‹ Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine et comparéeChapitre 15 sur 79 · TÊTE DE VIPÈRES, N · texte numérisé non relu

TÊTE DE VIPÈRES, N

Indépendamment des petites dents qui garnissent les mâchoires, on trouve sur ces animaux, à la mâchoire supérieure, une dent longue, pointue, en forme de crochet, dont l’animal fait usage pour introduire dans sa victime un venin qui tue presque immédiatement.

Ce venin , secrété par une glande qui se trouve au-dessus de la mâchoire, est versé par un conduit unique à la base de la dent; cette dent elle-même, creuse dans toute son éten-

A Glande à venin.

B Conduit excréteur.

C Dent veniineuse ou crochet.

D Dents venimeuses de rempiaceinent. rlnr^ vrATtirt

E Musclepterygoïdien externe, renfermant uuc, ucjjuoc ic venin iitnin la glande à venin.

F Muscle temporal antérieur.

G Muscle élévateur de la mâchoire infér.

H Muscle abaisseur de la mâchoire in fér.

I Muscle réiracieur de la mâchoire.

J Muscle plérygoïdien interne.

K Mâchoire inférieure.

L Langue.

M Ouverture laryngée.

N Bifurcation de la langue.

O Glande lacrymale.

la plaie.

Comme les autres serpents, la vipère, enroulée sur elle-même, attend sa proie au passage, lance sa tête et enfonce dans sa victime la dent qui distille le venin; presque immédiatement le venin absorbé produit un tel désordre dans les fonctions que l’animal chancelle et tombe; dans ce court espace, qui est de quelques minutes, plus ou moins, selon la quantité de venin déposée et selon le volume de l’animal atteint,

DIGIOSTION.

la vipère marche lentement à la suite de sa victime, l’atteint et en fait sa pâture.

Effet du venin. — Le premier effet de ce venin est de déterminer une tuméfaction considérable, de décolorer le sang; les tissus semblent éprouver un premier degré de fermentation, qui, dit-on, est indispensable pour que dans ces animaux la digestion puisse s’opérer.

Poissons. — Dans les poissons, la préhension des aliments se fait à peu près de la même manière que dans les reptiles. Les dents, pointues et disposées d’avant en arrière, servent à saisir, à harponner la proie. Dans quelques poissons, tel que la carpe, qui font entrer dans leur alimentation des graines, des tubercules, les dents pharyngiennes, au lieu d’être pointues, sont planes, propres à broyer.

Dans les reptiles, la proie pénètre déjà morte dans l’arrière-bouche, et parcourt lentement le pharynx et l’oesophage. Dans les poissons, au contraire, la proie arrive presque vivante jusque dans l’estomac, et franchit ordinairement la bouche, le pharynx et l’œsophage avec une grande rapidité.

La déglutition non-seulement est favorisée par l’énorme dilatation de la bouche et du pharynx, mais encore par des myriades de petites dents dont la voûte palatine, la face dorsale de la langue et la cavité du pharynx sont garnies. Ces petites dents ou papilles cornées, très-dures, très-pointues, sont dirigées d’avant en arrière, disposition propre à favoriser le mouvement de dehors en dedans, et à s’opposer à tout mouvement en sens inverse; pour obliger la victime a

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suivre cette direction, on trouve sur les arcs branchiaux des tubercules recouverts de pointes semblables aux papilles de la bouche (1).

Ces arcs branchiaux sont susceptibles d’un mouvement d’élévation et d’abaissement considérable. Mouvement qui est déterminé par des muscles très-nombreux et très-puissants qui se remarquent à la partie supérieure des branchies. Par leur contraction, ces muscles appliquent successivement et d’avant en arrière les arcs branchiaux sur la proie encore vivante, et l’obligent à-franchir \isthme du gosier.

