DIGESTION DANS LA SERIE ANIMALE
En jetant un coup d’œil rapide sur l’appareil digestif des différents animaux, nous verrons que la structure des organes digestifs, la conformation des dents et des mâchoires, le nombre et le volume des glandes salivaires, la forme et la structure de l’estomac, la longueur et la disposition du tube intestinal, offrent des différences relatives à la nature des substances alimentaires dont les animaux font usage. Plus ces substances se rapprochent de l’organisation animale, plus elles sont solubles dans les sucs digestifs, moins l’appareil est compliqué.
Dans les carnivores qui arrêtent et déchirent leur proie les dents sont pointues, recourbées, tranchantes, comme celles du lion, du tigre, du renard. Dans les poissons, les reptiles et les autres animaux qui se nourrissent de proie vivante et dont le corps est dépourvu de membres propres à l’arrêter, les dents sont trèspointues et dirigées d’avant en arrière. Dans les herbivores ruminants, tels que le bœuf, le mouton, les incisives sont tranchantes, les molaires sont plates, raboteuses, plus propres à broyer qu’à déchirer.
Les glandes salivaires, beaucoup plus développées
dans les herbivores que dans les carnivores, manquent dans les poissons.
Les parois de l’estomac, très-minces dans les carnivores et dans tous les animaux qui se nourrissent de matières azotées et peu consistantes, sont très-épaisses dans ceux qui font usage d’aliments durs et qui les avalent sans les mâcher, comme certains oiseaux, les granivores.
La longueur du tube digestif varie non-seulement d’une espèce à l’autre, selon le genre de nourriture, mais varie d’un individu à un individu de même espèce, selon les modifications apportées au régime.
Le gros intestin est d’autant plus développé que l’aliment contient moins de parties assimilables. Dans les herbivores, cette portion de l’intestin est énorme, comparativement à ce qu’elle est dans le lion et dans tous les carnivores (1).
Carnivores. — Dans les carnivores, l’appareil digestif se rapproche beaucoup de celui de l’homme, et la di-
' (1) La longaeiir du tube digestif, qui est de sept à huit fois la
longueur du corps dans l’homme, serait :
Dans le bœuf, le mouton, de. 28 fois.
— lion.... 5
— cheval. 18
— lapin sauvage nourri avec des plantes sèches
et des graines.. 8.
— lapin domestique nourri avec des herbages. 20
— têtard de grenouille, herbivore. 10
— grenouille, carnivore.. 2
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gestion se fait à peu de chose près de la meme manière.
Les dents à surface plane sont d’autant moins nombreuses, et les dents pointues tranchantes le sont d’autant plus que l’animal se nourrit plus exclusivement de matières animales ; les dernières dents molaires de l’ours, qui se nourrit et de chairs et de racines, se rapprochent de celles des herbivores.
Les parois de l’estomac sont minces , susceptibles d’une grande dilatation ; le suc gastrique y est sécrété en grande quantité, et doué d’une force dissolvante tellement puissante que son action seule suffit, pour désagréger les substances animales les plus dures : les os même, après un court séjour dans l’estomac, sont ramollis comme s’ils eussent séjourné dans un acide; les parties organiques chymifiées, changées en chyle, sont absorbées par les vaisseaux chylifères; les molécules calcaires désagrégées, après avoir parcouru le tube digestif, sont rejetées sous forme d’une substance blanche , composée de phosphate de chaux , connue dans le commerce de la droguerie sous le nom à\dbiim grœcuni . Avee ces matières calcaires se trouvent le& poils, les-ongles, et toutes les parties non assimilables qui ne forment qu’une petite quantité de résidu; aussi la longueur du colon est peu considérable ; son volume ne dépasse guère celui de. rintestin grêle.
Solipèdes. — Dans le cheval et tous les solipèdes, les mâchoires sont garnies de vingt dents plus propres à broyer qu’à déchirer. On trouve à chaque mâchoire.
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SIX inc{sh’es{\), et de cbnque côté six molaires^ et une espèce de dent canine appelée crochet^ qui manque dans la jument.
Les glandes salivaires sont très-développées, elles fournissent en moyenne 8 kilogr. de salive en vingtquatre heures; par la mastication cette sécrétion est considérablement activée ; elle peut s’élever jusqu'à 5 kilogr. par heure, et même davantage.