II* LEÇON. — NOTATIONS CHIMIQUES
nier s'y trouve trois fois, puisqu'il est suivi de Texposant 3. Souvenons-nous maintenant que le nombre proportionnel ou l'équivalent du soufre est 16, celui de l'oxygène 8, et nous conclurons que la formule représente une substance composée d'un équivalent ou de 16 parties de soufre, et de 3 équivalents ou de 24 parties d'oxygène. On le voit, deux lettres et un nombre disent ce que cent mots eussent à peine indiqué. Allons plus loin. La formule KO,S(P est facile à interpréter; cependant il y a une virgule (d'autres mettent un point) dont nous ne connaissons pas encore le sens. Les virgules ou les points servent à donner une idée de la constitution des corps composés. En effet, on aurait pu écrire cette dernière formule de la manière suivante : KO*S ; dans ce cas, nous aurions vu que la substance qu'elle représente se compose d'un équivalent de potassium, quatre d'oxygène et un de soufre ; mais nous n'aurions pas compris que les éléments sont réunis en deux groupes distincts. Les virgules, sans être indispensables, sont utiles, car elles disent comment on suppose que les molécules constituantes des corps sont arrangées entre elles. La formule KO,SO«-f-ZnO,SO'-f-2HO n'embarrassera pas non plus, bien qu'elle soit longue et compliquée. On peut l'abréger en figurant l'oxygène par des points que l'on superpose horizontalement aux signes avec lesquels on le croit associé. Ainsi la formule précédente peut être réduite de cette manière :
k*S4-ZnS-f2H.
Cette modification, outre qu'elle abrège, permet d'introduire de nouveaux exposants sans apporter la moindre confusion. En
effet, si Ton donne l'exposant 2 à S dans la formule précédente, on aura :
ks*-f-Zn*S4-2H;
ce qui signifie que S du premier membre doitôtre multiplié par 2. Dans la formule non abrégée, l'introduction de cet exposant aurait obligé ou à renfermer SO' entre deux parenthèses, ou à mettre le nouvel exposant au bas de la lettre : dans les deux cas, il y aurait eu complication. Malgré cet avantage incontestable, presque tous les chimistes ont abandonné cette méthode abrégée, qui fut introduite dans la science par Berzelius. C'est encore en vue de simplifier autant que possible l'écriture chimiaue
3î II' LEÇON. — NOTATIONS CHIMIQUES.
que, contrairement à la langue parlée, rélëment électro-positif commence la notation. On n'a pas oublié que, dans un corps composé, l'élément électro-négatif est désigné par le substantif (25); aussi dit-on chlorure de soufre, et non pas sulfure de chlore; on dit sulfate d'oxyde de zinc, et non pas oxydozincate d'acide sulfurique ; si bien que la même expression qui signale la nature d'un composé, indique en même temps le rapport électro-chimique des composants. Dans les formules, il en est tout autrement : l'élément ou le groupe élémentaire électropositif ouvre la notation. Aussi écrit-on chlorure de carbone par CCI, et non pas par CIC ; on écrit ZnO,SO', et non pas SO^,ZnO ; en sorte que les formules disent à la fois la nature des combinaisons et l'état électro-chimique de leurs éléments. Cet antagonisme entre la parole et l'écriture n'est point, en chimie, l'effet d'un caprice, c'est le résultat d'une idée de simplification.
A l'occasion de la loi des multiples, on a vu qu'en général le corps électro-négatif, associé en différentes proportions au même corps électro-positif, engendrait une série de combinaisons. Si dans les formules on avait suivi la même règle que dans le langage, les exposants se seraient toujours U'ouvés enclavés entre les lettres, ce qui en aurait rendu la lecture plus difficile. Évidemment la formule SO' est plus claire que la formule O^S.
30. Notations des corps isomorphes. , — On a vu que les corps isomorphes peuvent se remplacer en toutes proportions dans les combinaisons, sans en altérer d'une manière notable la' forme cristalline (12). Les composés qui ont pris naissance sous l'influence de l'isoriorphisme, doivent donc être plus complexes que les corps semblables qui n'ont pas subi cette influence. Ainsi du sulfate de cuivre pur cristallisé pôle-môle avec un peu de sulfate de fer, doit contenir du sulfate de fer. Dans ce cas, la notation indique la nature et le nombre, quel qu'il soit, des oxydes réunis dans le même composé, mais point leurs proportions relatives.
Le sulfate de cuivre du commerce, qui renferme toujours du sulfate de fer, est formulé de la manière suivante :
(CuO,FeO),S08 4- 5H0, tre de l'oxyde de magnés
(Cu0,Fe0,Mg0),S03 -f 5H0.
S'il contenait en outre de l'oxyde de magnésium, la formule deviendrait
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31 . Notations des composés organiques. — On suit encore les mêmes règles pour les notations des substances dites organiques^ à cela près que la simplicité des formules est moins apparente, à cause de la nature complexe des substances qu'on doit indiquer. Rien n'est plus simple, en effet, que de formuler un acide minéral, puisqu'il résulte de la combinaison de deux corps élémentaires, tels que soufre et oxygène, phosphore et oxygène, etc., etc. Mais, tout en supposant que les acides dits organiques soient des combinaisons d'une ou plusieurs molécules d'oxygène avec une molécule d'un autre corps, celle-ci sera toujours composée de plusieurs éléments. Or, de deux choses l'une : veut- on symboliser la molécule organique? La notation ne dira plus quelle est la composition de cette molécule ; ou bien veut-on indiquer la composition de la molécule? Dans ce cas, la formule perdra de sa simplicité. Exemple : la formule de l'acide acétique déduite directement de l'analyse, est C*H*0*; mais supposons que les réactions de ce corps obligent à le représenter par la formule C*H*0',0, c'est-à-dire par une combinaison d'une molécule d'oxygène avec une autre molécule de nature complexcf, il est évident que cette dernière formule n'est pas aussi simple que celle de l'acide hyposulfureux, SO, par exemple; maison pourrait l'abréger en affectant du symbole  la formule complexe C*H*0'. On aurait alors AO; mais un tel symbole n'indiquerait pas que la molécule à laquelle il se rapporte est composée de C*H*0».
Les symboles des substances organiques n'étant donc pas aussi explicatifs que ceux des substances minérales, ils ne sauraient être signalés avec avantage à ceux qui commencent l'étude de la chimie ; mais ils ne sont pas moins utiles pour ceux qui sont familiarisés avec cette science.
Dans quelques cas il sera plus commode de représenter la nicotine par Ne que par C'®H**Az*; mais il est évident que le signe de la nicotine deviendrait inutile dès qu'on voudrait se rendre compte des métamorphoses de cette substance. En d'autres termes, lessignes symboliques des substances organiques ne peuvent pas servir à exprimer les égalités chimiques.
32. Égalités chimiques. — On appelle égalités chimiques ou équivalences deux groupes de formules dont un exprime les corps qui agissent les uns sur les autres, tandis que l'autre exprime les produits ou les nouveaux corps qui en résultent ; et comme, dans la nature, rien ne se crée et rien ne se perd, il faut