XXI1« LEÇON. — OXYDES ET OXYGÈNE
mettait à l'action des acides ? En les considérant comme des ' sels, tout s'éclaircit, leur composition n'est plus e'trange, et leur inaptitude à se salifier est une chose très-naturelle. Prenons le minium comme exemple ; sa composition est représentée par PbOiï, et il ne forme pas de sels. Si l'on s'écarte du point de vue trouvé par Proust, que peut-on penser de sa nature chimique ? Absolument rien, il est vrai qu'aujourd'hui on pourrait le ranger parmi les oxydes singuliers, puisqu'il dégage de l'oxygène quand on le chauffe, et se transforme en protoxyde ; mais 6a composition, comparée à celle de ces oxydes, ne serait pas moins toujours extraordinaire. En représentant le minium par (PbO)*,PbO*^ non-seulement on voit pourquoi il ne se combine pas entièrement avec les acides, mais on s'explique sa décomposition sous leur influence. On sait qu'en traitant le minium par de l'acide azotique, on le dédouble en protoxyde (PbO) qui devient azotate, et en acide plombique (PbO*) qui reste sous la forme d'une poudre couleur puce. En interprétant de cette manière la constitution chimique du minium, le vague qui entourait la constitution de ce corps disparaît, et ces réactions deviennent très-faciles à interpréter. Qu'on applique ce que je viens de dire pour le minium à tous . les oxydes appelés salins, et l'on aura des idées très-nettes sur cette classe nombreuse d'oxydes dont les chimistes antérieurs à Proust ignoraient la nature. . Maintenant que nous avons classé les oxydes, étudions-les dans leurs rapports avec les corps simples. Commençons par l'oxygène. 301. Action de l'oxygène sur les oxydes. — La facilité avec laquelle un oxyde inférieur passe à un degré supérieur, et réciproquement, a fait croire à quelques chimistes que les métaux ne formaient qu'une seule combinaison avec l'oxygène, laquelle pouvait, de son côté, se suroxyder; les oxydes inférieurs seraient donc des combinaisons directes, et les oxydes supérieurs des combinaisons dérivées. Or, les oxydes idirects sont presque tous basiques, car sur quarante-cinq, onze seulement ne sont pas exclusivement des bases : parmi les 46 oxydes dérivés connus c'est à peine si l'on trouve 5 véritables bases. Si d'un autre côté on se rappelle que les oxydes acides dérivés appartiennent presque tous à des bases faibles, et qu'un grand nombre des oxydes singuliers dérivés appartiennent aux oxydes basiques les plus énergiques, on peut conclure que l'oxygène tend à paralyser l'énergie des oxydes puissants, et à imprimer le caractère de l'acidité aux oxydes faibles.