bouche.
Joues.— En dehors de l’arcade dentaire on remarque les joues, membrane très-élastique, qui s’implante en bas sur la mâchoire inférieure, en haut sur la mâchoire supérieure. Un grand nombre de faisceaux musculeux entrent dans leur composition ; les fibres charnues de ces faisceaux, s’insérant dans les lèvres, vont en rayonnant s’implanter aux différents points des os maxillaires supérieur et inférieur, et forment des muscles auxquels on donne des noms divers.
Par leur contraction, ces muscles portent les lèvres en haut, en bas, en dehors, en avant, en arrière, daiîs tous les sens ; lorsqu’ils se contractent tous en même temps, ils écartent les lèvres, dilatent les fibres de l’orbiculaire dont ils sont antagonistes ; si toutes les fibres de ces muscles et de l’orbiculaire se contractent à la fois, les joues sont exactement appliquées contre les mâchoires.
De l’action de ces muscles résultent toutes les modifications dont la face est susceptible, qui constituent l’expression et la physiohomie.
Voile du palais. — On appelle voile du palais le prolongement membraneux qui fait suite à la voûte palatine et à laquelle il adhère par son bord supérieur ; son bord inférieur est libre etf présente à sa partie
DIGESTION
moyenne un prolongement, c’est In luette; par ses côtés, il se perd dans le pharynx par deux prolongements, ce sont les piliers.
Le voile du palais est composé de cinq petits muscles , qui le portent en haut, en bas, en arrière et en avant, et qui le tendent transversalement. Le voile du palais ainsi porté dans tous les sens, ferme, selon l’exigence, toute communication de la bouche avec le nez , ou avec le pharynx.
Amygdale ou fonsille. — Dans l’espace compris entre les piliers antérieur et postérieur, on aperçoit de chaque côté un corps ovalaire plus ou moins saillant, selon les sujets : c’est \amygdale, corps glanduleux qui sécrète un liquide assez semblable à de la salive.
Pharynx. — On appelle pharynx ou arrière-bouche la cavité qui fait suite à la bouche ; par son extrémité supérieure le pharynx communique avec la bouche et avec les fosses nasales; par son extrémité inférieure il présente deux ouvertures : une qui donne passage à l’air, c’est l’ouverture laryngée; l’autre qui donne passage aux aliments, c’est l’ouverture œsophagienne.
En arrière, la partie postérieure du pharynx représente une cloison composée de trois couches de fibres musculaires bien distinctes par leur direction. Dans la première, la plus interne, les fibres sont transversales; dans la deuxième, les fibres sont obliques; dans la troisième, qui est la plus superficielle, les fibres sont presque longitudinales; par leur contraction, ces muscles rétrécissent la cavité pharyngienne.
A la partie antérieure du pharynx, en procédant de
DIGESTION
haut en bas, on trouve l’ouverture des fosses nasales, le voile du palais, l’ouverture de la bouche, la base de la langue, l’ouverture laryngée et le larynx.
Épig:lotte. —Au-dessus de l’ouverture laryngée on remarque un corps aplati de forme ovalaire, c’est Y épiglotte, espèce de valvule fibro-cartilagineuse, destinée à fermer l’ouverture du larynx-.
OEsophagre. —- Vœsophage est le conduit qui fait suite à l’arrière-bouche, il s’étend depuis le pharynx jusqu’à l’estomac. Comme pour le pharynx, on trouve, dans sa texture, des fibres musculaires transversales et longitudinales.
Estomac. — L’estomac n’est qu’une dilatation du tube digestif; il fait suite à l’œsophage; il est situé dans l’épigastre, au-dessous du diaphragme et du foie; au-dessus du paquet intestinal, et il est susceptible d’une dilatation énorme. Il présente, à gauche, une grosse extrémité que l’on appelle grand cul-de sac ; à droite, une extrémité plus petite que l’on appelle petit cul-desac; son bord supérieur présente deux ouvertures : l’une par laquelle rœsophage s’insère à l’estomac, et y verse les aliments, on l’appelle ouverture cardiaque ou œsophagienne; l’autre, par laquelle sortent les aliments pour entrer dans l’intestin grêle, est appelée ouverture pylorique. On appelle pylore le rétrécissement que l’on remarque à l’insertion de l’estomac avec l’intestin grêle.
Paquet intestinal. — La portion du tube digestif qui fait suite à l’estomac s’étend du pylore à l’anus; se repliant un grand nombre de fois sur elle-même, elle forme
DIGESTION
par ses nombreux contours une masse à laquelle on a donné le nom de paquet intestinaL
La longueur de cette portion du tube digestif est très-variable selon les animaux et le genre de nourriture; on la divise en deux parties : la première a reçu le nom ^intestin grêle; la deuxième de gros intestin ou côlon.
Vintestin grêle se subdivise en duodénum, en jéjunum et iléon.
