‹ Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine et comparéeChapitre 50 sur 79 · NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

NEUVIÈME LEÇON

SYSTÈME NERYEUX DE LA YIE ORGANIQUE.

Organes dont les fonctions sont indépendantes du cerveau, et dont les impressions, ne sont point rapportées au cerveau, classification de ces

organes; inductions pathologiques.

Nous avons dit qu’on ne peut refuser d’admettre, avec Bicliat, que certaines fonctions s’exercent avec le

concours de notre volonté;

Et que d’autres, au contraire, s’exécutent sans que nous en ayons la: conscience, sans que nous puissions

en aucune manière les modifier.

Il est évident que nous pouvons à volonté faire agir les muscles de la main, du bras, de la jambe et de beaucoup d’autres parties du corps.

Il est tout aussi évident que nous ne pouvons modifier selon notre volonté les mouvements du cœur, provoquer la contraction des fibres musculaires du tube digestif, nous débarrasser des matières contenues dans l’estomac, dans les intestins, etc.

De là la grande distinction de Bichat en organes de la vie animale, c’est-à-dire qui sont soumis à notre volonté, que nous appellerons vie volontaire, et en organes de la vie organique, qui exercent leurs fonctions sans le concours de la volonté, que nous appellerons vie involontaire.

Tous les organes de la vie volontaire, comme nous l’avons vu, sont en rapport direct avec le cerveau au moyen de cordons nerveux qui d’une part s’épanouissent dans les tissus, et d’autre part aboutissent à l’axe cérébro-spinal.

Les filets nerveux appartenant aux organes de la vie involontaire, au contraire, ne communiquent point directement avec le cerveau. Nous verrons qu’au lieu de s’accoler et de marcher dans une direction parallèle , pour former des cordons aboutissant au cerv^eau, ces filets marchent longtemps isolés et forment en se réunissant des renflements, des espèces de nodosités dont le volume varie de la grosseur d’une tête d’épingle à celle d’une aveline, d’où partent et où se rendent des filets nerveux.

A ces renflements on donne le nom de ganglions^ et de ces ganglions sortent des filets également isolés qui se rendent à de nouveaux renflements ou aux organes voisins.

Ces ganglions sont extrêmement nombreux et i-épartis assez irrégulièrement dans les trois grandes cavités splanchniques, c’est-à-dire dans les cavités du crâne, de la poitrine et de l’abdomen; ce qui a fait donnef à l’ensemble de ces ganglions le nom de tri-splrmchnique ou

encore de grand sympathique^ parce qu’il réagit sur tous les organes.

Les ganglions qui eoni' posent le grand sympathique sont en plus grand nombre le long de la colonne vertébrale que nulle part ailleurs {Jig. 60); dans cette région ils sont placés assez régulièrement les uns au-dessous des autres en nombre presque égal à celui des vertèbres. On en compte six à la région sacrée, cinq à la région lombaire, douze à la région dorsale, et trois seule-

SYSTÈME NEUVEDX GANGLIONNAIBE.

A Ganglion cervical supérieur.

C — ^ — inférieur.

D Ganglions rachidiens.

E Filets antérieurs des ganglions cervicaux et premiers dorsaux concourant à la formation du plexus cardiaque.

F Plexus cardiaque.,

G Plexus diaphragmatique.

II Grand splanchnique.

I Ganglion semi-lunaire.

J Plexus solaire.

K Plexus mésentérique.

E Plexus hypogastrique.

M Plexus iliaque.

N Filets de cjmmunication entre le ganglion cervical supérieur et les ganglions de la base du crâne.

O Filets ascendants accompagnant les vaisseaux qui se distribuent au

ment à la région cervicale. Ces renflements, d’une teinte rougeâtre, ressemblent assez, par leur forme, à un grain d’orge. Le premier ganglion cervical (a) et le troisième (C) sont beaucoup plus volumineux que les autres et d’une forme différente. Tous ces ganglions communiquent ensemble par un ou deux petits filets nerveux qui se portent de l’un à l’autre; ces filets, ces ganglions forment ainsi une espèce de chapelet qui commence à la partie supérieure du cou et se termine au coccyx. Par son extrémité supérieure, le grand sympathique fournil des filets qui se dirigent vers la tête pour communiquer avec d’autres ganglions enfermés dans les cavités de la face ou du crâne ; par son extrémité inférieure, il se réunit au grand sympathique, du côté opposé, par un filet que l’on remarque sur le coccyx.

Comme nous venons de le dire, le grand sympathique est double ; on en trouve un sur chaque côté de la colonne vertébrale, des filets très-petits et peu nombreux établissent des communications de l’un à l’autre; chacun des ganglions dorsaux, lombaires, sacrés ,

fournit, par sa partie postérieure, un ou deux petits filets qui se réunissent aux nerfs sortant de la moelle épinière par les trous de conjugaisons, et établissent ainsi une communication entre le grand sympathique et presque tous les nerfs de la vie de relation, ou vie volontaire. Par sa partie antérieure, chaque ganglion donne naissance à un grand nombre de filets, qui, dans la région cervicale, s’accolent aux artères de la langue, du pharynx et de l’œsophage, et pénètrent avec eux dans ces organes ; d’autres descendent sur les artères du cou

bK LA VIE INVOLONTAIRE. 301

pour gagner le cœur. Les filets qui s’échappent des quatre premiers ganglions dorsaux se dirigent vers la base des poumons et s’accolent aux vaisseaux qui pénètrent dans ces organes.

Nerf splanchnique. — Les filets qui naissent des sept derniers ganglions dorsaux se dirigent de haut en bas et d’avant en arrière,2 et s’accolent les uns aux autres pour former un cordon'que l’on appelle nerf splanchnique ^ fig. 60 (H). Ce cordon passe à travers les piliers du diaphragme, se porte au devant de l’artère aorte, et se réunit à celui du côté opposé, au moment où cette artère fournit les vaisseaux qui se distribuent aux organes contenus dans la cavité abdominale.

Ganglion semi-lunaire. — De la réunion du nerf splanchnique droit et du nerf splanchnique sp.\iche résulte une espèce de croissant appelé semi-

lunaire m. La convexité de ce croissant est tournée en bas; les cornes se confondent avec les nerfs splanchniques. De la convexité de ce ganglion part un nombre considérable de rameaux nerveux qui, après un assez court trajet, s’anastomosent entre eux, présentent de nouveaux ganglions et forment au devant de l’artère aorte un lacis inextricable.

Plexus solaire. — De ce lacis, auquel on donne le nom de plexus solaire (J), s’échappe ün nombre infini de petits filets qui s’accolent aux artères fournies dans cette région par l’aorte, et constituent autour d’elles autant de plexus qui ont reçu les noms de diaphragmatiquehcpaticjue, splénique coronaire stomachique, mésentérique, rénal, fig. 61 (6). Avec les artères, ces

302 SYSTÈME NEUVELX DE LA VIE OHGANIQL’E.

filets nerveux pénètrent dans le diaphragme, dans le foie, dans la rate, dans l’estomac, dans le mésentère, dans les intestins, dans le rein et s’y distribuent.

Plexus hypogastrique. — Les filets nerveux qui parlent des ganglions lombaires se rendent aux plexus précédents, ou accompagnent les artères iliaques ; quelques-uns descendent dans le bassin, et, avec les nerfs fournis par les ganglions sacrés, forment dans cette cavité un plexus auquel on donne le nom de plexus hypogastrique., fig. 61 (s). €e dernier donne naissance

Fig. 61 (voyez la planche ci-contre).

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