ESTOMAC DE BOEUF
A œsophage.
B Panse.
C Réseau ou bonnet.
D Demi-canal.
E Fibres musculaires du demi-canal.
F Feuillet.
G Ouverture de communication entre le feuil- • let et la caillette.
II Duodénum.
I Pylore.
quatre poches distinctes, que l’on désigne sous les noms àepanse (B), reseau (C),-feuillet (F) et caillette (yV).
Panse. — Les aliments ramassés par la langue longue et râpeuse sont tondus par les dents incisives de la mâchoire inférieure, rassemblées parla langue et poussés dans l’oesophage, qui les dépose dans un premier estomac, appelé panse (B).
DIGESTION
Rumination. — La panse suffisamment remplie, la faim cesse; mais alors commence la rumination^ c’està-dire que les aliments passent par fractions de la panse dans le réseau (G).
Réseau. — Par le réseau, les aliments réunis en pelote remontent par l’œsophage, du réseau dans la bouche, et sont de nouveau soumis à l’action des mâchoires. Nous voyons l’animal, alors à l’état de repos, broyer, triturer les aliments, qui n’étaient que grossièrement broyés, les mélanger avec la salive : ce qui constitué la rumination.
Feuillet. — Ainsi broyés, ramollis, insalivés, les aliments redescendent dans l’œsophâge, arrivent non dans la panse d’où ils étaient sortis, non dans le réseau qui a concouru à former la pelote, mais dans le troisième estomac,- appelé feuillet (F).
Le feuillet est composé à son intérieur d’un grand nombre de replis formés par la muqueuse de l’estomac, replis que l’on a comparés aux feuillets d’un livre, ce qui lui a valu son nom. C’est entre ces feuillets que se place la masse alimentaire, où elle s’imbibe de mucosité.
Demi-canal. — Le passage des aliments de l’œsophage dans le feuillet est rendu facile par une disposition toute particulière de la partie inférieure de l’œsophage. Dans cette partie, l’œsophage, au lieu de présenter un canal complet, ne présente demi-canal (D), qui
verse les alim;ents dans la panse s’ils sont durs, résistants, ou les verse dans le feuillet s’ils sont liquides ou peu consistants. En examinant dans cette région les
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Si-
fibres musculaires longitudinales et transversales de l’œsophage, on reconnaît qu’elles peuvent servir soit à détacher de la masse alimentaire contenue dans la panse la fraction qui formera la pelote, soit à convertir le demi-canal en un canal complet, qui nécessairement dirigera les aliments de l’œsophage dans le feuillet s’ils sont peu consistants et presque liquides, comme ils doivent l’être après’ la rumination.
Caillette. — Après un séjour plus ou moins long dans le feuillet, après avoir subi un degré de fermentation, les aliments pénètrent dans le quatrième estomac, la cailLelle^ qui sécrète le sue gastrique ; là après avoir reçu l’influence delà pepsine^ ifs franchissent l’ouverture du pylore^ et cheminent dans le reste du tube digestif; alors se fait la séparation du chyle, qui est absorbé et porté dans le torrent de la circulation.
Le résidu de la digestion, considérable dans les ruminants, à cause de l’énorme quantité de matière ligneuse qui se trouve dans l’aliment, est poussé dans le côlon, dont le développement est également considérable en longueur et en largeur.
Vous voyez comment, dans les ruminants, les aliments tondus, ramassés par la langue, sont avalés et arrivent dans la panse; comment, après un court séjour, ils remontent dans le réseau, puis dans la bouche, où iis sont broyés, insalivés, ramollis (rumination) ; comment, avalés de nouveau, ils sont jetés par le demicanal, dans le feuillet, et comment du feuillet ils passent dans la caillette, et ensuite dans tout le tube digestif.
DIGESTION
Aliments liqiikles. -— Si celte triplé opération est nécessaire pour les aliments solides, elle était inutile pour les aliments liquides, tels que l’eau, le lait, etc. Aussi les aliments liquides n’entrent point dans la panse; an moyen dn de un-canal, ils passent de suite de l’oesophage dans le feuillet, et immédiatement dans lu caillette, où ils se mêlent au suc gastrique.
Aliments solides et à la fois très-aqueux. — Il résulte de cette disposition que si l’on donne aux ruminants, vaches, moutons,etc., des aliments solides et à la fois très-aqueux, tels que des racines de betteraves, de carottes, etc., coupées par tronçons, ces matières alimentaires, qui contiennent 90 on 9S pour 100 d’eau,' passent, comme les aliments liquides, de l’œsophage dans la cttilleite^ sans séjourner dans la panse, sans revenir dans la bouche, par conséquent sans avoir été ruminés, triturés, mêlés avec la salive. Dans cette condition, ils franchissent l’ou^/erture du pylore, cheminent dans les 40 mètres d’intestin et sont rejetés par la défécation incomplètement désagrégés.