Duodénum. — Le duodénum fait suite à l’estomac; sa longueur est environ de douze travers de doigt. Le duodénum commence au pylore, et décrit une grande courbure dans laquelle on trouve le pancréas et Tarière mésentérique; au milieu de sa longueur environ, on aperçoit l’insertion des conduits biliaire et pancréatique, sur lesquels nous reviendrons plus tard.
Jéjunum. — Le jéjunum, ainsi appelé parce qu’à. Texamen cadavérique on ne trouve dans sa cavité que peu ou point de matières alimentaires, se compose de la moitié de l’intestin grêle qui fait suite au duodénum.
Iléon. — \]iléon forme la dernière moitié de l’intestin grêle; il se trouve placé dans la région iliaque, d’où lui vient son nom ; il se distingue du jéjunum par une couleur plus foncée, couleur due à la présence des matières qu’il contient; il s’ouvre dans le gros intestin.
Côlon. — IjQ gros intestin, ou colon, est remarquable non-seulement par son plus gros calibre, mais encore par des bosselures qui contrastent avec la surface unie de l’intestin grêle; il commence dans la fosse iliaque droite, remonte jusque sous le diaphragme, croise la direction
DIGESTION
du tronc, redescend dans la fosse iliaque gauche, pour se terminer à l’anus. Selon sa forme, sa direction, on le désigne sous le nom de cœcmn, de côlon ascendant, de côlon transverse, de côlon descendant, de S iliaque, de côlon et de rectum. (Fig. 3,~p. 9.)
Cœcom. — On appelle cæcum l’espèce de poche en forme de cul-de-sac dans laquelle s’ouvre l’intestin grêle; à l’union de l’intestin grêle avec le cæcum, on remarque, à la face interne de ce dernier, deux replis très-saillants qui constituent la valvule cœcale , valvule disposée de telle manière que les matières alimentaires arrivées dans cette poche ne peuvent jamais refluer dans l’intestin grêle; fonction qui lui a valu le nom trivial barrière des apothicaires :
Sur la face externe du cæcum on remarque un appendice vermiculaire que l’on désigne sous, le nom ôiappendice cœcal, à peine apparent dans l’homme , et presque toujours vide, cet appendice dans les herbivores est considérable, et renferme des matières fécales comme le reste du gros intestin.
On appelle : côlon ascendant, la partie du gros intestin qui fait suite au cæcum et remonte vers le foie ;
Côlon iransverse, la portion du côlon qui se porte transversalement de l’hypocondre droit dans l’hypocondre gauche (1), en passant au-dessous de l’estomac ;
(l) On appelle hypocdndre ou flanc la partie supérieure et latérale de l’abdo raeoi
Côlon descendant la portion qui descend jusqu’à la fosse iliaque gauche ;
S iliaque^ la portion du gros intestin, logée dans celte fosse, décrivant une courbure qui lui a valu
Et enfin, rectum, la portion qui succède à 1’^ iliaque et se termine à l’anus.
Fig. 6. Composition de la tunique intesti-
“ nale. ■— La texture de la tunique in¬
testinale est partout la même, et, quelque mince qu’elle nous paraisse, elle est composée de trois couches superposées : couche musculeuse ou moyenne, couche muqueuse ou interne, couche.péritonéale ou externe.
Couche musculeuse. — La couche musculeuse est composée de myriades |-i) de fibres musculaires très-rapprochées les unes des autres.
Les unes, transversales (B), sont disc posées en anneaux, et par leur super-
. COMPOSITION DE LA positiou forment un véritable tube TUNIQUE INTESTINALE, commence à la bouche et finit à
A Fibres musculaires Ion- ,,
gitudinales. 1 anUS j
B Fibres musculaires trans-
C MSane muqueuse. filtres, longitudinales (A) et plus
D Valvulesconniventes. superficielles, s’étendent delà bouche
à l’anus, croisent la direction des fibres transver-, sales.
Sur l’estomac, les fibres musculaires transversales et longitudinales s’entrecroisent, se superposent, forment
DIGESTION
une couche plus ou moins épaisse, selon que les parois de l’estomac doivent faire plus ou moins d’efforts pour réduire les aliments en bouillie.
Dans l’homme et les carnivores, cette couche est trèsmince; dans les oiseaux granivores, au contraire, qui avalent les graines sans les mâcher, elle est très-épaisse et douée d’une force de contraction considérable: elle constitue cette partie du tube digestif que l’on appelle gésier.
Couche muqueuse. —- A l’intérieur de la couche musculeuse nous trouvons la membrane muqueuse {C) ou veloutée ; comme toutes les muqueuses, elle est formée par un prolongement de la peau qui s’enfonce par la bouche à la manière d’un doigt de gant retourné, et tapisse ainsi toute l’étendue du tube digestif.
A l’extérieur du corps la peau est dure, recouverte d’un épiderme sec, écailleux ; en s’enfonçant dans les cavités, la peau s’amincit, devient molle, se dépouille de son épiderme-, les cryptes deviennent plus prononcées, la surface se couvre de villosités qui lui donnent l’aspect du velours.
