Elles apportent la chaux nécessaire
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buer à Yazote minéral des nitrates ou des sejs amm0niacaux, une valeur plus élevée qu*à Yazote organique dont l'effet est d'ordinaire plus lent et dont Tusage conduit par conséquent à une certaine immobilisation de capital. L'écart entre les valeurs assignées doit être d'autant plus faible que l'engrais organique est plus actif. Les cours commerciaux ne ratifient pas toujours cette appréciation» et parfois l'azote des matières organiques, plus recherché par les habitudes agricoles pour certaines cultures, est vendu à un taux exagéré, notablement supérieur à celui de l'azote minéral.
Quant à Yazote nitrique et à Yazote a?nmoniaeah ils possèdent des aptitudes fertilisantes peu différentes, et bien que certains agronomes préfèrent de beaucoup les nitrates, leurs cours sont peu différents.
Phosphates. — Le prix du kilogramme d'acide phosphorique est très différent selon la nature des phosphates qui le fournissent : Yacide phosphorique qui est soliiUe dans le citrate d'ammoniaque et forme la majeure partie de l'acide des superphosphates et des phosphates précipités, se vend à un cours au moins trois fois plus élevé que l'acide insoluble des phosphates naturels. L'acide phosphorique des os et du noir animal, et celui des scories de déphosphoration possèdent une valeur commerciale intermédiaire.
Dans ces conditions, au lieu de donner à la terre une fumure moyenne de phosphates précipités ou de superphosphates, il serait, la plupart du temps, préférable de lui donner pour le même prix un poids triple d'acide phosphorique à l'état de phosphate naturel. L'effet immédiat sera peict-être moins parfait, mais la fertilité de la terre se trouvera accrue pour les années suivantes dans une forte proportion.
Engrais potassiques, — C'est d^nsle chlorure de potassium que la potasse est habituellement fournie aux meilleures conditions ; néanmqins on Aonm ^ïï général
]a préférence au sulfate de potasse, qui parait mieux convenir pour la fertilisation des sols ^ Quant à la potasse fournie par le nitrate de potasse, elle revient encore plus cher, et son emploi est assez restreint.
Engrais calcaires. — La valeur des engrais calcaires, plâtre, cbaux, marne, est toujours beaucoup moindre, et pour cette raison, elle est sujette à varier beaucoup, selon les conditions d'extraction et de transport.
Nous donnons ci-dessous, à titre d'indications qui ne sauraient avoir rien d'absolu, les cours des divers principes utiles, tels qu'ils étaient indiqués pendant l'année 1889, dans les mercuriales agricoles du midi de la France.
Azote ammoniacal (le kilogramme) 1' 65 à 1^ 00
— nitrique 1 45 à 1 85
— organique 120à200
Acide phosphorique soluble (dans le citrate). , 55 à 75
— insoluble naturel 15 à 35
— — organique. ..... 30 à 55
Potasse du chlorure , . . . 40 à 45
— du sulfate ou du nitrate 45 à 55
L'azote est de beaucoup le principe le plus cher ; il faut donc apporter une économie rigoureuse dans la distribution des engrais azotés, et utiliser le plus possible la fixation de l'azote atmosphérique par les cultures de légumineuses fourragères.
Caloul de la valeur des engrais. — Le prix des unités de principes fertilisants permet de calculer immédiatement la valeur des engrais chimiques. Soit, par exemple, à évaluer un nitrate de potasse (salpêtre), ayant un titre garanti de 12 | à 13 o/o d'azote nitrique,
Voir page 2^,
et de 44 à 46 «/o de potasse. Prenant les limites inférieures, nous trouvons dans 100 kilogrammes :
12*^«5 d'azote nitrique, supposé au cours de 1 fr. 50, soit 18^ 75
Et, en outre, 44 kilogr. de potasse supposée au cours de fr. 50, soit 22 »
Au total 40^75
pour la valeur du quintal métrique du produit.
Pour les engrais organiques complexes qui contiennent à la fois les divers éléments fertilisants, on évaluera leur valeur réelle en additionnant les valeurs de chacun des éléments qui y figurent. Dans cette appréciation, il n'est pas tenu compte de la chaux à cause de sa valeur minime. En général, l'analyse seule pourra renseigner exactement sur la richesse des matières organiques, guanos, poudrettes, débris d'animaux, tourteaux, etc.
