‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 217 sur 284 · XXII* LEÇON. — OXYDES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

XXII* LEÇON. — OXYDES MÉTALLIQUES

laïque dont le métal est l'éle'ment électro-positif : une intlueiice galvanique intervient alors, et le métal est attaqué non-seulement par Toxygène de l'air, mais par celui de Teau que Télec* tricité décompose. Dans l'oxydation rapide et continue du ferj on verra donc un phénomène que l'oxygène de l'air comnaencp sous l'influence de l'acide carbonique, et que Toxygèno do 1 eau poursuit en vertu d'une action galvanique. D'un auti-e cùté, le zinc, exposé aux causes oxydantes ordinaires, se recouvre de carbonate et non d'oxyde : or, les effets du contact entre ce sel et le métal ne sont plus comparables avec ceux qui résultent du contact du fer avec son oxyde : au surplus, la couche de catbonate qui se forme à la surface du zinc est si serrée et adhère tellement au métal, que celui-ci se trouve comme reti fermé dans un étui à l'abri des causes d'altération ultérieure : l'oxyde de fer, au contraire, est pulvérulent et n'abrite pas le métal qu'il recouvre.

En un mot, les métaux s'oxydent dans l'air par l'action simultanée de l'acide carbonique, de l'oxygène et de k vapeur d'eau ; leur oxydation se limité à la surface toutes les fois que l'oxyde formé sert au métal d'enveloppe imperméable aux agents extérieurs.

294. Oxydation des métaux par Tair et à chaud» — Les métaux, à l'exception de plusieurs de la septième sectioiij s'oxydent dès qu'on les chauffe en présence de l'air ,

[Rien n'est plus curieux que de comparer les idées des chimistes des deux derniers siècles, sur ce phénomène, aux idées des chimistes d'aujourd'hui : dans le dix-septième ^iîHle, on considérait l'oxydation comme une transformation du métal en chaux ou terre métallique y en yeriii delà fixation de l'air; au dix-huitième, on pensait que les métaux perdaient p^tr hi chaleur un principe appelé phlogistique, et se convertissaient par cela même, en terre métallique : les métaux étaient donc farniéi^ de terre métallique et de phlogistique. Aujourd'hui nous disons que les métaux chauffés dans l'air en absorbent l'oxygène et deviennent ce que nous appelons des oxydes. Dans ces trois manières de voir, il y a toute l'histoire de la théorie de la combustion, ébauchée dans le dix-septième siècle, modifiée et étendue dans le dix- huitième, corrigée et perfectionnée dans le dix-neuvième. Les chimistes du temps de Jean Ray, Mayow, etc., etc., voyaient dans la combustion du bois et de l'huile une dissolution dea principes de ces substances dans l'air; ils voyaient une fixation

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d'air loi's de loxydation d'un méUl. Par une sorte de vague pressentiment, iïb s'approchaient de la vérité, lorsque, pour expliquer ces deux faits, ils faisaient intervenir l'air ; mais ils n'avaient pas une idée bien nette du rôle qu'il y jouait. Les chimistes de l'école de Stahl trouvaient une grande analogie entre les deux phénomènes ; car dans l'un et dans l'autre ils voyaient la séparation d'un mônie principe : le phlogistique. Pour eux point de différence entre le bois qui brûle et le fer qui se rouille. Ils étaient dans le vrai quand ils rapprochaient ces deux faits, mais ils s'égaraient en les expliquant. Depuis Lavoisier, on sait que l'analogie entre la combustion et l'oxydation consiste en ce que le bois qui brûle et le métal qui s'oxyde ne perdent rien, mais au contraire gagnent quelque chose de pondérable et de tangible ; c'est-à-dire qu'ils se combinent avec l'oxygène. Stahl et Lavoisier, d'accord sur l'analogie de ces deux faits, ne l'étaient plus sur l'explication. Stahl se trompait, parce qu'il ne tenait pas compte d'un fait qu'il connaissait très-bien, l'augmentation de poids des métaux qui s'oxydent. Lavoisier ne se trompait pas, parce qu'il pesait. Ainsi^ au dix-septième siècle, entre la combustion et l'oxydation, on voyait seulement une relation vague ; au dix-huitième, on y voyait une analogie à travers le prisme d'une illusion ; aujourd'hui l'analogie est démontrée par l'analyse et la synthèse.]