Chaque villosité sécrète un liquide plus ou moins onctueux, qui non-seulement garantit la membrane muqueuse du contact des aliments, mais encore favorise le glissement des molécules alimentaires; sécrété en trop grande quantité, ce liquide détermine le flux de ventre que l’on désigne sous le nom de diarrhée..
Examinée au microscope , la muqueuse intestinale , comme toutes les muqueuses, est composée de myriades de petites granulations ou cryptes; tantôt ces granula-
DIGESTION
tions sont disposées à côté les unes des autres en forme de nappe ou membrane, tantôt elles sont disposées sur une tige à la manière des grains de raisin, et forment, par leur agglomération, des masses auxquelles on donne le nom de glandes. (Voyez p. 7, fig. 2.)
Couche péritonéale. — La couche péritonéale ou externe ne représente point un tube complet à la manière de la couche musculeuse ou de la couche muqueuse ; ce n’est qu’une portion de tube formée par la réflexion d’une très-grande membrane en forme de sac, appelée péritoine.
Gette couche a pour but de garantir, soit l’intestin, soit les parois du ventre, de l’usure qui résulterait nécessairement du frottement de ces organes les uns contre les autres, par suite du ballottement continuel qu’éprouvent les viscères dans la cavité du ventre.
Péritoine. — Le péritoine représente un sac sans ouverture; la membrane qui en compose les parois est excessivement mince, transparente, très-souple, trèsélastique et assez résistante.
Pour un moment supposons un sac ou une vessie placée dans le ventre, entre les parois de cette cavité et les viscères : d’une part, ce sac se collera sur les parois abdominales, et, d’autre part, sur les viscères; dans cette condition, si nous faisons exécuter un mouvement aux viscères abdominaux, et que l’adhérence de la face externe de ce sac aux organes environnants soit telle qu’elle ne puisse se rompre, ce ne sont pas les viscères qui frotteront contre les parois abdominales, mais bien les parois du sac, qui, par leur face interne, frotteront les unes contre les autres. Ainsi agit le sac péritonéal ;
DlGliSTlON.
et pour que ce glissement soit plus facile, l’intérieur de ce sac est continuellement lubréfié par une couche de liquide appelé liquide péritonéal^ qui donne à rihtestin, à tous les viscères abdominaux, aux parois abdominales, l’aspect lisse, luisant, que nous remarquons quand on ouvre le ventre; liquide qui s’accumule quelquefois en trop grande quantité/ et constitue les hydropisies de bas-ventre, \ascite.
Cette membrane péritonéale, non-seulement s’applique contre la partie saillante des viscères, mais elle se moule sur eux en s’enfonçant dans les interstices qui les séparent; elle les recouvre plus ou moins coniplétement, et quelquefois les dépasse en arrière en laissant toujours un espace qui permet aux vaisseaux et aux nerfs de pénétrer dans les organes sans perforer le péritoine.
La portion du péritoine qui dépasse en arrière l’intestin, en se continuant plus ou moins loin sur les vaisseaux, forme des prolongements auxquels on donne les noms de mésentère., de méso-côlon., de méso-rectum., selon qu’ils se trouvent derrière l’intestin grêle, le côlon ou le rectum, etc. Ce sont ces prolongements qu’en terme de boucherie on désigne sous le nom de fraise de veau.
Grand épiploon. — On a donné le nom de grand épiploon à un grand repli du péritoine qui flotte dans la cavité du ventre au devant des intestins; c’est cette portion du péritoine que les charcutiers exposent à leur étalage, et qui se présente sous forme d’une toile mince, claire, transparente, parsemée d’un réseau admirable de vaisseaux environnés de graisse.
DIGESTION
Le grand épiploon est formé par des replis du péritoine, qui, au lieu de se modeler sur la face antérieure de l’estomac, comme pour les autres parties de l’intestin, laissent entre eux un grand espace qui permet à ce viscère de se dilater presque indéfiniment; la formation de ce grand épiploon composé de quatre feuillets, la manière dont ces feuillets se comportent me paraît trop compliquée pour que j’entreprenne de vous le décrire.
On donne le nom épiploon gastro-hépatique à la portion du péritoine qui se porte de l’estomac au foie.
Vous avez compris que, quelques nombreuses que soient les ondulations que forme la portion du sac péritonéal qui correspond aux intestins, quelle que soit la précision avec laquelle le péritoine s’applique et se moule sur les parties avec lesquelles il est en rapport, soit qu’il recouvre une petite partie ou la presque totalité de l’espèce de cylindre que présente l’intestin, soit même qu’il le dépasse, la poche péritonéale n’est toujours qu’un sac sans ouverture, qui recouvre les organes sans jamais les enfermer ; sac que nous pourrions vous montrer sous forme d’une grande vessie ; s’il nous était possible de le décoller de toutes les parties sur lesquelles il est appliqué.
