XÎX^ LEÇON. — ACIDE BORIQUE
dissolution assez d'acide chlorhydrique pour que la liqueur rougisse fortement le tournesol. Par le refroidissement, l'acide borique se dépose sous la forme de lames minces, que Ton fait
Fig. 113. — Esquisse des lagoni où l'acide borique se forme natureilemeut.
A bassin en maçonnerie dans le fond duquel débouchent les conduits souter<
rains qui amènent les vapeurs chaudes des soffioni. Dans ce bassin se réunissent les eaux des bassins supérieurs, dont le plus éloigné est alimenté par les eaux des soufces voisines.
B grande cuve en maçonnerie où arrivent les eaux du bassin A', pour y dépo-
ser les matières terreuses qu'elles tiennent en suspension.
V robinets étages pour faire couler l'eau éclaircie de la cuve B dans la seconde
cuve D.
D seconde cuve où Teau achève de s'éolaircir.
a,b,Cyd chaudières en plomb étagées où les eaux des eûtes fi et D se concentrent.
8j Sf 8 siphons en plomb destinés à faire passer les eaux des chaudières supérieures dans les chaudières inférieures, conduit en poterie ou en bois par où arrivent les vapeurs chaudes de plusieurs sofQoni destinés à chauffer les chaudières de concentration. Ces conduits portent des ouvertures de sortie pour les gaz.
G cristallisoir.
cristalliser encore une ou deux fois pour faire disparaître les dernières traces d'acide chlorhydrique.
Quelques soffioni sont dus à des trous de sonde ; tels sont ceux
3S<; MX' LEÇON* — t'W01*H. bh l'aCÎDE liOKIOUE,
qu'on trou\e itutour Ja lac sulfureux de Monte-Hotondo. Un. Èwatlage auienii^ on î BoT, un sofflom d'une puissance telle qu'on ente ridait de dix lieues à In ronde le Hirilemeiit de sa vapeur ; OQ eût dit uni* dizaine de loeomotives gémissant k k Ibis. Le jet était si fort qu'on ne put l'emprisonner. Il fallut se résigner h boucht^r et à condamner le trou. On trouve de Tacide borique libre sous forme de niasses pailletées dans les cratères de quelques coteauxj ainsi qu'aux environs de Sassoen Italie, ce qui lui a valu le nom de Sa^i^olvu Ou le rencontre aussi en dissolution dans les ceiux de rertains lacs où il est amené par des jets de sapeurs quis'échappetittle Tintériour delà terre,
%Ti. Propriètéa de Taclde borique. -- L'acide borique criiitïillîse en écailles brillantes qui renferment 43 j6 0/0 d'eau, et doïïl la composition est représentée parla formule BoO^+3 aq*
Cette formule fait voir que les éléments de Teau qui accompagnent cet acide peuvent être élimines par des actions pb^si* qucs. En clTet, cbauiïé à 100^, il en perd la moitié; à une température beaucûvip plus élevée^ il fond, en passant par tous les états pdteiu intei'médiaires, et devient anhydre. En se figeant, il prend l'aspect du verre ; iivec le temps, il perd sa transparence, car ses molécules reprennent l'état cristallin : si l'ait^ est humide, sa surface s'hydrate et devient puhé ru lente,
llien que l'acide borique figure parmi les acides les plus fixes, néanmoins il est sensiblement volatil ïL de très-hautes température^T surtout lorsqu'elles sont soutenues pendant longtemps. Aussi sa volatilité dans les fours lï porceliiinc est- elle mise a profit pour vernir par voie de vaporisation. Pour se dissoudre il exige 25 parties d'eau à 20°, et 12 ^ seulement à 100° ; il se dissout aussi dans l'alcool et lui donne la propriété de brûler avec utie flamme verte. Par l'ébullition, l'eau entraîne mécaniquement r acide borique ; l'alcool en tait autant, et d'une manière encore plus prononcée que l'eau : ce qui paraîtrait fort sîngu- Herj si Ebelmen n avait pas démontré que cet acide se combine avec lalcool, et que c'est cette combinaison qui (iistrlle pendant l'ébullitioiî.
L'acide borique n'a presque pas de goût aigre : aussi est-il considéré comme on acide trùs-iiiibie ; en clfet, il communique à la teinture de tournesol la couleur rouge vineuse, et non pas celle de pelure d'oiguoUj ainsi que le fontj en général, les auires acides.
[J'ai observé que lorsque la quantité d'acide borique est con-
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sidérable relativement à la quantité de tournesol sur laquelle on le fait agir, il se manifeste la couleur pelure d'oignon. Voici comment on fait Texpérience. On abandonne au refroidissement une dissolution bouillante et saturée d'acide borique ; lorsqu'elle a déposé l'excès d'acide, on y verse un peu de teinture de tournesol^ qui la colore d'un rouge vineux. Alors, si on la chauffe de manière à redissoudre tout le dépôt cristallin, la couleur du liquide deviendra rouge pelure d'oignon, pour redevenir rouge vineuse, après un nouveau refroidissement et une nouvelle séparation d'acide borique. Pour bien apprécier les différentes nuances, il faut observer les liqueurs, sous de fortes épaisseurs. Des éprouvettes placées sur du papier blanc sont très-commodes pour cette expérience.]
