LEÇON. — AFFINITÉ. — COHÉSION
été affaiblie ou détruite; qu'un dégagement de chaleur ou d'électricité accompagne cette action.
3. Force d'affinité. — La matière ne sort de son inertie qu'en vertu d'un mouvement que lui imprime une force quelconque : celle qui anime les molécules de différente nature et qui les pousse à se réunir pour en former de plus complexes, douées de propriétés et de caractères particuliers, est appelée force d'affinité. En vertu de cette force, le soufre et le charbon, deux corps solides, se convertissent en un corps liquide (sulfure de carbone). Si le soufre, qui est jaune, et le cuivre, qui est rouge, se transforment en un corps noir (sulfure de cuivre), c'est encore en vertu de cette môme force d'affinité. Sans elle le soufre et le charbon, le soufre et le cuivre n'auraient donné que des mélanges réunissant les caractères et les propriétés de leurs composants.
4. Force de cohésion. — La force de cohésion tend à réunir les molécules similaires. Elle rapproche les molécules du soufre fondu et en fait des cristaux prismatiques à mesure qu'il refroidit; en vertu de cette môme force, les molécules du sulfure de plomb fondu (galène) se rapprochent par le refroidissement de manière à former des cristaux cubiques. Mais la force qui maintient à l'élat de combinaison le soufre et le plomb dans ce minéral est l'affinité.
5. Force de dissolution. — La force de dissolution tend à écarter les molécules des corps. En effet, si un gramme de sel marin dissous dans \0Q^^ d'eau communique à chaque particule de cette eau un goût salé, il faut bien admettre que la matière du gramme de sel occupe un espace égal à \ 00 centimètres cubes. Il est vrai que l'étartement des molécules, opéré par voie de dissolution, suppose une sorte d'affinité entre le dissolvant et le corps dissous; mais, contrairement à ce que nous savons, cette sorte d'affinité est d'autant plus active, que la ressemblance est plus grande entre les corps agissants. Aussi n'y a-t-il pas de meilleur dissolvant pour les corps gras que les huiles ; les résines, qui paraissent provenir des essences, sont très-bien dissoutes par les essences ; le mercure et les métaux fondus sont les dissolvants les plus naturels des métaux, etc., etc.
Un corps qui se dissout perd ses formes, mais conserve ses propriétés, puisqu'on les découvre dans chaque particule de la dissolution. 11 ne faut donc pas confondre l'affinité proprement dite, ou cette force qui anéantit l'individualité de deux molé-