I*ar cet exposé, vous voyez que presque partout le tube digestif est composé de trois couches ou tuniques distinctes ; que deux de ces tuniques , l’interne et l’externe, muqueuse et péritonéale, sont des organes de protection ; que la tunique moyenne ou musculeuse, au contraire, est la partie active du tube digestif; que c’est elle qui, par la contraction successive des fibres en an-
Ol
neau, oblige les aliments à cheminer dans le tube intestinal, à en parcourir toute la longueur.
La contraction de ces myriades de fibres, s’opérant successivement, détermine un mouvement vermiculaire que l’on appelle péristaltique s’il s’opère de haut en bas, et alors il pousse les matières alimentaires de la bouche vers l’anus, et anti-péristaltique s’il s’opère en sens inverse.
Comme tous nos autres tissus, les parois intestinales reçoivent des artères, des veines et des nerfs qui s’y ramifient à l’infini.
Nous avons dit que, comme annexes au tube digestif, il fallait ajouter les glandes salwaires ^ le foie, le pancréas.
Glandes salivaires. — Les glandes qui sécrètent la salive sont au nombre de trois :
Ijdi parotide, qui se trouve sous la peau, au-dessous de l’oreille, derrière la mâchoire inférieure;
La sous-maxillaire, placée au-dessous de cette même mâchoire.
Et la sublinguale,.&\i\\.ée dans la bouche au-dessous de la langue.
Comme toutes les glandes, elles sont composées de myriades de petites granulations qui reçoivent du sang.
En traversant ces granulations, une partie du sang est décomposée et changée en salive*
De ces granulations naissent de petits vaisseaux qui prennent le liquide sécrété et le portent dans une tige commune appelée canal excréteur.
Le canal excréteur de la parotide, ou conduit de Ste-
DIGESTION
non, se place entre la peau et le muscle masseter, dont il croise la direction, perce la joue et verse le liquide parotidien dans la bouche.
Le canal excréteur de la glande sous-maxillaire, ou conduit de TVarlon, s’ouvre dans la bouche au-dessous de la langue.
Le canal excréteur de la glande sublinguale, ou con^ duit de Ra^>inus, s’ouvre de chaque côté du frein de la langue par une ou plusieurs ouvertures.
Par ces trois canaux, la salive est versée dans la bouche.
Salive. — La salive, assez semblable a de l’eau dans laquelle on aurait fait dissoudre une petite quantité de gomme, contient un principe ou ferment appelé diastate, qui joue un grand rôle dans l’acte de la digestion , dont nous nous occuperons plus tard.
Indépendamment de la salive, formée par les trois glandes salivaires, la muqueuse de la bouche fournit un liquide tout à fait semblable pour la couleur et la composition.
Suc gastrique. — Dans l’estomac, la muqueuse sécrète un liquide appelé suc gastrique, dans lequel on trouve un principe ou ferment appelé pepsine, qui aussi concourt puissamment à la digestion. Ce liquide, sécrété par les myriades de granulations de cette portion de la muqueuse, apparaît à la surface de la membrane, sous forme de rosée.
On ne trouve de pepsine que dans le liquide sécrété par la portion de la membrane muqueuse qui correspond à l’extrémité pylorique de l’estomac-, le liiiuidc
DIGESTION. 83
sécrété par la portion qui correspond à l’ouverture œsophagienne ne renferme que de la mucosité.
Les impressions morales vives, un refroidissement brusque, la vue d’un objet dégoûtant, la saignée, suspendent la sécrétion du sac gastrique et déterminent des indigestions.
Foie.— Le foie, que toutle monde connaît, organe trèsvolumineux, situé dans la cavité du ventre au-dessous du diaphragme, au-dessus de l’estomac, sécrète la bile.
Bile. — La bile, liquide alcalin dans lequel on trouve un principe appelé acide choléique, est versée dans le duodénum par un canal excréteur, auquel on donne le nom ^hépatique.
Sorti du foie, ce canal, après un court trajet, se divise en deux branches : l’une verse la bile directement dans le duodénum; l’autre, dans un réservoir appelé biliaire, vésicule dans laquelle la bile reste en dépôt dans l’intervalle des digestions. Pendant la digestion, la bile de la vésicule reflue dans le canal hépatique, se mêle avec celle venant directement du foie; et arrive dans le duodénum.
Pancréas. — Le pancréas, ^Qceà.e beaucoup moins volumineuse que le foie, se trouve au-dessous de l’estomac, dans la courbure que présente le duodénum. Il sécrète un liquide appelé suc pancréatique, qui a beaucoup d’analogie avec la salive. -
Suc pancréatique. — Dans le suc pancréatique se trouve la pancréatine, qui a la propriété d’émulsionner les corps gras. Le liquide pancréatiquè, préparé par les granulations du pancréas, pris par des
DIGËSTÏON.
radicules qui se réuuissent pour former un canal unique, est versé dans le duodénum, à une distance plus ou moins rapprochée de l’insertion du canal biliaire.