295. Classification des oxydes métalliques. — Bien que divers métaux de la septième section ne se combinent pas directement avec l'oxygène, ils peuvent cependant s'oxyder par des moyens détournés et l'on peut dire que tous les métaux sont susceptibles de devenir des oxydes. Le nombre de ces composés doit être élevé, celui des métaux l'étant lui même; aussi les diviserons-nous en cinq classes pour en faciliter l'étude :

i " classe oxydes basiques ;

2« id id. indifférents;

3« id id. acides;

4« id id. singuliers ;

o" id id. salins.

296. Oxydes basiques. — Nous appelons oxydes basiques, ou simplement bases, les métaux oxydés qui ont la faculté de faire disparaître les propriétés caractéristiques des acides. Lorsqu'on rougit, au moyen d'un acide, la teinture de tournesol,

XXU* LEÇON. — OXYDES INDIFFÉRENTS. Ul

et qu'ensuite, en y ajoutant un oxyde^ on la fait tourner au bleu, on dit que cet osyde est une base, parce qu'il détruit ce qu'un acide avait fait. Cette base aura en outre la propriéltî, en tant qu'elle sera soluble, de yerdir le siix)p de violettes et de rougir le papier jaune de curcuma.

Toutes les bases ne sont pas également solubles : it y eu a dont la solubilité est très-faible, tandis que d'autreiî sont tout h fait insolubles. Les premières sont les bases akalines (potasse, soude), les secondes sont les bases akalino-terreuses (bar y te j cbauï)j îe^ dernières sont les bases terreuses et métalliques (aluDiinCj oxyde de fer, etc.^ etc.).

Les oxydes basiques diffèrent entre eux sous le rapport de leur énergie cbimique. On en Érouve qui n'enlèvent pas conipltïtement aux acides la propriété de rougir le sirop de violettes et la teinture de tournesol. Voyez le sulfate doxyde de cuivre^ par exemple : quoique Tacide et T oxyde qui le composent su i mnvent combini^s dans les proportions iiéceissaires pour atteindre la neutralité chiniiquej néanmoins la dissolution de ce sel rougit le papier bleu de tournesol, 11 n'en serait plus de môme si, à la place de Vosyde de cuivre, il y avait de Toxyde de. sodium : dans ce dernier cas, Taction du sel sur les réactifs serait complètement nulle; cependant les deux oxvdes sont des bases.

297. Oxydes indifférents, — Des bases qui n'enlèvent pas aux acides la propriété de rougir les teintures bleues végétales, il nous est facile de passer aux bases indifTérentes ; celles-ci deviennent de véritables acides loi'îvqu'elles se trouvent en présence de bases plus puissantes qu'elles; ce qui prouve que les mots bmiâtéf addité, mutt^lUéj n'expriment rien d absolu et ne signalent que des états relatifs. Voyez une dissolution de sulfate d*oûryde d'aluminium : si Ton y verse un peu de potasse dissoute^ la base devient libre, ce qui se manifeste par l'aspect gélatineux que prend le mélange ; mats si l'on continue h verser de Talcali, Talumine se redissout et la liqueur devient encore limpide : l'alumine se redisse ut parce qu'elle se combine avec l'excès de potasse et forme un alumïnate.

Base à Tégard de Tacido sulfarique, l'alumine est donc un acide à l'égard de la potasse. Voili un exemple d'un oscyde dit indiffêrerUy car il joue le rûle tan tût d'une basOj tantôt d'un acide.

