ACIDE BORIQUE ANHYDRE
BoO» = 36.
Bo«^» = 70.
271. Production naturelle de Tacide borique. — Uacide borique, seule combinaison oxygénée du bore que l'on coijnaissej est un produit que, dans certaines contrées, la nature élabore dans les profondeurs de la terre, et les circonstances qui accompagnent son apparition à la surface constituent un des faits les plus curieux de la chimie naturelle. C'est une chose merveilleuse, en effet, que de voir, sur une petite étendue d'un terrain accidenté, 9 ou 10 établissements où se manifeste sans cesse une énorme puissance mécanique, où s'exécute une évaporation de 100 millions de kilogrammes de liquide, où Ton réalise une production annuelle de 1 million de kilogrammes d'acide borique cristallisé, sans que l'on aperçoive ni machines, ni combustible, ni matière première.
A Monte-Rotondo, en Toscane, on trouve un sol touraienlé et crevassé, d'où sort par jets un mélange très-chaud d'acide car-
âÔ4 XIX* LEÇON. — ACmÉ BORTO^Îi*
bonique, azote, oxygène, hydrogène sulfuré, vapeur d'eau, acide chlorhydrique, matières organiques, et des sulfates d'ammoniaque, de fer, de chaux et d'alumine. Autour de. ces crevasses soufflantes {soffioni) Ton a construit des bassins circulaires où arrive l'eau des sources voisines ; dès qu'elle est assez abondantie pour pénétrer dans les fentes, on voit un singulier spectacle : le mélange gazeux la refoule, et de sa masse il s'élève des cônes qui se déchirent pour donner passage à une colonne de vapeurs blanchâtres. L'eau ainsi refoulée renferme de l'acide borique, substance que l'on avait prétendu ne pas se trouver dans le mélange gazeux qui sort des fentes avant que l'eau y pénètre. Mais plusieurs chimistes (MM. Pechiney, Rauget, Bechi et Schmidt) ont successivement montré le contraire. L'eau des bassins (Lagoni), après un ballottement de 24 heures, devient presque bouillante, et alors elle contient 1 0/0 d'acide borique. Cette dissolution est concentrée, sans dépense, par un artifice aussi simple qu'ingénieux : on la fait passer dans des bassins inférieurs où elle trouve encore de nouvelles crevasses soufQantes ; elle y pénètre et en est refoulée tour à tour, et sans cesse ; et comme l'ensemble des phénomènes est toujours le même, il en résulte qu'au bout de 24 heures l'eau contient plus d'acide borique qu'auparavant. De ce second bassin elle passe dans un troisième, situé plus bas, où elle s'enrichit encore, et ainsi de suite. Lorsque le liquide marque 1<*,3 à l'aréomètre de Baume, on l'introduit dans des réservoirs où il dépose beaucoup de matières terreuses. Une fois éclairci, on le fait passer dans des chaudières de plomb, où il se concentre par évaporation jusqu'au point démarquer 10 degrés. Les chaudières, nombreuses et disposées par étages, sont chauffées sans aucun combustible, et seulement par les mélanges gazeux qui sortent des soffioni, autour desquels il est difficile d'établir des bassins en maçonnerie^ Le liquide concentré s'écoule finalement dans les cristallisoirs où il dépose l'acide borique. La figure 113 donne une idée delà disposition générale de ces établissements naturels. Cet acide est loin d'être pur ; il renferme de 18 à 25 p. 0/0 de matières étran-» gères. On pourrait l'épurer par de nouvelles cristallisations, mais on préfère l'employer tel qu'il est à la fabrication du borate de soude, dont nous parlerons ailleurs. C'est de ce sel que, dans les laboratoires, on tire l'acide borique lorsqu'on le veut très-pur. A cet effet, on dissout 1 partie de borate de soude (borax du comtaerce) dans 2 \ parties d'eau bouillante, et l'on verse dans la