Dans la salive, dans le suc gastrique, dans la bile, dans le suc pancréatique, nous avons trouvé la diastate:, la pepsine^ Y acide choléique^ la pancréatine, principes immédiats qui agissent sur les aliments à la manière d’un ferment, d’agents chimiques, action dont nous vous parlerons plus tard.
Aliments. — On appelle aliment tout ce qui nourrit, tout ce qui est susceptible de former du chyle.
Les.aliments sont liquides ou solides, tirés du règne végétal ou animal.
Le règne minéral ne fournit que des assaisonnements, des médicaments ou des poisons.
La matière alimentaire n’est point homogène; les molécules qui entrent dans sa composition sont de nature bien différente.
Dans les viandes nous trouvons le maigre, fibrine animale^ et le gras.
Dans la farine qui fait le pain, de Y amidon et du gluten, fibrine végétale (1).
(1) Pour en opérer la séparation, il suffit d’ajouter de IVau à de la farine, d’en faire une pâte ; si on soumet cette pâte à un lavage, on voit nager dans l’eau qui s’en échappe une matière blanche qui, par le repos, se dépose au fond du vase, c’est \ amidon; dans la main reste une matière agglutinative, filamenteuse, moins blanche^ presque transparente, c’est le gluten.
DIGESTION. 55
Dans le lait, de l’eau appelée pâtit lait^ du beurre et du caséum.
Dans les fruits, beaucoup d’eau et une petite quantité d’une principe particulier, appelé pectine.
Dans les semences de légumineuses, de l’eau et une petite quantité d’un principe appelé légumine.
Les parties constituantes de l’aliment se décomposent en oxjgène, hydrogène carbone et azote ; ces éléments s’y trouvent dans des proportions très-différentes.
L’oxygène etriiydrOgène,sous forme d’eau, et le carbone, s’y trouvent dans de grandes proportions ; mais tous ne contiennent pas d’azote.
On distingue les aliments en azotés et non azotés :
Dans les aliments aaotés, se trouvent;
la fibrine, l’albumine, le gluten, la caséine, la pectine, la légumine,
Les plantes empruntent aux. engrais l’azote qu’elles s’approprient;
Les animaux herbivores l’empruntent aux végé taux;
Les carnivores, au règne animal.
Les matières azotées et non azotées sont également utiles à l’entretien de la vie : les premières, comme
Dans les aliments non azotés, se trouvent :
la gomme, la fécule, le sucre, l’amidon, le ligneux, les huiles, les graisses.
56 DIGESTION
nous le verrons plus tard, servent à réparer les perles que font continuellement nos organes ; les secondes , dans lesquelles le carbone prédomine, servent à entretenir la chaleur.
L’aliment est d’autant plus nutritif qu’il entre dans sa composition une plus grande quantité de matière assimilable à notre propre substance.
Aussi,'les aliments tirés du règne animal nourrissent plus que ceux tirés du règne végétal.
La chair des animaux faits nourrit plus que celle des jeunes animaux.
On a essayé d’apprécier la quantité de matière nutritive contenue'dans les aliments dont nous faisons journellement usage, et l’on a trouvé que :
Eau.
Alhnmînp,
ûbrine.
Gélatine.
) parties de bœuf contiennent :
part.
20 part.
6 part.
— Veau
— Mouton
-r- Porc
— Poulet
— Graisse.
— Merlan
— . jSavets \
— Choux 1
— Betteraves)
— OEuf
Eau.
Lait de vache.. 87
— de chèvre.. 82
— d’ânesse... oo
Sucre de lait, '
Caséum.
Albumine.
■ DIGF-STION. S7
Eau. Alcool.
Vins. 80 à 95 de 5 à 20 °/o.
L’aliment est d’une digestion d'autant plus facile que les molécules dont il est composé se désagrègent plus facilement; et il n’est digéré, c’est-à-dire il ne devient apte à s’assimiler à notre propre substance, à réparer les pertes que fait continuellement le corps, qu’autant que-les éléments constitutifs, oxygène, hydrogène^ carbone, azote, devenus libres, peuvent, par des combinaisons nouvelles, former des composés nouveaux. De là, la nécessité de les soumettre à certaines opérations préparatoires avant d’en faire usage, telles que le broiement, la cuisson, un premier degré de venaison, de fermentation, et de les assaisonner : non-seulement les assaisonnements les rendent plus appétissants et permettent d’en absorber une plus grande quantité, mais ils titillent les organes digestifs et provoquent leur action.
C’est dans cette-condition que, le plus ordinairement, les aliments subissent les épreuves de la digestion, qui a pour effet, non-seulement de les réduire en bouillie, mais de les liquéfier, de les réduire à leur plus simple expression, pour en former des composés nouveaux.
DIGESTION
Préhension des aliments. — L’homme porte les aliments à sa bouche ; dans la plupart des animaux c’est la bouche qui va chercher l’aliment, et le prend tel qu’il se trouve dans la nature.
