XV LEÇON. — PEROXYDE DE CULORE
liquide rouge dont le point d'ébullition est à — 20°. Cette substance est soluble dans l'eau, explosible avec facilité, attaque le mercure par le simple contact, et donne avec les bases un chlorate et un chlorite, précisément comme l'hypoazotide, qui, lui aussi, à son tour, ne donne point d'hypoazotates, mais bien des azotates et des azotites. C'est pourquoi l'acide hypochlorique pourrait être appelé avec raièon hypochloride. L'équivalent de ce corps correspond à 4 volumes, ce qui constitue une anomalie
Fig. 73. — Appareil pour la préparation du peroxyde de chlore ou acide hypo-
chlorîque.
/ tube contenant le mélange de chlorate de potasse et d'acide suifurique.
c creuset métallique contenant de l'eau.
e éprouTctte destinée à recueillir le gaz qui doit se liquéGer.
b bocal renfermant le mélange réfrigérant où se trouve plongée l'éprouvette e.
pareille à celle de l'hypoazotide ; à l'état gazeux, sa densité est 2,315. Le peroxyde de chlore détone quelquefois spontanément et il est très-dangereux à manier. Pour préparer une dissolution de peroxyde de chlore (dissolution qui est un comburant par excellence des pyrites), on fait chauffer au bain-marie un mélange de parties égales d'acide oxalique et de chlorate de potasse, et on reçoit^dans l'eau le gaz qui s'en dégage (Calvert et Davies).
gîG XI*' LEÇON. — ACIDE CHLORIQUE.
ACIDK CULOniQUE.
iJifl. [Préparation de Tacide chlorique. — Pour avoir de riifide (rhîorique, on verse un excès d'acide hydrofluosilicique dans une dissolution saturée de chlorate de potasse : il se forme un iirccipité gélatineux à peine visible d'hydrofluosilicate de pohi^i^e, et l'acide reste dissous dans la liqueur avec l'excès d îRJtlo îiydrofluosilicique; on filtre et on- verse dans la liqueur lillivo aiîijez d'eau de baryte pour que la masse liquide devienne lugèn'unînt alcaline : on sépare^ par fîltration, l'hydrofluosiliealo d\'- baiytequi s'est formée et l'on a ainsi une dissolution de clilunile de baryte que l'on concentre par évaporation, et qu'on tleconipuse ensuite par la quantité d'acide sulfurique qui sera yjr[<:E( rJMiiit nécessaire pour séparer toute la baryte à l'état de sulfati^ L'ne nouvelle et dernière filtration donnera une dissolution J acide chlorique pur, qu'on concentre d'abord par la thiileur, ensuite dans le vide de la machine pneumatique, jusqu'il l'n qu'elle ^it pris la consistance sirupeuse.]
ii\i). [Propriétés de l'acide chlorique. — L'acide chlorique est un [iquide sirupeux jaune, dont la couleur dépend d'un peu d(* ehïcn e qu'il tient en dissolution : à 40°, il commence à se dériinijnii^j'ï'; à une température plus élevée, il se dédouble en ariite luuriilorique, chlore, oxygène et eau :
-110,00» = H0,C10^ 4- Cl + 30 -|- HO
\i.', L'iilorique. Ac. perchlorique.
\Ad ju ide est, lui aussi, un oxydant et un décolorant. En effet, si Ton on MM'se un peu dans la teinture de tournesol, il commence par î;l iou^ir, ensuite il la décolore : il la rougit, car sa première îM'lîoit f ' SI t celle d'un acide; il la décolore, car la matière organi(|ih' (la tournesol en détermine la décomposition ; son chlore i'I ^iHi ovygène agissent alors dans le même sens que s'ils provenait^ nt dii la décomposition de l'acide hypochloreux. Voici un t'ait qnf jirouve la faculté oxydante de l'acide chlorique. On dépo^fi nnn goutte de cet acide sur un morceau de papier qu'on rhaulVit i\ une très-douce chaleur ; dans un instant le pojqt bai'
XI*" LEÇON. — ACÏDE PERCHLORIQDE 237
gué s'enflamme et brûle avec déflagration. L'acide chlorique s'est décomposé, et son oxygène a attaqué a\ec tant d'énergie les parties organiques avec lesquelles il se trouvait en contact, qu'il les a enflammées. Tous les corps facilement oxydables ou composés d'éléments combustibles éprouvent, de la part de l'acide chlorique, des modifications qui démontrent sa grande faculté comburante : le soufre et le phosphore s'enflamment, les acides sulfureux et phosphoreux passent à l'état d'acides sulfurique et phosphorique, l'acide chlorhydrique dégage du chlore, l'acide sulfhydrique dégage du soufre ; mais l'acide azotique, par exemple, qui est un corps pour ainsi dire complètement brûlé, et qui peut lui-môme jouer un rôle oxydant, n'est pas attaqué par l'acide chlorique.]
ACIDE PERCHLORIQUE.