298, Oxydes acides. — En général les oxydes de la troisième classe renferment atomiquement plus d'oxygène que ceux des

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deux classes précédentes. En effet, les proportions extrêmes de l'oxygène, le métal étant = 1, sont :

Moyenne.

basiques, un demi, et un et demi., i

Pour les oxydes indifférents, un, et deux 1 J

( acides, un et demi, et quatre 2 J

L'oxygène augmente donc, depuis les oxydes basiques jusqu'aux oxydes acides, et l'on conçoit pourquoi ces derniers ne se combinent pas avec les acides ordinaires. Il est facile de faire disparaître de l'argent dans l'acide azotique : une portion de ee dernier cède de l'oxygène au métal; ainsi oxydé, le métal se combine avec la portion de l'acide restée intacte, et forme de l'azotate d'argent. Qu'on fasse la même expérience avec de l'élain, ce métal s'oxydera aux dépens de l'acide, mais ensuite il ne se combinera point avec la portion d'acide non décomposée : dans le premier cas, il s'est formé un oxyde basique qui a pu se salifier ; dans le second cas, il s^est formé un oxyde acide qui a dû rester libre,*puisque généralement un acide ne se combine pas avec un acide.

299. Oxydes singuliers. — Certains oxydes sont appelés singuliers peut-être à cause de la singularité de leurs caractères chimiques. Effectivement, ils nejorment point de combinaisons; ils abandonnent une partie de leur oxygène avec assez de facilité, et retiennent l'autre avec beaucoup d'énergie ; ils devien* nent alors des bases ordinaires, en sorte que les oxydes dits singuliers semblent être des bases, plus de l'oxygène. Leur mode général de préparation et leurs propriétés justifient cette manière de voir. Thenard en a préparé plusieurs en mettant tout simplement certaines bases en contact avec de l'eau oxygénée : or, celle-ci peut être 'considérée elle-même comme le type des oxydes singuliers, car elle provient de la combinaison directe de l'oxyde d'hydrogène (eau) avec de l'oxygène. Mise en contact avec certains oxydes basiques, elle leur cède son excès d'oxygène, redevient eau, tandis que les oxydes deviennent oxydes singu» liers. On peut encore préparer ces derniers corps en faisant arriver de l'oxygène sur un oxyde basique fortement chauffé. Lorsque l'on réfléchit que tous ces corps abandonnent leur excès d'oxygène, soit par une élévation de température, soit par leur contact avec un acide, on se croit autorisé, je le répète, à les considérer comme de véritables combinaisons d'oxydes avec

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l'oxygL^no, Du reste, deux expériences vont édifier sur la nature de ces corps : si l'on met du l>jox;d(? de ijiirium (RaO*) en contact avec de raeide .^ulfuriqiie, un fort dégagement d'oxygrne se marûreste, et ïl se forme du snlikto de ljar\le {nQO,SfV) si l'oa chauffe à la temperaluii^ du rouge daiv du biovvde de haimm renfermé dans un tube communi.îuani p:u- un tube abducteur avec une éprouve tte reu veinée sur l'eau, ou recueillera de l'oxygène dans rette l'prouvcUe, et dans le tube il ne restera que du pro(û.\\de de bariuui {p(j, nO),

Fi)î. il-y*— Oi>com^jF:>àiLiLU£i du ijîuijd

uni ^j.ir lu, i:-|j4ileur.

En résumé, les ox^^dcs ^singuliers se distinguent parce qu*ils ne forment pas de combinaisons, parce qu'ils quittent aisément une paitie de ro\y^f:!iie et deviennent des bases ordinaires.

300. Oxydes salins. — l.a constitution véritable di^s oxydes que l'on appelU^ saiim a été reconjiue par Proust. Cet iHustre chimiste soute [lait qu'il n'y avait que deux degrés d'oxydation ; le premier représenté par le^j proloxydes, le secorjcï par les peroxydes. Bertholba soutenait ie contraire, et lui opposait le j//inium (oxyde de plomb) qui ne correspond ^ aucun des deux degrés. Kh bien, répondit Proust, U^ niinium n'est qu^ujic combinaison de protoxydeetde peroxyde. f.:ette réponse révclad'une manière heureuse la constitution d une nombreuse ^érie d oxvdes, constilution qui jus([u'alors avait été incomprise. Avant Proust, on les désignait par le mot mlcrmédiairG ; mais cette désignation ne disait rien sur letu' nature. De ce i|u"ils renfermaient une quantité d'o\y|rï.Qti qui tenait le milieu enlre les deux termes extrêmes d une série, devaient-ils nécessairement lie pas se salifier, et sedédûubleren deux oxydes distincts dès qu'on les sou-

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