DIGESTION
Mastication. — Arrivés dans la bouche, les aliments sont broyés par l’action des mâchoires : des muscles qui s’insèrent d’une part à la mâchoire inférieure, d’autre part à la mâchoire supérieure, font exécuter à la mâchoire inférieure, seule mobile, des mouvements d’élévation, d’abaissement et de diduction propres à opérer la division, le broiement des substances alimentaires.
Insalivation. — Non-seulement les aliments ramenés sous les arcades dentaires par l’action des joues, des lèvres et de la langue, sont plus ou moins complètement divisés, broyés, triturés, mais encore la salive, sécrétée par la muqueuse de la bouche et les glandes salivaires, les imprègne, les ramollit, en agglutine les molécules et en forme une véritable pâte.
Lorsque les aliments sont suffisamment broyés et imprégnés de salive, la langue, parcourant toutes les anfractuosités de la bouche, les réunit, en forme une masse que l’on appelle bol alimentaire.
Déglutition. —Ce bol, poussé contre la voûte palatine, par un mouvement de la langue, franchit l’isthme du gosier et arrive dans le pharynx; dans cette espèce d’entonnoir, pressé par l’action des muscles constricteurs du pharynx qui se contractent de haut en bas, le bol arrive dans l’œsophage : l’ensemble de ces phénomènes constitue la déglutition. La déglutition est une opération très-compliquée, qui exige presque simultanément le concours de la langue, du pharynx, du voile du palais et de l’épiglotte.
Arrivés dans le pharynx, ainsi pressés de toutes parts,
DIGESTION. 59
les aliments tendraient à refluer dans la bouche ; mais ils en sont empêchés par la base de la langue.
Ils tendraient à refluer dans les fosses nasales : ils en sont empêchés par le voile du palais, qui, au moment de la déglutition, est porté en haut et en arrière, et ferme toute communication de la bouche avec les fosses nasales.
Ils pourraient s’introduire dans le larynx: ils en sont empêchés par \épiglotte , qui, entraînée par la base de la langue à laquelle elle adhère, exécute un mouvement de bascule et s’applique sur l’ouverture laryngée pour en fermer l’entrée.
Si, pendant la déglutition, on nous oblige à rire ou à faire une forte inspiration, le voile du palais s’abaisse, l’épiglotte se'relève, les ouvertures nasales et laryngée restent béantes, des parcelles d’aliments s’y introduisent, et alors nous éprouvons un besoin irrésistible d’expulser, par un courant d’air rapide, les molécules engagées dans les voies aériennes; phénomènes que l’on appelle vulgairement faire du vin de Nazareth, si l’introduction a lieu dans les fosses nasales, ou avaler de travers, si.elle a lieu dans le larynx : ces phénomènes provoquent l’éternuement dans le premier cas, et la toux dans le second; mouvement presque convulsif, involontaire, qui continue jusqu’à ce que l’air ait entraîné dans sa course les molécules alimentaires qui ont fait fausse route. Comme les molécules qui constituent les aliments liquides sont plus divisibles que celles des aliments solides, la déglutition, des premiers expose plus .fréquemment à ces sortes d’accidents.
DIGESTION
Sorti du pharynx, le bol alimentaire chemine dans l’œsophage et arrive dans l’estomac.
Dig-estion stomacale. — Tous les aliments que nous prenons pendant le repas, liquides ou solides, s’accumulent dans l’estomac, qui se dilate selon le besoin ; lorsque la dilatation est suffisante, la faim cesse : alors commence la digestion stomacale.
Chymification. — Les fibres musculaires de l’estomac, se contractant, pressent les aliments, les pétrissent, les tourmentent, leur font subir une seconde trituration, en les mélangeant d’une,manière d’autant plus rapide et plus complète que l’aliment a été plus soigneusement broyé et divisé dans la bouche. La masse ali- - mentaire ainsi broyée, triturée , mélangée , forme une bouillie plus ou moins homogène, à laquelle on donne le nom de chyme.
Le chyme., poussé par l’action des fibres musculaires de l’estomac, franchit l’ouverture pylorique, et arrive dans le duodénum.
Pour que le pylore leur livre passage, et pour que cette chymification soit complète, il faut que du suc gastrique, préparé par l’estomac, soit mêlé avec la masse alimentaire : c’est alors, et alors seulement, qu’elle franchit l’ouverture du pylore. Si cette chymification n’a pas lieu, le pylore reste fermé, les fibres de l’estomac se contractent avec violence, et les aliments sont rejetés par le vomissement.
Si, au contraire, la chymification a lieu, le pylore livre le passage au chyme, et le verse dans le duodénum; là, les matières chymifiées se mêlent avec la
DIGKSTION.
bile et avec le suc pancréatique, s’engagent dans l’intestin grêle, le parcourent avec assez de rapidité, franchissent l’ouverture ileocœcaie, et arrivent dans le gros intestin, où elles restent en dépôt un temps plus ou moins long.
Jusqu’à présent, nous n’avons envisagé la division des aliments qu’au point de vue mécanique; il nous reste à l’examiner au point de vue chimique.
