FÉCONDATION DANS LE RÈGNE VEGETAL
Nous avons dit que l’ovule, pour devenir apte à produite un être nouveau, devait être fécondé.
Dans les plantes le pollen, sécrété par l’étamine, est porté sur le pistil, et au moyen du tube que présente cette tige il arrive sur chaque ovule contenu dans l’ovaire ; l’ovule ainsi imprégné se développe et devient graine.
Dans les plantes hermaphrodites la fécondation est facile; le pollen arrive aisément sur le pistil.
Dans quelques plantes, comme dans l’épine-vinette, dans la couronne impériale, la campanule, on voit le pistil se replier, s’abaisser; les stigmates s’appliquer sur l’étamine.
Dans les plantes monoïques la fécondation est encore facile; aussi, quoique la plupart de ces plantes soient annuelles et herbacées, que la vie soit de courte durée, Ja conservation de l’es.pèce est assurée.
Dans les plantes dioïques, c’est-à-dire dont les sexes sont sur des sujets différents, les sujets mâles et femelles peuvent être placés à de très-grandes distances, et la fécondation alors serait impossible ou au moins trèsdifficile, si les courants d’air, les insectes ne portaient d’une fleur sur l’autre le principe fécondant.
On cite à cette occasion des expériences très-curieuses et très-concluantes, faites en 1759, pour montrer la nécessité de la présence du pollen pour féconder l’ovule.
ü existait à Berlin des dattiers femelles stériles depuis
GÉNÉRATION
plus de quatre-vingts ans. On fit venir de Leipsick des rameaux de dattier mâle en fleurs, on secoua sur les dattiers femelles les fleurs des dattiers mâles, et les femelles, qui n’avaient jamais rien produit, furent fécondées, On les laissa ensuite' dix-huit ans sans les féconder. Après cet intervalle ils furent encore fécondés artificiellement comme la première fois. {^Mémoires de rAcadémie des Sciences^ 47S9.)
Les vents, les insectes, avons-nous dit, sont les véhicules les plus ordinaires de la poussière séminale ; aussi les grandes pluies, à l’époque de la floraison de la vigne, des blés, sont une cause d’effroi pour les agriculteurs, qui savent que les fleurs coulent et que les cases de l’épi restent vides.
Certaines fleurs se développent sous l’eau ; mais à l’époque de la floraison elles viennent à la surface, éclosent, s’épanouissent, jettent dans l’air leur pollen, qui s’attache au pistil, et la fécondation opérée, elles redescendent au fond de l’eau, où se forme la graine. Ces fleurs sont ordinairement supportées par des pédoncules roulés en spirale, qui s’allongent ou se resserrent^ suivant les besoins ; telles sont la vipérine^ le nénuphar^ le 'Volant d'eau, etc.