Non-seulement ces matières alimentaires ne fournissent point de molécules assimilables, ne sont point nutritives, mais elles titillent l’intestin, à la manière des pépins de raisin, provoquent une sécrétion abondante de sérosité, et l’animal, au lieu d’engraisser, maigrit.
Il n’en faut pas conclure que ces matières alimentaires ne sont point nutritives ; elles sent nutritives^ et même d’une bonne alimentation, si on oblige l’animal à les mâcher, à les broyer, à les mélanger avec la sa-
live, ce qui a lieu lorsqu’on laisse ronger sur place ces racines, ou si; en les coupant par tronçons, on les mélange avec de la paille hachée; alors ils n’arrivent dans la caillette qu’après avoir été soumis à la rumination. Ils sont réparateurs.
Météorisation. — Lorsque les ruminants mangent avec trop d’avidité des herbages humides, il se forme quelquefois dans la panée un développement considérable de gaz, dont l’effet produit la météorisation. Ces gaz sont presque toujours de l’acide carbonique ou de l’hydrogène carboné. Pour y remédier, on fait avaler des préparations ammoniacales, préparations liquides qui n’ont pas toujours l’effet qu’on en attend; la ponction de la panse avec un trois-quarts est plus efficace et rarement suivie de conséquences fâcheuses.
Chameau. — Dans le chameau^ qui aussi est un ruminant, indépendamment de la panse., du réseau., du feuillet et de la caillette.^ on trouve un cinquième estomac, destiné à recevoir une provision d’eau qu’il regurgitte selon ses besoins, ce qui permet à cet animal de rester un temps fort long et de traverser les déserts sans recourir à l’abreuvoir. On raconte que, dans les longues caravanes, les voyageurs sacrifient quelquefois l’animal pour pourvoir à leurs propres besoins.
Nous n’avons eu occasion.de voir ce cinquième estomac que dans l’état de vacuité, et nous avons été frappé du grand' nombre de replis et de colonnes charnues que présente la face interne de cette poche.
Oiseaux granivores. —Les oiseaux de la classe des gallinacés, dont les mâchoires sont dépourvues de
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dents, avalent sans les mâcher les corps les plus durs, tels que des graines de millet, de blé, même des noix avec la coquille.
Chez ces animaux, nous trouvons deux estomacs : un premier, que l’on appelle jabot , faisant suite à l’oesophage, et un second, que l’on appelle gésier y tenant au premier par un prolongement qui a reçu le nom de 'ventricule succenturié.
Les aliments saisis- par le bec de l’animal s’engagent dans l’œsophage et sont mis en dépôt dans le jabot.
Cette poche étant suffisamment remplie, la faim cesse, et alors, par un mouvement lent et continu, les graines arrivent dans le gésier, où elles sont broyées, triturées, réduites en bouillie. En faisant avaler des noix à des dindons, on entend le bruit causé par l’écrasement de la coque.
Pour rendre le broiement plus com- ESTOMAC D-OISEAU l'animal introduit dans son gé-
GRANivor.E. sier de petits graviers qui, pressés, B roulés avec les graines, remplissent les
C Ventricule succenturié o .• „
D Fibres musculaires. fonctlOnS de lUeute.
E Ouverture uylorique. . i ' , . t cî i
F Duodénum. Action du grcsier. — Les fibres mus¬
culaires qui composent le gésier sont nombreuses, courtes et très-fortes. La mu,queuse qui en tapisse l’intérieur est très-épaisse, raboteuse, rugueuse, dure presque
comme delà corne. Les fibres musculaires agissent avec une telle puissance qu’un tube métallique qui avait résisté à la pression d’un poids de 250 kilogrammes, introduit dans le gésier, a été trouvé aplati par l’action des fibres musculaires.
La membrane interne est tellement résistante que des lames de canif, des aiguilles fixées dans une balle de plomb, ont été trouvées usées, émoussées, après un court séjour dans le gésier.
La pâte chymeuse broyée parcourt le tube digestif, et la digestion s’achève comme dans les autres animaux.
Avec le résidu de la digestion, on trouve souvent de petits graviers dont les angles arrondis attestent qu’ils ont longtemps séjourné dans l’estomac.
Pour engraisser des granivores, il ne suffit pas de leur donner des graines à satiété, de les priver d’exercice; il faut, ou leur fournir les moyens d’opérer le broiement de ces graines, ce que font les navigateurs en embarquant des graviers en même temps que les poules, ou mieux, leur donner les graines toutes broyées, ce qui permet à l’animal de digérer plus vite, d’absorber une plus grande quantité de matières nutritives et de faire plus de chair.