Arrivée dans l’estomac, la proie est désagrégée par les sucs gastriques, tellement actifs qu’il n’est pas rare de trouver sur des poissons morts pendant la digestion la muqueuse de l’estomac altérée, et même toutes les membranes perforées par l’action de ces sucs.

Dans les poissons le foie est très - volumineux, et, selon toute probabilité, le pancréas est formé par les nombreux appendices que l’on trouve dans le voisinage de l’estomac. Sur ce point les anatomistes ne sont pas d’accord.

Cuvier, et avec lui la plupart des auatüiuisles, oui cru que les tubercules qui se remarquent sur les arcs branchiaux devaient servir à empêcher les débris d’aliments de pénétrer dans les branchies. Cette explication ne nous paraît pas admissible. On sait que les poissons avalent leur proie sans la mâcher ; la direction des petites pointes qui garnissent ces tubercules, la manière dont fonctiennent les arcs branchiaux, viennent à l’appui de notre opinion.

DIGESTION

Fi-, 11.

ÏÜDE blGESTIF DE.S POISSONS. ,

A CEsophage.

B Estomac.

G Ouverture ,pylorique.

D Duodénum.

E Ouvert, du duodénum dans l’intestin.

F P.eplis ou valvules.

G l’.eplis disposés à sens inverse des premiers.

Les alimenls, désagrégés, franchissent l’ouverture du pylore ; soumis à l’action de la bile et du suc pancréatique, ils parcourent le tube digestif et se séparent en chjle fèces.

Pour favoriser cette séparation, pour donner aux vaisseaux le temps d’absorber les gouttelettes de chyle, nous avons trouvé dans les animaux supérieurs un long tube digestif replié un grand nombre de fois sur luimême.

Dans les poissons essentiellement carnivores : tels que les squales, les raies, etc., le tube digestif semble n’ê-.

tre que de la longueur du corps; mais, si on examine l’intérieur, on trouve, comme dans le gros intestin des serpents, des cloisons disposées en spirales, qui forment autant de cellules communiquant toutes les unes avec les autres, et formant ainsi une large surface pour l’insertion des vaisseaux chylifères.

Insectes. — La bouche se présente tantôt sous forme

de trompe pour saisir le sang des animaux ou le suc

des plantes, tantôt avec des mandibules.

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l-ig. 12 . Dftns certains insectes qui avalent

les aliments sans les mâcher, comme la sauterelle du désert^ nous trouvons un jabot dans lequel l’aliment est mis d’abord en dépôt, et un gésier armé de dents à son intérieur.

De même que dans les animaux supérieurs, on trouve dans les insectes des glandes salivaires, biliaires; mais, au lieu d'être agglomérées, ces glandes sont filiformes.

Dans le ver à soie, dans le hanneton et autres animaux de cette classe qui se nourrissent de feuilles, nous trouvons des dents incisives pour les couper, des dents canines pour les déchirer, des TUBE DIGESTIF DE fjents luolaircs pour les broyer, une lan- ^ gue pour aider la déglutition, un tube

c DuodL'umfpresque complet, et d’autant num d.ins rintcbtin pius loiig que Ics matieres alimentaires

E Intestin. ‘ . . .

F Vaisseaux biliaires, sont moins nutrHives; très-court dans ceux qui se nourrissent de sang ou de chair.

Le tube digestif disparaît même presque complètement lorsque l’anirnal, arriyé à la dernière phase de ses métamorphoses, n’a plus besoin d’aliments, comme nous pouvons le remarquer dans le papillon du ver à soie, auquel il ne reste d’existence que ce qu’il en faut pour se reproduire. Dans cette condition, la poche stomacale, dont l’étendue était énorme dans l’insecte à l’état de larve, est réduite des neuf dixièmes : le cloaque ou colon au

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contraire, dans lequel est déposé le résidu des aliments pris avant la métamorphose et digérés pendant l’état léthargique par lequel passe la chenille pour devenir F'g-12. papillon, a conservé son volume, et est

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