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CHAPITRE XIV

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AotiTité ooniparèe des divers migrais. — Le

mode d'action des différents engrais est très variable selon leur nature. Les uns sont immédiatement utilisables par la végétation des récoltes : ce sont les engrais rapides.

Les autres, au contraire, ne peuvent être assimiles que peu à peu, ce sont les engrais lents.

Entrais ra^iéies. — Les engrais rapides produisent des effets immédiats, et l'amélioration du sol qui résulte de leur emploi, n'est donc qu'une amélioration temporaire de durée plus ou moins faible. La plupart des engrais chimiques, nitrates, sels ammoniacaux, sels de potasse, plâtre, peuvent être considérés comme tels, mais non les phosphates dont l'action est toujours un peu lente.

Le type des engrais rapides, est offert par les nitrates; ils doivent d'ailleurs être conBommés de suite par lesradues, sinon les eaux pluviales tes entraînent en pare perte dans les profondeurs du sous-sol.

Les autres engrais rapides sont solubles à divers degrés ; mais les sels de potasse et d'ammoniaque se fixent, en général, avec une certaine énergie sur les particules de la terre arable, ce qui ne diminue guère leur assimilabilité, mais empêche leur déperdition par le drainage.

LEÇONS ÈLÉMENTAmBS DE GHtMÎË AGRICOLE. 22^

Engrais lents. — Tous les engrais organiques sont des engrais lents dont Tassimilabilité ne se produit qu'à la longue. Leur efTet utile n'est pas immédiat, mais il se répartit sur une période plus ou moins lorvgue. Ils sont en quelque sorte comparables à la réserve nutritive du sol. La fertilité qui résulte de leur emploi se distribue sur un certain nombre d'années d'autant jdus grand que Tassîmilabilité est plus faible.

L'activité des engrais lents est très inégale : elle dépend de leur nature et aussi de l'état de division de la matière qui les forme. La sciure de bois, employée comme litière, donne un fumier de ferme plus actif que les litières de paille, parce que la dissémination de la substance organique y est plus parfaite. Les engrais verts enfouis au printemps sont habituellement promp* tement nitrifiés, et leur utilisation par les récoltes est plus rapide que celle du fumier de ferme. Les tourteaux sont beaucoup plus actifs que les débris de cuir, de cornas, de plumes, de laine, engrais pourtant fort riches, mais dont la transformation en matières utilisables par les plantes n'intervient qu'avec une lenteur extrême.

La poudrette et le guano agissent presque aussi vite que les sels ammoniacaux : c'est que non seulement ils contiennent une forte proportion d'azote ammoniacal soluble, mais, en outre, leur état pulvérulent est éminemment favorable à leur activité nutritive.

La nature du sol influe beaucoup sur Tassimilabilité des engrais organiques azotés. Dans les terres dépourvues de calcaire, où les pçpduits humiques acides existent en abondance, l'utilisation des matières organiques n'est pas possible ; les sels ammoniacaux eux-mêmes sont diflicilement consommés par la culture. L'emploi dies nitrates s'impose alors, à moins que par l'addition d'amendements calcaires on ne fasse cesser l'acidité du sol. Dans les terres normales mais fortement argî-

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leuses, le changement des engrais organiques en principes assimilables se fait avec lenteur et se répartit sur une longue période. Il a lieu, au contraire, avec une rapidité bien plus grande dans les sols très calcaires ; la nitriflcation y est tellement active que l'effet des engrais lents est presque comparable à celui des engrais chimiques azotés ; leur transformation est complète au bout de l'année, et il faut annuellement fournir une fumure nouvelle.

Les cultures intermittentes, qui n'occupent le sol que pendant une partie de l'année, profitent mal des engrais Jents dont l'action est perdue pendant la période d'inculture. Au contraire, les cultures pey^manentes^ telles que la vigne ou les arbres fruitiers, les utilisent mieux.

PJiosphates, — Pour les phosphates, on a cru pouvoir établir une distinction analogue à celle qui précède. Les superphosphates, solubles dans l'eau, seraient à action rapide; les phosphates des os ou les phosphates naturels seraient, au contraire, des engrais lents; les phosphates précipités auraient une assimilabilité intermédiaire à cause de leur solubilité notable dans l'eau chargée de matières salines. Cette notion n'est pas justifiée ; les phosphates, quels qu'ils soient, n'ont jamais une action immédiate, parce qu'en réalité aucun d'eux ne demeure soluble au sein de la terre.