Nous avons adopté 1 1 pour le nombre proportionnel du bore, et pour l'acide borique la formule BoO^ ; mais nous devons faire remarquer que le plus souvent la proportion indiquée par cette formule ne sature qu'une demi-proportion d'une base ; si bien que les borates les plus communs sont considérés ou comme des sels acides, ou comme des sels neutres, si l'on double toutefois l'équivalent du bore et celui de l'acide borique. L'opinion des chimistes est partagée à cet égard : les uns admettent H pour le nombre proportionnel du bore, et BoO^ pour la formule de Tacide borique ; les autres portent ce nombre proportionnel à 22, ce qui donne BoO* pour l'acide. Quoi qu'il en soit de ces divergences, il est certain que Tacide borique peut donner naissance, en se combinant avec la môme base, à plusieurs espèces distinctes de sels, ce qui le rapproche de l'acide phosphorique. Nous aurons l'occasion de faire une remarque semblable pour l'acide silicique.
L'acide borique sert principalement à la fabrication du borax et à la préparation de la crème de tartre sohible des pharmaciens ; mêlé avec de Teau et de l'acide suif urique, il sert encore à imprégner les mèches des bougies stéariques, afin de les faire courber et de vitrifier leurs cendres. Les chimistes en font usage comme fondant, et Ebehnen l'a employé comme dissolvant pour obtenir, par voie ignée, des espèces minérales que. jusqu'alors on avait seulement trouvées dans la nature. Ce savant a fait voir que l'acide borique joue, à l'égard des minéraux, le même rôle que l'eau à l'égard des substances qu'elle peut dissoudre. Dans les deux cas la dissolution s'évapore, se concentre et abandonne, sous la forme de cristaux, les matières dissoutes.
38S XTX* LEÇON. — FLtrOHUFE DE BUBE.
FJ.UQHUnE DE BUEE.
2TS. Préparât ion et propriétés du fluor are de bore. —
De tous l^s €ûip!squL' nous avons ctiiiliéSj l'acide fluorhydrique seul dt'compnsu diiecUmiont 1 iu ido burique. Le chlore ne le décompose qu'avec l"inLi?i'vontiun d*' la clialeui". Si Ton chauffe dans une cornue vu porcelaine oo dans uri tube en fer un mélanine lU' 2 pLUlies de Muoinre de calrinin (spidli-flnor) et d'une partie d'aeïde borique foiulu, on, ce qui vaut mieux, si l'on chatitfe légèrement nu ballifn cou tenant un mélange formé d'une parlie ffriridr borique i"ondii, 2 piirlie^ de lUiorure de calcium, et 1:^ parlics d'acide suLl'urique concentré^ on obtient un gaz
B haENMi çiijir^rnlf'ur Uu iliiuniii'. tlt! Ijiirt?^
C pi.'iHf Oit VI" h, wi}.tT.m'i'^*
qui porte le inini de futtrure de bore (fifj. H 4). 1/équation suivante donne utjc idùe eïiutc de lartiaL'lIou :
2RoO^ + 3t:aFI
(CaO)5,BoO^ -h BoFP
FliLuruie iW cakjmM,
rlonu'c tic bs^re.
Cti gaz csl (r-^s-avide d'humidilÉ ; cela ciit prouvé non-seulement i*ai' les riimées tri^s-épaisscs qu'il répand des qu'il arrive dauà îair, maitj encore par son action s-ur le papier. Si dans un
If^
XIX® LEÇON. — STLICIUM. 389
flacon rempli de fluorure de bore on introduit un moniMu il?^ papier blanc, on le retirera noir : c'est que le gaz lui enk^vi^ ïïni miditë hygroscopique, et en môme temps les éléments do l'eau qui sont indispensables à son existence : il agit comme utiù tt'mpérature élevée. Aucun gaz connu n'approche du fluoitifo de bore, sous le rapport de son avidité pour l'eau : un litro de ce liquide peut en absorber 800 litres. Si à une dissolution sntuviic de ce gaz on ajoute une grande quantité d'eau, il y a déiumposition de l'un et de l'autre, et formation d'acide hydrofluiMrvifte BoO'^,3HFl : ce qui constitue un rapprochement remari]uaL]e. entre le bore et le silicium. En effet, nous verrons bientùl qu'il existe un fluorure de silicium qui se comporte avec l'eau d une manière analogue.
Le bore se combine avec le chlore, le soufre, et très-prohrihlt^ment avec leurs congénères. Toutes ces combinaisons se (diicspondent par leur composition et leurs propriétés fondamen lai es ; elles sont toutes décomposées par l'eau, et toutes reproduisent de l'acide borique; de sorte qu'il suffît de se rappeler t.i composition de Tune d'entre elles pour savoir celle des autres. En effet :
AcidQ borique = BoO*
Fluorure de bore..... = BoFl*
Chlorure de bore = BoCls*
Sulfure de bore = BoSS
Le fait culminant de l'histoire chimique du bore, c'esl 1 acidt borique : l'origine naturelle de cette substance et le rôle ijifelle joue, comme dissolvant des matières minérales, mériteiiL lIVIiu •remarqués.