II« LEÇON. — NOMENCLATURE DES BASES
céder Tadjectif en ique du dissyllabe hypo ; s'il est inférieur, le môme dissyllabe précède l'adjectif en eux; enfin, s'il est supérieur, le dissyllabe hyper se trouve avant l'adjectif en ique.
Avec deux terminaisons différentes et deux dissyllabes on trouve aisément à classer cinq acides. Les acides composés de chlore et d'oxygène vont nous en donner un exemple; on connaissait deux acides, le chlorique et le chlorêux, lorsqu'on en découvrit un inférieur ; on le nomma hypochloreux ; plus tard on en découvrit un supérieur; on l'appela hyper chlorique; enfin on en connut un intermédiaire, auquel on donna le nom d'hypochlorique. Si bien que l'on a aujourd'hui une série nettement exprimée et dont les termes n'offrent aucune confusion sous le rapport de leur richesse relative en oxygène. Voici cette série, dont chaque terme est accompagné d'un chiffre qui exprime les équivalents d'oxygène qu'il contient, le chlore étant toujours représenté par 1.
Nouvel acide supérieur Acide hyperchlorique 7
Ancien acide supérieur. ...... — chlorique 5
Nouvel acide intermédiaire .... — hypochlorique 4
Ancien acide inférieur — chlorêux 3
Nouvel acide inférieur ' — hypochloreux i
Si la série devenait encore plus nombreuse par la découverte de nouveaux acides, on aurait recours à des adjectifs composés ou à des noms dérivés du grec.
23. Nomenclature des oxydes ou bases. — Exposons à l'air un fragment de potassium; bientôt ce métal perd son éclat, et il se transforme promptement en une matière blanche qui se liquéfie. Ce liquide verdit le sirop de violettes, ramène au bleu la teinture de tournesol préalablement rougie par un acide, rougit la teinture de curcuma, et a une saveur urineuse et alcaline. Le potassium a, lui aussi, absorbé l'oxygène de l'air ; cependant la combinaison qui s'est formée, ayant des propriétés opposées à celles des acides, portera le nom générique d'oxyde. Il arrive souvent, comme dans le cas des acides, que le môme corps simple se combine avec l'oxygène en plusieurs proportions. Lorsqu'on croyait qu'il ne pouvait y avoir que deux degrés d'oxydation, on appelait joro/ojTî/de le degré inférieur, et peroxyde le supérieur; par conséquent, on eût dit protoxyde et peroxyde de potassium, si ce métal eût été connu à l'époque où la nomenclature fut créée. Or, il en est pour cette classe de corps comme pour celle des acides : les deux peuvent donner des séries. Mais, en vertu de
i6 II* LEÇON, — NOMENCLATURE DES SELS.
la loi que nous connaissons, les quantités progressives d'oxygène étant entre elles dans des rapports simples, comme 1 ; } : 2 : 3, on a associé au mot oxyde une ou plusiers syllabes qui expriment ces mômes rapports; on àirei donc protoa:yde, sesguioayde, dcutoxyde ou bioxyde, trioxyde de tel ou tel métal.
24. Nomenclature des sels. — En combinant les acides avec les oxydes, auxquels on donne aussi le nom de hases^ on forme des corps ternaires, connus sous le nom générique de se/5. Effectivement, si Ton mêle en proportions convenables le môme acide phosphorique et le môme oxyde de potassium que l'on vient de préparer, on obtiendra, par Tévaporation, un composé qui n'aura plus aucune propriété des composants : ce sera un seL Comment désignerons-nous un sel sous le double rapport de Tacide et de l'oxyde qui le composent ?Vacide forme le genre, Toxyde forme l'espèce, et, comme il y a plusieurs sortes d'acides, la désinence du substantif qui désigne le genre, suffira pour éviter toute confusion. Ainsi, le sel que l'on obtient par la combinaison de l'acide phosphorique et de l'oxyde de potassium s'appelle phosphate d'oxyde de potassium ; si l'on avait opéré avec de l'acide phûsphureiix, le sel aurait eu le nom de phosphite d'oxyde depot'fssium; avec de l'acide hypophosphorique, celui d'hypophosphate y etc. En un mot, suivant que le nom de l'acide est terminé en ique ou en eux, le substantif qui rappelle le genre du sel est terminé en aie ou en ile. Il est inutile de dire que le génitif ou l'adjectif qui rappelle l'espèce du sel variera selon le degré de l'oxyde lui-même. On comprend donc sans peine ce que signifient :
Sulfate de protoxyde de fer ou sulfate protoferrique. Sulfate de sesquioxyde de fer ou sulfate sesquiferrique.
Dans les ouvrages les plus modernes, la nomenclature des sels signale le métal au lieu de son oxyde. On y lit, en effet, sulfate, azotate, etc., etc., de fer, de potasse, etc., etc. Cette différence tient à ce que certains chimistes ne considèrent pas les sels comme étant formés d'un acide et d'un oxyde, mais d'un acide dont une partie de l'hydrogène a été remplacée par un métal. On le voit, c'est un point de vue théorique qui fait la différence entre les deux langages.
Il arrive souvent que, dans un sel, l'acide ou la base se trouve en proportions multiples. Ainsi, l'acide sulfurique peut former avec la potasse des combinaisons salines dont une renferme deux fois plus d'acideque l'autre; et pareillement l'acide azoti-