Les superphosphates incorporés au sol y réagissent immédiatement sur les matières minérales qui s'y trouvent; de la chaux, de l'alumine, de l'oxyde de fer, se combinent à l'acide phosphorique en reproduisant du phosphate tricalcique insoluble ou d'autres phosphates non moins insolubles, qui contiennent avec la chaux, du fer, de l'alumine, etc. Si, par accident, cette transformation n'avait pas lieu, le contact du superphosphate libre serait funeste pour les racines végétales, qu'il corroderait par son acidité.

A vrai dire^ les grandes différences d'assimilabilité des divers phosphates viennent, non pas de leur solubilité initiale avant Tépandage, mais principalement de leur état de division et de dissémination.

L'action chimique, qui change les superphosphates en phosphates insolubles fixés sur les particules terreuses, est éminemment favorable à leur bonne utilisation , puisqu'elle donne lieu à la formation de grains très ténus, parfaitement distribués dans la couche de sol arable ; c'est la vraie raison des avantages obtenus souvent dans l'usage des superphosphates.

Mais on obtient des résultats tout à fait équivalents en ajoutant la même quantité d'acide phosphorique sous forme de phosphates précipités, dont la ténuité est également fort grande, à condition que les labours les mélangent soigneusement à la terre.

Les scories de déphosphoration, principalement formées de phosphate tricalcique, agissent presque aussi promptement que les phosphates précipités et les superphosphates.

Les phosphates d'os et les noirs d'os viennent après, mais l^emportent encore sur les phosphates naturels, qui présentent eux-mêmes de grandes inégalités.

Les phosphates amorphes des nodules pourraient sans doute produire des résultats comparables aux phosphates d'industrie, à condition d'être employés en poudre suffisamment ténue. Les agriculteurs doivent rechercher principalement les phosphates naturels finement pulvérisés. Sans aucun doute, l'emploi de fortes doses de ces phosphates serait plus avantageux que l'usage des superphosphates dont le prix est beaucoup plus élevé.

Les apatites de Norwège ou d'Espagne n'ont qu'une assimilabilité très faible, à cause de leur structure cristalline.

Quant aux phosphorites du Quercy, elles peuvent

donner des résultats excellents si elles sont répandues en poussière assez fine.

La supériorité des superphosphates est marquée surtout dans les terres calcaires ou siliceuses^ dont ils modifient heureusement la constitution par suite de leur acidité; mais il faut soigneusement les écarter des sols où le calcaire fait défaut.

On doit également se garder de les répandre en même temps que des nitrates; l'acide libre des superphosphates pourrait attaquer ceux-ci et décomposer leur acide nitrique en produits gazeux, qui seraient perdus sans profit.

Épandage des engrais. — Les engrais doivent toujours être mélangés aussi parfaitement que possible à la couche arable tout entière. C'est une pratique vicieuse dans la viticulture de répandre les fumures seulement autour du pied de chaque cep ^ ; les racines , distribuées tout autour, cherchent leur nourriture principalement au-dessous de l'espace libre entre les ceps.

Pour les engrais solubles^ nitrates, sels ammonia* eaux, sels de potasse, on se borne à les répandre régulièrement sur la surface des champs. L'action des pluies les amène facilement dans l'intérieur du sol, La saison la plus favorable à leur bonne utilisation est le printemps ou la fin de l'hiver. On évite ainsi les pertes dues au lavage prolongé de la terre par les pluies hivernales. C'est vers la fin du mois de février qu'on distribue d'ordinaire les nitrates aux prairies ou aux vignes, ainsi que les sels ammoniacaux.

Pour les céréales, il convient d'attendre mars ou avril ; l'aspect des récoltes donne à ce moment des în-

1. Sauf pour les vignes très jeunes, dont le système radiculaire est encore peu d<'n'eIoppé.

dieatioDs préciausoB, la teinta jaunâtre des feuilles pro* venant d'un défaut d'azote.

Les sels de potasse et d'ammoniaqu« pourront égale* ment, dans certains cas, être répandus à Tautomine un peu avant les semailles.