Oiseaux de proie. — La plupart de ces oiseaux déchirent leur proie, l’avalent et la digèrent comme les carnivores.
Dans les oiseaux de proie nocturnes, qui avalent leur proie sans la dépecer, tels que le hibou, la cavité buccale et l’œsophage sont susceptibles d’une grande dila-
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tation ; on ne trouve point de jabot; les fibres musculaires du gésier sont minces.
La proie avalée arrive entière dans L’estomac; elle y est désagrégée par l’action des sucs gastriques; les molécules assimilables, changées en chyme, franchissent le pylore et parcourent le tube digestif; les matières non assimilables, tels que les poils, les ongles, les dents, quelques débris osseux, sont réunies sous forme de pelote et rejetées par la bouche.
Reptiles. — Dans les reptiles^ les serpents ^ qui se nourrissent essentiellement de proies Avivantes, nous remarquons des dents pointues disposées d’avant en arrière, plus propres à saisir, à arrêter la proie qu’à la mâcher.
Les deux mâchoires sont mobiles; la mâchoire inférieure, dont le corps, la branche et le condyle ne font qu’un seul os dans les mammifères, dans cette classe forme trois os séparés articulés entre eux, disposition qui permet à la bouche de se dilater énormément.
La langue, très-longue, fourchue, est plutôt un organe d’exploration que de préhension ou de dégustation.
Les cryptes muqueux de l’arrière-bouche sont trèsraultipliés, et sécrètent en abondance un liquide onctueux qui favorise la déglutition.
Appareil digestif. — Le tube digestif, depuis l’œsophage jusqu’à l’anus, présente, dans l’état de vacuité,^ presque partout le même diamètre; entre l’œsophage et l’estomac, entre l’estomac et fintestin grêle, il n’y a presque pas de différence sous le rapport du volume et
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de la texture; à l’intérieur du gros intestin, on trouve des cloisons disposées en spirales, placées à la suite les unes des autres, dont l’ensemble forme une véritable vis (VArchimede. qui manifesteinenl a pour but de retarder le cours des matières alimentaires et de donner aux vaisseaux chylifères le temps d’opérer l’absorption du chyle.
Sécrétion biliaire. — Le foie est généralement trèsdéveloppé, et fournit une grande quantité de bile.
Suc pancréatique. — Le pancréas se présente sous forme d’un corps graisseux, lobule, qui se remarque sous l’intestin, depuis l’estomac jusqu’à l’anus; les lobules qui le composent tiennent à un pédicule qui les fixe à une tige commune; une artère unique fournit, par de nombreuses ramifications, du sang à chaque lobule.
Le liquide sécrété est versé, dans l’intérieur de l’intestin par un conduit, formé de toutes les radicules qui naissent de chaque granulation pancréatique.
Préhension de Valiment. — Le serpent enroulé sur lui-même attend sa proie au passage ; avec la rapidité de l’éclair, il lance sa tête, saisit sa victime, l’enroule dans ses anneaux jusqu’à ce que la strangulation soit complète; alors, se déroulant, il la laisse toniber, et, la saisissant par le plus petit diamètre, on la voit par un mouvement de mastication, s’engager progressivement de la bouche dans l’oesophage, et, après un temps trèslong, arriver dans l’estomac, où elle est désagrégée par l’action des sucs gastriques; réduite en chyme, elle parcourt les espèces de loges ou cellules formées par
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les valvules de l’intestin, dont la disposition, avonsnous dit, ressemble à la vis d’Archimède.
Toutes les matières assimilables, changées en chyle, sont absorbées par les chylifères et portées dans le torrent de la circulation.
Le résidu de la digestion, composé des poils, des ongles, des dents, de quelques parcelles d’os, etc., est rejeté sous forme d’une véritable pelote.
L’énorme dilatation dont la bouche est susceptible permet à.ces animaux d’avaler une proie quelquefois plus volumineuse que leur propre corps, et cette proie, engagée dans la bouche ou dans l’œsophage, reste au passage un temps assez long pour que la portion engagée soit déjà digérée lorsque la portion restée au dehors, en contact avec l’air, est en putréfaction.
Disposition particulière de Vouverture Jajyngée. — Dans les mammifères et les oiseaux, la présence du bol alimentaire obstruant Couverture pharyngienne serait une cause d’asphyxie. Dans les reptiles, l’asphyxie n’a point lieu ; chez ces animaux, l’ouverture laryngée, par laquelle passe l’air, au lieu d’être à la base de la langue, se trouve à la pointe et toujours en rapport avec l’air : ce qui n’empêche pas que la digestion-ne soit pour les reptiles une cause de torpeur.
Vipères. — Les serpents venimeux, .tels que les vipères, les crotales, etc., tuent leur proie avant de l’a' valer.
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