Par les différentes épreuves auxquelles les aliments sont soumis en cheminant dans l’intestin, nous avons compris qu’ils pouvaient être réduits en bouillie.
Mais, pour qu’ils puissent être réparateurs, aptes à s’assimiler, à s’identifier à nos propres^ tissus, il faut que les molécules constitutives du chyme soient liquéfiées et changées en un composé nouveau, appelé chyle; et pour que ce changement ait lieu, il faut que les principes constitutifs de l’aliment, que nous savons être de V oxygène, de ï hydrogène, du carbone et de Y azote, soient désagrégées.
Cette désagrégation s’opère au moyen d’agents chimiques, de ferments renfermés dans les liquides versés dans l’intestin.
En parlant de la nature des aliments , nous avons dit que les principes alimentaires pouvaient se classer en deux catégories, principes Jion azotés, principes azotés, nous ferons une troisième catégorie sous le nom de molécules huileuses et graisseuses.
Pour chacune de ces catégories, nous trouvons un ferment spécial. .
Dans la salive on trouve la diastase, qui a la pro-
DIGESTION
priété de changer les molécules non azotées en sucre ;
Dans le suc gastrique, la pepsine , qui dissout les matières azotées;
Dans la bile, Xacide choléique, qui a la propriété de saponifier les corps gras, de les changer en acides gras ;
Et dans le suc pancréatique, la pancréatine^ qui émulsionne les acides gras.
Action de la diastase. — Les aliments non azotés tels que l’amidon, la fécule, la gomme, etc., sont attaqués par la diastase et changés en gljcose, sucre non cristallisable, et dans cette condition, en cheminant dans le tube digestif, ils sont liquéfiés (1).
Action de la pepsine. — Les molécules azotées, telles que la fibrine, l’albumine, le gluten, la caséine, la pectine, la légumine, qui ont résisté à l’action de la diastate^ dans l’estomac se combinent avec la pepsine, et, après un séjour de quelques heures, sont dissoutes, liquéfiées (2).
Les molécules non azotées et azotées, ainsi liquéfiées,
(1) Nous aurons la preuve de ce changement de condition si nous mélangeons une de ces substances alimentaires avec de la salive, et que nous soumettions le mélange , à l’action de l’iode ou du tartratc de potasse et de cuivre: l’iode donnera au mélange une belle couleur bleue s’il contient de l’àmidon.
Le tartrate de cuivre et de potasse, au contraire, donnera au mélange une couleur qui, par l’action de la chaleur, passera du vert au jaune s’il contient du sucre.
( 2 ) Si dans un vase contenant du suc gastrique on plonge du
DIGESTION
franchissent l’ouverture pyloriqne, arrivent dans le duodénum, entraînant avec elles les molécules huileuses ou graisseuses.
Action de la clioléine. — Dans le duodénum, les molécules grasses se combinent avec la bile, et par l’action de Vacide choléique qWqs sont saponifiées^ changées en acides gras (1).
Action de la pancréatine. — Les acides gras, mélangés avec le suc pancréatique, subissent l’influence de la pancréatine, qui a la propriété de les émulsionner, de les liquéfier, comme le démontrent les expériences de M. le professeur Bernard (2).
Fèces. — Les aliments, après avoir subi les épreuves de la mastication, de Finsalivation, de la digestion stomacale, chymifiés, liquéfiés, s’engagent, avonsnous dit, dans l’intestin grêle et en parcourent toute l’étendue.
gluten ou de la libre musculaire, et qu’on soumette le mélange pendant quelques heures à l’action d’une douce chaleur on voit les matières azotées se fondre comme le ferait un morceau de sucre.
(t) Tout le monde sait qu’avec des corps gras et des alcalis, tels que la soude ou la potasse, on fait du savon ; que, pour enlever une tache d’huile de nos vêtements, il sulût d’ajouter une substance alcaline pour réduire le corps gras en savon, corps soluble dans l’eau.
(2) Enajoufantdansun vase quelques gouttes desuc pancréatique à de l’huüe ou de la graisse acidulée, on voit immédiatement le mélange se liquéfier, prendre une teinte lactescente, comme le levait du savon dans de l’eau.
DIGESTION
Dans cette partie du tube digestif, la masse chymeuse se sépare en deux parties : l’une, appelée fèces, formée du résidu de la digestion, franchit l’ouverture iléo-cœcale, est versée dans le gros intestin, y séjourne plus ou moins longtemps, s’y durcit, et est rejetée au-dehors par la cMfécation.
Chyle. — L’autre partie, que l’on appelle chyle, qui dans la masse cbymeuse apparaît sous forme de gouttelettes blanches, est déposée sur les parois de l’intestin.
Pour favoriser la séparation du chyle des matières qui doivent former le résidu de la digestion, ori trouve dans l’intérieur de l’intestin grêle, et particulièrement dans le duodénum et le jéjunum, de nombreux replis transversaux formés par la muqueuse, replis auxquels on donne le nom de valvules conniventes, destinées à retarder le cours du chyme et à donner aux vaisseaux chylifères le temps d’absorber les globules de chyle.
