FÉCOND'ATION DANS LE REGNE ANIMAL
Ce que nous avons dit des végétaux, nous le dirons des animaux. L’ovule formé dans l’ovaire ne devient apte à produire un être nouveau qu’autant qu’il a reçu le baptême de la fécondation.
GÉNÉRATION
Si dans le ventre d’un poisson femelle nous prenons des ovules à l’état de maturité, et que nous les placions sans autre précaution dans un vase rempli d’eau, nous n’aurons point de petits poissons.
iMais si, sur des œufs pris dans les mêmes conditions, nous appliquons une fraction de laitance de poisson de même espèce, nous verrons de cet œuf sortir un petit poisson.
Vers l’an 1785, l’abbé Spallanzani fit de nombreuses expériences qui jetèrent un grand jour sur le mystère de la fécondation. Il prit sur des grenouilles, sur des crapauds, des œufs qu’il avait eu grand soin de garantir du contact de la laitance du mâle; les œufs furent inféconds. Avec un instrument il porta sur d’autres œufs une fraction de laitance; chaque œuf louché fut fécondé. Il répéta ses expériences sur des animaux de natures différentes, même sur des mammifères, et il eut le même résultat. Vous savez qu’aujourd’hui la fécondation artificielle, sous le nom de pisciculture^ est devenue une branche d’industrie.
La très-grande majorité des poissons femelles dépose leurs œufs arrivés à l’état de maturité dans l’eau, et assez ordinairement sur le gravier, dans les herbes ou dans un nid.
Le mâle laisse échapper la laitanée, qui, tenue en suspension dans l’eau, nageant au gré des courants, arrive sur l’ovule et le féconde.
Dans quelques poissons, comme les squales, le principe fécondant est déposé par le canal déférent du mâle dans l’oviducte de la femelle où il rencontre l’ovule et le
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féconde; Tovule ainsi imprégné y séjourne, se développe et donne naissance à un être nouveau. C’est ainsi que certains poissons sont ovipares, et d’antres vivipares.
Dans les reptiles, dans les.oiseaux, dans les mammifères, r.ovule, arrivé à sa maturité, se détache de l’ovaire, est reçu par le pavillon de la trompe, dans laquelle il chemine.
D’un autre côté, le principe fécondant déposé par le canal déférent du mâle dans la partie inférieure de l’oviducte, s’y engage, chemine dans cet espèce de défilé, rencontre l’ovule et le féconde; pendant son séjour dans l’oviducte, l’œuf fécondé se complète, se couvre d’albumine et d’une enveloppe extérieure, membraneuse dans les reptiles, dure, calcaire dans les oiseaux„.
Excessivement mince dans les mammifères, dans ces derniers le vitellus et l’enveloppe externe ne se trouvent qu’à l’état rudimentaire, ce qui explique pourquoi l’œuf est toujours très-petit comparativement à celui des oiseaux, des reptiles et des poissons.
Incubation. — Pour les poissons, l’œuf ainsi formé, complété, fécondé, détaché de l’ovaire, séjournera dans l’eau, sera échauffé par les rayons du soleil, et après une courte incubation il en sortira un être nouveau.
Pour les reptiles l’œuf sera déposé dans le sable, dans du fumier, subira l’influence de la chaleur qui déterminera l’éclosion.
Pour les oiseaux l’œuf sera déposé sous le ventre de la mère, convenablement échauffé, et après une incubation plus ou moins prolongée, selon le volume de
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Tœuf, il en sortira un être nouveau. Pour que la chaleur du corps agisse plus directement sur l’œuf, nous voyons les couveuses s’arracher les plumes de dessous le ventre.
Incubation artificielle. — Tout autre chaleur que celle de la mère fait éclore les œufs; dans les bassescours on fait couver toute sorte d’œufs par des chapons, des dindons. On vend dans le commerce de petits appareils, que l’on désigne sous le nom de coureuses ^ dans lesquels, au moyen d’une lampe, on entretient une chaleur artificielle et l’on fait éclore un grand nombre d’œufs à la fois.
Dans les mammifères l’œuf fécondé séjourne dans roviducte, ou dans l’utérus, et s’y développe. Nous avons dit que dans cette classe la couche vitelline et la couche albumineuse étaient peu considérables , et que l’enveloppe externe était molle et très-mince.
Pendant tout le temps de l’incubation, pour les oiseaux et les reptiles, le germe trouve dans le vitellus et l’albumine les éléments nécessaires à son développement.
Pour les mammifères la masse vitelline et albumineuse, suffisante tout au plus, pour fournir au développement du germe pendant les premiers jours de l’incubation, était sûrement insuffisante pour la longue période pendant laquelle le germe est renfermé dans le sein de la mère.
Pour suppléer à cette insuffisance, l’enveloppe extérieure de l’ovule se couvre de villosités qui deviennent apparentes dès les premiers jours; ces espèces de racines
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s’organisent, s’abouchent avec les vaisseaux de i’oviducte bu de l’utérus, et deviennent de petits suçoirs qui reçoivent ainsi de la mère du sang dans lequel le germe trouve, pendant tout le temps de l’incubation, les éléments nécessaires à son développement.
En mettant sous vos yeux ma collection clastique d'ovologie (1), il me sera facile de vous initier à toutes les modifications que subit l’œuf depuis le premier jour de son apparition dans l’ovaire jusqu’à la formation de l’embryon, et au moyen de ma collection d’utérus (2), renfermant le produit de la conception, de vous montrer toutes les transformations que subit l’embryon depuis le premier mois jusqu’à sa sortie du sein de la mère.
Nous avons dit que le jeune sujet apportait en naissant l’ovaire dans lequel se trouvent les ovules à l’état rudimentaire, et que ces ovules, avec l’âge, se développaient, qu’en coupant Tovaire d’un mammifère, nous trouvions au centre un grand nombre de granulations élémentaires.
En se développant ces granulations se, déplacent, quittent leur position centrale et apparaissent à la circonférence de l’ovaire ; dans cet état nous l’appelons ovule. ,
(1) Collection de plus de vingt pièces reproduites avec un grossissement énorme , montrant presque jour par jour toutes les modifications que subissent te germe et ses enveloppes, depuis le premier jusqu’au trentième jour,
( 2 ) Collection de huit utérus, avec le produit de ses conceptions
au 3®, 4®, 8® et 9® mois.
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Fig. üa. Dans les mammifères le volume de
cet ovule représente environ un dixième de millimètre; vu au microscope il offre le jaune ou vitellus, la membrane vitelline ou zone transparente; au centre du vitellus une tache blanche ou vésicule germinative, sur laquelle on remarque un point noir appelé tache germinalice.