Les engrais organiques insolubles, ainsi que les engrais phosphatés, doivent être répandus avant les labours d'automne, dont Faction doit les incorporer soigneusement à la couche arable.

Calcul des doses d'engrais. — Les fumures ont pour but d'ajouter à la terre d'un champ une dose suffisante de principes nutritifs nécessaires, asçote, acide phosphorlque, potasse, chaux. Ce résultat peut être atteint de bien des façons, soit par l'emploi (J'engrais organiques mixtes, soit par l'usage des engrais chimiques, employés seuls ou combinés avec des engraisf Oî*ganiques.

Supposons qu'on veuille introduire suf chaque hectare un poids P kilogrammes d'azote, par exen^pJe, &n se servant d'un certain engrais. La composition de cet engrais est indiquée soit par une analyse faite exprès, soit approximativement par les tableaux pités précédemment ; on trouve que 1,000 kilogrammes d^ matière renferment N kilogrammes d'azote. Pour connMtre la dose d'engrais qu'il faut employer, un calcul très simple suffit ; on doit multiplier 1,000 kilogrammes par le nombre P, et fli viser le produit par le nombre N.

Par exemple, dans la culture du froment, sur une terre de fertilité moyenne, on propose de fournir aii sol par hectare :

70 kilogrammes d'azote, 66 — d'acide phosphorlque,

70 — dépotasse,

On veut se servir de fumier de ferme, aidé, si besoin est, d'engrais chimiques. L'azote devra être apporté tout entier par le fumier,

En l'absence d'analyses spéciales, on devra se contenter d'attribuer au fumier une composition moyenne, par exemple pour 1,000 kilogrammes :

5^<? d'azote,

3 5 d'acide phosphorique,

6 de potasse,

7 de chaux.

Les proportions de chaux et de potasse dépendent beaucoup de la nature des sols dont les récoltes ont nourri le bétail producteur du fumier et formé les litières. L'abondance ou la rareté de ces principes dans les terres accroît ou diminue la richesse du fumier en ces éléments.

Pour fournir par hectare 70 kilogrammes d'azote il faudra prendre ^^'^''^ kilogrammes de fumier, soit 14000 kilogrammes par hectare.

Cette dose renferme :

49 kilogrammes d'acide phosphorique, 84 — de potasse,

Il n'y aura donc à fournir ni potasse, ni chaux, mais seulement 16 kilogrammes d'acide phosphorique. Pour les donner, on se servira par exemple de scories de déphosphoration vendues avec un titre garanti de richesse phosphorique, soit 17 %. -1,000 kilogrammes contiennent donc 170 kilogrammes d'acide.

Les 16 kilogrammes nécessaires seront contenus dans ^^^Q^^ kilogranimes ou 94 kilogrammes de scories. Notons en passant que la dose de chaux se trouvera ainsi beaucoup accrue.

La fumure se composera donc par hectare de 14,000 kilogrammes de fumier de ferme, auquel on mélange intimement pendant Tépandage 94 kilogrammes de scories de déphosphoration bien pulvérisées.

Si on pratique un assolement triennal, on aura des avantages à appliquer au début de la période, avant la culture sarclée, la totalité des fumures, soit par hectare 42,000 kilogrammes de fumier de ferme additionnés de 282 kilogrammes dé scories phosphoreuses.

La même fumure annuelle réalisée avec du nitrate de soude (à 157 millièmes d'azote), avec des scories de déphosphoration (à 170 millièmes d'acide phosphorique), avec du sulfate de potasse (à 450 millièmes de potasse) aurait exigé :

446 kilogrammes de nitrate, 383 — de scories ^

156 — de sulfate,

soit un poids total de 985 kilogrammes au lieu de 14,094 dans l'emploi de fumier de ferme. L'économie de transport et de manutention est loin d'être négligeable.

Valeur commerciale des engrais — La valeur commerciale des engrais est évaluée d'après leur richesse en principes nutri.ifs, azote, acide phosphorique, potasse. Le prix du kilogramme d'élément utile est d'ailleurs assez variable, et se modifie d'un point à un autre à cause des frais de transport; en un même lieu, les cours changent souvent, par suite des nécessités agricoles, et aussi par le fait de spéculations purement commerciales.

Engrais azotés. — En général, il convient d'attri-

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