Valeur du fumier de ferme. — Proposons-nous, par exemple, d'évaluer aux cours ci-dessus, le fumier de ferme. En moyenne, 1,000 kilogrammes de fumier frais contiennent :
5 kilogrammes d'azote,
3,5 — d'acide phosphorique,
6 — de potasse.
L'azote est en partie à l'état ammoniacal, en partie à l'état organique ; nous aurons donc une évaluation peu favorable en prenant 1 fr. 30 pour le prix du kilogramme. L'acide phosphorique se trouve sous un état très assimilable, au moins comparable à celui des os; nous prendrons fr. 40 comme valeur. Quant à la potasse, elle se trouve dans une forme presque aussi active que le chlorure, et nous pouvons lui assigner un prix identique, soit fr. 40.
1,000 kilogrammes de fumier renferment donc :
b^^SO d'azote,
1 40 d'acide pliosphori(jue,
2 40 de potasse, Soit au total :
10^^30 de principes utiles.
La matière organique carbonée, dont les effets sont si précieux pour la formation de la matière humique, est laissée de côté dans cette estimation. Mais sa valeur pourra compenser et au-delà les frais supplémentaires de transport qu'entraîne la masse considérable du fumier de ferme.
Dans ces conditions, un tel fumier offert à 8 francs la tonne de 1,000 kilogrammes, serait avantageux pour la culture des céréales, mais il cesserait de l'être à 12 francs. Les agriculteurs qui achètent du fumier d'écurie ont un grand intérêt à faire de telles comparaisons.
Dans la poudrette, le guano, l'assimilabilité est fort grande, et pour apprécier leur valeur, on adoptera utilement les prix d'unités, correspondant à l'azote ammoniacal et à l'acide phosphorique soluble. Mais, pour ces engrais, une analyse spéciale indiquant le titre est absolument nécessaire.
Engrais complets du co?nnierce. — Le commerce vend fréquemment sous le nom à'engy^ais complets^ des engrais constitués par un mélange variable de matières azotées animales, de divers phosphates, de sels de potasse solubles. La valeur marchande de ces produits est le plus souvent, notablement supérieure à la valeur réelle des substances utiles qu'ils renferment et qui n'en constituent parfois qu'une faible part, **o et même moins; le reste est formé de matières inertes inutiles, terre, brique pilee, sciure de bois, et les frais
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de transport se trouvent ainsi accrus sans profit. De tels engrais ne doivent jamais être achetés sans garantie de titre, et il ne faut pas que leur valeur pratique surpasse leur valeur vraie calculée comme nous l'avons montré, au moyen des cours en usage.
En" général, il est plus avantageux pour le cultivateur de se procurer des engrais chimiques définis ou des matières organiques connues, dont la composition et l'homogénéité peuvent être facilement vérifiées. Le mélange convenable de ces matières est réalisé aisément, et la légère augmentation de main-d'œuvre qu'elle nécessite, se trouve largement compensée par une forte économie des prix d'achat.
Choix dM dugrttis. — Quant au choix des engrais eux-mêmes, il est absolument impossible de fixer une règle à ce sujet. Les engrais organiques sont parfois offerts à des prix très peu élevés, qui en rendent l'emploi très économique, et doivent les faire adopter. Tout ce qu'on peut dire en général, c'est que, à valeur égaie des principes utiles, il est préférable de se servir des engrais chimiques, dont l'effet est plus régulier et plus facile à diriger. Avec eux, on peut se borner à donner à la terre les éléments nutritifs qui lui font défaut, sans fournir en même temps ceux qu'elle possède en abondance, et dont elle n'a pas besoin. La masse plus petite des engrais chimiques diminue les frais de transport et d'épandage.
Produire le plus possible, mais le plus économiquement possible, tel est le double but qu'on doit s'effor* cer d'atteindre : c'est le problème fondamental de la science agronomique ; il varie à l'infini selon la fertilité des terres, les prix de vente des récoltes et du bétail, la valeur commerciale des engrais. Pour chaque cas particulier, la chimie agricole en précise les conditions et permet d'arriver à une solution exacte.