Dans le côlon on remarque des replis beaucoup plus considérables, qui paraissent servir plutôt à retarder le cours des matières fécales, à les durcir, à. les mouler, qu’à favoriser la séparation des quelques parcelles de chyle qui pourraient encore se trouver dans le résidu de la digestion.
Le chyle, destiné à devenir du sang, dont il a déjà presque tous les caractères, n’en diffère que par la couleur.
Comme le sang, le chyle en se refroidissant se prend en masse et acquiert une consistance de gelée; àprès un temps assez court cette gelée se sépare : 1" en un
Digestion.
caillot d’uii beau blanc qui se dépose au fond du vase ; 2"’ en un liquide séreux qui nage à la surface.
Soumis à l’analyse chimique, le chyle contient tous les éléments du sang.
Compost Lion chimique du ch/le :
De l’hoiniiie. Du cheval.
Eau. 904
Albutniao. ... 70
Fibrine... traces
Matière grasse.]
Soude... (
Chlorure de soude.. (.
Phosphate de chaux )
L’odeur du chyle, sa saveur, le plus ou moins d’épaisseur du caillot, le plus ou moins de sérosité, varient selon la nature de l’aliment.
Nous, avons dit que dans la masse chymeuse on voyait nager, avec les matières qui doivent former le résidu de la digestion, les globules de chyle. De petits vaisseaux extrêmement ténus dont l’ensemble est désigné sous le nom appareil chylifère^ absorbent ces globules, et les portent de l’intestin dans le torrent de la circulation.
Appareil chylilère. — Ces vaisseaux, très-nombreux, prennent naissance à la face interne de l’intestin, en traversent les parois, et apparaissent au dehors
niGÉSTlON.
sous forme de petits conduits que Ton peut comparer, pour la disposition et l’usage, au chevelu de la racine des plantes : d’abord capillaires, ils se réunissent les uns aux. autres pour former un canal principal, appellé canal thorachique.
Canal thorachique. — Ce canal, qui s’étend de la onzième vertèbre dorsale à la partie supérieure de la poitrine, présente, à la réunion des vaisseaux chylifères , un renflement appelé réservoir de Pecquet ; supérieurement il s’ouvre dans la veine sous-clavière gauche, par une et quelquefois par plusieurs divisions.
Sur le tube formé par le canal thorachique, on remarque un grand nombre de bosselures, que l’on retrouve même sur les racines : ces bosselures sont dues à l’existence de valvules dont l’intérieur des vaisseaux chylifères est garni; ces valvules sont disposées de telle manière que le chyle peut être porté des racines dans les troncs, mais jamais refluer des troncs dans les racines.
Le réservoir de Pecquei n’est point un réservoir destiné à garder des liquides en dépôt, à la manière de la vessie urinaire, de la vésicule biliaire, mais tout simplement une dilatation variqueuse due à la compression exercée par les piliers du diaphragme : son existence n’est pas constante ; il n’existe qu’autant que les vaisseaux chylifères se réunissent avant leur passage à travers l’ouverture diaphragmatique ; s’ils se réunissent après, la dilatation variqueuse existe dans les vaisseaux chylifères.
Sur le trajet des vaisseaux chylifères, dans l’espace
DIGESTION
compris entre l’intestin et le réservoir de Pecquet, c’està-dire dans le mésentère, on remarque de nombreux renflements formés par le pelotounement des vaisseaux, renflements auxquels on donne le nom de ganglions mésenlériques; l’usage de ces ganglions, dont l’existence est constante , est peu connu.
Ce que nous savons, c’est qu’en passant à travers ces ganglions, le chyle, qui était blanc, prend une teinte légèrement rosée : c’est que certains principes, dont ou a pu constater la présence dans le chyle avant son passage dans ces ganglions, ne s’y retrouvent plus après.
Dans certains ces de maladie, ces ganglions sont susceptibles d’un développement considérable : lorsque quelques ganglions seulement sont malades, les conséquences sont peu importantes; mais, lorsque un grand nombre de ces ganglions sont malades à la fois , ils constituent un développement tout, particulier du ventre, que l’on appelle carreau^ dont la conséquence est l’amaigrissement et le dépérissement.
Concurremment avec les vaisseaux chylifères, les veines des intestins rapportent aussi du chyle.
Ce chyle diffère de celui que l’on trouve dans les vaisseaux chylifères par l’absence des matières grasses, par une plus grande proportion de principes féculents.
C’est par les veines que sonî reprises les matières salines, odorantes, tinctoriales, contenues dans les aliments.
Vous avez compi is que le chyle pris par les radicules
DlGliSTION.
des vaisseaux chylifères, versé par le canal thorachique dans la veine sous-clavière gauche, mêlé avec le sang veineux, était porté dans le cœur, puis dans le poumon, et mis en rapport avec l’air. Plus tard, nous aurons à vous dire comment, par l’action de l’air, le chyle devient du véritable sang.